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Antoine Adam (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070423530
Éditeur : Gallimard (2002)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.78/5 (sur 525 notes)
Résumé :
Tout est triste dans le château délabré du baron de Sigognac.
Ce jeune homme, dernier rejeton d'une famille noble mais ruinée, s'ennuie à mourir entre son chien, son cheval et son vieux serviteur.
Lorsqu'une troupe de comédiens cherche abri chez lui, le baron se réveille, la vie est entrée dans le château. La laisser repartir ?
Pas sans lui. Il accompagnera la troupe à Paris pour y chercher fortune. Pendant le voyage, il se fait comédien et pren... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
Arakasi07 octobre 2013
  • Livres 4.00/5
Dans un petit château délabré au fin fond de la Gascogne, le baron de Sigognac s'ennuie à mourir. Elevé depuis sa plus tendre enfance dans la misère et le dénuement, il voit sa jeunesse se flétrir entre les quatre murs pourrissants de la demeure familiale et s'est résigné depuis longtemps à être le dernier descendant de la noble – mais fauchée – lignée des Sigognac. Jusqu'au soir où un événement inattendu vient rompre ce morne train-train : portée par la tempête, une troupe de comédiens vient chercher refuge au château. le coeur et les yeux de Sigognac sont immédiatement attirés par la plus jeune des actrices de la troupe, la charmante Isabelle abonnée aux rôles d'ingénues, et, poussé à la fois par l'ennui et l'amour naissant, il prend la décision de partir aux côtés des comédiens quand ceux-ci quittent la Gascogne. Pour plaire à la belle, il pousse même le vice jusqu'à se faire acteur et endosse sur scène l'extravagant habit du Capitaine Fracasse, matamore et faux brave de comédie ! Voici le dernier descendant des Sigognac sur les routes et les planches, prêt à affronter amours, aventures et périls également, car un jeune et orgueilleux noble, le duc de Vallombreuse, poursuit l'innocente Isabelle de ses assiduités et, pour arriver à ses fins, il ne reculera devant aucune vilénie, rapt, assassinat et viol inclus…
Cela doit faire une douzaine d'année que je n'avais pas relu ce grand classique de Théophile Gautier et, si je me rappelais clairement les grandes lignes de son intrigue, j'avais tout oublié en revanche de ses particularités stylistiques. Il faut avouer que celui-ci a de quoi un peu rebuter au premier abord : grands envolées lyriques parfois un peu pompeuses, interminables descriptions, personnages à la limite du caricatural, héros bourré de vertus jusqu'à la nausée… Les cent premières pages ont été, je l'avoue, un peu difficile à passer, mais, une fois cet obstacle surmonté, je suis à nouveau tombée sous le charme de ce chef d'oeuvre ardu mais plein de séduction de la littérature française. Certes, la langue est un peu lourde et difficile d'accès pour un lecteur du XXIe siècle, mais elle séduit également par sa richesse et son éloquence. Lire « le Capitaine Fracasse », c'est éprouver le plaisir du beau mot, de la phrase joliment tournée, du calembour habilement trouvé – plaisir peut-être un peu superficiel, mais non négligeable pour autant !
D'autant plus que l'intrigue est beaucoup moins classique et artificielle que l'on pourrait le croire. Pour l'apprécier à sa juste valeur, il suffit de comprendre que la thématique principale du « Capitaine Fracasse » n'est ni l'amour, ni la vengeance, ni l'aventure, mais le théâtre. le style est grandiloquent, les dialogues manquent de naturel, les personnages de réalisme ? Quelle importance puisque ce ne sont pas ces qualités-là que l'on recherche dans une pièce de théâtre comique ! Dans « le Capitaine Fracasse », scène et vie réelle se mêlent et se confondent ; Scapins, Leandres, Tyrans et Soubrettes se mêlent au commun des mortels pour égailler de leur joyeuse fantaisie la trop morne réalité. On s'aime et on se hait avec la même folie et la même démesure que sur les planches de la scène. Qu'importe alors si tout ceci sonne un peu toc, un peu creux, un peu factice, puisque ce n'est pas pour leurs vrais visages que l'on aime les comédiens, mais bien pour leurs masques ?
Un fort réjouissant roman que ce « Capitaine Fracasse » : à lire avec un brin de second degré mais à lire tout de même !
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sylvaine
sylvaine14 juillet 2016
  • Livres 4.00/5
Oyez, Oyez, braves gens l'illustre troupe déambulatoire dirigée par le sieur Hérode jouera pour vous ce soir et ce soir seulement Les Rodomontades du Capitaine Fracasse. Dans le rôle de l'ingénue venez applaudir la ravissante et prude Isabelle , le rôle titre sera tenu par le Baron de Sigognac mais chut ne le dîtes à personne!
