(édition numérique)
Quel plaisir d’accueillir sur publie.net André Markowicz.
Quiconque l’a entendu sait ce dont il est dépositaire. Une énigme, évidemment et c’est ce qui rend ceux-là si rares. Et beaucoup de travail, évidemment aussi : une vie à traduire... > voir plus
un lyrisme profond, un chant grave, un flux par lequel se laisser emporter.
Et en quelques pages, à la fin, André Markowicz dit à partir de quelle lecture, de quel événement, en quel lieu il a écrit chaque poème et ces quelques lignes sont en elles-mêmes de mini-poèmes
Ah, lentement
dans l’eau
dormante s’enfoncer,
mais sans
l’ouvrir,
sans briser le rasoir de sa
surface, la treizième par
nature, pour
juste être,
un fragment de seconde
étale,
au-dessus, juste
être moins lourd de soi.
Les lèvres veulent dire
et les mots sont déjà
moulés
par leur adresse. Et la distance
est blanche entre les bords.
Il frappe dans la glace
et de son sang
se couvre le visage
où il n’est plus.
les ravins de
l’écorce feuilletée
sous le soleil d’après
l’averse tiède —
on en boit la vapeur
sur les aiguilles, les
buissons de baies
halées d'un gris cendré,
ainsi sur le miroir
le souffle, les airelles des marais
bleu mauve sur
les dents
et les filaments bruns sur les chapeaux
gluants, quasiment pas rongés, de ce
que vous n’appelez pas russules.
Même le vieux qui me
tournait le dos
quand je rentrais, il est
aux quatre vents. Plus même
un arbre pour
singer le Juif. Tu peux garder
les mots,
par un effort
de ratiocination
au jour le jour
sans garde-fou, la voix,
tu l’entends sans oreilles, c’est
dans sa distance que tu seras vieux.
toute durée,
s’est concentré sur le
rien de corps morne qui le pousse
encore, advient
l’heure d’un non-regard, et la
douleur physique fait
effet de couverture sur
ce qu’il aurait pensé s’il avait pu.