> Henry Horejsi (Autre)

ISBN : 2070366766
Éditeur : Gallimard (1975)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Le brave soldat Chvéïk (Dobrý voják Švejk) est un roman satirique inachevé de l'écrivain tchèque Jaroslav Hašek (1883-1923), publié en quatre tomes de 1921 à 1923. Les trois premiers tomes sont intégralement de l'auteur, tandis que le quatrième a dû être achevé après sa... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(3)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 06 juin 2008

    Woland
    Dobrý voják Švejk
    Traduction : Henry Horejsi
    Rarement auteur aura si bien mérité le qualificatif de "pince-sans-rire." Car l'humour, chez Hašek, n'est ni lourdaud, ni grossier, ni même vraiment apparent. A l'image de son héros, ce brave homme de Chveïk, que les premières pages du roman cueillent le lendemain de l'attentat commis à Sarajevo contre l'archiduc-héritier d'Autriche-Hongrie, il avance bien tranquillement, s'arrête pour admirer les beautés du paysage, discute éventuellement le bout de gras et passe son temps à faire des "déclarations respectueuses" aux gradés qui défilent.
    Il est si fin en fait qu'il contraint souvent le lecteur à suspendre sa lecture et à se relire afin de mieux le saisir.
    Anarchiste, il n'épargne rien ni personne et surtout pas l'armée. Mais c'est quand il s'attaque à la religion, avec l'inénarrable personnage du Feldkurat (= aumonier) dont Chveïk est un temps l'ordonnance empressée, qu'il atteint, à mon sens, à ses plus hauts sommets, un Everest d'absurdité matoise et cynique qui aurait émerveillé Jarry.
    Tout l'art de Hašek tient d'ailleurs en l'habileté avec laquelle il brosse le portrait de Chveïk, sur lequel ni ses chefs, ni ses lecteurs ne parviennent vraiment à se faire une opinion tranchée.
    Chveïk est-il un benêt, un peu simplet sur les bords, qui dit et fait des choses énormes d'audace et d'insolence sans se rendre compte des dangers que cela lui fait courir ?
    Ou bien est-il un phénomène de ruse et d'opportunisme qui, sachant parfaitement qu'il ne pourra échapper au conflit qui va endeuiller l'Europe entière, décide de courber les épaules, de faire le dos le plus rond possible et de mettre à profit la sottise et la rigidité d'esprit de l'administration autro-hongroise ?
    A moins que Chveïk ne soit fou, purement et simplement. Mais, sur ce point-là non plus, les personnages qui l'entourent comme les lecteurs qui lisent leurs aventures ne parviennent pas à trancher.
    Au-delà du mystère de la personnalité chvéïkienne, demeure un livre unique - je n'en ai jamais lu de semblable - d'une gaieté insolite, où la tragédie de la Grande guerre se dissout peu à peu dans l'absurdité des raisonnements de ceux qui la déclarèrent, et qui porte témoignage des trésors de philosophie, d'humour et de cynisme dont le peuple tchèque dut faire montre pour survivre aux longues années de colonisation qu'il traversa. ;o)
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par louisemiches, le 05 juin 2010

    louisemiches
    Le héros qui donne son nom à l'ouvrage est un 'bon gars', un imbécile réellement limité mais qui se donne avec coeur et optimisme à tout ce qu'il fait.
    L'histoire se passe en République Tchèque, ou ce qui en tenait lieu à l'époque (l'Autriche-Hongrie, si j'ai bien compris) et débute en 1914 à l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand.
    Affrontant toutes les situations avec l'enthousiasme et la débilité qui le caractérise, Chveïk va être trimballé d'institution en institution, et toutes vont en prendre pour leurs grades, globalement et dans les détails : le système et les hommes, respectivement leur absurdité et leurs petitesses.
    L'armée, d'abord. Les militaires sont désemparés devant le patriotisme de Chveïk qui veut absolument partir au front et gagner cette guerre.
    Tout d'abord, ils le croient fou et l'envoient en asile. Chveïk/Hasek en profite alors pour tourner en dérision les institutions psychiatriques. le brave soldat, lui, s'y trouve bien :
    "Sérieusement, je ne comprendrai jamais pourquoi les fous se fâchent d'être si bien placés. C'est une maison où on peut se promener tout nu, hurler comme un chacal, être furieux à discrétion et mordre autant qu'on veut et tout ce qu'on veut. Si on osait se conduire comme ça dans la rue, tout le monde serait affolé, mais, là-bas, rien de plus naturel. Il y a là-dedans une telle liberté que les socialistes n'ont jamais osé rêver rien d'aussi beau."
    Mais finalement, convaincu comme simulateur, on l'envoie en prison. Un lieu horrible et glauque où, finalement, Chveïk est la seule lumière pour le lecteur (ce qui, pour un 'imbécile épique', est un genre de performance).
    De là, il atterrit comme ordonnance d'un espèce de prêtre alcoolique et dépravé, et Hasek désacralise joyeusement un certain nombre de dogmes et de mythes catholiques.

