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ISBN : 2070637239
Éditeur : Gallimard Jeunesse (2011)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 681 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Cela fait des mois qu’Anne est sans nouvelles de sa soeur, Gabrielle. Elle a disparu le soir de son mariage et, depuis, pas le moindre signe de vie. Jusqu’au jour où Anne reçoit un énigmatique message de Gabrielle, l’appelant à son secours. Elle est en dange... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 10 août 2013

    latina
    Terrienne je suis, Terrienne je resterai ! Surtout après avoir lu le beau roman de Jean-Claude Mourlevat !
    Celui-ci nous fait « goûter » à un univers complètement aseptisé, sans odeur, sans relief, sans musique, sans sentiments. Enfin, « goûter » serait plutôt un mot inadéquat, puisque dans ce monde, le plaisir n'existe pas. Les habitants y meurent, littéralement, d'ennui aux alentours de cinquante ans : ils s'asseyent, se laissent glisser, se laissent mourir. Ils ne respirent pas, non plus, et de leur cage thoracique creuse ne peut s'échapper qu'une voix métallique.
    C'est dans cet univers cauchemardesque, accessible par une certaine route cachée au détour d'un carrefour, qu'Anne va s'aventurer : sa sœur a été capturée par un de ses habitants en mission sur la Terre pour servir de « compagne » à un Grand. Elle découvrira heureusement que tous ces gens ne sont pas pareils...
    Je recommande ce roman à tous ceux qui se plaignent de la vie que nous menons, du bruit, de la saleté, des chiens qui aboient, des voisins qui se disputent, de la pluie, du froid, de.., de..., de....
    Je recommande particulièrement ce roman aux ados qui trainent leur ennui sur les bancs de l'école, qui s'enferment dans leur chambre, qui râlent sur tout, et je suis absolument certaine que cette lecture leur fera aimer la vie, leur fera goûter à tout ce qu'elle offre.
    Ils se rendront compte, comme moi, que vivre est une chose merveilleuse, que voir, sentir, entendre, goûter, aimer, détester, se disputer, se réconcilier, s'émouvoir, trembler, rire et pleurer, naître et vieillir nous rend profondément humains et nous relie les uns aux autres.
    « Vous ne respirerez plus jamais de la même manière », est-il dit sur la quatrième de couverture. Je peux vous garantir que c'est tout à fait vrai !
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    • Livres 5.00/5
    Par Elphie, le 15 avril 2011

