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> Henrý Kiljan Albansson (Traducteur)

ISBN : 2847201254
Éditeur : Gaïa (2008)


Note moyenne : 4.37/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Roman également connu sous le titre : Karitas, sans titre.
Au début du XXe siècle en Islande, Karitas, jeune femme issue d'une famille modeste, jure qu'elle sera seule maîtresse de son destin. Vouée à saler le poisson comme ses sœurs, elle rêve de changer de ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 12 août 2012

    nadejda
    «Karitas sans titre» est habité par de belles femmes fortes, courageuses qui luttent pour s'en sortir et doivent s'entraider car la vie est rude sur cette terre sauvage d'Islande où il n'est pas rare de rencontrer encore des elfes et des trolls. Elles y sont pour la plupart, seules, restées veuves ou parce que les hommes doivent s'absenter durant de longues périodes lors des campagnes de pêche.
    Encore enfant Karitas est encouragée à dessiner par son père qui reconnait chez sa fille un don que lui-même possède et lui offre un cahier de croquis. Son père aurait pu la guider, lui qui dessinait si bien, mais il partit un matin et ne revint pas le soir. Il fait partie de ces «beaux et jeunes pères qui partent à la rame avant le lever du soleil, pleins d'optimisme, et qui ne rentrent pas à son coucher comme ils l'avaient promis» emportés par la mer.
    Nous sommes en 1915 et l'émancipation des femmes est dans l'air du temps (le droit de vote leur a été accordé depuis peu au Danemark et en Islande) . La mère, Steinunn décide de partir dans le Nord, à Akureyri pour que tous ses enfants, sans exception, reçoivent une éducation et sachent lire et écrire. C'est un véritable défi que lance cette femme qui élève seule ses six enfants : Trois garçons, Olafur, Pall et Pétur et trois filles, Halldora, Bjargildur et Karitas.
    Elle va se battre et les entraîner à tous se battre pour survivre en travaillant dur. Leur vie tourne autour du salage de harengs seul travail disponible qui permet à toutes de s'en sortir auquel s'ajoutent tricot et couture et tous les travaux domestiques.
    p 82 «Nous nous serrons les coudes, dit lentement Steinunn en appuyant sur ses mots... et souvenez-vous toujours de vous soutenir les uns les autres dans la bataille de la vie, c'est notre devoir de nous entraider, c'est ainsi qu'ont prospéré les familles en Islande et c'est pourquoi la nature n'a pu venir à bout de nous. Nous luttons, nous les Islandais, nous luttons.»
    Karitas va se démarquer de ses frères et soeurs et croire pouvoir réaliser son rêve, puisqu'un heureux hasard lui permettra d'être soutenue pour aller suivre les cours de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Copenhague. Mais le chemin ne sera pas facile pour elle malgré ce début prometteur. La route sera longue avant qu'elle ne parvienne à se consacrer totalement à sa vie d'artiste qui reste exceptionnelle pour une femme à cette époque, elle rencontre de l'incompréhension et choque encore...
    "Tu partiras vers l'art. Il t'a appelée. Ce sera un long voyage et sur ta route se trouveront trolls et embûches. Et lorsqu'enfin tu atteindras la montagne bleutée qui s'élève, magnifique au milieu des autres massifs bleu-noir, tout se refermera derrière toi et tu seras prisonnière à vie. Mais cette captivité t'apportera souvent plus de bonheur que la liberté." p 116
    Beau livre où s'intercalent dans le récit des dessins et tableaux de Karitas, cités et traduits en mots qui font de ce livre une galerie évocatrice de son parcours et montre de quoi sont fait ses exercices, scènes ou objets familiers, portraits de proches liés à des moments pleins d'émotions.
    J'espère rapidement pouvoir lire la suite annoncée dans un passage de ce volume où Sigmar, son mari, demande à Karitas «... que cherches-tu ?»

