> Corinne Atlan (Traducteur)

ISBN : 2877309398
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2007)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Longtemps, je suis resté immobile, tapi dans un coin de ma chambre. Le moindre mouvement m'était affreusement désagréable... Mon dos rond, " dur comme une carapace ", me faisait un mal de chien chaque fois que je bougeais. C'est sans doute grâce à cette douleur que je m... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 12 décembre 2009

    sentinelle
    « Longtemps, je suis resté immobile, tapi dans un coin de ma chambre. Cela doit faire environ deux semaines que je m'y suis enfermé. Mon reflet dans le miroir montre un visage aux joues et au menton envahis par une barbe hirsute. Avant, comme je prêtais toujours une grande attention à mon apparence, je prenais soin de ma coiffure et m'épilais méticuleusement les sourcils. Maintenant, mes arcades sourcilières sont à l'abandon, comme une maison délabrée dans un champ en broussaille, et j'ai beau relever les mèches, ternies par la saleté, de mes cheveux que je ne lave plus depuis des jours, elles retombent chaque fois en désordre sur mes yeux. »

    C'est ainsi que débutent les confessions d'un jeune cadre japonais qui décide un beau jour de ne plus se rendre au travail, rompant toutes relations sociales, professionnelles et familiales en restant cloîtrer dans sa chambre, n'en sortant plus que pour satisfaire ses besoins corporels. Reclus dans sa chambre et coupé du monde, il attend le jour tant espéré où il verrait sa véritable identité se révéler enfin, débarrassée de ces rôles sociaux auxquels il s'est conformé toute sa vie pour accéder à sa véritable nature, ce qu'il appelle l'ultime métamorphose. S'identifiant au héros de « La métamorphose » de Kafka, ce repli sur soi est également l'occasion de jeter des ponts entre son vécu et celui de Gregor Samsa…
    Quel étrange récit que celui-ci ! J'ai aimé suivre le narrateur dans son analyse de l'œuvre de Kafka, apportant des éclairages intéressants sur les circonstances qui ont mené à La métamorphose de jeune héros Gregor Samsa imaginé par Kafka, circonstances que reflètent les peurs et le propre vécu du narrateur.
    J'ai apprécié également l'étude sociologique du Japon d'aujourd'hui, ce Japon en récession qui voit ses jeunes cadres dynamiques en pleine crise identitaire, victimes des pressions sociales quotidiennes et fatigués de porter des masques factices sous lesquels ils finissent par étouffer.
    Je découvre également que les japonais utilisent des vocables distinctifs – un ‘otaku' ou un ‘hikikomori' - pour désigner le jeune adulte qui recoure à la réclusion volontaire pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, déçu de ne pas pouvoir mener à bien ses objectifs dans la vie et réagissant en s'isolant complètement de la société. Un phénomène social et psychologique de masse impressionnant puisqu'il concernerait près d'un million de jeunes au Japon, soit un jeune sur dix !
    Dire que j'ai pris du plaisir à lire ce récit serait toutefois mentir. Les propos sont démonstratifs et souvent redondants, l'écriture ne m'a pas enchantée plus que cela, l'ensemble est très sombre et la lassitude guettait plus d'une fois. Reste un roman instructif et original, qui dénote complètement des auteurs japonais que je lis habituellement.


    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-la-derniere-metamo..
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    • Livres 2.00/5
    Par klagg36, le 21 avril 2012

    klagg36
    Idée intéressante que de faire d'un livre, La métamorphose de Kafka en l'occurrence, le fil rouge d'un autre livre. Intérêt aussi d'une narration par la victime de sa propre métamorphose et de sa quête permanente de sens. Pour cela, "La dernière métamorphose" se lit.
    En revanche, le livre manque de rythme et quelle idée d'imprimer en gras et systématiquement les mots « cancrelats », « métamorphose », « être qui n'était rien », « rôle », « véritable moi », etc. ! Ca en devient pénible et ajoute à la lassitude qui s'installe peu à peu.
    Enfin, quel dommage que l'idée qui s'impose au narrateur dans les dernières pages n'ait pas été développée plus longuement ! Là, l'auteur avait de quoi captiver le lecteur!
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 07 décembre 2009

    Longtemps, je suis resté immobile, tapi dans un coin de ma chambre.
    Cela doit faire environ deux semaines que je m'y suis enfermé. Mon reflet dans le miroir montre un visage aux joues et au menton envahis par une barbe hirsute. Avant, comme je prêtais toujours une grande attention à mon apparence, je prenais soin de ma coiffure et m'épilais méticuleusement les sourcils. Maintenant, mes arcades sourcilières sont à l'abandon, comme une maison délabrée dans un champ en broussaille, et j'ai beau relever les mèches, ternies par la saleté, de mes cheveux que je ne lave plus depuis des jours, elles retombent chaque fois en désordre sur mes yeux.
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  • Par sentinelle, le 07 décembre 2009

    Je crois que les êtres humains sont rattachés à la société par toutes sortes de ficelles issues de différentes directions. Si jamais ces ficelles, tendues à se rompre, en viennent à lâcher pour de bon, elles s'éloignent à une folle vitesse et disparaissent de notre vue en un clin d'oeil. J'ai essayé de m'imaginer en train de chercher les bouts de toutes ces ficelles pour les rattacher à moi de nouveau. J'en ai ressenti un si violent vertige que j'ai failli m'effondrer sur place.
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  • Par sentinelle, le 07 décembre 2009

    On travaille comme des imbéciles, obligés d'avaler une nourriture abjecte, en manque permanent de sommeil, subissant la torture du métro aux heures de pointe, cernés de partout par les ondes électromagnétiques, les hormones ou je ne sais quels trucs glauques encore, on est complétement essoufflés, on n'en peut plus !
    Désespoir ! Désespoir ! Désespoir ! Ah, il n'y a aucun, vraiment aucun, non, aucun espoir !
    Dès le départ le seul destin qu'on nous promet, c'est le suicide.
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  • Par sentinelle, le 07 décembre 2009

    Je comprenais bien l'état d'esprit de ceux de mes camarades qu'on appelait otaku. Ils fermaient les yeux devant l'extravagante immensité du monde, traçaient des frontières sur une certaine périphérie, fixées par eux-mêmes, considéraient cela comme les limites du monde et s'enfermaient à l'intérieur.
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