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ISBN : 2081349604
Éditeur : Flammarion (2015)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 705 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« La guerre de Troie n’aura pas lieu », dit Andromaque quand le rideau s’ouvre sur la terrasse du palais de Priam.
Pâris n’aime plus Hélène et Hélène a perdu le goût de Pâris, mais Troie ne rendra pas la captive. Pour tous les hommes de la ville « il n’y a plus q... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 21 février 2013

    juliette2a
    Voilà un livre que j'avais envie de découvrir depuis longtemps ! Quelle oeuvre !
    Jean Giraudoux, adepte de l'Antiquité, comme pour son oeuvre "Electre" publiée deux ans plus tard, reprend ici les mythes antiques dans un récit moderne, puisqu'il fait référence à la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi, Giraudoux met en scène la fameuse Guerre de Troie, entre les Troyens et les Grecs, à partir de l'enlèvement d'Hélène par Pâris, le séducteur. S'ensuit alors des discussions entre les partisans d'une nouvelle guerre, (comme Pâris, Priam et la majorité du peuple troyen) et ceux qui la condamnent en défendant la paix (ce qui est le cas d'Hector, d'Andromaque ou encore de Cassandre). J'ai beaucoup aimé replonger dans les légendes antiques tellement enrichissantes !
    Cette pièce en deux actes seulement nous présente des facettes différentes, qui correspondent d'une certaine façon aux idéologies de l'époque de l'auteur : Giraudoux se cache en réalité derrière Hector, le personnage central de cette pièce, las de la guerre, et présentant vivement ses arguments favorables au départ d'Hélène et ainsi à une entente totale entre les différents "peuples"...Andromaque, celle que l'on retrouve notamment dans la pièce de Racine, bien que peu présente, joue un rôle majeur, car c'est elle qui encourage son mari (Hector) à continuer sa défense...D'autres personnages sont au contraire pour une guerre qui incarnerait le sacre de Troie et l'honneur des citoyens, mais échoueront finalement dans leur action...En effet, finalement, comme le suggère le titre, les Dieux s'opposeront à ce conflit ; et pourtant la véritable Guerre de Troie aura bien lieu tout comme la terrible Guerre de 39-45...
    A travers de magnifiques répliques et dans un style étonnant, l'auteur nous délivre un si beau texte pacifiste encore valable aujourd'hui, mais qui m'a énormément plu...
    A lire !!!
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  • Par PiertyM, le 17 mai 2014

    PiertyM
    La guerre de Troie n'aura pas lieu
    Une merveilleuse pièce de théâtre! Comme qui dirait tout chemin mène à Rome, Avec La guerre de Troie n'aura pas lieu, Jean Giraudoux, par une position bien maquillée d'une forte négation, nous entraîne avec délicatesse vers la guerre mythique en prenant des tournures très surprenantes que le lecteur serait tenté de croire jusqu'à la dernière minute qu'effectivement l'auteur serait sur le point de nous présenter une autre version où la guerre de Troie n'aura pas lieu effectivement...
    Pendant que Cassandre prédit que la guerre aura lieu qu'on le veuille ou non, Hector manage de fortes négociations afin que la guerre n'ait pas lieu. Il demande à Paris de remettre Hélène la femme de Menelas, alors que les troyens sont contre le départ de cette beauté, ils préfèrent se préparer pour la guerre...
    Dans les négociations avec Ulysse, l'auteur feint au départ une espèce de volonté d'asseoir la paix, mais quand intervient la plus grosse insulte jamais adressée à un homme, ce qui remettrait même en cause l'honneur de tout un peuple, c'est de traiter les troyens d'impuissants, alors là c'est l'huile qui vient d'être jeter dans le feu, bien sûr qu'il serait or de question que la guerre n'ait pas lieu...
    Un bon voyage dans une autre version de la mythique guerre de Troie!
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    • Livres 4.00/5
    Par Eric76, le 23 juin 2015

