Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2330037236
Éditeur : Actes Sud (2014)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Max est un homme politique de haut vol. Max est un génie, il est malin et s’en sort toujours. Il est le spin doctor du personnage le plus important du Danemark. Seulement cette fois, Max a assassiné son meilleur ami, qui est aussi, accessoirement, le Premier ministre.> Voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (11)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par PetiteBalabolka, le 17 juillet 2015

    PetiteBalabolka
    L'avantage, avec un libraire qui vous connaît bien, c'est qu'il est capable de déterminer quel genre de lecture vous agrée de manière générale (voire vous enthousiasme), mais aussi selon votre humeur du moment. Je me suis donc adressée à mes libraires avec une consigne volontairement peu subtile (j'aime bien les mettre au défi), celle de me trouver des livres sans prise-de-tête, limite « Oui-Oui ». Après un sourire melliflue de leur part me signifiant qu'ils avaient déjà saisi la part d'exagération dans mon propos, je me suis retrouvée avec un livre à la couverture que je qualifierai d'efficace. L'auteur est danois, je ne le connaissais pas mais en général, j'aime assez la littérature d'Europe du Nord, pour son côté désopilant notamment. Je n'ai pas été déçue.
    L'histoire est racontée par un braqueur de banque avec une forme d'application un peu maladroite qui donne d'emblée une certaine légèreté de ton (bien que les thèmes abordés ne le soient pas). le narrateur s'emploie à expliquer sa démarche : il emprunte la forme d'un sketch célèbre au Danemark s'organisant en trois parties : l'exposition (sorte de longue introduction), la description des personnages et le dénouement. Il agrémente chaque chapitre d'une sorte de chapeau que j'ai trouvé parfois un peu lourd dans l'effet comique recherché et qui a l'inconvénient de dévoiler une partie de l'intrigue.
    Si notre narrateur s'applique autant, c'est qu'il est pantois d'admiration devant l'intelligence de son personnage principal, Max. Intelligence largement sollicitée car Max s'est mis dans une situation apparemment inextricable. Il a assassiné le Premier ministre du Danemark, Tom, son meilleur ami. Max est son "Spin Doctor", son conseiller de l'ombre depuis des années, celui qui excelle à manipuler l'opinion, à louvoyer dans les plus hautes sphères politiques mais qui laisse sur le devant de la scène, son ami, son pantin aussi, plus charismatique. Mais voilà que Tom a voulu remettre en question cet accord...Il faut dire que la situation est tendue car un énorme poil à gratter des relations entre le Danemark et les Etats-Unis est à nouveau sur la sellette : la base de Thulé au Groenland. Au coeur de cet enjeu géopolitique hérité de la Guerre froide, la question du devenir d'une poignée d'Inuits devient embarrassante dès lors qu'elle trouve écho parmi l'opinion publique danoise dans son ensemble (on apprend sur la quatrième de couverture que Flemming Jensen est un défenseur de la cause groenlandaise). Pourtant Max, rompu à toutes les magouilles, a déjà trouvé la parade. Mais voilà que les choses se compliquent encore : un match de football injustement perdu par l'équipe nationale face au voisin suédois qui tourne à l'émeute, les caprices d'une femme de Premier ministre qui dégarnit les rangs des services d'ordre et c'est la gaffe, impossible à rattraper.
    Jensen s'amuse à placer des événements apparemment sans lien entre eux, d'importance variable, les uns probables, les autres complètement loufoques, certains relevant de la sphère publique, d'autres du domaine privé, pour créer une sorte de tourbillon frénétique autour de ces personnages. L'ensemble est assez alerte et distille pas mal de messages, notamment sur la démocratie, la manipulation de l'opinion publique, les opportunismes de tout genre, tout ça sans avoir l'air de paraître trop sérieux. le personnage de la jeune scoute, témoin presque direct de l'assassinat est le contrepoint naïf au cynisme de Max.
    Pourtant, il faut peut-être apprendre à se méfier des oies blanches, comme de tous les pantins d'ailleurs.


    Lien : http://leschroniquesdepetitebalabolka.blogspot.com/2015/07/le-blues-..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Pirouette0001, le 04 janvier 2015

    Pirouette0001
    C'est drôle d'un bout à l'autre, vraiment désopilant. Plutôt dans le genre "nonsense". Mais j'ai beaucoup aimé.
    Un braqueur de banque raconte l'histoire de Max, égérie au masculin du premier ministre danois, qu'il vient de tuer. Mais non loin de là, se trouve un camp scout et une cheftaine fait irruption dans le hangar où se trouvent Max et le cadavre. Comment Max va-t-il s'en sortir, lui qui est habitué de sortir le gouvernement de toutes les impasses dans lesquelles la politique les fourvoie ?
    Un excellent moment de détente. Bravo !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 15         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par LN, le 16 avril 2012

    LN
    Max est un homme ingénieux, capable de mettre au point les plans les plus rocambolesques pour se sortir d'une situation difficile, et cette capacité à s'adapter fait sa force. Mais cette fois-ci, le hasard lui complique quelque peu la mise :

