Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2714443524
Éditeur : Belfond (2007)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 422 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans un avion, une chanson ramène Watanabe à ses souvenirs. Son amour de lycée pour Naoko, hantée comme lui par le suicide de leur ami, Kizuki. Puis sa rencontre avec une jeune fille, Midori, qui combat ses démons en affrontant la vie. Hommage aux amours enfuies, le pre... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (64)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 27 août 2012

    marina53
    Une ballade enivrante qui me berce encore, après avoir refermé ce petit chef-d'œuvre. Avec ce livre, c'est un véritable aller simple pour le Japon que nous offre Murakami.
    Au cours d'un voyage en avion et au son d'une chanson des Beatles, Watanabe se remémore ses années d'étudiant et ses amours tumultueuses.
    Alors étudiant à Tokyo, élève cultivé et sensible, il fait la connaissance de Kizuki et de Naoko, sa petite amie. Après le suicide de Kizuki, Watanabe et Naoko vont se lier d'une amitié très forte, ambigüe par moments. Entretemps, il fera la connaissance avec Midori, une jeune fille fantasque et pleine d'esprit.
    Tout au long du roman, on les suit les yeux fermés dans les rues de Tokyo, à travers leurs longues balades et leurs rendez-vous romantiques.
    Murakami nous plonge dans un Japon poétique et lyrique. Des moments d'insouciance aux instants plus graves, tout est écrit dans un style d'une grande finesse. Il sait nous décrire aussi ces moments sensuels voire sexuels sans aucune vulgarité.
    L'écriture est transcendante et musicale.
    Laissez-vous emporter par cette ballade au son si mélodieux et mélancolique...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 35         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par andman, le 13 février 2013

    andman
    L'adaptation cinématographique de « La Ballade de l'impossible » par le réalisateur français d'origine vietnamienne Tran Anh Hung est vraiment une réussite !
    La vie estudiantine des années 70 à Tokyo, sur fond de manifestations contestataires et de soirées festives, y est très bien décrite. La bande son s'inspire à merveille du foisonnement musical de l'époque et les paysages de la campagne japonaise sont d'une beauté à couper le souffle. le casting, avec des jeunes acteurs japonais sympathiques, est lui aussi remarquable.
    Ce long film, sorti en 2011, est un grand moment de cinéma. Pourtant ce serait, de mon point de vue, une erreur de le visionner avant d'avoir lu le livre. le film occulte en effet le parcours de vie de plusieurs personnages secondaires, si bien relaté par l'écrivain.
    Ce roman majeur de Murakami raconte l'histoire d'un jeune étudiant, Watanabe, qui apprend le suicide de son meilleur ami Kizuki quelques heures seulement après avoir disputé avec lui une partie de billard.
    Il va rencontrer par hasard quelques mois plus tard, Naoko, la petite amie de Kizuki. Une relation très forte va se nouer entre ces 2 jeunes, au cœur meurtri par l'acte incompréhensible de leur ami commun, et constituer le fil conducteur du roman.
    La personnalité de Watanabe se caractérise par une profonde tolérance dans ses relations avec autrui et le lecteur s'identifiera au fil des pages à ce personnage attachant.
    Sa détresse psychologique, si justement décrite dans la dernière partie du roman, en devient même bouleversante et le lecteur croisera les doigts jusqu'à la dernière page pour ce jeune homme si durement éprouvé par le destin.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 26         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Malabar_, le 06 mai 2013

    Malabar_
    Contre toute attente, émettre un avis sur ce roman relève à la fois de la gageure et de la torture. Non que le livre m'ait déplu, bien au contraire, mais il est extrêmement difficile de mettre des mots sur cette écriture bien particulière. J'aurais aimé faire dans l'originalité et pourquoi pas, écrire un billet assassin mais j'ai adoré ce récit d'une grande beauté, où la poésie affleure à chaque page. On se déplace à pas de loup dans cet univers feutré où le style épuré, éthéré de Murakami ajoute à l'atmosphère sombre et mélancolique. Pourtant, si le propos est d'une tristesse peu commune, le récit n'en reste pas moins lumineux, drôle même parfois.
    Un grand roman d'initiation tout en nuances, comme peint à petites touches, un tableau impressionniste d'une belle humanité.

