> Alain Chouchan (Traducteur)
> Christian Lhostis (Éditeur scientifique)

ISBN : 2845471122
Éditeur : H & O Editions (2005)


Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
C'est un témoignage capital et bouleversant qu'il nous est donné de lire dans ce livre. Parce qu'il est homosexuel, Heinz Heger est arrêté par la Gestapo le 12 mars 1939, emprisonné puis déporté au camp de Sachsenhausen. Là-bas, il apprendra à se servir de sa jeunesse e... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par araucaria, le 28 avril 2012

    araucaria
    A une époque où l'on s'interroge si l'on est pour ou contre le mariage des homosexuels et si l'on peut ou on leur accorder le droit à l'adoption, il est bon de faire un retour dans le passé. C'est un devoir de mémoire qui nous oblige à constater le sort qui leur a été réservé pendant la guerre de 1939-1945 dans les camps de concentration où ils ont pu être internés. Beaucoup n'en sont pas revenus, car traités comme des moins que rien, pis que des pestiférés. Leur sort n'était pas plus enviable que celui des prisonniers Juifs, cependant on en parle peu. le sujet a longtemps été tabou. Ce témoignage de Heinz Heger est donc capital qu' il nous livre dans ce récit avec beaucoup de pudeur et sans pathos. Un texte à découvrir par respect et pour perpétuer le devoir de mémoire.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 21 mai 2012

    canel
    Les homosexuels déportés, désignés par un triangle rose, furent longtemps "oubliés" après la guerre parmi les victimes des camps nazis. Certains Juifs s'indignèrent même de leur présence lors des commémorations, qui "salissait honteusement" la mémoire de la Shoah...
    Allemands, Autrichiens ou autres, sympathisants SS ou politiquement neutres, ils furent pourtant particulièrement exposés, dans les camps de concentration, au mépris, au sadisme et à la cruauté sans bornes des nazis. En vertu de l'instinct de survie, certains homosexuels purent légèrement adoucir leur sort, en échange de leurs faveurs auprès des mieux placés des kapos ou des nazis.
    Ce témoignage est extrêmement poignant, bouleversant, révoltant. Sont également inacceptables le déni de leurs souffrances et l'aveuglement officiel que durent subir ensuite (et pendant plus de cinquante ans dans certains pays) ces innocentes victimes. Sans oublier l'hostilité ouverte des populations au retour de ces "dépravés" - pour les moins malchanceux qui parvinrent à survivre et rentrer chez eux.
    A lire, dès 15 ans.
    Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_rose , qui vous conduira vers d'autres références.
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    • Livres 4.00/5
    Par baloo, le 05 octobre 2011

    baloo
    témoignage sur la déportation des homosexuels
    C'est un témoignage poignant qui nous est livré ici.
    Minorité souvent oubliée lors des commémorations, les homosexuels ont fait partie des victimes des nazis, ce qui a représenté environ 150 000 individus étiquetés "triangle rose".
    Outre l'enfer au quotidien d'un camp de concentration, les tortures, l'instinct de survie, relatés avec beaucoup d'émotion, ce témoignage révèle certains faits assez stupéfiants :
    - la sexualité dans les camps de concentration : présence de "bordel" hétérosexuel, mis en place par les nazis, avec comme filles de joies des déportées à qui on a faussement promis une libération au bout de six mois contre la mise à disposition de leurs corps... au profit des autres déportés du camp. "Le jour de l'ouverture, à cinq heures du soir, une centaine de prisonniers attendaient devant la porte du Sonderbau. Il resta ouvert jusqu'à vingt et une heures. le nombre de clients ne faiblit à aucun moment. Dans la file des déportés qui riaient et se réjouissaient d'aller chez les femmes, il n'y avait pas que des hommes forts et valides, les kapos et leurs aides, mais aussi des épaves humaines, rongées, affamées, pitoyables, entre la vie et la mort. Certains donnaient l'impression qu'ils allaient se briser en mille morceaux, et pourtant, ils venaient encore chercher leur plaisir".
    - le silence d'après guerre sur cette catégorie de victimes, et l'absence de dédommagement, les difficultés de réinsertion.
    - la pression d'autres associations de déportés faisant bloc contre la tentative de reconnaissance des déportés homosexuels. (détaillé dans la préface sous la plume de Jean le Bitoux).
    - Les brimades de certaines autres catégories de déportés, dans un camp, sur la catégorie "triangle rose".
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Citations et extraits

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  • Par canel, le 21 mai 2012

    Une chose était claire : ma volonté de survivre à la détention, à la bestialité des SS, primait tout. Or, cette volonté avait son prix. Je le connaissais. J'étais disposé à le payer, quitte à renoncer à toute idée de morale, de bienséance ou d'honneur. J'en souffris beaucoup par la suite, mais il est indéniable que si je m'étais dérobé aux avances de certains kapos, je n'en serais pas là aujourd'hui. 'C'est la vie !'. Un peu amer, j'en avais pris mon parti. Appliquée à mon cas, la devise du Tzigane "Vivre et laisser vivre" devenait : "Vivre et se laisser aimer"... (p.113)
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  • Par canel, le 21 mai 2012

    En ce qui concerne les homosexuels, l'objectif du régime nazi était l'extermination. Il convenait de faire place nette, de 'débarrasser le peuple allemand des dépravés'. Ce plan était scrupuleusement exécuté par les SS avec un plaisir sadique. Mais il ne suffisait pas de nous anéantir : les théoriciens nazis avaient prévu que nous affrontions auparavant brutalité et cruauté, ils avaient prévu les rations congrues qui nous transofrmaient en affamés perpétuels, le travail exténuant, la torture. 'Nous devions souffrir pour notre mort'. (p.67-68)
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  • Par canel, le 20 mai 2012

    Je me plaisais en compagnie des filles, mais je me rendis compte assez vite que je restais insensible à leur charme. Désirer des garçons ne signifiait pas pour moi détester les filles ou éprouver du dégoût à leur contact, bien au contraire : simplement, elles me laissaient indifférent, et si je ne tombai amoureux d'aucune, ce ne fut pas faute d'avoir essayé ! (p.29)
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  • Par canel, le 21 mai 2012

    (...) tout homosexuel qui entrait à l'hôpital, le 'Revier', avait peu de chances d'en sortir vivant... Les 'triangles roses' y servaient en effet de cobayes pour des recherches et des expériences médicales qui s'achevaient le plus souvent par la mort. (p. 52)
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  • Par canel, le 20 mai 2012

    A la Libération, Heinz Heger ne reçut aucun dédommagement de la part de la République d'Autriche. On voulait bien entendre son cas mais la déportation homosexuelle n'étant pas prévue dans les textes, on lui conseilla hypocritement de se déclarer triangle rouge. Indigné, Heinz Heger refusa : il n'avait jamais été un opposant politique, il avait plutôt des opinions conformistes et n'avait été incarcéré que pour son unique orientation sexuelle. L'obstacle sera identique en Allemagne (...). (p.13)
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