> Jean-Jacques Bretou (Traducteur)

ISBN : 2752601964
Éditeur : L'Aube (2006)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Une odyssée de trois ans à travers un pays aux multiples facettes que MA a décidé d'entreprendre à la suite des persécutions d'une autorité répressive et hypocrite.
«Une des voix les plus courageuses et importantes de la littérature chinoise», a écrit Gao Xingjia... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Bibliolibra, le 27 janvier 2012

    Bibliolibra
    Magnifique récit autobiographique qui nous offre l'opportunité de réaliser plusieurs voyages en un seul....
    Un voyage dans le temps et dans une contrée lointaine:
    Ce récit nous plonge dans la Chine des années 80 sous le régime de Deng Xiaoping qui a succédé à Mao. L'auteur raconte alors son périple de trois ans à travers un pays au bord de la crise mais en même temps d'une grandeur exceptionnelle.
    Un voyage personnel:
    Ce périple, résultant des affres d'une politique se voulant à la fois communiste et capitaliste, requiert à la fois un aspect collectif en ce sens que c'est l'histoire de tout un peuple qui est en train de se jouer mais également un aspect individuel: on pénètre, durant ces centaines de pages, la vie, l'esprit, les pensées, les idées et les choix d'un individu qui de parfait inconnu devient au fur et à mesure de ce voyage une infime partie de nous-mêmes. En effet, on partage les mêmes jours et les mêmes nuits, parfois même les mêmes pensées. On voyage à travers son être, on s'imprègne de ses souvenirs...
    Un voyage spirituel:
    Un voyage personnel qui se mue en une véritable quête spirituelle. Une réflexion sur nos croyances et sur la vie qui mène le lecteur à s'interroger, à méditer et à prendre du recul sur sa propre existence. Certaines choses qui pouvaient nous paraître importantes voire vitales deviennent alors superficielles et inversement. C'est alors qu'on se rend compte que la vie représente un tout et qu'il faut savoir l'apprécier à sa juste valeur. On se rend compte qu'il est important de savoir écrire soi-même les propres lignes de son existence et ne pas laisser de place à un destin déjà tout tracé d'avance.
    Historique, politique, spirituel, philosophique et j'en passe... Ce récit brille par son étonnant mélange de raffinement et de simplicité. J'ai adoré ce voyage dans le temps, j'ai beaucoup apprécié le regard du narrateur et j'ai aimé sa philosophie de la vie. Bref, que du positif pour ce roman que je conserve précieusement dans ma bibliothèque personnelle.
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    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 06 août 2007

    BMR
    ux éditions de l'Aube, un passionnant et autobiographique récit de voyage : Chemins de poussière rouge de Ma Jian, un chinois exilé à Londres avec donc une écriture tout à fait occidentale.
    Dans les années 1980, Ma Jian est un intellectuel dissident à Pékin, et pour fuir les tracasseries politiques, il se lance dans un périple à travers la Chine de Den Xiaoping : un voyage très pittoresque, riche de culture et vraiment passionnant dans les profondeurs de l'immense Chine, du Pacifique aux déserts et jusqu'aux confins du Tibet.
    Un roman qui vient en contrepoint des romans policiers de Qiu Xiaolong et en écho au film Shanghaï Dreams.
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    • Livres 4.00/5
    Par Mouna, le 13 décembre 2008

    Mouna
    Chemins de poussière rouge de Ma Jian est édité aux éditions de l'Aube tout comme le livre d'un homme seul du prix nobel Gao Xingjiang.
    Il s'agit d'un roman autobiographique se passant en Chine dans les années 80, après la révolution culturelle et les année Mao. Ma Jian est un artiste dissident qui à cause de ses penchants artistiques se voit obligé de quitter Pekin. Il entame alors un long voyage à travers toute la Chine et partage la culture de nombreuses minorités.
    Un portrait de la Chine immuable, un détour par le Tibet, dans un roman politique, carnet de voyage poétique incontournable.

    Lien : http://ranatoad.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 18 février 2011

    Devant moi se dresse le versant à pic des collines du Sable chantant, reliées par de nombreux dédales aux célèbres grottes de Mogao. Du quatrième au dixième siècle, des communautés de moines bouddhistes taillèrent ces châsses dans la falaise, puis les décorèrent de peintures murales et de statues colorées. J'en ai vu d'innombrables représentations dans des livres d'histoire de l'art. Je sais que sur ces murs sont peints de gracieuses apsaras, des scènes de la vie du premier bouddha, Sakyamuni, et des portraits de marchands de la route de la Soie qui participèrent financièrement à la construction des grottes pour s'assurer un voyage en toute sécurité à travers le désert. Je sais que dans l'une de ces grottes se trouve une statue de trente-trois mètres de haut d'Amitabha, le disciple de Sakyamuni, dont la sagesse rayonnante transformait les désirs ardents en lumière infinie. J'ai vu une photographie de l'immense bouddha, allongé, attendant la mort, un sourire sur le visage. Son expression tranquille m'a touché plus profondément que le regard torturé du Christ que j'ai pu voir sur des images. Le bouddhisme enseigne à l'homme la transcendance du monde matériel et lui apprend à considérer que la vie et la mort sont sans importance. Le christianisme lui, pousse l'homme à chérir la vie et à craindre la mort.