    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par asphodele85, le 02 juillet 2011

    asphodele85
    Une mélancolie poignante et vibrante semble s'être déposée sur ce livre, poussière d'ombres et de lumières mêlées. Sombre par la présence de la mort qui envahit le héros (et l'auteur) dès les premières pages, nous signifiant qu'elle sera aussi un personnage à part entière du récit ; sombre par les amours impossibles, remémorées vingt ans après et qui confirment que le temps de cet amour a fui ailleurs et ne repassera pas par l'histoire, ne la refera pas non plus. Elle restera à jamais suspendue, telle la dernière feuille rouge et silencieuse sur un arbre d'automne qui se refuse à tomber, alors que plus aucune sève ne la nourrit. L'obscurité reste toutefois, par éclipses, lumineuse comme ces clichés qui ont saisi l'âme, le geste, l'instant fugace plutôt que la pose à jamais figée. Et c'est dans cet instant de grâce que nous disparaissons sous ces pages légères et lourdes dans une musicalité incomparable, celle de l'imaginaire de l'auteur qui donne à cette mini autobiographie les accents d'un conte infiniment triste malgré des pointes d'humour nous assurant que la vie continue autour de l'absurde.
    L'HISTOIRE
    Lors d'un voyage en avion qui l'amène à Hambourg, Watanabe entend Norvegian Wood, la célèbre chanson des Beatles (chanson qui est le titre original du livre) et qui le propulse violemment vingt ans en arrière à Tôkyô sur les traces détaillées d'un passé qu'il croyait oublié. 1969. Avec Naoko et Kizuki, ils forment un trio d'amis inséparables. Naoko et Kizuki s'aiment depuis l'enfance. Ce dernier va se suicider et bien sûr leur vie va s'en trouver bouleversée. Ils quittent Kobé pour Tôkyô et mettront un an avant de se revoir. Il a commencé sans conviction des études d'histoire du théâtre et elle a quitté le lycée chrétien, privé et très cher pour s'installer seule tout en suivant ses cours à l'université. Lui, échoue dans un foyer pour garçons d'une austérité quasi militaire malgré le laisser aller de la majorité des occupants… Sur fond de manifestations contre l'impérialisme nos deux héros vont se rapprocher pendant cette période estudiantine, elle ne l'aime pas, sa névrose confine à l'autisme mais ils passent leurs dimanches à faire d'interminables balades dans Tôkyô, l'ombre de la mort toujours présente entre eux et en eux, ils ressemblent à deux solitudes incapables de communiquer vraiment, surtout elle qui ne sait pas mettre de mots sur les choses, qui le laisse se perdre « dans ses grands yeux limpides » qui parlent pour elle. Elle lui demandera une requête, une seule avant de disparaître encore : « Mais maintenant je comprends. Finalement, je crois que seuls les pensées et les souvenirs incomplets peuvent venir se loger dans des phrases, qui par définition, sont incomplètes. Et je crois qu'au fur et à mesure que mes souvenirs concernant Naoko se sont estompés, je l'ai de mieux en mieux comprise. maintenant, je comprends pourquoi elle m'a demandé de l'oublier. Sans doute le savait-elle aussi. Que le souvenir que j'avais d'elle finirait par disparaître. C'est justement pour cela qu'elle a insisté. « Ne m'oublie jamais. Souviens-toi que j'ai existé ».