    Elphie
    Aussitôt entre les mains, aussitôt commencé. Et surtout, aussitôt lu. C'est simple, impossible de m'arrêter avant la fin. le premier mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ce roman est "fascinant".
    Pas tant pour l'histoire, ni "l'autre côté" crée par Jean-Claude Mourlevat,mais bien pour ses personnages et surtout son style. Il ne se passe rien, et pourtant on est captivés, et on ne peut s'empêcher de tourner les pages encore et encore. Car oui, il faut le dire : il n'y pas d'action - pas de courses poursuites à travers la ville à 3h du matin, de combats entre gentils et méchants... rien de tout ça. Juste Anne, qui se retrouve dans un "autre côté" inconnu où elle espère retrouver sa soeur.
    D'abord seule, Anne a fini, par y trouver des alliés (je dirais même des amis) prêts à risquer leur vie pour elle et sa soeur. Elle est une étrangère pour eux - Terrienne diraient certains, contagieuse et dangereuse diraient d'autres. le résumé parle d'un "ailleurs dépourvu d'humanité" mais je ne vois pas les choses comme ça. Pour moi, c'est juste une forme différente d'humanité - ils ont des émotions et ressentent les choses comme nous, ils se refusent juste à mettre un nom dessus.
    Terrienne c'est l'histoire de Anne, 17 ans, arrivée bien malgré elle de "l'autre côté". Elle n'a pas de pouvoirs, de dons ou peu importe le nom que vous donnez à ça, et pourtant, elle n'en est pas moins une fille exceptionnelle. Sa plus grande force : sa capacité à garder la tête sur les épaules. Même dans les pires moments, elle arrive à garder son calme et à réfléchir. S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas lui reprocher, c'est de prendre les mauvaises décisions. Mais bizarrement, elle ne prend pas pour autant toujours les bonnes décisions. Disons juste qu'elle prend les décisions qu'il faut, au moment qu'il faut.
    Terrienne est à l'opposé de tous les romans fantastiques YA qu'on trouve en ce moment dans les rayons, et c'est ce qui le rend si particulier. J'aurais voulu vous parler de "l'autre côté" plus en détail, des alliés de Anne, de Estrellas et d'un tas d'autres choses encore, mais cela serait beaucoup trop spoiler et vous gâcherait tout le merveilleux de l'histoire. Jean-Claude Mourlevat nous distille les informations au compte-goutte, et ne cesse de nous surprendre.
    Son style, si poétique et épuré, quant à lui, nous transporte de bout en bout et nous fait passer par une jolie palettes d'émotions : d'abord curieux, on est ensuite intrigués par l'histoire et cet autre "côté" pour finir par angoisser, pleurer, rire avec ces personnages si attachants qu'on en viendrait presque à regretter qu'ils n'existent pas réellement.
    Terrienne fait partie de ces livres qu'il faut avoir lu au moins une fois, et de préférence jusqu'à la fin. Je ne suis habituellement pas du genre à dire "Vous devez absolument lire ce livre" mais cette fois je le ferais car Terrienne mérite vraiment ces avis dithyrambiques qu'on trouve partout. Vous pourrez accrocher ou pas, mais en tout cas vous serez "marqués" par lui : Terrienne faisant partie de ces romans qui ne laissent personne indifférent et auquel on repense encore des semaines plus tard...
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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 26 janvier 2011

    nadejda
    J'avais beaucoup aimé les précédents livres de Jean-Claude Mourlevat mais celui-là m'a paru meilleur que les précédents, plus abouti. Difficile d'oublier les protagonistes de cette histoire. Et le monde parallèle dans lequel pénètre Anne pour rechercher sa soeur, s'il est effrayant, n'est malheureusement pas, par certains aspects et l'évolution que l'on peut craindre, éloigné du nôtre. En cela, ce livre apporte beaucoup. Terrienne nous montre la face noire que notre monde pourrait prendre et nous crie de préserver notre monde d'en aimer le moindre brin d'herbe, le moindre souffle, de préserver la vie et sa magnifique variété !.
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    • Livres 4.00/5
    Par fee-tish, le 10 janvier 2012