Comment un Baron sur une scène ? Eh oui quand la misère est telle , que la mélancolie s'accroche aux basques, que peut faire l'unique descendant de la famille Sigognac ? Sur un coup de tête il décide à monter à Paris pour essayer de récupérer de quoi relever l'honneur et le nom de sa famille, il va pour cela se joindre à une troupe de comédiens. D'aventures en aventures , ses pas le conduiront vers la douce Isabelle et il lui faudra affronter le Duc de Vallombreuse qui veut la conquérir à tout prix .
Théophile Gautier nous embarque dans une histoire à tiroirs, qu'importent les invraisemblances, les retournements de situation miraculeux, une fois passées les premières pages, une fois acceptées les longues descriptions ( Théophile Gautier se serait vu peintre !), je me suis laissée porter par la prose par le rythme inhérent à ces romans de cape et d'épée et voilà le tour était joué ... tiens à propos je vais peut-être essayer de revoir l'adaptation cinéma avec dans le rôle principal : Jean Marais et oui je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans .......
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C-Liner
C-Liner16 février 2011
  • Livres 4.00/5
Vouloir faire une critique du Capitaine Fracasse et n'en retenir que l'aspect descriptif est - à mon sens - fort dommage ! Et préjudiciable à ce roman.
Certes des passages sont très longs pour les lecteurs de notre siècle plus habitués à un style expéditif.
Mais il est utile de rappeler ce roman (comme d'autres de la même époque) que nous avons aujourd'hui dans les mains d'un seul tenant était à l'époque distillés en épisodes dans les périodiques !
Puis ces auteurs n'avaient d'autre choix que de décrire : sinon comment permettre au lecteur d'avoir la vision la plus nette et la plus précise. Impossible pour eux de ne pas rentrer dans tous les détails pour faire en sorte que tout lecteur lise bien la même histoire!
Si je vous dis "imaginez vous un château"... chacun prendra l'image qui lui plait. Si je vous le décris en long, en large et en travers : tout le monde verra le même !
Le feuilleton est un style à part entière qui a ses règles et ses codes; la description diluée en fait partie.
Alors si vous n'aimez pas les grandes phrases et les chapitres entiers de description d'un lieu... n'ouvrez pas Fracasse !
En revanche si vous aimez l'art de manier les mot... vous allez être servi !
Pour ma part, je suis friande de feuilleton. Je ne suis pas loin du "plus c'est long plus c'est bon" et Fracasse m'a beaucoup amusée !
On y retrouve tous les clichés du roman de cape et d'épée; la glorification de l'honneur, l'amour bouffon qui pousse le héros, la troupe de fidèles amis, le hasard qui fait toujours bien les choses... et le happy end un peu niais !
Mais Fracasse c'est surtout le jeu des mots ! Lisez ce livre doucement, prenez le temps de sentir le plaisir de Gautier dans son écriture. Il faut savoir que Gautier écrit Fracasse en fin de carrière. L'homme est abouti, reconnu... Fracasse c'est sa récréation. Il y met tout son coeur et se redonne le plaisir de la plume.
C'est là le sel de cet ouvrage... Lire pour lire. L'histoire n'est que la serveuse du verbe.
Alors vous prendrez beaucoup de plaisir quand vos yeux tomberont sur des phrases telles que: "sa poignée de main était froide comme celle d'un serpent" !
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Sly
Sly07 juin 2011
  • Livres 5.00/5
Une très belle oeuvre ! Ce livre qui prenait la poussière sur mon étagère, privilégié à d'autres romans qui attisaient un peu plus ma curiosité est resté là à attendre que je veuille bien lui faire honneur.
Et bien désormais c'est chose faite, je lui est rendu les hommages qui lui sont dû.
Je dois dire que le style du roman tout en description, m'a un peu rebuté au début de la lecture, et oui lorsque l'on est pas habitué à ce style littéraire c'est un peu déroutant. Mais très vite je me suis laissé pénétrer par cette façon de faire vivre les décors, les personnages, leurs actions, leurs émotions.
C'est d'ailleurs dans la qualité de ces descriptions que l'ont se rend compte du talent de Théophile Gautier. La finesse et la richesse de celle-ci est incroyable. Il est rare de trouver dans un roman une tel diversité de mots. On a l'impression que l'auteur maîtrise parfaitement l'ensemble du vocabulaire français.
Que dire de l'histoire. Et bien l'intrigue est prenante, en effet on se prend de pitié pour le jeune baron Sigognac qui évoluera un peu plus tard ans le livre sous le nom de "Capitaine Fracasse" d'où le titre du livre. Ce jeune homme qui tente de survivre et de faire honneur aux ancêtres de sa noble famille, voit sa vie s'étioler dans les ruines de son château. Cette rencontre faite avec une troupe de comédien, va être pour lui le commencement d'une aventure qui le pousse hors de son domaine et l'emporte sur la route de Paris.