    Il ira de liaisons faciles en rencontres amicales un peu déjantées, il lira beaucoup, du John Updike, du Scott Fitzgerald (dont Murakami a traduit les oeuvres en japonais) et qui revient souvent dans le livre, du Raymond Chandler (dont il dira à sa mort en 1987 qu'il a été un de ses maîtres à penser mais aussi un ami). Autant de lectures « pas à la mode de l'époque » mais qui lui permettent de rester seul le plus souvent possible et de se démarquer du troupeau. La névrose de Naoko s'aggrave et elle part en maison de repos (on ne dit pas asile ou encore hôpital psychiatrique). Sa rencontre et sa liaison avec la pétillante, fantasque et délurée Midori ne lui font pas oublier Naoko avec qui il a eu une aventure d'une nuit avant qu'elle ne disparaisse à nouveau. Naoko qui veut garder le souvenir intact, ne pas continuer, car elle semble vouée à l'impossible, refermée à jamais sur des blessures indélébiles et surtout faite pour la mort et son irrémédiabilité. Elle est fragile comme un brin de paille, elle cherche le contact pour mieux le fuir : « A la fin de l'automne, quand le vent froid se mit à souffler sur la ville, elle vint se blottir de temps en temps contre moi. Je sentais son souffle, à travers l'épais tissu de mon duffle-coat (…) Ce n'était pas mon bras qu'elle cherchait, mais un bras. Ce n'était pas ma chaleur qu'elle cherchait, mais une chaleur. J'étais gêné de n'être que moi. »

    Mais c'est aussi une rencontre avec Tôkyô qu'il arpente souvent la nuit avec son ami Nagasawa, son Gatsby le Magnifique où ils traînent dans les boîtes de jazz (autre passion de Murakami qui a lui même tenu un club de jazz pendant huit ans). de rencontres avec des filles qui finissent au love hotel, la description par le menu des plats qu'il mange (qu'il soit seul ou accompagné) : des concombres en bâton et des éperlans trempés dans la sauce miso, les anguilles, le sukiyaki qu'il prépare à Naoko dans sa maison de repos (il m'est arrivé de regretter de n'avoir pas de bar à sushis à proximité pendant ma lecture !) et le whisky qu'il descend plutôt bien, entre deux cocas. Ce portrait du japon occidentalisé (d'autant que le livre date de 1987) est accolé aux lectures et musiques anglo-saxonnes (Mile Davis, les Beatles, Les Doors ou Bill Evans entre autres), nous démontrant que le pays des geishas et de la réussite individuelle était en pleine mutation dans ces années là. le détail des quartiers évoqués régalera certainement ceux qui connaissent Tôkyô. La sensualité et la sexualité parfois crues mais jamais vulgaires nous rappellent tout de même que nous sommes au pays des célèbres estampes. Mais toujours avec beaucoup de grâce, de « normalité » face à ce sujet que notre culture judéo-chrétienne censurerait dare-dare ! Alors ? répondra-t-il à l'amour de Midori ? L'ambiguité des sentiments entretenus avec Naoko va-t-elle se démêler ? En sachant que sur les six personnages présents au début du roman, trois vont mourir…
    MON AVIS
    Ce livre d'apprentissage de la vie, de l'amour et de la mort est d'une puissance narrative époustouflante. En quelques mots simples, calligraphiés d'une plume légère, comme pour un idéogramme où il faut exécuter le caractère sans lever la main, ce roman sensible où la glace côtoie les flammes dans un style simple, fluide comme l'eau des fontaines d'un jardin zen nous envoûte toujours un peu plus jusqu'à la fin où un dernier rebondissement ne nous conforte pas dans l'image d'un happy end. L'exploration subtile que Murakami nous offre de l'âme humaine, des sentiments contradictoires qui la déchire, nous laisse le coeur au bord des larmes, des larmes qui ne coulent pas, nouées qu'elles sont par la force infinie des sentiments. La mélancolie s'accroche longtemps après au petit nuage sur lequel nous flottons et dont nous ne voulons pas redescendre…happés que nous sommes par des dissonances travaillées et qui en deviennent harmonieuses et intemporelles.


