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ISBN : 2070497887
Éditeur : Gallimard (1998)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 215 notes)
Résumé :
Babette, jeune journaliste marseillaise, a de gros ennuis. Le rêve de sa vie, un grand reportage sur la mafia dans le Sud de la France, est sur le point d'aboutir. Mais à quel prix! Il lui a déjà coûté la vie de son amant et elle est poursuivie par d'impitoyables tueurs. Réfugiée dans les Cévennes, elle envoie son travail à son ami, l'ancien policier Fabio Montale. Aussitôt, les morts s'accumulent autour de lui. La rage au ventre, Montale cherche à venger les innoce... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
Lorraine4715 mai 2013
  • Livres 5.00/5
Montale, Marseille, Mafia: trois mots pour le dernier opus d'une trilogie.
Montale, homme roc mâtiné d'ours, au coeur tendre et meurtri par les deuils.
Marseille, ville lumière, écrin blanc de cette perle noire de polar qu'est Solea.
Mafia, omniprésente dans les trois volets de la trilogie marseillaise de Jean-Claude Izzo: elle est au centre de Solea comme une gangrène.
Nous retrouvons Fabio Montale définitivement seul: Lole l'a quitté pour un musicos ne lui laissant aucun espoir.
Il vit seul, avec ses regrets quand un rayon de soleil semble venir frapper à sa porte. Il prend les traits de Sonia, belle brune aux yeux gris-bleu pour lesquels Fabio serait prêt à retenter l'aventure!
L'amour entrevu est hélas aussi fugace qu'éphémère! La belle Sonia est retrouvée la gorge tranchée à son domicile: pas de doute sur le modus operandi: c'est la mafia.
Solea est un morceau de jazz teinté de flamenco et joué par le divin Miles Davis. Il en a les accents à la fois tragiques et lancinants. Personnellement, je préfère Tutu, beaucoup plus énergique... Mais ce n'est peut-être pas le sujet.
La musique est omniprésente dans le récit de Jean-Claude Izzo: du flamenco à la salsa de Barretto au jazz de Coltrane, elle est plus qu'un élément du décor, elle jalonne les moments importants de la vie du héros qu'elle semble transcender, parfois.
Je ne puis terminer sans rendre remercier l'amie qui m'a confié ces trois ouvrages en pensant à juste titre que je serai susceptible de les apprécier.
Marianne, merci donc, tu portes un bien joli prénom célébré par Michel Delpech, et je te dédie donc ce morceau qui est en même temps un petit clin d'oeil à Jean-Claude Izzo, journaliste un temps au quotidien la Marseillaise. de là-haut, j'espère qu'il appréciera!
Je ne puis que vous recommander la lecture de cette trilogie, chef d'oeuvre intemporel aux accents de Marseille: il ne manque plus que les cigales... Et ça ira, ça ira!
http://youtu.be/BP-pTgqOTv8
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Herve-Lionel
Herve-Lionel24 septembre 2014
  • Livres 3.00/5