    Eric76
    Au bout du compte, la guerre de Troie aura bien lieu…
    Malgré son intelligence, son prestige, ses mille ruses et sa volonté farouche de l'empêcher, Hector n'est pas de taille à lutter contre la fatalité du destin et l'idiotie des va-t-en-guerre.
    Reprenant l'histoire de l'Iliade d'Homère, Giraudoux laisse les Troyens s'entredéchirer en attendant une délégation grecque dirigée par Ulysse qui doit demander réparation suite à l'enlèvement de la belle Hélène par Pâris. Pour éviter la guerre entre Grecs et Troyens pour une question d'honneur, Hector qui, lui, en revient épuisé et écoeuré, demande à Pâris de la laisser repartir, mais le puissant clan des bellicistes ne l'entend pas de cette oreille.
    Deux choses me plaisent dans cette pièce que je lis pour la première fois (hé oui, je suis passé au travers au lycée !)
    Son côté intemporel, d'abord. Bien sûr, elle fut représentée pour la première fois en 1935, et on ne peut la comprendre sans connaître son contexte historique : celui d'une époque qui fonçait droit vers la guerre. Giraudoux pousse un cri pacifiste, mais un cri désespéré, d'un pessimisme noir, puisque les hommes qui s'agitent dans cette pièce se montrent incapables de saisir cette opportunité de contredire l'histoire en refusant de faire la guerre de Troie. Mais les arguments développés pour ou contre la guerre sont de toutes les époques. La guerre qui donne un sens à la vie et qu'on accepte de perdre au nom d'un idéal, d'une patrie ou d'une religion… Ou bien la guerre que l'on refuse parce qu'elle tue autant les ennemis que les proches, et éloigne les enfants de ses parents, ou le mari de son épouse… Question vraiment épineuse !
    Son côté décapant, ensuite. Priam, Hector, Hélène, Andromaque, Cassandre, Ulysse, tous ces personnages de légende, ces êtres suprêmes, majestueux, olympiens, en train de discuter le bout de gras au coin d'une table et de se donner des surnoms du genre « ma petite chérie » a quelque chose de très drôle et de rafraichissant.
    En bref, je ne regrette pas d'avoir passé un peu de temps à lire cette pièce et, vraiment, j'espère pouvoir un jour la voir au théâtre.
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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 12 juin 2012

