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Constance de Saint-Mont (Traducteur)
ISBN : 2081212935
Éditeur : Flammarion (2008)

Note moyenne : 4/5 (sur 42 notes)
Résumé :
4 juin 1989. Des milliers d'étudiants occupent depuis un mois la place Tian'anmen, et parmi eux, Dai Wei. Une blessure par balle le plonge dans un coma profond, son corps devient sa prison, mais son âme se souvient : son père dissident qui revient des camps, ses premières amours contrariées, l'éveil de sa consience politique…

Au-delà d'une critique sans équivalent de la dictature chinoise, "Beijing Coma" ramène chacun à ses angoisses et désirs les plu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
bilodoh09 juin 2015
  • Livres 4.00/5
C'est du lourd, autant par le nombre de pages que par certains des sujets traités.

Une écriture où alternent plusieurs temps. Il s'agit d'un jeune homme dans le coma, mais dont l'esprit s'éveille peu à peu même si son corps demeure immobile. On aura donc en parallèle son temps présent et ses souvenirs du passé.

Son présent c'est la biologie, les neurones qui entreront en fonction, les sensations immédiates, les voix qu'il entendra, les traitements et les remèdes chinois que sa mère utilisera pour tenter de le guérir, c'est un peu l'évolution de la société qu'il percevra à travers les conversations des amis qui viennent lui rendre visite.

Son passé, c'est d'abord son enfance, la vie quotidienne, la découverte de l'amour et de la sexualité, mais aussi son père musicien condamné comme droitiste, un père qui a vécu l'enfer des camps.

C'est sa vie d'universitaire, ses amis et les détours qui le mèneront aux manifestations de la Place Tian'anmen, les groupes d'étudiants, les tentatives d'organisation et les guerres de pouvoir entre leurs leaders.

Même si on y voit les conséquences de la torture et de la répression, ce n'est pas un réquisitoire politique. C'est une oeuvre qui s'attache minutieusement au quotidien, le calendrier sur le mur, la nourriture partagée, les odeurs et les sentiments, avec beaucoup de détails, trop peut-être. On y sent bien le lent passage du temps, mais le temps de lecture est aussi allongé en plus de 600 pages à petits caractères.