N°805 – Septembre 2014.
SOLEA - Jean Claude Izzo- Gallimard.
J'avoue à ma grande honte que jusqu'à ce que j'écoute un disque du chanteur-poète italien Gianmaria Testa qui fut son ami, je n'avais jamais entendu le nom de Jean-Claude Izzo (1945-2000). J'ai bien, comme toute le monde, vu à la TV la série policière de Fabio Montale mais en dehors des adaptations à l'écran de Simenon, d'Agatha Christie ou de Léo Malet, fait-on vraiment attention à l'auteur du roman qui en est à l'origine ? Et puis cette adaptation télévisuelle n'avait pas vraiment retenu mon attention.
C'est la troisième tome de la trilogie Fabio Montale, cet ex-flic marseillais qui a démissionné parce qu'il ne se reconnaissait plus dans ce métier[«  Être flic, qu' on le veuille ou non, c'était appartenir à une histoire. La rafle des juifs du Vel'd'hiv. le massacre des Algériens, jetés à la Seine en octobre 1961 ...Toutes ces choses-là qui avaient des effets sur la pratique quotidienne de pas mal de flics, dès lors qu'ils avaient affaire à des jeunes issus de l'immigration »]. C'est un roman-noir où la mort frappe à toutes les pages[« La mort qui a pour tous un regard »], bien qu'il se déroule à Marseille où douceur du climat méditerranéen inclinerait plutôt au farniente, au pastis,à la pétanque, à l'accent de Pagnol... Je sais cela fait un peu carte postale ; Encore que cette ville phocéenne c'est tout cela mais aussi autre chose, la Mafia, la violence, l'intolérance, le crime, le trafic de drogue, la tentation du Front National...
C'est vrai que Montale répond aussi aux critères classiques du policier de triller, alcoolique, marginal, désabusé, solitaire mais perpétuellement amoureux des femmes... Lole l'a quitté pour un autre homme mais il rencontre Sonia, une belle brune avec qui il aurait bien fait un petit bout de chemin, un amour éphémère cependant puisqu'on la retrouve la gorge tranchée... la main de la Mafia ! C'est la même organisation criminelle qui recherche Babette Bellini, la journaliste « free lance », parce qu'elle enquête sur les liens que l'organisation entretient avec la finance internationale et probablement aussi avec le pouvoir politique, comme en Italie. Elle fuit de Rome à Marseille avec à ses trousses des tueurs et, en désespoir de cause, se tourne vers Montale. Et ce n'est que le début ! Quant à Hélène Pessayre, elle a beau être commissaire de Police, il n'est pas insensible à son charme. C'est lui, Fabio qui nous raconte cette histoire, à la première personne comme s'il se confiait à son lecteur.
Je l'aime bien ce Fabio finalement. A la fois pragmatique et posant sur le monde qui l'entoure un regard de plus en plus dubitatif [il parle de « la saloperie permanente du monde »], attaché à sa ville qu'il connaît et qu'il aime, à son port, ses odeurs, ses couleurs, à la mer. Il est aussi cultivé, amoureux du jazz et de la musique [ Solea est un morceau célèbre de Miles Davis], suffisamment conscient de la réalité de la société pour n'en faire partie que de loin, suffisamment humain cependant pour défendre ceux de ses amis qui sont menacés, suffisamment philosophe pour relativiser les choses de cette vie dont on a dit tout et son contraire, mais quand même capable de se battre pour l'améliorer, faire qu'il y ait plus de justice, plus d'égalité. Il aime la bonne bouffe parce qu'elle fait partie de la vie, est amoureux des femmes parce qu'elles représentent la beauté sur terre et il n'y est pas insensible, comme il aime la poésie parce que c'est bien souvent elles qui inspirent les poètes. Cet attachement à la poésie, celle de Saint-John Perse, de Cesare Pavese mais aussi celle des chansons de Gianmaria Testa, je le retrouve aussi dans l'architecture la phrase, elle en est le témoin [« Je voyais, oui. Et je sentais. L'eau coulant sur ma peau. Sa douceur. Et le sel. le goût des corps salés. Oui, je voyais tout ça, à portée de ma main. Comme l'épaule nue de Sonia. Aussi ronde, et aussi douce à caresser, que les galets polis par la mer. Sonia »]. Il est un peu idéaliste aussi et pas mal rêveur, romantique avec sa sensibilité à fleur de peau, conscient des réalités aussi quand il comprend que son charme d'antan, même s'il a été bien réel, a maintenant disparu.
Il y a beaucoup de Jean-Claude Izzo dans le personnage de Montale et c'est en cela sans doute qu'il est passionnant. C'est plus qu'un personnage de roman, une sorte de double de l'auteur, lui-même attachant par son parcours personnel, son engagement , même si son passage sur terre fut rapide. Ce roman paraît en 1998. Il clôt sa trilogie et Montale se sent vieillir tout comme Izzo qui apprend qu'il est atteint d'un cancer. Il mourra en 2000.
« Quand on ne peut plus vivre, on a le droit de mourir et de faire de sa mort une dernière étincelle ».
©Hervé GAUTIER – Septembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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Ellana1978
Ellana197827 janvier 2016
  • Livres 3.00/5
Fabio Montale va mal. Lole l'a quitté, comme les autres avant elle, sûrement comme les autres à venir. Pendant ce temps, la mafia cherche à mettre la main sur Babette, une journaliste ancienne amante et amie de Fabio que l'on a déjà croisé dans le tome précédent. Quand la mafia apprend le lien entre eux deux, elle s'en sert pour faire pression sur Fabio. Tant qu'il n'aura pas retrouvé la journaliste, un tueur s'en prendra à tous les gens qu'il aime. Au bout du deuxième mort, Fabio craque et demande à Babette de renoncer à ses recherches...
Dernier volet de cette trilogie marseillaise, Solea n'est pas pour autant le bouquet final auquel on aurait pu s'attendre. L'histoire peine à avancer et Fabio Montale est de moins en moins touchant, trop déprimé, frustré, égocentrique. Il faut dire pour sa défense que l'univers dans lequel il vit est désormais implacable : les méchants gagnent et les gentils meurent un peu chaque jour, condamnés à errer sans amour et sans espoir. Or pour décrire cette réalité crasse, Jean-Claude Izzo s'est largement inspiré de faits divers et de véritables travaux de journalistes. Bref, un tome que l'on quitte avec plaisir afin de se ressourcer ailleurs, là où l'herbe est plus verte et le soleil moins tenace. Avec tout de même l'envie d'aller faire un petit tour à Marseille, histoire de manger une fois ou deux face à la mer, en sirotant une bonne bouteille de vin !
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lonesloane
lonesloane10 août 2011
  • Livres 4.00/5
Troisième et dernier tome de « La trilogie marseillaise », ou les tribulations d'un Fabio Montale désabusé, dans un Marseille toujours aussi attirant, envoûtant, où chaque passage, chaque ruelle vous dévoileront leurs mystères, leurs secrets les plus inavouables.
Babette, la journaliste qu'on a pu découvrir dans « Total Kheops », termine une longue enquête concernant les liens de la mafia avec la finance internationale, elle a constitué un énorme dossier qui, si il est dévoilé, causera de nombreux remous jusque dans les plus hautes sphères de la politique. Mais on ne touche pas ce genre de chose sans risquer de se brûler les doigts… La jeune femme l'apprendra à ses dépens. Traquée comme un animal par des tueurs professionnels, elle n'aura d'autre solution que de se lancer dans une fuite éperdue et sans espoir qui la mènera de Rome jusque dans les Cévènes et, bien évidemment Marseille. Vers qui se tourner ? En qui avoir confiance ? Si ce n'est notre bon Fabio Montale, toujours si pragmatique quant à l'appréciation de la décrépitude du monde qui nous entoure, toujours si romantique lorsqu'il s'agit d'aimer la bonne vieille cité phocéenne, toujours si humain tout simplement.
Solea, c'est une nouvelle plongée vers l'innommable, vers la fange de la société, un troisième volet encore plus sombre et torturé que les précédents, mais oh combien jouissif à la lecture, comme pour finir en beauté son oeuvre, Jean-Claude Izzo tiendra en haleine le lecteur jusqu'à la dernière ligne, le dernier mot. Bien évidemment, c'est sans issue, on referme le livre avec un petit pincement au coeur, par ce que voilà, tout est terminé, le monde continue de tourner, Marseille vit et vivra toujours au rythme du soleil et du mistral… avec peut-être parfois un brin de haine.