    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par lauredanse, le 18 février 2013

    lauredanse
    Après la mort de son ami Kizuki, Watanabe, le narrateur, part de Kobé pour aller faire ses études à Tokyo, et c'est par hasard qu'il y rencontrera Naoko, dans le train, l'ancienne petite amie de Kizuki. Ils étaient souvent tous les trois. A leurs retrouvailles, ils feront alors tous les deux de longues promenades et deviendront petits amis. Mais lors de leur première fois, Naoko s'enfuit et elle se réfugie dans une maison de repos. Elle est hantée par la mort de Kizuki, tout comme Watanabe, ce qui l'empêchera, entre autres, de faire sa vie normalement. Naoko est une femme d'une grande sensibilité, pleine de mystères, perturbée par ses démons. Watanabe est amoureux d'elle et il ira la voir et lui écrira régulièrement. Il rencontrera Reiko, qui partage le logement de Naoko dans cette institution, une femme qui aura tenté de se suicider, accablée par une rumeur. Mais elle est là depuis 8 ans et pourrait presque faire partie des soignants. Tous deux tenteront d'aider Naoko à sortir de sa torpeur et son silence.
    Lors de ses études il se liera d'amitié avec Nagawasa, garçon sûr de lui, influent, intelligent, qui veut faire partie du ministère des affaires étrangères : « La raison principale est que je voulais tester mes capacités. Alors autant le faire à l'intérieur de l'organisation la plus importante. C'est-à-dire l'Etat. Je veux essayer de savoir jusqu'où je peux grimper dans cette énorme machine administrative, et jusqu'où j'ai la force de tenir.« Ils partageront ensembles leurs lectures et des filles… Pourtant Nagawasa a une petite amie, Hatsumi, qu'il aura préalablement prévenu de qui il est, c'est un garçon honnête. Elle l'aime malgré tout. Mais Watanabe est amoureux de Naoko et ne peut se résoudre à continuer ce genre de frasques. Il rencontrera Midori, qui partage un cours avec lui, une fille très spéciale et qui elle aussi rencontre des difficultés. Ensembles ils auront d'agréables moments de rires et beaucoup d'affinités. Midori a un petit ami, une soeur, une mère disparue depuis deux ans d'une tumeur au cerveau et un père qui est lui aussi malade. Elle a un grand manque d'affection et d'amour : « J'ai toujours eu soif d'affection. J'aurais voulu au moins une fois dans ma vie recevoir de l'amour à satiété. Au point d'en être écoeurée et d'en refuser davantage. Une seule fois, juste une seule fois. Mais ils ne l'ont pas fait, jamais (ses parents). Quand je jouais à l'enfant gâtée, ils me repoussaient, et ils ne faisaient que de se plaindre que je leur coûtais de l'argent, ça a toujours été comme ça. Alors je me suis dit que je ferais tout pour trouver quelqu'un qui m'aimerait pleinement. J'étais en septième ou en huitième quand j'ai pris ma décision. »
    Je ne vais pas en dire plus pour vous laisser découvrir cette histoire. Mon ressenti pour cette lecture est contradictoire. Autant j'ai aimé l'histoire, l'écriture d'Haruki Murakami, l'omniprésence de l'amour, la profondeur des sentiments. Autant les scènes répétées de sexe, même si elles sont très gentilles et reflètent cette période sulfureuse de la vie, m'ont dérangées, ainsi que des monologues parfois ennuyeux, car bien trop longs. En règle général je n'apprécie pas d'avoir du sexe dans les histoires quand il ne (me) semble pas nécessaire à la compréhension et au sens du roman, et s'il l'est, il faut qu'il soit plutôt suggéré. Cela reste un avis très personnel bien entendu. Quant aux monologues ils ont vocation à raconter la vie ainsi que les émotions des protagonistes et à les comprendre, mais j'ai ressenti cette sensation de longueur parfois et cela aurait pu être plus court sans enlever de la valeur au récit à mon sens.
    Cependant Haruki Murakami sait mêler la noirceur au beau, c'est ce qui m'a frappé, dans le sens où la mort est très présente dans l'histoire, la solitude pesante, la « folie », mais aussi les moments de poésie et de beauté d'instants de vie, de don de soi et l'amour. C'est une histoire sombre qui peut être déprimante par tout ses côtés morbides, la mort frappant à plusieurs reprises dans l'entourage des personnages, par l'évocation de l'adolescence douloureuse, par la difficulté de vivre. Tout n'est pourtant pas négatif et des rencontres peuvent se trouver être bienfaitrices et pleines d'une promesse d'avenir…
    Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman. Certaines choses m'ont dérangée mais certaines autres m'ont beaucoup plu. J'aurais peut-être besoin de plus de recul quant à cette lecture. Ce qui est certain c'est que le monde de Murakami ne me laisse pas indifférente, j'aime ce côté spécial et bizarre, son écriture est très agréable. Les personnages sont travaillés en profondeur, tout en émotion, en sentiment, en caractère. Je les vois, je les connais, il sont réels. On ressent leurs peines, leurs douleurs, leurs amours, leurs difficultés, leurs solitudes, leurs joies, leurs doutes, leurs désarrois etc. C'est sans doute cette capacité à dépeindre des personnages avec autant d'intensité qui fait la force de cet auteur.
    Je ne peux que vous conseiller de le lire pour vous faire votre propre avis.