    MissG
    Jouée pour la première fois en 1935, "La guerre de Troie n'aura pas lieu" est une pièce de théâtre bâtie sur le paradoxe et dont le titre même est paradoxal.
    Les années 30/40 ont d'ailleurs été propices à la revisitation moderne de pièces de théâtre de l'antiquité grecque par plusieurs auteurs : Jean Giraudoux, Jean Cocteau, pour ce citer qu'eux.
    A travers cette pièce de théâtre, Jean Giraudoux dénonce tout d'abord la guerre, ayant lui-même été blessé à deux reprises lors de la Première Guerre Mondiale il est un fervent défenseur de la paix, mais il évoque également la crise de 1929 qui continue à se faire sentir et la montée des extrémismes dans les pays européens, à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale.
    Il dénonce la bêtise des hommes, leur entêtement et établit un parallèle très intéressant entre la situation en Europe où tous les pays sentent venir la guerre mais où aucun ne fait rien pour l'arrêter et celle de l'Antiquité avec la guerre de Troie.
    La pièce de théâtre est découpée en deux actes et les personnages eux-mêmes sont découpés en deux clans : ceux pour la paix (Andromaque, Hector, Cassandre notamment) et ceux pour la guerre (Pâris, Priam, Démokos entre autres) avec au centre Hélène, qui ne sait pas ce qu'elle veut et se laisse porter au gré des évènements.
    Ne souhaitant pas se contenter de traiter d'un sujet tragique, Jean Giraudoux y mêle également le registre de la comédie, n'hésitant pas à mettre certaines scènes modernes et anachroniques (la prise de la photo d'Hélène par exemple).
    Pour le côté comique, j'aime énormément les scènes avec les vieillards qui acclament Hélène et louent sa beauté, mais uniquement avec des mots sans "r" puisqu'ils n'ont plus de dents.
    C'est non seulement l'un des aspects novateurs de cette pièce, mais c'est aussi l'un des atouts qui fait que je l'apprécie énormément, avec également les jeux de scène que se permet l'auteur, avec le rideau commençant à tomber à la fin pour se relever et laisser voir Hélène et Troïlus s'embrassant derrière les Portes de la Guerre.
    En arrière fond, la notion de destin est toujours présente et c'est une bien malheureuse conclusion qu'en tire l'auteur : c'est une force contre laquelle l'homme ne peut agir, et qui résonne comme un écho prémonitoire pour l'embrasement à venir des pays européens dans une guerre qui surpassera en horreur toutes les précédentes.
    L'autre atout indéniable de cette pièce de théâtre, c'est le nouvel éclairage qu'apporte Jean Giraudoux sur les personnages.
    Ainsi, Hector est un fervent défenseur de la paix, n'hésitant pas à se laisser gifler par un Grec pour éviter la guerre. Il est loin de l'image du guerrier que l'on peut sans faire.
    Quant à Ulysse, ses intentions ne sont pas claires.
    Les femmes ne sont pas effacées et, au contraire, n'hésitent pas à exprimer leur opinion et à chercher à influencer les décisions des hommes.
    C'est ainsi qu'Hécube dira cette phrase très juste : "Ce ne sont pas ceux qui font l'amour ou ceux qui sont la beauté qui ont à les comprendre."
    Même les Dieux ne sont pas épargnés, ils sont ridiculisés, l'un demandant qu'Hélène soit rendue aux Grecs sinon il y aura la guerre et l'autre qu'Hélène ne soit pas rendue car sinon il y aura la guerre, le summum étant atteint avec Iris, la messagère des Dieux qui oublie son écharpe en partant.
    Quant à la Paix, c'est malade qu'elle apparaît à la fin du premier acte.
    Cassandre est sans doute le personnage le plus clairvoyant, au-delà de sa malédiction de s'exprimer par phrases uniquement négatives elle sait bien que les dés sont jetés et que la guerre aura bien lieu.
    Elle représente en quelque sorte la conscience de chacun.
    Mais le personnage le plus énigmatique est sans nul doute Hélène, à la fois frivole et incertaine, à la limite écervelée, c'est la belle qui ne réfléchit pas par elle-même et obéit aveuglément lorsqu'on lui demande de dire ou de faire quelque chose, qui dit des hommes : "Je ne les déteste pas. C'est agréable de les frotter contre soi comme de grands savons. On en est toute pure ..." et de son amour pour Pâris : "Je suis aussi à l'aise dans cet amour qu'une étoile dans sa constellation.", mais finalement tout cela n'est qu'apparence, elle est avec Cassandre le personnage ayant le plus conscience de l'inéluctabilité de la guerre et a de belles phrases très justes : "L'humanité doit autant à ses vedettes qu'à ses martyrs."
    Se clôturant sur le réplique suivante de Cassandre : "Le poète troyen est mort ... La parole est au poète grec.", "La guerre de Troie n'aura pas lieu" est une pièce de théâtre résolument moderne et indémodable, riche d'anachronismes, de mises en scène, d'un mélange savamment dosé entre tragédie et comique, dotée d'une lecture à plusieurs niveaux et j'ai pris beaucoup de plaisir à la relire et à la redécouvrir, cette fois-ci sous un oeil moins académique que lors de mon baccalauréat de français.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/06/la-guerre-de-troie-naura-p..
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 05 novembre 2013

    Luniver
    À peine rentré d'une campagne militaire, Hector rentre à Troie pour découvrir que Pâris a enlevé Hélène, et que la flotte grecque est en route pour la récupérer. Lassé des massacres, il tente d'imposer la seule solution raisonnable : rendre Hélène aux Grecs, qui pourront repartir immédiatement, et éviter ainsi de nombreuses morts inutiles.
    Il tente de convaincre d'abord Pâris, puis le conseil de Troie, puis Hélène, obtenant chaque fois des demi-victoires : chacun accepte que la décision finale soit soumise à l'avis du suivant. Mais les efforts d'Hector se révèlent vains. Troie est prête pour la guerre, que tous les codes moraux, que toutes les lois internationales lui recommandent. Les arguments du héros troyen n'ont aucune prise sur cette force d'inertie qui pousse tout le monde vers le champ de bataille.
    Un plaidoyer pour le pacifisme et l'entente entre les peuples écrit avec beaucoup de finesse et une ironie assez mordante.
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Citations et extraits

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  • Par Peluche0706, le 15 août 2015

    Il n'y a pas deux façons de se rendre immortel ici-bas, c'est d'oublier qu'on est mortel.