    J'achète un billet d'entrée chinois et prends la file de droite. Les étrangers prennent le chemin de gauche. Je suis le flot de touristes, pointant à chaque grotte où nous passons. La plupart des grottes sont fermées et il est interdit de même jeter un œil à travers les grilles. Les gens, devant et derrière moi, discutent et mangent. Quelques-uns ont des radio-cassettes portables et écoutent des hymnes révolutionnaires ; lorsque les piles sont déchargées, ils règlent la radio sur un programme de la rivière Jaune. Quatre grottes sont ouvertes au public, mais, comme elles ne sont pas éclairées, je ne peux pas voir les fresques. Au cours des siècles, les temples troglodytes ont été érodées par le vent et salis par la fumée des feux de bois allumés par des générations de squatters. Il est difficile de ressentir la sainteté de ces lieux. Je ne vois que des murs écroulés. La statue de Vajrapani en colère, jetant des regards noirs, est cassée à hauteur des lèvres, ce qui lui donne un air ridicule. Lorsque j'atteins la grotte d'Amitabha assis haute de neuf étages, la foule converge. Les hommes et les femmes du groupe de touristes japonais portent des chapeaux blancs et tiennent des drapeaux rouges. Les blonds Américains avec leurs appareils photos suspendus à leur épaule encerclent le bouddha et le scrutent, la bouche ouverte.

    Je regarde Amitabha, moi aussi : ses sourcils délicats, ses yeux en amande, un air de sublime compassion, et je me sens minuscule, insignifiant. Lorsque je psalmodiais son nom au temple de Jushilin, je sentais parfois mon esprit s'élever de mon corps et entrer dans un autre monde. L'impression de calme et de vide me libérait.

    Je dois m'asseoir. Je suis bouddhiste. Mon esprit doit se concentrer sur ce point. J'ai lu les Écritures et je comprends le concept de réincarnation et la loi du juste châtiment. Je suis venu ici pour apaiser mon cœur et me débarrasser des préoccupations. Je jette un regard à la peinture représentant le paradis de l'ouest d'Amitabha, mais les scènes de vêtements poussant sur les arbres, de pommes volant jusqu'à la bouche ne satisfont pas mon désir de renaître ici. Les touristes bavardent comme des singes en grimpant les marches ; ils regardent d'un air bête le bouddha, assis, immobile et oublieux. Je regarde à nouveau son visage et, soudain, il me rappelle Mao Zedong. J'ai dessiné le portrait du président des centaines de fois, de l'école primaire jusqu'à treize ans, Et plus j'observe Amitabha, plus je trouve qu'il ressemble au vieux Mao.

    Je sors hébété. C'est le plus grand bouddha que j'aie jamais vu de ma vie, mais je ne me souviens de rien. Je suis plus troublé que lorsque je suis arrivé. Peut-être devrais-je acheter un billet pour étranger et y retourner ? Certes, il est évident que les étrangers visitent les plus belles grottes. Mais je n'y reviendrai pas aujourd'hui. Je me souviens encore du regard ahuri du garçon de Hong Kong ; je laisse les grottes derrière moi et marche vers les dunes désertes.
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  • Par Piling, le 11 février 2011

    Incipit :
    L'an passé, au cours du printemps 1981, je quittai, sur décision de mon unité de travail, l'immeuble où résidait le personnel pour emménager dans une petite maison du passage Nanxio, au numéro 53. Elle est coincée entre la onzième et la douzième rue de Dongsi, dans le quartier est de Pékin, à une centaine de mètres de l'ancienne résidence de Liang Quichao, l'un des membres du mouvement réformiste de 1898, dont les appels à la modernisation mirent l'impératrice Cixi dans une telle rage qu'il dut s'enfuir du pays et passer quatorze ans en exil. Devant la porte de sa demeure, un vieux caroubier a poussé en vrille dans un minuscule espace serré entre le mur et un poteau télégraphique. Ma maison s'élève au fond d'une étroite impasse, à une vingtaine de mètres de ce passage Nanxiao. Celui-ci est tout juste assez large pour que deux bus puissent se croiser sans se toucher. À huit heures du matin et à quatre heures de l'après-midi, le passage s'emplit de tant de monde et de bicyclettes que plus personne ne peut avancer.
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  • Par Bibliolibra, le 27 janvier 2012

    "Lorsque l'imprévu arrive, les gens cherchent des réponses dans les pierres, les arbres et les étoiles. La peur des choses que nous pouvons voir nous détourne de la crainte des choses que nous ne pouvons voir. Chaque fois que je suis perdu dans les montagnes la nuit et qu'une lumière apparaît devant moi, je commence par penser que mon grand-père est venu à ma rencontre pour me porter secours."
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  • Par BMR, le 06 août 2007

    "C'est agréable de passer une journée à écrire des lettres. On a l'impression de voyager à travers l'espace."

    "Ma pauvreté me permet de me déplacer aussi librement qu'une feuille au vent, mais, parfois, j'aimerais qu'une pierre me tombe dessus et me cloue au sol."
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  • Par BMR, le 06 août 2007

    "Je me souviens de la légende des collines au Sable chantant. Une armée de guerriers impériaux campait une nuit dans le désert et une soudaine tempête de sable les enterra vivants. On raconte que, si le vent souffle dans la bonne direction, on peut entendre les fantômes des soldats hurler à l'intérieur des dunes."
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