ISBN : 2842613228
Éditeur : Le Serpent à plumes (2002)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

Un ami anglais envoie un jour au narrateur un présent inattendu: un chiot venu d'Australie, Dingo. Dérouté, puis emballé par l'allure étrange, la personnalité subtile et l'humanité de son chien, le narrateur apprend à s... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 17 avril 2011

    L’enfance de l’animal est un délice, un perpétuel enchantement.
    Plus encore que sa fraîcheur adorable de matin, ce sont les
    disproportions de ses formes et leur apparent désaccord, « ses
    fautes de dessin », dirait l’École des Beaux-Arts, son aspect
    radieusement caricatural qui me ravissent et qui rendent si
    émouvants, pour moi, barbare, cette fleur d’esquisse, ce prestige
    tout neuf d’une chose qui commence. D’autre part, les petits animaux
    n’apportent pas dans la maison une insupportable
    tyrannie, ni dans les coeurs le désarroi des transes quotidiennes.
    Ils sont de tout repos, discrets, joyeux, bien portants, respectent
    nos méditations, notre travail, notre sommeil, ne crient jamais,
    ne réclament jamais rien, ni qu’on les berce, ni qu’on les baigne,
    ni qu’on les fouette, ni qu’on demeure, des nuits et des jours, fiévreusement
    penché sur leur niche. Et ils n’accueillent pas nos
    soins, nos caresses, nos anxiétés qu’avec des grimaces. Oh! ces
    douloureuses grimaces, qui font d’un enfant que l’homme a conçu
    dans l’inquiétude, la maladie, la misère ou la haine, une
    sorte de minuscule vieillard, rabougri et hargneux !
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  • Par mandarine43, le 17 avril 2011

    Il avait, en toutes choses, des idées exclusivement réalistes.
    Contrairement aux défunts poètes symbolistes qui, par une
    ironie vengeresse du sort, sont devenus académiciens, bookmakers,
    critiques de théâtre, placiers d’automobiles, réparateurs de
    porcelaines, il se refusait avec la plus belle énergie à vivre, dans
    un « chenil d’ivoire », d’abstractions prosodiques et — autant
    que cela fût possible à un chien — d’idéales chevauchées avec
    des crémières neurasthéniques, d’immatérielles amours avec des
    fruitières de rêve. Non… Il était très fermement résolu à
    n’exiger de la vie que ce qu’à un chien d’esprit sain, de forte
    santé, ennemi des théories préconçues, elle peut apporter de
    jouissances moins raffinées sans doute, vulgaires, grossières à
    coup sûr, mais tangibles et certaines. Aussi repoussait-il, comme
    illogique et stérile, la conception de l’Art pour l’art, condamnée
    d’ailleurs avant lui par les meilleurs esprits. Il ne séparait pas le
    bien-être de la beauté. Il entendait que le beau fût utile et que
    l’utile fût beau. Et, pour lui, la beauté des choses, c’était leur
    comestibilité.
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  • Par mandarine43, le 17 avril 2011

    J’avais remarqué que Dingo apprenait très facilement, sans le
    moindre effort, tout ce qu’il jugeait devoir lui être agréable et
    utile dans la vie. Pareil en ceci aux cancres, aux délicieux cancres
    de collège, tout ce qui lui déplaisait, c’est-à-dire tout ce qui ne
    correspondait pas à sa sensibilité, à sa mentalité de chien — Dieu
    sait que ce n’était pas rare ! —, aucune force humaine, ni la sévérité,
    ni la ruse, n’était capable de le lui faire accepter. Vous ne me
    croirez pas : il simulait l’incompréhension pour n’avoir point à
    obéir, et qu’on ne pût vraiment pas lui savoir mauvais gré de ses
    résistances.
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  • Par mandarine43, le 17 avril 2011

    Sans qu’il eût été encouragé par mes conseils et par de préalables
    conférences sur l’esthétique de la décoration et du mobilier,
    il choisissait, pour s’étendre, dormir, s’y caresser, les soies les plus
    douces, les plus mols velours et les plus harmonieux tapis. Ce
    sauvage enfant de la brousse avait une préférence obstinée pour
    les bergères, pour les chaises-longues Louis XVI et leurs coussins
    gonflés de duvet. À s’y enfoncer, il montrait une volupté en
    quelque sorte provocante.
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  • Par mandarine43, le 18 avril 2011

    Nous passions une saison à Noirmoutier. Nous y avions fait
    connaissance d’une dame très laide, si laide que je renonce à
    vous décrire l’énormité, l’hyperbolisme, l’hugotisme de cette laideur,
    si laide que je n’ai jamais eu la curiosité — désireux qu’elle
    restât un mythe — de demander qui elle était, d’où elle venait, de
    quelles amours tératologiques et contradictoires elle avait bien
    pu naître.
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Le Journal d’une femme de chambre d'Octave Mirbeau Lu par Clotilde Courau et Denis Podalydès Émission spéciale lectures au théâtre du Rond-Point A l’occasion des fêtes de Noël, France 5 propose une émission exceptionnelle de "La Grande Librairie" le 22/12/2011, enregistrée en public au théâtre du Rond-Point. De grands comédiens viennent lire, sur scène, quelques-uns des textes les plus beaux et les plus savoureux de la littérature classique et contemporaine. Des livres, des voix et beaucoup d’humour pour donner envie de lire ou de relire...








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