    Lien : http://madansedumonde.wordpress.com/2013/02/18/haruki-murakami-la-ba..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la critique

> voir toutes (78)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Guylaine, le 15 mai 2013

    Je cherchais quoi, à la fin ? Et qu'est-ce que les gens attendaient de moi ? Mais je ne trouvais pas de réponse satisfaisante. Je tendais parfois la main vers les particules de lumière en suspension dans l'air, mais mes doigts n'attrapaient rien.

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la citation

  • Par VincenteAndrea, le 14 mai 2013

    - Finalement tu ne connais pas grand-chose, me dit-elle. Pourtant, je croyais que le monde n'avait pas de secret pour toi.
    - Le monde est si vaste, lui dis-je.
    - Les montagnes sont hautes, la mer profonde, dit-elle.

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par VALENTYNE, le 26 février 2013

    Plus on connaissait Nagasawa, plus on le trouvait étrange. J'ai rencontré, j'ai croisé et j'ai connu pas mal de gens bizarres au cours de ma vie, mais aucun ne le fut autant que lui. Pour ce qui est du lecteur passionné qu'il était, je ne lui arrivais pas à la cheville, mais il avait pour principe de ne lire que les auteurs morts depuis au moins trente ans. Il me disait que c'étaient les seuls en qui il avait confiance.

    "Je ne dis pas que je n'ai pas confiance dans la littérature contemporaine. Mais je ne veux pas gaspiller un temps précieux en lisant des œuvres qui n'ont pas reçu le baptême du temps. La vie est courte.

    - Quels sont les auteurs que tu aimes ? lui demandai-je.

    - Balzac, Dante, Joseph Conrad, Dickens, me répondit-il aussitôt.

    - On ne peut pas dire que ce soient des auteurs d'actualité.

    - C'est justement pour cela que je les lis. Quand on lit la même chose que tout le monde, on ne peut penser que comme tout le monde. Cela fait péquenaud et vulgaire. Quelqu'un de sérieux ne s'amuse pas à ce genre de chose. Est-ce que tu sais, Watanabe, que dans ce foyer toi et moi sommes les seuls à peu près convenables? Tous les autres sont bons à mettre au panier.

    - Comment peux-tu le savoir ? lui demandai-je, surpris.

    - Je le sais. C'est comme si nous avions une marque sur le front. Je le vois tout de suite. Et puis nous avons tous les deux lu Gatsby le magnifique!"

    Je fis mon calcul dans ma tête.

    "Mais cela ne fait que vingt-huit ans que Scott Fitzgerald est mort !