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  • Par Luniver, le 31 octobre 2013

    BUSIRIS
    Mon avis, princes, après constat de visu et enquête subséquente, est que les Grecs se sont rendus vis-à-vis de Troie coupables de trois manquements aux règles internationales. Leur permettre de débarquer serait vous retirer cette qualité d'offensés qui vous vaudra, dans le conflit, la sympathie universelle.

    HECTOR
    Explique-toi.

    BUSIRIS
    Premièrement, ils ont hissé leur pavillon au ramat et non à l'écoutière. Un navire de guerre, princes et chers collègues, hisse sa flamme au ramat dans le seul cas de réponse au salut d'un bateau chargé de bœufs. Devant une ville et sa population, c'est donc le type même de l'insulte. Nous avons d'ailleurs un précédent. Les Grecs ont hissé l'année dernière leur pavillon au ramat en entrant dans le port d'Ophéa. La riposte a été cinglante. Ophéa a déclaré la guerre.

    HECTOR
    Et qu'est-il arrivé ?

    BUSIRIS
    Ophéa a été vaincue. Il n'y a plus d'Ophéa, ni d'Ophéens.

    HÉCUBE
    Parfait.

    BUSIRIS
    L'anéantissement d'une nation ne modifie en rien l'avantage de sa position morale internationale.
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  • Par Arakasi, le 20 juin 2013

    À la veille de toute guerre, il est courant que deux chefs des peuples en conflit se rencontrent seuls dans quelque innocent village, sur la terrasse au bord d'un lac, dans l'angle d'un jardin. Et ils conviennent que la guerre est le pire fléau du monde, et tous deux, à suivre du regard ces reflets et ces rides sur les eaux, à recevoir sur l'épaule ces pétales de magnolias, ils sont pacifiques, modestes, loyaux. Et ils s'étudient. Ils se regardent. Et, tiédis par le soleil, attendris par le vin clairet, ils ne trouvent dans le visage d'en face aucun trait qui justifie la haine, aucun trait qui n'appelle l'amour humain, et rien d'incompatible non plus dans leurs langages, dans leur façon de se gratter le nez et de boire. Et ils sont vraiment comblés de paix, de désirs de paix. Et ils se quittent en se serrant la main, en se sentant frères. Et ils se retournent de leur calèche pour se sourire…

    Et le lendemain pourtant éclate la guerre… Ainsi nous sommes tous deux maintenant… Nos peuples autour de l'entretien se taisent et s'écartent, mais ce n'est pas qu'ils attendent de nous une victoire sur l'inéluctable. C'est seulement qu'ils nous ont donné pleins pouvoirs, qu'ils nous ont isolés, pour que nous goûtions mieux, au dessus de la catastrophe, notre fraternité d'ennemis. Goûtons-la. C'est un plat de riches. Savourons-la… Mais c'est tout. Le privilège des grands, c'est de voir les catastrophes d'une terrasse.

    (Ulysse à Hector)
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  • Par Eric76, le 13 juin 2015

    HECTOR
    Ton fils peut être lâche. C'est une sauvegarde.
    ANDROMAQUE
    Il ne sera pas lâche. Mais je lui aurai coupé l'index de la main droite.
    HECTOR
    Si toutes les mères coupent l'index droit de leur fils, les armées de l'univers se feront la guerre sans index... Et si elles lui coupent la jambe droite, les armées seront unijambistes... Et si elles lui crèvent les yeux, les armées seront aveugles, mais il y aura des armées, et dans la mêlée elles se chercheront le défaut de l'aine, ou la gorge, à tâtons...
    ANDROMAQUE
    Je le tuerai plutôt.
    HECTOR
    Voilà la vraie solution maternelle des guerres.
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  • Par gill, le 31 octobre 2012

    Hector revient de guerre, victorieux et surtout épris de paix. Mais un nouveau conflit menace : son frère Pâris a enlevé Hélène que les Grecs sont prêts à réclamer de force.
    Soutenu par les femmes, en particulier Andromaque son épouse et sa mère Hécube, Hector fait taire les fauteurs de guerre, vieillards, juristes et surtout le poète nationaliste, Démokos ; il a même obtenu d'Hélène la promesse qu'elle regagnerait de bon gré son pays.
    (extrait de "Lagarde et Michard" - XX° siècle - Le Théâtre de 1919 à 1939)
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