Durant son parcours, il découvre l'amour grâce à une jeune comédienne de la troupe, Isabelle qui a su rester vierge de tout actes honteux, chose rare pour une comédienne qui justifie d'une telle beauté. le jeune baron Sigognac passé maître dans l'art de l'épée, fin bretteur, au fil des pages nous fait découvrir son talent en repoussant les tentatives de meurtre orchestrées par un autre jeune noble beau comme un dieu et très riche dont les avances sont constamment repoussées par la belle Isabelle.
Chacun des personnages présents vient consolider les différentes péripéties dont nos deux personnages principaux sont victimes. le livre se tient du début à la fin. Les rebondissements relancent l'intrigue tout en conservant un lien avec ce qui s'est passé précédemment. La fin du roman fait honneur à l'ensemble du livre. Une fin certes quelque peu prévisible, mais qui fini tout autrement aurait pu gâter l'histoire.
Pour conclure, une oeuvre délicate à lire, de part son style qui peut paraître un peu lourd. Mais si vous êtes un amoureux des mots, de belles descriptions, n'hésitez pas et lancez vous.
Si vous aimez les romans de cape et d'épée, dans lesquels on parle d'honneur, courtoisie, bienséance, d'amour mis à mal part un galant jaloux encore une fois lancez-vous vous en serez pas déçus.
C'est pour cela que j'aime lire, on est souvent déçu par nos lectures, mais parfois l'on est plus chanceux. le hasard nous fait découvrir des trésors . Ceux sont ces livres qui lorsque l'on tourne la dernière page, ont mérité le droit de prendre place sur l'étagère de nos lectures préférés.
J'ai donc comme vous l'avez compris beaucoup appréciez cette lecture, et ne regrette pas d'avoir attendu avant de l'avoir lu. Il faut sans doute une certaine maturité pour en apprécier tout le contenu.
J'espère vous avoir donné envie de le lire.
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gill
gill08 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Le jeune baron de Sigognac, dernier rejeton désargenté d'une lignée jadis riche et puissante, vit seul, abandonné de tous, dans son triste château, niché entre Dax et Mont-de-Marsan.
Lassé de cette vie sans éclat, il décide, un matin d'hiver, de suivre une troupe de baladins auxquels il avait donné l'hospitalité la veille au soir. Et voilà, notre jeune seigneur parcourant les routes et vivant les aventures souvent comiques et parfois dramatiques de cette troupe.
Il aime Isabelle, la jeune actrice et remplace bientôt l'acteur Matamore, disparu lors d'une tempête de neige, dans le rôle du capitaine Fracasse.
Lors de leur passage à Poitiers, Isabelle est remarqué par le jeune duc de Vallombreuse qui n'aura de cesse que de la harceler pour obtenir ses faveurs.
Le jeune baron de Sigognac, alias le capitaine Fracasse, devra vivre bien des péripéties et combattre, l'épée au poing, bien des spadassins au service de Vallombreuse, pour finir dans les bras de sa bien-aimée au "château de la misère" devenu par un retour de fortune inattendu "le château du bonheur".
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
ArakasiArakasi06 octobre 2013
La place de Grève, où, tôt ou tard, ils doivent finalement aboutir, exerce sur les meurtriers, les spadassins et les filous une fascination singulière. Cet endroit sinistre, au lieu de les repousser, les attire. Ils tournent autour traçant d'abord des cercles larges, ensuite plus étroits, jusqu'à qu'ils y tombent ; ils aiment à regarder le gibet où ils seront branchés ; ils en contemplent avidement la configuration horrible, et ils apprennent dans les grimaces des patients à se familiariser avec la mort ; effet bien contraire à l'idée de la justice, qui est d'effrayer les scélérats par l'aspect des tourments.

Ce qui explique en outre l'affluence de telles ribaudailles aux jours d'exécution, c'est que le protagoniste de la tragédie est souvent un parent, une connaissance, souvent un complice. On va voir pendre son cousin, rouer son ami de coeur, bouillir ce galant homme dont on passait la monnaie. Manquer cette fête serait une impolitesse. Pour un condamné, il est agréable d'avoir autour de son échafaud un public de figures connues. Cela soutient et ranime l'énergie. On ne veut plus être lâche devant des appréciateurs du vrai mérite, et l'orgueil vient au secours de la souffrance. Tel, ainsi entouré, meurt en Romain qui ferait la femmelette s'il était dépêché incognito au fond d'une cave.