    fee-tish
    Comment mieux apprécier notre vie sur Terre qu'en découvrant un monde parallèle terrifiant par son caractère fade et sans relief ? C'est l'expérience que va mener Anne Collodi dans ce roman jeunesse, "Terrienne".
    Anne, jeune fille de dix-sept vit à Saint-Etienne. Sa vie n'est plus celle d'une adolescente normale depuis que sa soeur aînée, Gabrielle, a disparu voilà un an. Jusqu'au jour où elle reçoit un message improbable de Gabrielle. Dès lors, elle va découvrir qu'elle vit près d'une faille immatérielle, qui conduit vers un univers aseptisé où les individus ne respirent pas, n'éprouvent aucun sentiment et où l'argent n'existe pas.
    L'auteur développe une récit fantastique très intéressant mais qui manque d'explications plus approfondies sur la teneur du monde et sur la façon dont les individus ont eu connaissance de la vie sur Terre ; qu'il s'agisse d'un mythe pour les uns ou d'un savoir pour les plus érudits et les privilégiés. Evidemment, je n'oublie pas que ce livre est destiné aux adolescents et que les descriptions doivent être concises pour ne pas lasser les lecteurs.
    Les personnages sont très intéressants et particulièrement bien travaillés. C'est à travers eux que l'on en apprend davantage sur cet univers parallèle.
    - Anne Collodi est la protagoniste de notre histoire. A dix-sept ans, elle ne paraît ni trop mûre, ni pas assez. Elle est forte mais sans excès, c'est-à-dire que le désespoir décuple sa volonté et son intelligence, ce qui est tout à fait vraisemblable. Je l'ai trouvé très complète.
    - Bran Ashelbi est un jeune homme de vingt ans qui vit dans le monde parallèle sous l'appelation d'hybride. En effet, il est né d'un gamète masculin et d'une mère Terrienne. Il est complètement tourmenté par ce métissage et il est celui qui ressent le plus les émotions terrestres et qui peut vivre comme un terrien. de part sa singularité, il vit à l'écart de la population dite "normale", avec nombre d'adolescents comme lui. Il est un soldat, c'est-à-dire qu'il se forme pour être envoyé en mission dans l'autre monde.
    - Gabrielle Collodi est un personnage secondaire. Elle apparaît lorsque l'auteur nous explique les conditions de sa détention. Séquestrée et droguée, elle n'a pas de personnalité propre dans le roman. Elle la cause des aventures que va vivre sa soeur Anne pour la retrouver.
    - Etienne Virgil est un vieil homme de soixante et onze ans. Ecrivain sans aucun confiance en lui, il va rencontrer Anne totalement par hasard et la mener à la frontière de ce monde qu'il ne connaît pas encore. Une tendresse va s'intaller entre eux et Anne va sentir qu'elle peut compter sur lui s'il lui arrive quelque chose lors de son "passage". A la manière d'un grand-père, il va accourir au secours de la jeune fille dès qu'elle l'appellera, et cela sans rien demander.
    - Madame Stormiwell est une femme de l'autre monde, travaillant à l'hôtel Légende dans lequel Anne va descendre lors de ses passages. Fascinée par le monde des terriens, elle se prend de sympathie pour l'adolescente et va se révéler une alliée indispensable.
    De nombreux autres personnages apparaissent dans ce roman, mais ils sont davantage en retrait, même si chacun garde son intérêt.
    Le style d'écriture est très bon et bien adapté au public visé. Les adultes pourront trouver certaines expressions enfantines, mais rien de ridicule non plus.
    Pour conclure, j'ai beaucoup aimé cette histoire même si elle ne m'a pas transporté comme cela a pu être le cas pour d'autres lecteurs. J'aurais apprécié en savoir encore plus sur ce monde parallèle et les rapports avec les terriens.
    Néanmoins, je note une fin parfaite, qui m'a touchée voire émue. Une belle leçon sur la beauté de notre monde et de notre vie, dans tout ce qu'ils recèlent de bons et de mauvais. Un ensemble qui créé une richesse incomparable dont il faut être conscient.
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    • Livres 5.00/5
    Par Archessia, le 03 janvier 2011

    Archessia
    Etienne est un vieil homme un peu déprimé en ce moment. Il est écrivain et il sent bien que sa plume n'est plus aussi bonne qu'avant. Son dernier livre, qui sortira bientôt, est complètement nul, il ne l'a fait publié qu'à cause du cirage de pompes de son agent et autres personnes de son entourage professionnel.
    Il voit une jeune fille qui fait du stop, elle a l'air d'avoir le même âge que sa petite fille, il la prend donc, et elle lui dit qu'elle va à Campagne, à quelques kilomètres d'ici.
    Il la trouve tout de suite étrange, elle ne parle que de choses assez personnelles, presque intimes. Elle est franche dans ces questions, et à un moment, il pense même qu'elle a peut-être un petit retard mental.
    Après l'avoir recroisée quelques jours plus tard, il se prend à la trouver attachante, et espère la revoir un autre jour, faisant du stop.
    Sa prochaine rencontre avec elle va se dérouler d'une façon extraordinaire ... à travers sa radio ! Après avoir entendu un appel au secours via les ondes de sa radio, il se dirige vers Campagne, et va entrer dans un monde dont il n'aurait jamais soupçonné l'existence, un monde où les émotions n'existent pas, où le goût n'est présent nulle part, où des choses naturelles comme rire, pleurer, transpirer, ne se fait pas.
    C'est dans ce monde qu'Anne se rend depuis quelques temps, pour retrouver sa soeur qui a disparu du jour au lendemain.
    Cet univers parallèle où personne ne respire cache bien des horreurs, mais au milieu de tout ce fade, ce blanc, cette absence de naturel, on peut encore trouver des perles qui brillent doucement dans le crépuscule.