    Vous avez compris le principe de cette ballade, au cours de laquelle on croise des personnages secondaires savoureux (ah le simulateur qui, pour ne pas aller au front, tentait de faire croire qu'il avait une jambe plus courte que l'autre d'un bon décimètre !), croqués d'une plume acide et tendre qui m'a fait sourire et pouffer à de nombreuses reprises. J'ai une sympathie particulière pour le juge d'instruction Bernis, qui a un peu le même système de rangement que moi :
    "Le juge d'instruction Bernis était très mondain ; charmant danseur et au demeurant fêtard passionné, il s'ennuyait énormément au bureau et passait son temps à composer des vers d'albums, pour en avoir toujours d'avance. C'était lui le pivot de tout l'appareil de cette justice militaire ; sur son bureau s'amoncelaient des documents d'affaires en suspens et des paperasses dans un état de confusion inextricable. Sa manière de travailler inspirait le respect à tous les membres du tribunal militaire du Hradcany. Il avait l'habitude de perdre les actes d'accusation et au besoin les inventait de toutes pièces. Il embrouillait les noms et les causes des accusés et n'agissait jamais que par lubies. Il faisait condamner les déserteurs pour vol et les voleurs pour désertion. Il fabriquait aussi avec rien des procès politiques. Il était capable des tours de passe-passe les plus compliqués et s'amusait à accuser les détenus de crimes auxquels ils n'avaient jamais pensé. Il inventait des outrages de lèse-majesté et, quand il égarait le dossier, s'empressait de suppléer les paroles subversives."

    Bien sûr, c'est cruel. La justice, la police, l'armée et l'église, et les hommes, rien ne sort indemne de cette errance absurde et féroce. Ce roman, anarchiste et drôle, est avant tout un grand pamphlet anti-militariste (rappelons qu'il a été écrit juste après la Grande guerre) qui fait froid dans le dos.
    Le Brave soldat Chveïk n'a pas vraiment d'histoire, c'est plutôt une suite de tableaux, à picorer de temps en temps, à abandonner puis à reprendre.
    Les tchèques sont, paraît-il, persuadé de tenir avec Chveïk 'leur' Don Quichotte.
    Quant à moi, j'ai plutôt pensé à du Courteline.
    Mais c'est peut-être parce que je n'ai jamais lu Cervantès...

    Lien : http://louisemiches.blogspot.com/2010/06/cest-de-pire-en-pire-sauf-v..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par dimitri, le 21 août 2011

    dimitri
    Ce brave soldat est un authentique résistant. Il ne s'agit pas de s'indigner dans un régime autoritaire et inégalitaire, mais bien d'une vrai méthode de survie dans ce milieu hostile.
    Ce Forest Gump tchèque, oppose une impertinence faussement candide alliée à une faconde intarissable, face à toutes les tentatives de coercition de l'empire austro-hongrois en Bohême. Toujours décalé, il ne s'oppose jamais et génère des catastrophes en mimant un conformisme enthousiaste.
    Il est libre en dépit de tout, à la fois idiot magnifique et philosophe paradoxal.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Penelope, le 18 janvier 2008

    "Vous n'auriez pas, par hasard, une ceinture sur vous pour que j'en finisse?

    - Si, et je vous la prêterai volontiers, répondit Chvéîk en quittant sa ceinture, d'autant plus que je n'ai encore jamais vu comment on fait pour se pendre dans une cellule. Ce qui est embêtant, continua-t-il en regardant autour de lui, c'est qu'il n'y a pas un seul piton ici."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (1)

Video de Jaroslav Hasek

>Ajouter une vidéo

Théâtre
Sont abordées, les pièces de théâtre suivantes :
- "Le Brave Soldat Sveik", de Jaroslav HASEK, adapté par Milan KEPEL - "Spectacle Beckett-Ionesco-Pinget", mis en scène par Jean-Louis BARRAULT - "L'illusion comique", de Pierre CORNEILLE, mis en scène par Georges WILSON - "Epitaphe pour Georges Dillon", de John OSBORNE mis en scène par (DOUGNAC ?) - "Hier à...








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Brave Soldat chveik par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (57)

> voir plus

Quiz