C'est un roman empreint de vérité, une vérité lourde à porter, du poids lourd de la marche de l'histoire.
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jfponge
jfponge02 juillet 2016
  • Livres 5.00/5
Dai Wei, étudiant en biologie moléculaire à l'université de Beijing (Pékin), est immobile sur son lit. Atteint d'une balle dans la tête un beau jour de printemps 1989, non loin de la place Tian'anmen, il est dans le coma. Les années passent, sans espoir de guérison, mais la partie de son cerveau laissée intacte lui permet d'entendre et sentir tout ce qui se passe autour de lui. Il revit ainsi, presque heure par heure, les événements, tendres et dramatiques, qui ont abouti à la terrible répression mettant un point final au mouvement vers la démocratie de la Chine d'après Mao Zedong (Mao-Tsé-Toung pour les anciens). Passé et présent convergent vers une fin tragique qui voit s'écrouler tous les rêves d'une jeunesse encore imprégnée d'idéal, avant que l'argent, bien ou mal gagné, ne remplace l'honneur et la liberté. Un constat implacable, ne négligeant aucune des contradictions qui ont agité tant le camp contestataire que celui des dirigeants d'un parti qui n'a de communiste que le nom. Comment le goût du pouvoir parvient à dévoyer les idées les plus généreuses ? Cette question, essentielle à la survie de l'humanité, est au coeur de l'ouvrage. Un roman puissant, aux dernières pages quasi insoutenables, aux qualités littéraires évidentes, jamais ennuyeux et qui touche à l'universel tout en décrivant par le menu ces quelques jours qui faillirent ébranler le monde…
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biblio47
biblio4719 janvier 2010
Le 4 juin 1989, Dai Wei était sur la place Tian'anmen avec des milliers d'étudiants quand l'armée et les tanks sont intervenus. Il est blessé d'une balle dans la tête et sombre dans un profond coma pendant plus de 10 ans. Il entend tout ce que se dit autour de lui mais il ne peut ouvrir les yeux, ni parler, ni faire le moindre geste. Il se souvient de tout ce qui a précédé le moment où il blessé : les manifestations des étudiants qui occupent la place pendant plusieurs semaines et dont il est un des leaders, ses amitiés, ses amours de jeune homme. Il écoute sa mère qui vit avec lui et a toutes les difficultés pour le soigner car, mère d'un opposant au régime, elle n'a plus droit aux soins ni à aucune aide. Et il écoute son corps qui lutte pour la vie. Les anciens amis aident comme ils peuvent, beaucoup sont partis à l'étranger et envoient un peu d'argent et viennent le voir dans un logement minuscule situé dans un bâtiment voué à la destruction pour faire place aux grands travaux des Jeux Olympiques.
C'est un long roman (presque 900 pages) passionnant par tout ce qu'il nous dévoile d'une Chine que nous ne connaissons pas bien. Il nous raconte la révolte des étudiants comme nous ne la connaissions pas : des semaines d'occupation de la place Tian'anmen où ils ont construit une station radio, les luttes pour le pouvoir entre les leaders, le soutien des ouvriers venus de toute la Chine et des étudiants des universités chinoises. le roman est magistralement construit sur les espaces-temps du passé (les événements) et du présent (la vie avec la mère). Il se déroule crescendo en même temps vers le récit de la répression sanglante de la révolte et vers la lente déchéance physique de Dai Wei,de sa mère vieillissante et la destruction de l'environnement (le logement, le quartier).
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dabnic
dabnic18 juin 2016
  • Livres 5.00/5
Une de mes lectures préférées de ces huit dernières années, un immense coup de coeur et, à l'issue de la lecture, l'envie irrépressible de partager mon enthousiasme avec mes amis lecteurs.
Pourquoi ai-je autant apprécié cette histoire chinoise rebelle ? Peut-être parce que j'avais vingt ans en 89 comme le héros Dai WeiWei.
1989, année de la chute du communisme : chute du mur à Berlin et ouverture à l'est, pérestroïka en URSS, exécution du couple Ceausescu en Roumanie, et Tien an Men, centre de ce roman.
Le narrateur a été frappé par une balle en pleine tête dans la nuit du 4 au 5 juin 1989 et de son lit de convalescence chez sa mère, plongé dans le coma, il raconte sa jeune vie marquée par le grand bond en avant, la disgrâce de son père membre du parti déviant, ses premières amours estudiantines et son engagement auprès des camarades contestataires de la place Tien an Men. le récit de l'occupation de la place tient une place essentielle dans le roman, mais jamais l'histoire de la lutte ne nous épuise.
L'issue de la vie du jeune héros surprend, elle ne sera pas révélée par mes mots. Mais quelle histoire, quelle Histoire !
L'engouement a frappé plusieurs de mes amis ; j'ai cependant dû passer par un challenge (une fiche de lecture produite sur mon mail par le premier ami et j'offre un bon restaurant) pour compter parmi les miens des amateurs de ce grand roman contemporain, et donc des débatteurs éclairés (dont certains inattendus)
Si vous souhaitez balayer l'histoire récente de la Rébublique populaire de Chine, du grand bond en avant à la célébration des jeux olympiques de 2008, avec ce focus incontournable et magnifiquement restitué sur les événements de 1989 vous tenez en main un excellent guide.
Livre à relire ? Certainement à ma retraite avec l'espoir de retrouver le frisson de la première lecture
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BVIALLET
BVIALLET19 mars 2012
  • Livres 5.00/5
Dai Wei est un jeune et brillant étudiant en biologie moléculaire à la Faculté des Sciences de Beijing. Il porte la honte d'être le fils d'un droitiste. En effet, dans les années 50, son père, grand violoniste émigré aux Etats-Unis croyant naïvement aux lendemains qui chantent avec l'arrivée de Mao au pouvoir, rentra au pays pour être immédiatement enfermé au Lao-Gaï (Goulag chinois) pendant plus de vingt ans. En juin 1989, des milliers d'étudiants occupent pacifiquement la place Tienanmen, réclamant la fin de la corruption, un peu de liberté et plus de démocratie. Avec autant de sauvagerie que les fois précédentes, le pouvoir communiste réprimera cette action avec la plus extrême violence : tirs à balles explosives sur la foule, intervention des chars pour écraser les manifestants. Au milieu de ce carnage, Dai Wei reçoit une balle dans la tête qui le plonge dans un coma profond qui durera dix ans. Transformé en légume qui sent et entend tout, le malheureux étudiant se souvient.
« Beijing Coma » est un livre bouleversant qui nous raconte minutieusement non seulement la sinistre affaire de la place Tienanmen mais encore la révolution culturelle avec ses millions de morts, ses gens ébouillantés, enterrés vivants, ses prisonniers battus à mort à coup de pierres ou de bâtons, ses hommes que l'on oblige à se battre entre eux pour prouver qu'ils sont de bons maoïstes, ou qui sont si affamés qu'ils en arrivent à manger leurs excréments et même à se comporter en cannibales. Sans oublier la vente systématique des organes des condamnés à mort ou la facturation à la famille des frais d'exécution. Ce livre est le plus terrible réquisitoire jamais écrit contre le communisme chinois. Tous les faits rapportés sont accablants. Personne ne peut donner un chiffre fiable du nombre de morts et de blessés de la place de Tienanmen, pas plus que le nombre de millions de morts victimes du communisme chinois. Ma Jian a travaillé dix ans pour nous proposer ce livre majeur du niveau de ceux de Soljénistsine. Bien entendu, cela choque, dérange et est souvent pénible à supporter. C'est l'horreur à l'état maximal, le totalitarisme froid, organisé, sans aucun scrupule, sans coeur, sans âme, sans tripes. Si l'on veut être un tant soit peu averti et aller au-delà de la sino-béatitude actuelle, il faut absolument lire ce livre majeur (car les médias ne nous ont pas raconté le dixième de ce qui s'est réellement passé à l'époque... Qu'en est-il d'ailleurs aujourd'hui ? On peut douter qu'un régime aussi monstrueux se soit réformé de l'intérieur, même touché par la grâce du divin capitalisme. La sanglante répression des Tibétains vient encore de le montrer. Les tapis rouges que l'ont vient de déployer sous les pas du dernier empereur rouge sont toujours aussi rouge du sang des innocents).
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh08 juin 2015
Cependant, la maladie est pire que la mort. Quand le corps commence à pourrir, vous perdez votre dignité et de respect de vous-mêmes. Vous êtes obligés de vous allonger, d’exposer votre faiblesse et vos carences au monde, et de permettre aux médecins d’ausculter et d’inspecter tous vos orifices bien gardés jusqu’alors.
(Flammarion, p. 429)
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bilodohbilodoh09 juin 2015
À Guanxi, tuer des ennemis de classe n'était pas suffisant, les comités révolutionnaires locaux forçaient les gens à les manger en plus. Au début, les cadavres étaient mis à mijoter dans de grandes cuves avec des pieds de porc. Mais à mesure que la campagne progressait, il y avait trop de cadavres, et seuls le coeur, le foie et la cervelle étaient cuits.