    - Deux ans, ce n'est rien du tout, les écrivains comme lui peuvent être en dessous de la moyenne, tu sais" p 43
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par clarinette, le 30 juin 2008

    LA MORT N'EST PAS LE BOUT DE LA VIE,
    ELLE EN FAIT PARTIE.

    Une fois mis en mots, cela paraît banal, mais à ce moment-là, ce nétait pas sous forme de mots, mais d'une masse d'air que je le ressentais à l'intérieur de mon corps. La mort existait aussi à l'intérieur du presse-papiers, comme dans les quatre boules rouges et blanches alignées sur le billard. Et nous vivions en en inhalant les fines particules à l'intérieur de nos poumons.
    Jusqu'alors, j'avais toujours considéré la mort comme une existence indépendante, complètement séparée de la vie. En d'autres termes : "Il arrive un jour où la mort nous prend forcément dans ses bras. Mais en revanche, elle ne nous prend jamais avant le jour où elle le fait." Je trouvais que mon raisonnement était d'une logique à toute épreuve. La vie était de ce côté, la mort de l'autre côté.
    Mais à partir de la nuit de la mort de Kikuzi, il ne me fut plus possible désormais de penser à la mort (et à la vie) de façon aussi simple. La mort n'est pas une existence située tout au bout de la vie. La mort faisait déjà partie de ma vie dès le départ,c'est un fait qu'il m'était impossible d'ignorer, que je le veuille ou non. Et la mort venait de s'emparer de moi, au moment même où elle emportait Kikuzi, en cette nuit de mai de ses dix-sept ans
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par art-bsurde, le 07 avril 2013

    Mais il fallait du temps pour que le visage de Naoko apparaisse ainsi dans ma tête.Et,au fur et à mesure que les mois et les années passaient,cela en nécessitait de plus en plus.C'est triste,mais c'était la vérité.Au début il me fallait cinq secondes,puis dix,puis trente,et enfin une minute.Cela s'allongeait à tout vitesse,comme une ombre au soleil couchant.Je n'allais sans doute pas tarder à me retrouver dans le noir.Oui,mes souvenirs étaient en train de s'éloigner infailliblement de l'endroit où moi même je me tenais autrefois.Et seul ce paysage,ce paysage de prairie d'octobre,défilai inlassablement devant mes yeux,comme la scène particulièrement symbolique d'un film.Et ce paysage ne cessait de cogner dans un coin de ma tête.Allez,réveille-toi,me serinait-il,je suis toujours là,tu sais,réveille-toi et essaie de comprendre la raison pour laquelle je suis toujours là.Ce n'était pas douloureux,pas du tout.Seul un son creux à chaque coup.Ce bruit finirait bien,sans doute,par disparaître.Mais,dans cet avion de la Lufthansa à l'aéroport de Hambourg,il ne cessa de cogner dans ma tête,plus fort et plus longtemps que d'habitude.Réveille-toi,essaie de comprendre.C'est pour cela que j'écris ces lignes.Car je suis le type même de l'homme incapable de comprendre les choses tant qu'il n'a pas essayé de les mettre en mots.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

> voir toutes (7)

Videos de Haruki Murakami

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Haruki Murakami


1Q84 d'Haruki Murakami; Enregistrement Lecture Baran - Dekonink
Making off lecture et interview d'Emmanuel Dekoninck et de Maia Baran, lors de l'enregistrement du livre audio de 1Q84 -studio 5 /5 à Bruxelles. Decembre 2011Tournage : Vladimir Peeters pour Audiolib








Sur Amazon
à partir de :

7,89 € (occasion)

   

Faire découvrir La Ballade de l'impossible par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez les éditions Belfond

> voir plus

Lecteurs (828)

> voir plus

Quiz

    Murakami

    Qu'a étudié Haruki Murakami ?

    •   L'histoire du Japon médiéval
    •   La littérature américaine contemporaine
    •   La tragédie grecque
    •   la peinture sur soie

    10 questions - 118 lecteurs ont répondu
    Thème : Haruki Murakami

    Créer un quiz sur ce livre.