ISBN : 2352040116
Éditeur : Les Arènes (2006)


Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
En 1984, jeune journaliste à Europe 1, Laurence Lacour arrive dans la vallée de la Vologne pour couvrir l’assassinat de Grégory Villemin, un enfant de quatre ans.

En quelques semaines, ce fait-divers devient un feuilleton national. L’instruction se déroul... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 14 avril 2009

    Woland
    Avec plus de six-cent-cinquante pages, ce livre constitue la somme indispensable pour quiconque tient à mieux connaître les dessous, journalistiques et politiques, de l'Affaire Grégory. A l'époque des faits, son auteur, Laurence Lacour, était la correspondante d'Europe 1 dans l'Est de la France et avait tout juste vingt-sept-ans. A l'issue des neuf ans pendant lesquels l'Affaire ne quittera pas les manchettes des journaux, elle prendra une année sabbatique car, elle l'explique ici avec pudeur mais sans complaisance aucune, pas même pour ses erreurs personnelles, elle ne reconnaissait plus alors la vision du journalisme qui était la sienne à l'origine.
    Avec courage, avec impartialité, avec tristesse et colère aussi, "Le Bûcher des Vanités" prouve, si l'on avait encore des doutes sur la question, que, contrairement à ce que l'on pourrait croire en écoutant par exemple Bernard de La Villardière s'emporter sur Direct 8 contre le directeur d'"Ici-Paris", les journaux réputés "à scandales" et qui font effectivement leurs unes en raclant les poubelles, ne sont plus les seuls - et depuis longtemps - à grossir le trait de façon caricaturale et en dépit du bon sens. "Le Figaro", "Le Monde" mais aussi "Le Parisien", "La Croix", "Libération", "L'Humanité" sans oublier "L'Est Républicain" et l'omniprésent "Paris-Match", tels sont les noms des principaux journaux et revues ayant contribué à transformer le meurtre ignoble d'un enfant en lynchage d'une mère et d'un père ravagés par la douleur et l'injustice.
    Pour étayer ce travestissement hallucinant de la vérité, nombre de stations-radio (surtout RTL, dominé par le pool Bezzina) et la télévision ont aussi donné de la voix. Tous recherchaient une hallali qui n'a pas eu lieu, tous - ou presque - ont sacrifié à leur folie la mémoire de l'enfant assassiné.
    Mois par mois, semaine par semaine, jour par jour et presque heure par heure, depuis le début des faits, en ce 16 octobre 1984, Laurence Lacour raconte ce qui commença comme un fait divers, atroce certes mais perdu parmi les autres faits divers, et se termina par le fameux non-lieu du 3 février 1993 qui non seulement mettait définitivement hors de cause Christine Villemin mais précisait également qu'elle n'aurait jamais dû comparaître devant la Justice.
    Elle dit les brumes énigmatiques de la Vologne, les soirées agitées où les journalistes campant à Lépanges reprenaient régulièrement les faits autour de repas bien arrosés, la montée des tensions, le professionnalisme de la gendarmerie, l'amateurisme lunaire du juge Lambert, les obsessions de M° Prompt qui voyait partout des complots de la Droite pour faire renaître la peine de mort et des complots de l'Extrême-Droite contre les honnêtes ouvriers collègues de Bernard Laroche, l'embarras, puis l'agacement de l'Elysée devant les remous suscités par l'Affaire, la course au plus "beau" scoop, à la plus "belle" photo, les tractations des avocats des deux parties pour que leurs clients en tirent un maximum d'argent (et puissent ainsi couvrir leurs honoraires, le rôle ambigu de son confrère Jean Ker, de "Paris-Match", qui, convaincu de l'innocence de Christine Villemin, en viendra aux mains avec Jean-Michel Caradec'h, autre grande pointure de la revue et qui, lui, main dans la main avec le couple Bezzina, s'entêtera à salir la jeune femme par tous les moyens, les sommes plus que conséquentes enfin versées par les rédactions aux "grands reporters" (Caradec'h, Marie-France & Michel Bezzina, etc ...) ainsi qu'aux francs-tireurs (Catherine Lévitan) de la profession.
    Mais Lacour dit aussi ses propres doutes, ses certitudes, ses flottements et ce moment terrible où, à l'antenne, elle aura elle aussi un mot cruel envers Christine Villemin. Sans vouloir les dédouaner de la terrible responsabilité qu'ils portent dans le déroulement médiatique de l'Affaire Villemin, il faut bien admettre que les choses ne furent pas toujours simples pour les journalistes. Tantôt sûrs d'eux et arrogants, tantôt déconcertés et hésitants, rares, très rares sont, parmi eux, ceux qui ne changèrent jamais de camp. Selon Lacour, il n'y en eut même jamais qu'un seul, Jean-Michel Hauck, du "Républicain Lorrain." Un seul sur une meutre qui, dès les premières investigations, comportait soixante représentants pour cinquante gendarmes ...
    Si vous doutez encore que l'Affaire Villemin se transforma très vite en authentique chasse aux sorcières, lisez "Le Bûcher des innocents" de Laurence Lacour. Et si pour vous, le journal de 20 h, avec ou sans Poivre, ainsi que votre quotidien du matin, sont paroles d'Evangile, lisez-le aussi : ça vous remettra les idées en place. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 07 mai 2011