(Flammarion, p. 67)
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bilodohbilodoh06 juin 2015
Tout comme un poisson ne pourrait imaginer être tiré de l’eau, tu n’aurais jamais pu imaginer que ton amour prendrait fin.

(Flammarion, p. 229)
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PilingPiling26 juillet 2011
J'essaie de reconnaître des bruits lointains. On dirait qu'il neige. J'imagine la scène froide et dure derrière la fenêtre : la glace blanche qui couvre le sol, striée des reflets jaunes de la haute cheminée du générateur. Le matin, avant que la cendre ne soit tombée des toits et des branches du grand faux acacia de la cité, la glace est encore glissante. Les vendeurs à l'étal venus des banlieues allument leurs woks et vendent des galettes de pain. De grosses mouches vertes filent à travers la fumée odorante qui s'élève des braises. L'après-midi, les mouches se déplacent vers les caisses de yoghourts entassées au coin de la rue. Chaque jour, les deux mêmes vieillards sont assis à côté des caisses, essayant d'attraper quelques rayons de soleil. Il y en a un qui ne parle ni ne fume jamais, se contentant de fixer les passants d'un œil vide. De temps à autre, une camionnette quitte la route et s'engage dans notre rue pour ramasser les ordures ou livrer des boissons non alcoolisées à la petite épicerie, bloquant les cyclistes qui attendent derrière le froid glacial en faisant impatiemment tinter leurs sonnettes.
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PilingPiling25 juillet 2011
Incipit :

Par le trou où se trouvait le balcon couvert, tu vois le faux acacia qui a été abattu se relever lentement. C'est un signe évident que tu vas devoir prendre ta vie au sérieux à partir de maintenant.
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