ISBN : 229031000X
Éditeur : J'ai Lu (2001)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Ce qui intéresse Jean-Claude Izzo, ce n'est pas tant de décrire que de comprendre la misère. Alors, quand il décide d'écrire la déroute de Rico, un SDF, il remonte aux sources, aux causes quasi imperceptibles bien qu'enracinées dans le... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par fleurdusoleil, le 01 septembre 2011

    fleurdusoleil
    Pourquoi ce livre ? Un challenge organisé par Calypso. Un mot est choisi et les participants sélectionnent et lisent un roman ou autre avec ce mot dans le titre. Pour cette session, le Soleil était à l'honneur. Après une petite recherche à la médiathèque, ce livre m'interpelle : Le soleil des mourants. Je ne connais pas son auteur mais qu'à cela ne tienne, je pars à la découverte...
    Petit roman de 250 pages, il se lit très rapidement. On s'imprègne des premiers mots et nous voilà embarqués dans la vie ratée, gâchée de Rico. Cet homme avait tout pour être heureux mais un jour sa vie bascule. Sa femme le quitte et lui commence à boire. C'est l'inévitable descente aux enfers. Il perd son travail, ses amis et se retrouve vite à la rue. Il rejoint les nombreuses âmes errantes des rues de Paris.
    La galère et la misère sont son lot quotidien. Les pauvres hères qu'il côtoie sont aujourd'hui tout ce qui lui reste. Jusqu'au jour où Titi, son meilleur pote de galère meurt dans le métro dans l'indifférence la plus totale.
    Rico se raccroche donc au souvenir le plus heureux qu'il ait, son amour de jeunesse. Marseille et la belle Léa qui a fait battre son cœur. Il se dit, comme dans la chanson d'Aznavour, que la misère serait moins pénible au soleil. Il se trompe, la misère est la même où que l'on aille.
    L'histoire de Rico nous est raconté par un jeune galérien rencontré à Marseille qui se prend d'affection pour cet homme qui n'est plus que l'ombre de lui-même.
    Jean-Claude Izzo parle dans ce roman de la vie difficile et cruelle des SDF qui vivent dans la rue. Il explique par le biais des différents personnages, comment l'indifférence et le mépris des gens dits "normaux" sont pesants. Cette misère leur fait peur car personne n'est à l'abri. On peut tout perdre du jour au lendemain. Il est difficile, voir impossible, de remonter à la surface. Personne ne va venir à votre secours. de plus, la vie dans la rue est une roulette russe. C'est chacun pour soi. La misère ne se partage pas. Les dangers sont nombreux et la lutte est violente. La dignité est le dernier crampon qui les retient. Une fois perdue, la fin est inévitable.
    Ces hommes et ces femmes, vous les croisez tous les jours dans les rues. Votre regard, votre main tendue sont le seul espoir qu'ils leur restent. Ne les jugez pas trop facilement, vous pourriez être à leur place un jour.
    Le texte est écrit dans un style très simple, beaucoup de dialogues, et une écriture très parlée. Pas de grands discours sur la misère du monde, ni coup de gueule, et encore moins d'appel à l'injustice mais juste l'histoire d'un homme qui glisse, glisse, glisse pour un jour se noyer. Et le soleil ne sera pas la bouée de sauvetage qu'il espérait...
    J'ai donc fait une très belle découverte avec ce roman. L'écriture est très agréable, le sujet est traité avec beaucoup d'intelligence et les personnages sont tous très attachants.


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/09/le-soleil-des-mourants-j..
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 21 mai 2011

    Malaura
    Un divorce, un fils qui ne veut plus le voir et Rico a sombré. Alcoolisme, perte du travail,perte du logement...Rico s'est retrouvé SDF. Chaque jour qui passe le laisse un peu plus au bord du désespoir.Après que son meilleur ami Titi,SDF comme lui, ait succombé au froid sur le quai du métro,Rico part pour Marseille à la recherche de Léa,heureux souvenir de jeunesse.Sur la route il croise d'autres écorchés de la vie -Mirjana, Abdoul -accablés eux-aussi par le poids des chagrins et des souffrances.
    J.C. Izzo colle au plus près du réel dans ce roman-reportage émouvant, inspiré en grande partie d'articles de journaux et d'ouvrages sur les sans-abri. A travers l'histoire de Rico, Félix, Mirjana ou Abdoul, l'auteur tente de faire entendre les voix de tous ceux - clochards, prostitués ou clandestins - pour qui la vie est devenue un long chemin de croix et montre combien il est facile de sombrer dans la misère sociale et morale.Un sujet qui reste hélas ! encore bien trop d'actualité.
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    • Livres 4.00/5
    Par HerveSard, le 03 février 2011