    Ce livre est tout simplement sublime.
    L'écriture, d'une fluidité incroyable, nous emporte réellement dès les premières pages et plaçant immédiatement les personnages dans nos coeurs.
    Dès le début, nous nous interrogeons. Déjà, sur le chemin que va prendre cette histoire, ensuite, sur ce qui est arrivé à la soeur d'Anne, pour au final, se ronger les sangs au sujet d'Etienne et d'Anne.
    Il m'est arrivé de suffoquer littéralement pendant ma lecture, tellement ce manque de tant de choses que décrit l'écrivain est étouffant, invivable.
    Ce livre m'a fait prendre conscience de mon propre souffle, de ma vie en tant qu'humaine, de la chance que l'on a de pouvoir faire tant de choses, et d'éprouver des centaines de sentiments.

    La beauté incroyable de ce livre, c'est qu'il est fait de contrastes.
    Dans ce monde si froid, la chaleur nous éclabousse merveilleusement.
    Dans cet univers aseptisé et blanc, la moindre couleur nous saute aux yeux avec délice.
    Dans ce récit où l'on pourrait croire que tout est mort, c'est une véritable ôde à la vie que l'on découvre.
    Pendant ma lecture, j'ai eu peur, j'ai espéré, j'ai frissonné et j'ai pleuré, de tristesse comme de bonheur, de reconnaissance, presque.

    Je vais éviter de trop m'étaler, je ne veux surtout pas trop en dire, pour que vous puissiez au mieux vous faire votre idée lors de la lecture, mais j'ai juste envie de terminer en disant un grand merci à Jean-Claude Mourlevat qui, dans ces temps de doute et de peur, nous fait aimer la vie, et la terre sur laquelle nous vivons.

    Lien : http://archessia.over-blog.com/article-terrienne-63980397.html
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Citations et extraits

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  • Par Theoma, le 27 janvier 2011

    Je suis amoureuse de cette Terre sur laquelle j'ai mes pieds. Je l'aime avec tous ses défauts, toutes ses tares. Je l'aime à cause de ça. J'aime le trop froid et le trop chaud, la pluie, la boue, les embouteillages, les examens ratés, les cartes postales moches, les mensonges, les larmes, les blessures et la mort. J'aime ce qui manque et ce qui dépasse, j'aime le trop et le pas assez, je veux me brûler aux orties et aux casseroles, ça ne me dérange pas, je veux bien égarer mes clés, avoir mal à la tête, être trompée (pas par Bran), être bousculée. Mais je prends aussi les bonnes choses. Je veux être caressée, je veux manger des banana split, je veux écouter de la bonne musique, recevoir des lettres, voir naître des bébés, faire la sieste, aller à Venise... je veux faire entrer l'air dans mes poumons, ... je veux respirer.
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  • Par Patricia_bs, le 09 février 2011

    C'était le rituel, une fois par semaine, le mercredi, et ça a duré des années. Il nous faisait toujours ses spaghettis bolognaise et nous ne voulions rien d'autre. Il posait la casserole fumante et odorante sur un journal plié en deux au milieu de la toile cirée de la table et il nous disait : "Mangiate !" Dans la pièce voisine, ma mémé Chiara, qui commençait à perdre la tête, répétait sans fin la même question : "Marcello, chi c'è ? " Marcello, qui est là ? A quoi il finissait par répondre : "Sono le tue nipoti", c'est tes petites-filles. Alors elle se taisait pour un moment avant de recommencer : "Marcello, chi c'è ? " Comme dessert, nous avions toujours une boîte de crème Mont-Blanc, praliné, vanille ou chocolat, qu'il nous servait dans des bols. Il nous forçait à la finir. Il était heureux de nous avoir et de nous faire plaisir, une fois par semaine. Mais c'est lui qui est parti le premier. Mémé Chiara est toujours en vie, dans sa maison de retraite, et elle continue à demander "Marcello, chi c'è ? " toutes les quinze secondes environ. La vie est mal fichue.
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  • Par mila0707, le 06 août 2011

