ISBN : 2253001295
Éditeur : Le Livre de Poche (1967)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 120 notes) Ajouter à mes livres
Quatrième de couverture : Agamemnon, le Roi des Rois, a sacrifié sa fille aux dieux. Son épouse, Clytemnestre, l'assassine à son retour de la guerre de Troie, aidée de son amant, Égisthe. Oreste, le fils unique, est banni. Reste Électre, la seconde fille. « Elle ne fait... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par Orphea, le 19 novembre 2010

    Orphea
    Électre est une pièce de Jean Giraudoux, représentée pour la première fois en 1937.
    Giraudoux réactualise le mythe d'Electre, mythe qui a inspiré les trois grands dramaturges de la Grèce antique : Eschyle, Sophocle et Euripide.
    En France, la période d'entre-deux guerres vit l'éclosion de nombreuses réécritures parmi lesquelles nous pouvons compter "La Machine infernale" et "Orphée" de Jean Cocteau, "Les Mouches" de Jean-Paul Sartre et la célèbre "Antigone" de Jean Anouilh.
    Jean Giraudoux ne fut pas en reste, il écrivit "Electre" bien sûr, mais aussi "Amphytrion 38" et "La Guerre de Troie n'aura pas lieu".
    Après avoir été abandonnée au profit du drame, la tragédie revient au XXème siècle grâce à ces réécritures. D'ailleurs, Giraudoux qualifia sa pièce de "tragédie bourgeoise".
    Mais ne vous y méprenez pas, ces pièces ne sont pas de simples reprises, elles sont extrêmement riches et complexes.

    Le mythe d'Electre s'inscrit dans l'histoire des Atrides, famille qui porte sur elle la malédiction des dieux. Tous les membres de cette famille connaitront une fin tragique et violente.
    Je ne vais pas vous raconter l'intrigue de cette pièce. Elle ne peut être résumée en quelques mots sans être appauvrie, parce que la beauté du Théâtre vient avant tout du style et de la mise en scène.
    Il se peut que vous n'appréciiez pas cette pièce, mais elle ne vous laissera pas indifférents soyez-en sûrs.

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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 07 mai 2012

    brigittelascombe
    Tragédie en deux actes de Jean Giraudoux (haut fonctionnaire,romancier,auteur dramatique et cinéaste du XX° siècle, dont Siegfried, Amphitryon et La guerre de Troie n'aura pas lieu connurent un franc succés), Electre reprend les chefs-d'oeuvres classiques de Sophocle et d'Euripide pour offrir une version originale et moderne de cette pièce de Théâtre basée sur un parricide.
    Originalité car Electre, obstinée et perspicace mène une sorte d'enquête policière ( "Notre mère a un amant", "Notre père a été tué", " Tuez-là Egisthe et je vous pardonne") pour établir le parricide (et non l'accident) et la culpabilité de sa mère haineuse et de son amant Egisthe (le régent tyrannique d'Argos) dans le meurtre de son père le roi Agamemnon. Elle pousse son frère Oreste (doux rêveur revenu d'un exil de 20 ans) à venger ce crime.
    Mais verser le sang pour le sang est-il un bien interroge Giraudoux?
    D'où le modernisme de la pièce écrite au moment de la Guerre d'Espagne, puisque les émeutes grondent ici aussi et que la célèbre réplique du mendiant poète "cela s'appelle l'aurore" parle d'incendie et de destruction.
    Les femmes à histoires entrainent-elles toujours des catastrophes? Ou n'est-ce pas le cruel destin (ici représenté par les méchantes "petites Euménides" qui grandissent en accéléré pour marquer la fuite du temps) qui les pousse à agir?
    Qu'est-ce que la justice et le pouvoir?
    A part certains longs monologues (ex:les verbiages un peu vulgaires du mendiant pourtant teintés d'humour) cette pièce, à l'écriture inspirée, résolument d'actualité m'a enchantée!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mabertrand, le 16 décembre 2011

    mabertrand
    J'ai trouvé cette pièce compliquée à comprendre. Peut-être vaut-elle le coup sur scène.
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    • Livres 5.00/5
    Par ogressedeparis, le 01 février 2012

    ogressedeparis
    L'écriture de Giraudoux la sert à merveille: les répliques fusent dans tous les sens.