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darkon31darkon3119 décembre 2010
Un vieux chat noir, maigre, pelé comme un manchon hors d’usage et dont le poil tombé laissait voir par places la peau bleuâtre, était assis sur son derrière aussi près du feu que cela était possible sans se griller les moustaches, et fixait sur la marmite ses prunelles vertes traversées d’une pupille en forme d’I avec un air de surveillance intéressée. Ses oreilles avaient été coupées au ras de la tête et sa queue au ras de l’échine, ce qui lui donnait la mine de ces chimères japonaises qu’on place dans les cabinets parmi les autres curiosités, ou bien encore de ces animaux fantastiques à qui les sorcières, allant au sabbat, confient le soin d’écumer le chaudron où bouillent leurs philtres.

Ce chat tout seul, dans cette cuisine, semblait faire la soupe pour lui-même, et c’était sans doute lui qui avait disposé sur la table de chêne une assiette à bouquets verts et rouges, un gobelet d’étain, fourbi sans doute avec ses griffes tant il était rayé, et un pot de grès sur les flancs duquel se dessinaient grossièrement, en traits bleus, les armoiries du porche, de la clef de voûte et des portraits.

Qui devait s’asseoir à ce modeste couvert apporté dans ce manoir sans habitants ? Peut-être l’esprit familier de la maison, le genius loci, le Kobold fidèle au logis adopté ; et le chat noir à l’oeil si profondément mystérieux attendait sa venue pour le servir la serviette sur la patte.
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SlySly02 juin 2011
Regardez-moi bien. je suis la terreur de l'univers, l'ami de la Camarde, la providence des fossoyeurs ; où je passe, il pousse des croix. C'est à peine si mon ombre ose me suivre, tellement, je la mène en des endroits périlleux. Si j'entre, c'est par la brèche ; si je sors, c'est par un arc de triomphe ; si j'avance, c'est pour me fendre ; si je recule, c'est pour rompre ; si je traverse une rivière, elle est de sang, et les arches du pont sont faites avec les côtes de mes adversaires. Je me roule, avec délice, au milieu des mêlées, tuant, hachant, massacrant, taillant d'estoc et de taille, perçant de la pointe. Je jette les chevaux en l'air avec leurs cavaliers, je brise comme fétus de paille les os des éléphants. Aux assauts j'escalade les murs, en m'aidant de deux poinçons, et je plonge mon bras dans la gueule des canons pour en retirer les boulets. Le vent seul de mon épée renverse les bataillons comme gerbes sur l'aire. Quand Mars me rencontre sur un champ de bataille, il fuit, de peur que je ne l’assomme, tout dieu de la guerre qu'il est ; enfin ma vaillance est si grande, et l'effroi que j'inspire est tel, que jusqu'à présent, apothicaire du Trepas, je n'ai pu voir les braves que par le dos.
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SZRAMOWOSZRAMOWO26 mars 2016
Le baron de Sigognac, car c’était bien le seigneur de ce castel démantelé qui venait d’entrer dans la cuisine, était un jeune homme de vingt-cinq ou vingt-six ans, quoique au premier abord on lui en eût attribué peut-être davantage, tant il paraissait grave et sérieux. Le sentiment de l’impuissance, qui suit la pauvreté, avait fait fuir la gaieté de ses traits et tomber cette fleur printanière qui veloute les jeunes visages. Des auréoles de bistre cerclaient déjà ses yeux meurtris, et ses joues creuses accusaient assez fortement la saillie des pommettes ; ses moustaches, au lieu de se retrousser gaillardement en crocs, portaient la pointe basse et semblaient pleurer auprès de sa bouche triste ; ses cheveux, négligemment peignés, pendaient par mèches noires au long de sa face pâle avec une absence de coquetterie rare dans un jeune homme qui eût pu passer pour beau, et montraient une renonciation absolue à toute idée de plaire. L’habitude d’un chagrin secret avait fait prendre des plis douloureux à une physionomie qu’un peu de bonheur eût rendue charmante, et la résolution naturelle à cet âge y paraissait plier devant une mauvaise fortune inutilement combattue.
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SlySly31 mai 2011
En effet, le théâtre n'est-il pas la vie en raccourci, le véritable microcosme que cherchent les philosophes en leurs rêvasserie hermétiques ? Ne renferme-t-il pas dans son cercle l'ensemble des choses et les diverses fortunes humaines représentées au vif par fictions congruentes ? Ces tas de vieilles hardes usées, poussiéreuses, tachées d'huile et de suif, passementées de faux or rougi, ces épées à l'antique au fourreau de cuivre, à la lame de fer émoussé, ces casques et diadèmes de forme grégoise ou romaine ne sont-il pas comme la friperie de l'humanité où se viennent revêtir de costumes pour revivre un moment, à la lueur des chandelles, les héros des temps qui ne sont plus ? Un esprit ravalé et bourgeoisement prosaïque n'eût fait qu'un cas fort médiocre de ces pauvres richesses, de ces misérables trésors dont le poète se contente pour habiller sa fantaisie et qui lui suffisent avec l'illusion des lumières jointe au prestige de la langue des dieux à enchanter les plus difficiles spectateurs.
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