> Lise Gauvin (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253932779
Éditeur : Le Livre de Poche (1997)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

Loin de toute méditation angoissée sur la solitude humaine, Suzanne et le Pacifique est un pied de nez à Pascal, emporté comme viatique, et à Flaubert, qui aurait tempêté contre cette île faite femme où « les ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par alaiseblaise, le 23 juin 2011

    alaiseblaise
    De ce livre, je ne pourrais rien vous dire de plus tellement je l'ai lu et relu, tellement je l'aime.
    Alors je vous cite la quatrième de couverture.
    «Loin de toute méditation angoissée sur la solitude humaine, Suzanne et le pacifique est un pied de nez à Pascal, emporté comme viatique, et à Flaubert, qui aurait tempêté contre cette île faite femme où « les pommiers donnent des oranges », et aurait trouvé là une nouvelle occasion de rager contre le « besoin de poétisation » des femmes, dont la maladie commune est de « demander des oranges aux pommiers... » Traité sur le bonheur de ne point demeurer en repos dans sa chambre, Suzanne et le pacifique fait le pari de l' « eudémonisme païen » - dont Sartre parlait à propos de Giraudoux -, bouleverse les classifications de la faune et de la flore, dresse l'inventaire d'un monde qui n'existe que parce qu'il est nommé. Giraudoux nous mène en bateau et l'île a ceci de commun avec le radeau, leitmotiv de l'oeuvre giralducienne, qu'il permet à l'« anarchiste distingué » - que Philippe Soupault voyait en Giraudoux d'isoler la révolte et de laisser l'ordre du monde intact : « On ne devrait s'aimer que sur un navire, un radeau, on le laisse aller, une fois tout fini, et tout le reste du monde est sauf. »
    Alors je vous offre des extraits.
    «Des milliers d'oiseaux inconnus flottaient donc autour de moi comme une langue nouvelle."
    «Ce n'est pas vrai qu'un navire passa, un matin, à peu de milles...
    c'était l'époque où je portais encore une tunique ; du promontoire je
    l'agitai, la plus indigne des héroïnes ; pour des hommes, qui du moins ne virent pas, je me mis nue."
    «Ce n'est pas vrai que j'usais mes jours à me poncer les jambes et à les frotter d'une poudre de nacre qui les rendait d'argent même sous les rayons du soleil."
    «C'est de là que j'apercevais, lancés au-dessus de la forêt comme des torches échangées par des jongleurs, les oiseaux de paradis..."
    Alors j'arrête là car je pourrais, sans peine, vous recopier le livre en entier !
    Alors il est temps que vous découvriez l'île de Suzanne...
    Jeter vos chaussures par-dessus bord et rejoignez Suzanne...
    Loin, loin, bien loin de ce fatiguant Robinson, cloueur, ficeleur, scieur, qui ne pense qu'à «encombrer déjà sa pauvre île, comme sa nation plus tard allait faire le monde, de pacotille et de fer-blanc.»
    Un livre qui préserve du malheur !
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