    « Pourquoi je raconte tout ça ?
    Parce que ça peut être une consolation pour beaucoup.
    Un exemple du fait que ça peut mal se passer même pour le meilleur d'entre nous. Il n'y avait pas de problème avec ce plan – il y a seulement eu un accident, dont on ne peut pas se préserver.
    On peut acheter un parapluie si le temps est à la pluie, mais rester sans défense devant une bouche d'incendie qui explose sur le trottoir. Ça ne fait pas du parapluie une mauvaise idée. » (p. 173)

    En rencontrant la jeune Signe, une jeune scout qui s'est trouvée au mauvais endroit au mauvais
    moment, sa vie va basculer irrémédiablement.

    « N'oublions pas que cet homme si plein de pouvoir, habitué à jongler avec le destin des gens, n'était rien de plus qu'une personne tout à fait normale. Une personne habitée par l'angoisse, la joie, la tristesse, le bonheur et une nette tendance à la tendresse, comme chacun d'entre nous.
    Au fond, max avait désespérément besoin que quelqu'un s'occupe de lui.» (p. 190)

    Le blues du braqueur de banque est un texte drôle qui ne se prend pas au sérieux et joue de son originalité. le lecteur est adroitement manipulé par les personnages, et court de surprises en surprises…

    Mais derrière cette apparente légèreté, se cachent des ressources philosophiques, politiques, et psychologiques d'une richesse.

    « C'est pourtant toujours comme ça qu'on résout les problèmes et qu'on évite les ennuis. Pas en supprimant le problème ou l'ennui, mais simplement en reformulant avec intelligence. » (p. 62)

    Lien : http://www.lecturissime.com/article-le-blues-du-braqueur-de-banque-d..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par christinebeausson, le 15 octobre 2013

    christinebeausson
    Pour qui connaît l'autre livre de cet auteur publié en français, "imaqa", (livre dont je ne peux qu'encourager la découverte), le style, l'intrigue et les personnages sont d'un autre monde.
    Le blues du braqueur de banque est une farce, un sketche qui pourrait figurer dans un des spectacles de Flemming Jensen.
    L'humour, très souvent noir, dénonce beaucoup d'aberrations de nos sociétés.
    Le fric, le pouvoir, la manipulation. Mais sommes nous vraiment dupes de ce qu'on cherche à nous montrer !
    Le monde de la politique ?
    Je serai là beaucoup plus sceptique et attentive à ne pas me laisser aller à une dérive du tous pourris !
    Facile de dénoncer la perversion des hommes qui nous gouvernent et de leurs assistants.... Je préfère voir une meilleure illustration de ce monde par l'intermédiaire de la série Borgen, série danoise qui a le mérite de décrypter à la fois les arcanes du pouvoir et les moyens utilisés pour se l'approprier et éventuellement le garder!
    N'oublions jamais que si nous portons un individu au pouvoir, c'est lui qui après décidera et non pas celui qui l'a aidé à acquérir ce pouvoir.
    Quant à la manipulation entre individu, quelle est la part de la naïveté, du calcul, de la préméditation .....
    C'est peut être simplement la vie... Parfois simplement bête et méchante!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par kanarmor, le 23 août 2013

    kanarmor
    Flemming Jensen nous propose un joyeux mélange de personnages : un braqueur de banques (le narrateur), un premier ministre (la victime) et sa femme, un éminent conseiller politique et ami du précédent (et accessoirement son meurtrier), des négociateurs Américains, des Groëlandais empêcheurs de tourner en rond, une jeune cheftaine, le président de la Lettonie et sa femme (qui ne porte pas de culotte...). Bref un joyeux et hilarant cocktail scandinave ! le procédé narratif retenu s'adapte parfaitement au propos : le braqueur raconte au lecteur ce qui lui a été rapporté par Max, le conseiller politique (on découvrira à la fin, toutes les pièces du puzzle étant à leur place, dans quelles circonstances...)
    Malgré un passage un peu plus faible (la scène entre Max et Signe la cheftaine, où Max tente de gagner Signe à sa cause à coups d'arguments philosophico-politiques, bref une démonstration de satire politique), c'est un bon roman décalé avec un humour pince-sans-rire à la manière de Jonas Jonasson ("le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire") ou de Arto Paasilinna ("le lièvre de Vatanen" entre autre), avec une fin décoiffante : à malin, malin et demi !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 2         Page de la critique

> voir toutes (14)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Gwordia, le 03 avril 2012

    "Les gens se battent pour la démocratie, mon vieux ! On se vante de notre démocratie ! On fait des guerres partout sur Terre pour exporter la démocratie !"

    Elle se maîtrisa. Parfois, la langue s'emballe, et on commence à dire des bêtises.

    "Enfin, non." Elle se corrigea toute seule, irritée. "On le fait pas pour la démocratie. Mais après coup, on dit que c'était pour ça... vous le dites !"