Lien : http://testivore.com/solea/
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Rodin_Marcel
Rodin_Marcel13 mars 2015
  • Livres 2.00/5
Jean-Claude Izzo : "Soléa" – Gallimard, 1998 - collection Folio policier

Dans ce troisième volume des aventures de Fabio Montale, le lecteur se doute dès le début que l'auteur l'achemine vers la grande catastrophe finale, à savoir la mort du héros lui-même.
L'auteur recourt à un procédé connu, consistant à insérer carrément des passages en écriture documentaire de type journalistique sérieux : à mes yeux, c'est rasoir, ça reprend tous les lieux communs et le vocabulaire qui traînent dans "Le Monde", et on peut allègrement sauter la plupart de ces forts longs paragraphes. La thèse reste la même : la mafia va tout contrôler, et elle est composée de gens vraiment très méchants, bouh ! Se vérifie une fois de plus l'adage selon lequel la fiction visant à démontrer une idée ne peut être qu'une mauvaise littérature.

Il convient encore une fois de passer sur ces défauts pour apprécier les dialogues enlevés et les paragraphes bien sentis, illustrant avec force quelques caractéristiques de l'immigration ou parfois des rapports amoureux (voir citation).
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Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Lorraine47Lorraine4711 mai 2013
Comment une femme pouvait-elle s'introduire aussi simplement dans le cœur d'un homme, juste par des regards, des sourires?

Est-ce qu'il était possible de caresser le cœur sans même effleurer la peau?

C'était sans doute cela séduire. S'immiscer dans le cœur de l'autre, le faire vibrer pour se l'attacher.
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Lorraine47Lorraine4713 mai 2013
Je savais trop qu'on pouvait dire des choses, les croire vraies au moment où on les affirmait, et faire, dans les heures ou les jours qui suivaient, des actes qui les démentaient.

Dans l'amour en particulier. Parce que l'amour est le sentiment le plus irrationnel, et que sa source - quoi qu'on dise - est dans la rencontre de deux sexes, le plaisir qu'ils se donnent.
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Lorraine47Lorraine4725 mai 2013
Je ne savais pas montrer, même dans les pires moments, combien, en réalité, j'étais attaché à eux. Je ne savais pas le dire non plus. Je croyais que tout allait de soi. L'amitié. L'amour.
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Lorraine47Lorraine4723 mai 2013
Le réalisme était aussi le rouleau compresseur qui permettait à ceux qui ont du pouvoir ou des bribes, des miettes de pouvoir dans cette société, d'écraser tous les autres. (...)

- Être réaliste, c'est se faire mettre.
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Lorraine47Lorraine4730 mai 2013
Les histoires d'amour. On voudrait que ça arrive à un autre moment, quand on est au mieux de sa forme, quand on se sent prêt pour l'autre.

Une autre. Un autre.
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Videos de Jean-Claude Izzo (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Izzo
Extrait de "Il dit", spectacle poétique et musical autour de l'oeuvre de Jean-Claude IZZO.
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