    Elle lui répond «Je recherche le chaos .... le chaos arrive, il est tout au fond de moi, il viendra lorsque j'aurai pu peindre longtemps en étant seule avec moi-même.» p 248
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    • Livres 5.00/5
    Par Moan, le 22 avril 2013

    Moan
    Ouvrir ce livre, c'est partir pour l'Islande au début du XXème siècle et suivre Karitas, la narratrice, troisième fille de la famille.
    Par tableaux successifs, elle nous parle de sa famille :
    Sa mère veuve avec six enfants qui quitte l'Ouest de l'île pour le Nord afin de permettre à ses enfants de faire des études.
    Arrivée dans le Nord à Akureyri, après avoir fait pratiquement le tour de l'île en bateau, toute la famille devra travailler dur à la préparation et à la salaison du poisson quand les bateaux arrivent de la pêche, à l'entretien de la maison qui n'a ni eau, ni électricité ou encore comme employée dans les maisons bourgeoises.
    Karitas fera une rencontre qui lui permettra de partir cinq ans à Copenhague à l'Académie de Beaux arts...
    Cette saga familiale, au rythme soutenu, parle de femmes très fortes , de paysages magnifiques. C'est un régal, je ne me suis pas ennuyé une seconde.
    Et , je ne résiste pas , je vais aller demain à la librairie chercher le second tome !!!
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    • Livres 5.00/5
    Par maevedefrance, le 10 mars 2012

    maevedefrance
    ENVOUTANT ! Et c'est presque un faible mot pour ce roman qui vous emporte vrairement, non pas dans le monde de l'art comme semble le sous-entendre la quatrière de couverture, mais dans les coins les plus reculés d'Islande. Karitas, comme sa mère, partie avec ses six enfants pour qu'ils aillent à l'école, est une nomade. Revenue en Islande pour monter gagner l'argent qui lui permettra de monter son exposition, Karitas part saler le hareng dès que la saison est venue. C'est là qu'elle y rencontre celui qui deviendra son mari, Sigmar, un marin possédant "une magie diabolique". Il l'emmène dans son village reculé des fijords de l'Est, au pied de la citadelle des elfes, perturbant ses projets d'artiste.
    Ne vous y trompez pas, ce roman n'est pas une "fantasy". Mais tout simplement en Islande, il n'est pas rare de croiser, dans certaines régions, comme le fera Karitas, le petit peuple, ou des femmes mi-elfe, et pas toujours bien intentionés. Jamais, dans le roman on ne trouvera cela étrange ou loufoque.
    Au contraire, cela fait partie intégrante de l'ambiance de cette île aux étés courts et aux hivers sans fin. "Le pays était blanc et glacé. Dans le silence immobile, on entendait distinctement le craquement des icebergs lorsqu'ils se détachaient lourdement à la sortie du fjord."
    Pour se tenir le coup, les Islandais de ce début du XXe siècle (le roman se déroule de 1915 à 1939) mangent du lard de phoques, de la tête de moutons flambée, se font des infusions de mousse des montagnes, partent à la chasse aux grands labbes, phoques ou guillemots... Un hiver particulièrement difficile "on disait que le silence sur la banquise était uniquement troublé par le grognement des ours blancs"...
    Un roman riche sur la vie de cette époque et la condition féminine. On apprend notamment que même au Danemark, là où a étudié Karitas, les femmes n'avaient pas le droit de dessiner le corps d'un homme nu d'après un modèle masculin en chair et en os (alors que c'était autorisé pour représenter une femme) : elles devaient dessiner d'après des oeuvres déjà existantes.
    Kristin Marja Baldursdottir, en commençant cette fresque romanesque, a décidé de conter la vie d'une femme sur cent ans. Autant dire, qu'avec les moments magiques de cette lecture qui m'a emportée très loin et vraiment fait voyager comme le font toujours les très bons romans, je vais lire la suite, Chaos sur la toile.
    Une très belle découverte, un roman palpitant où l'on ne s'ennuie pas une seule fois tout au long 543 pages, des coups de théâtre, une vraie documentation et une héroïne très attachante par son caractère bien trempée, le regard qu'elle porte sur sa condition et sur le pouvoir des hommes. Une femme en lutte. Un de mes coups de coeur 2012 !


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par nathalia1307, le 23 avril 2012