    Lien : http://ogressedeparis.canalblog.com/archives/2011/07/06/21529883.html
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Citations et extraits

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  • Par Seïla, le 27 février 2012

    Le lamento du jardinier.

    On réussit chez les rois les expériences qui ne réussissent jamais chez les humbles, la haine pure, la colère pure. C’est toujours de la pureté. C’est cela que c’est, la Tragédie, avec ses incestes, ses parricides : de la pureté, c’est à dire en somme de l’innocence. Je ne sais si vous êtes comme moi ; mais moi, dans la Tragédie, la pharaonne qui se suicide me dit espoir, le maréchal qui trahit me dit foi, le duc qui assassine me dit tendresse. C’est une entreprise d’amour, la cruauté... pardon je veux dire la Tragédie. Voilà pourquoi je suis sûr, ce matin, que si je le demandais, le ciel m’approuverait, ferait un signe, qu’un miracle est tout prêt, qui vous montrerait inscrite sur le ciel et vous ferait répéter par l’écho ma devise de délaissé et de solitaire : joie et amour. Si vous voulez, je le lui demande. Je suis sûr comme je suis là qu’une voix d’en haut me répondrait, que résonateurs et amplificateurs et tonnerre de Dieu, Dieu, si je le réclame, les tient tout préparés, pour crier à mon commandement : joie et amour. Mais je vous conseille plutôt de ne pas le demander. D’abord par bienséance. Ce n’est pas dans le rôle d’un jardinier de réclamer de Dieu un orage, même de tendresse. Et puis, c’est tellement inutile. On sent tellement qu’en ce moment, et hier, et demain, et toujours, ils sont tous là-haut, autant qu’ils sont, et même s’il n’y en a qu’un et même si cet un est absent, prêt à crier joie et amour. C’est tellement plus digne d’un homme de croire les dieux sur parole, –sur parole est un euphémisme,– sans les obliger à accentuer, à s’engager, à créer entre les uns et les autres des obligations de créancier à débiteur. Moi, ç’a toujours été les silences qui me convainquent... Oui, je leur demande de ne pas crier joie et amour, n’est-ce pas ? S’ils y tiennent absolument, qu’ils crient. Mais je les conjure plutôt, je vous conjure, Dieu, comme preuve de votre affection, de votre voix, de vos cris, de faire un silence, une seconde de votre silence... C’est tellement plus probant. Ecoutez... Merci.
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  • Par fchiffaut, le 25 juillet 2009

    "Joie et Amour, oui. Je viens vous dire que c'est préférable à Aigreur et Haine. Comme
    devise à graver sur un porche, sur un foulard, c'est tellement mieux, ou en bégonias nains sur un massif. Évidemment, la vie est ratée, mais c'est très très bien, la vie. Évidemment, rien ne va jamais, rien ne s'arrange jamais, mais parfois avouez que cela va admirablement, que cela s'arrange admirablement..." Lamento du jardinier, l.172
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  • Par Egg, le 21 avril 2011

    FEMME NARSES - [...] Comment cela s'appelle-t-il, quand le jour se lève comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l'air pourtant se respire, et qu'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
    [...]
    LE MENDIANT - Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s'appelle l'aurore.
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  • Par brigittelascombe, le 06 mai 2012

    Le Président
    Ne m'interromps pas, chérie,surtout pour dire la même chose..Elle peut être très agréable.Tout a plutôt tendance à s'arranger dans la vie.La peine morale s'y cicatrise autrement vite que l'ulcère,et le deuil que l'orgelet.Mais prends au hasard deux groupes d'humains: chacun contient le même dosage de crime,de mensonge,de vice ou d'adultère..
    Agathe
    C'est un bien grios mot, "adultère",chéri..
    Le Président
    Ne m'interromps pas, surtout pour me contredire.D'où vient que dans l'un l'existence s'écoule douce,correcte,les morts s'oublient,les vivants s'accommodent d'eux-mêmes,et que dans l'autre,c'est l'enfer?..C'est simplement que dans le second il y a une femme à histoires.
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  • Par cathcor, le 09 mars 2012

    EGISTHE Tu oublies le mariage, mendiant...
    LE MENDIANT C'est vrai. J'oublie le mariage. Mais pour tuer quelqu'un, c'est quand même moins sûr que la mort.
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