    Couperine
    Je viens de finir Le Bûcher des innocents de Laurence Lacour. Avant cette lecture, j'étais persuadée que c'était Christine Villemin qui avait assassiné Grégory. Je pensais ceci car ce ne serait pas la première fois qu'une mère trempe dans un acte aussi odieux, vil et atroce. Ceci dit, après lecture, je n'en suis plus aussi certaine. Comme je suis incorrigible et que je me méfie énormément des médias - Laurence Lacour en ayant fait partie - je me pose toujours des questions. A-t-elle fait cette "enquête" sans arrière-pensée ? Cependant, elle a l'air sincère car elle exprime ses doutes. de plus, elle avait quitté le journalisme au moment où elle écrit son livre.
    En tous les cas, voilà un livre qui ne laisse pas indifférent et qui fait s'interroger sur cette sombre affaire. Finalement, je me dis que le (ou les) meurtrier(s) cour(en)t toujours dans la nature. Car en admettant que ce soit vraiment Laroche qui soit impliqué, il ne devait certainement pas être tout seul. Si lui est mort, il en reste au moins un (ou une) qui ne doit pas forcément dormir sur ses deux oreilles (encore que... pour commettre un tel crime, il ne faut pas avoir de conscience).


    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,lacour-laurence,124..
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 07 mai 2011

    L'assassinat du petit garçon a révulsé le village de Lépanges. Dans la rue principale, des mères pressent leurs enfants au retour de l'école. Bar de l'Est, dans les effluves de vin et de café refroidi flottent des relents de vengeance. Là, Un grondement secoue le bistrot, jailli d'hommes et de femmes parlant à tort et à travers d'un drame dont ils ignorent tout. Bientôt, nous ferons comme eux. A 18 heures, Europe 1 diffuse ces réactions viscérales, faute de pleurs familiaux car j'ai aussi renoncé à ma visite chez les grands-parents. J'ai envie de fuir. Denis aussi. Hélas, la consigne de nos rédactions a changé en quelques heures : il faut rester sur place jusqu'à l'arrestation de l'assassin. Et, si possible, le chercher soi-même.
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  • Par Woland, le 14 avril 2009

    [...] ... La presse en général et celle dominée par les Bezzina en particulier est déçue que Lambert ait reculé devant l'inculpation [de Christine.] La faute retombe sur Christine, suspectée d'avoir simulé son malaise pour se soustraire à la justice. Dans ce cas, ce serait, selon Dominique Jamet, du "Quotidien de Paris", "le dernier subterfuge d'une criminelle de grand sang-froid et d'un grand cynisme." L'éditorialiste, capable de disserter un jour sur la Nouvelle-Calédonie, un autre sur Jean-Luc Godard et le troisième sur les gueules noires, explique que Christine a gagné un sursis "au bénéfice de la décence et non à celui du doute." Débarrassés de leurs périphrases ambiguës, les articles associent désormais des mots hier encore tabous. "Le Parisien Libéré" estime que, en tant qu'auteur présumé de la lettre, on peut la soupçonner "d'être l'assassin de son fils." Ami de Lionel Raux [journaliste à "L'Est Républicain" et hostile à Christine Villemin], Pierre Georges, du "Monde", dérape en avalisant dans le style brillant qui est le sien les rumeurs et les interprétations des Bezzina. L'envoyé spécial du plus prestigieux des quotidiens français ignore tout de la Vologne. Mais sur place, entre Garaud de "Légitime Défense" [mouvement pro-peine de mort] et Welzer, de la Ligue des droits de l'homme, le journaliste choisit son camp. ... [...]
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  • Par Woland, le 14 avril 2009

    [...] ... - " Je vous en prie ..." [dit M° Garaud, avocat des Villemin.] "Certains d'entre vous ont des enfants. Supposez que l'un de vos enfants ait été tué, je pense que vous ne voudriez pas qu'on vous assaille de la sorte !"

    A ces mots, la jeune femme fond en larmes et se réfugie contre l'épaule de son mari. Tous trois sortent du palais de Justice sous un feu constant de flashes et de projecteurs. Plus tard, la photo prise à cet instant servira, une fois recadrée sur Christine en pleurs, à illustrer la sortie d'interrogatoires supposés difficiles face au magistrat instructeur. ... [...]
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VILLEMIN
Cour d'assises de Dijon, suite du procès de Jean Marie VILLEMIN. Il comparait pour le meurtre de son cousin, Bernard LAROCHE, qu'il soupçonnait d'avoir tué son fils, Grégory. le petit Grégory VILLEMIN, 4 ans, avait été retrouvé assassiné dans la Vologne le 16 octobre 1984.Aujourd'hui deux journalistes, Isabelle BAECHLER d'Antenne 2 et Laurence LACOUR d'Europe 1 ont été entendues pour...











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