    nathalia1307
    Karitas dépeint la vie d'une jeune femme Islandaise,de 1900 à 1939. Alors que la 4eme de couv nous promet une plongée dans la vie d'une jeune artiste peintre, certes Karitas a étudié les Beaux Arts à Copenhague,mais l'intrigue est loin de porter sur l'expression artisitque.Le début n'est pas sans rappeler Dickens, la mère de Karitas, veuve et mère de 3 fils et 3 filles,gagne le nord de l'Islande (température -35°C°) pour travailler au salage du hareng. Elle s'engage à faire étudier ses 6 enfants sur ses maigres revenus. Au terme de ses études, Karitas rencontre Sigmar, originaire des fjords de l'ouest, c'est là bas qu'il emmene Karitas.
    Isolée au fin fond d'un fjord,la jeune femme se retrouve à gérer un foyer alors que son compagnon doit partir huit mois de l'année en campagne de pêche. L'endroit est idyllique, propice à l'inspiration et des elfes peuplent ce fjord quasi désertique, Karitas est loin de son rêve d'artiste peintre.
    Evocation assez réussie de ces femmes de pêcheurs,misant sur la solidarité pour s'épauler.Description grandiose de l'Islande,réalisme du monde rural:pêche,travail de la laine. Les noms des personnages et des lieux (pas toujours évident à mémoriser)
    Ambiance mystèrieuse des elfes et trolls. Récit assez froid,et rude, parfois dramatique à certains passages comme dans les sagas nordiques. Lu sans difficultés, je suis peut être moins entousiaste que d'autres car certains sont passages restent tristes, le roman reste bien écrit et vaut un bon 3,5.
    Une suite à ce roman existe, en espérant que Karitas puisse enfin s'exprimer à travers son art !!!
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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 11 mai 2010

    litolff
    Magistrale reconstitution historique, sociale et humaine située dans un décor époustouflant, Karitas sans titre est un magnifique roman dont le thème sort vraiment de l'ordinaire : la vie de femmes en Islande au début du siècle, c'est quelque chose dont on n'entend pas souvent parler ! De celle des saleuses de poisson comme de celle des artistes...
    Incroyables, les conditions de vie dans lesquelles ces femmes ont du se débattre pour survivre, pour exister, pour assumer leur condition de femme, d'artiste : le froid semble forger le caractère... en tous cas on se sent un peu chochotte après avoir lu Karitas !
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 13 août 2012

    Linge étendu au lever du soleil, 1924 huile sur toile

    Le soleil émerge de la mer.
    La surface de l'océan est rouge acajou.
    Le ciel violet foncé.
    Les deux couleurs s'illuminent, si lentement que nous ne le percevons pas, mais nous sentons combien notre esprit devient de plus en plus clair à chaque minute, jusqu'à ce qu'il nous abandonne, aspiré par un rayon qui s'est formé sur la mer étale, se précipite à une vitesse vertigineuse dans cette boule d'or rouge en fusion.
    Le bonheur emplit nos coeurs.
    (...) Le matin est doux et délicieux.
    Puis le soleil se lève, majestueux, comme un prince de conte de fées qui s'éveille d'un enchantement.
    Le fjord et les montagnes deviennent des pierres précieuses.
    Nous sommes comme hypnotisés, osons à peine respirer tant que se déroule ce somptueux spectacle de création du monde.
    Enfin je bouge la tête, regarde la campagne vers l'intérieur du fjord, vois la citadelle des elfes flamboyer, notre maison orange près de l'estuaire et mon linge sur les fils, jaune doré et enjoué.
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  • Par litolff, le 03 décembre 2010

    Tu partiras vers l'art. Il t'a appelée. Ce sera un long voyage, et sur ta route se trouveront trolls et embûches. Et lorsqu'enfin tu atteindras la montagne bleutée qui s'élève, magnifique, au milieu des autres massifs bleu-noir, tout se refermera derrière toi et tu seras prisonnière à vie. Mais cette captivité t'apportera souvent plus de bonheur que la liberté.

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  • Par litolff, le 04 décembre 2010

    Elle mourait d'envie de parler, les mots se bagarraient en elle les uns avec les autres, mais elle ne flancha pas, il pouvait bien dire quelque chose, l'homme, puisque c'était lui qui l'avait emportée comme un cheval fougueux là-haut sur le coteau.

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  • Par mimiepetitesouris, le 08 mars 2013

    Mais dans le salon des invités, Skarphédinn, le fils voyageur et instruit, lisait à haute voix des anciennes sagas islandaises pour les garçons dans le but de leur inculquer la virilité ou c'est du moins ce qu'on faisait croire, car en vérité le jeu était fait pour Hallur qui s'était pétrifié chez sa sœur comme un troll au soleil par manque de candidature au mariage au sein de la campagne, et la lecture se déroulait ainsi, Skarphédinn lisait à haute voix un bon chapitre, puis se taisait subitement en regardant Hallur qui se raclait alors la gorge un temps convenable et enchainait alors la suite sans livre, souvent mot à mot si ça se présentait, en regardant constamment le plancher pendant ce temps-là.
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  • Par maevedefrance, le 02 mars 2012



    L'école primaire fut fermée et la vie économique se paralysa à cause du froid et de la maladie qui suivait dans son sillage.

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