    HerveSard
    Le soleil des mourants, c'est la (très triste) histoire d'un homme qui a tout pour être heureux et dont la vie va basculer presque du jour au lendemain : Ricco est devenu un clodo parmi tant d'autres. Izzo nous plonge dans le quotidien des SDF : souffrance, violence, détresse, alcool... bien mieux que n'importe quel documentaire sur le sujet. Les personnages, même s'ils sont tous pathétiques et au bout du rouleau, arrivent pourtant à faire sourire. le récit, très bien construit, est poignant du début à la fin : lecture déconseillée en période de cafard...
    En résumé : un excellent livre.
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  • Par zabeth55, le 04 février 2012

    zabeth55
    souvenir très flou mais très fort. A relire.
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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 08 novembre 2010

    litolff
    Road-Movie de la misère et de la désespérance, avec le Le soleil des mourants on plonge brutalement dans le monde des sans-abris, de la peur, du froid et du manque d'alcool...
    Une réflexion déchirante mais sans pathos sur la lente déchéance d'un monsieur-tout-le-monde qui, de galère en galère, rejoint le monde des laissés-pour-compte.
    Bouleversant.
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Citations et extraits

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  • Par lisa3, le 02 décembre 2010

    Comment lui dire ce qu'il ressentait ? cette émotion, là, tout au fond de lui. Rico ne savait plus rien de ces choses, qui appartiennent aux sentiments. Les mots, les mots de l'amour, les je t'aime et tous les autres, mièvres, puérils, qu'on invente, s'étaient lentement effilochés. Ils n'évoquaient plus que des souvenirs, des lambeaux.
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  • Par Seïla, le 16 décembre 2011

    Chacun sa vie, marmonna Rico en allumant une clope. Et tout en fumant, il se demanda si, dans le fond, justement, la vie ce n'était pas ça : cette capacité de chacun à défendre son bout de gras, pour survivre au milieu de toute cette connerie humaine... Peut-être bien que son frère avait eu raison. Peut-être bien que Sophie avait eu raison. Il en était la preuve, non ? Il avait plongé, et, pour eux, tout continuait. La vie. L'amour. Le bonheur.
    Non, il se dit en repoussant la couverture, ça ne pouvait pas être ça. Mais quoi alors ? Où est-ce qu'il s'était planté dans la vie ? Lui, mais aussi Dédé, Monique, Jo. Et Félix. Et des types comme Titi, intelligent et tout, et qui avait lu des tas de livres. Si des types comme Titi plongeaient, c'est que, quelque part, quelque chose ne tournait pas rond. Mais quoi, bordel ?
    L'amour qui fout le camp. Partout. De partout. C'était ça. Entre un mari et une femme. Un père et son fils. Un frère et une soeur. Entre deux amis... Et des portes qui se ferment. Jusqu'à la dernière, un jour. La dernière porte avant l'enfer.
    L'enfer, la rue. La misère.
    Combien ils étaient, comme lui, à errer dans les rues ? Sur les routes, en France ? Plus personne ne comptait. On disait des centaines. On disait des milliers. On ne comptait que les morts, et uniquement en hiver.
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  • Par litolff, le 08 novembre 2010

    Il se leva péniblement, se traîna jusqu’au bout du quai. Là, il se faufila derrière la rangée de chaises en plastique, s’allongea sur le côté, la tête face au mur, puis il ramena le col de son manteau sur sa tête et ferma les yeux. L’hiver qui était en lui l’emporta.
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  • Par Seïla, le 16 décembre 2011

    Arrivé à un certain point avait songé Rico, on ne peut plus revenir en arrière. Parce qu'on a vu des choses que personne n'a vues, vécu des choses que personnes n'a vécues. On est alors condamné.
    Condamné, c'était peut-être ça la seule réponse. La réponse à tout. Ne plus vouloir revenir dans cette société, ce n'était pas de l'impuissance. Seulement une grande fatigue à vivre après tant d'heures et d'heures de misères.
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  • Par Seïla, le 16 décembre 2011

    C'est quand le ciel te tombe sur la tête, que tu découvres l'horreur. Que l'horreur existe dans le monde. Parce que tu bascules dans une autre vie, et que tu rencontres des gens dont t'imaginais même pas l'existence, ni la douleur...
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Vidéo de Jean-Claude Izzo

Extrait de "Il dit", spectacle poétique et musical autour de l'oeuvre de Jean-Claude IZZO.








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