    Elle l'accusait du regard.

    Grand Dieu ! Max n'en pouvait plus. La nuit était bien avancée, et il n'avait pas dormi. C'était évident : Max était fatigué.

    Mais il n'y avait pas de détour possible. Il fallait y retourner.

    "Je vais essayer de t'expliquer quelque chose à propos de la démocratie, Signe. Quelque chose qui peut être un petit peu difficile à comprendre...

    - Fais gaffe, si c'est trop difficile à comprendre, je risque de devenir méfiante !"

    Il n'y avait évidemment rien de révolutionnaire dans les propos de Max sur la démocratie, mais Signe était très jeune, il n'avait donc aucun intérêt à sauter une étape.

    Pour le lecteur aussi tout ça pourrait avoir des airs d'évidence, mais laissez-moi résumer brièvement, question de cohérence.

    Commençons avec les grands défis de l'humanité - juste quelques-unes, on n'est pas au Consensus de Copenhague.

    La Terre va mal, c'est comme ça. On le sait bien : le CO² dans l'air, les substances toxiques dans l'eau, la radioactivité... Tout ça, on nous en rabat les oreilles. Le fait est que l'homme est le seul animal à avoir choisi son extermination en chiant dans son propre terrier.

    On peut penser ce qu'on veut, mais c'est comme ça.

    Quel rapport avec la démocratie ?

    Tout le monde sait ce qui ne va pas - tout le monde sait ce qu'il faut faire. Personne ne le fait ! La Terre approche la limite de la surpopulation, pendant que nous les riches devenons plus riches, les pauvres plus pauvres, les assoiffés plus assoiffés, les affamés plus affamés - et l'impuissance se mue en une rage mondiale, qui un jour ou l'autre explosera forcément en Ragnarök.

    On peut trouver ça bien ou pas, mais on est bien obligés de s'y faire, parce que c'est comme ça.

    Peut-on y faire quelque chose ?

    Oui, on peut - on peut l'empêcher !

    On ne le fera pas.

    Qui doit le faire - est-ce que nous pouvons l'empêcher ?

    Oui, il se trouve qu'on le peut !

    Est-ce qu'on va le faire ?

    Non, on ne le fera ps.

    Pourquoi ?

    A cause de la dé-mo-cra-tie !

    Nous y voilà : la démocratie causera la ruine de la Terre !

    Tous les gouvernements du monde savent quoi faire, mais personne ne fait rien.

    Parce que ce qu'il faut faire serait si radicalement impopulaire que personne ne veut mettre la tête sous la guillotine.

    Parce qu'il y a toujours des élections dans quelques années.

    L'indicible vérité est : la seule chose qui pourrait sauver la Terre, c'est un régime totalitaire.

    Mais ça, on n'en veut surtout pas ! Oulala !

    Plutôt laisser crever la Terre.

    Pour la démocratie !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par Gwordia, le 03 avril 2012

    Les politiciens sont des amateurs.

    Et ça ne pose absolument aucun problème. C'est même le principe de la démocratie : nous devons tous avoir notre mot à dire, puisque nous sommes tous à égalité - tout simplement.

    L'idée vient de la Grèce antique, elle est née d'un profond idéalisme et d'une désespérante ignorance de la nature humaine.

    Nous avons nous-mêmes décidé que les choses devaient être comme elles sont. Mais le résultat est dont que les pays démocratiques à travers le monde sont menés par une bande d'amateurs à moitié dingues. On peut devenir ministre de l'Environnement uniquement parce qu'on possède un tracteur ! Il en va des ministres comme des couches jetables : il faut en changer souvent.

    Et pour la même raison.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par Pirouette0001, le 04 janvier 2015

    (...) l'image des braqueurs dans la société reste peu valorisée.

    Aux grandes premières de théâtre par exemple, on invite toujours beaucoup plus de directeurs de banque que de braqueurs de banques. Les directeurs de banque semblent en effet nettement plus honorables, bien que je puisse garantir que si l'on fait les comptes, les directeurs coûtent aux banques bien plus cher que les braqueurs.

    Quand un directeur a coulé une banque de plusieurs centaines de millions, on lui donne quelques millions de plus pour l'inviter à prendre la porte - nous autres en revanche, on peut s'estimer heureux si l'on s'en sort avec de quoi payer un taxi pour rentrer à la maison.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par PiertyM, le 20 octobre 2014

    Les gens du tiers monde prient probablement plus que nous. Ils ont peut être plus à demander.

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la citation

  • Par Gwordia, le 03 avril 2012

    "La mort de la démocratie ne sera pas le fait d'une audacieuse embuscade - mais le résultat d'une destruction progressive par l'apathie, l'indifférence et la sous-alimentation."

    Robert M. Hutchins

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
7,70 € (neuf)
4,00 € (occasion)

   

Faire découvrir Le blues du braqueur de banque par :

  • Mail
  • Blog

Listes avec ce livre (2) > voir plus

> voir plus

Quiz