    Je suis amoureuse de cette Terre sur laquelle j'ai mes pieds. Je l'aime avec tous ses défauts, toutes ses tares. Je l'aime à cause de ça. J'aime le trop froid et le trop chaud, la pluie, la boue, les embouteillages, les examens ratés, les cartes postales moches, les mensonges, les larmes, les blessures et la mort. J'aime ce qui manque et ce qui dépasse, j'aime le trop et le pas assez, je veux me brûler aux orties et aux casseroles, ça ne me dérange pas, je veux bien égarer mes clés, avoir mal à la tête, être trompée (pas par Bran), être bousculée. Mais je prends aussi les bonnes choses. Je veux être caressée, je veux manger des banana split, je veux écouter de la bonne musique, recevoir des lettres, voir naître des bébés, faire la sieste, aller à Venise... je veux faire entrer l'air dans mes poumons, ... je veux respirer.
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  • Par Pays_des_contes, le 09 février 2011

    - Pourquoi m’as-tu appelé ? reprit-il. Je suis vieux. Je ne sais rien faire. Tu ne me connais pas. Nous faisons un couple d’aventuriers complètement à côté de la plaque, tous les deux. Je suis sûr qu’il y avait dans ton entourage au moins cinquante personnes plus compétentes que moi.
    - Peut-être.
    - Alors ?
    - Alors je sais pas… J’ai eu l’intuition que…
    - Que quoi ?
    - Que vous feriez l’affaire. Que vous seriez la bonne personne. Je vous ai trouvé l’air un peu perdu, dans la voiture. Mais l’air sage aussi. C’était un drôle de mélange. Et puis, votre métier. Je me suis dit que vous seriez peut-être plus familier avec ces choses peu ordinaires.
    - J’avais l’air tellement perdu ? demande-t-il.
    - Oui. Un peu.
    - Ah, bon.
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  • Par BloodyMonday, le 22 août 2012

    Au spectacle de la matière gluante qui coulait sur les doigts de son élève, le lieutenant Geemader avait mis sa main devant sa bouche et il plissait les yeux.

    — Bien, reprit-il une fois que tous les œufs furent cassés et battus dans le saladier. Veuillez maintenant apporter ce qui se trouve sur la deuxième étagère du réfrigérateur.

    Un élève alla chercher le plat désigné et le déposa sur le plan de travail. Geemader recula d’un pas. Il avait légèrement pâli.

    — Ces choses roses avec des bords un peu plus foncés sont des petits lardons. Ils ne sont pas produits par des animaux…

    Chaque fois que le mot « animal » ou « animaux » passait les lèvres de Geemader, sa bouche se rétractait vivement et on imaginait ce qu’il devait penser à cette occasion : « Qu’est-ce qu’on m’oblige à dire, tout de même ! »
    Il recula d’un pas encore, se retrouva dos au mur et, ne pouvant pas mettre davantage de distance entre les petits lardons et lui, il poursuivit :

    — Non, ces choses ne proviennent pas des animaux, elles sont des animaux. Et pire, elles sont des morceaux d’animaux…

    Pour aller jusqu’au bout de sa phrase, il dut contracter douloureusement son visage
    de tortue :

    — des morceaux d’animaux… morts.

    Après cela, il lui fut plus facile d’évoquer la pâte brisée, l’emmental et le poivre muscade, mais, tandis que les élèves tranchaient, battaient, râpaient, mélangeaient et mettaient au four, il se tint aussi loin que possible de l’action.

    — Bien, conclut-il quand les quiches furent enfournées, vous pouvez raccrocher vos tabliers et sortir. Nous reviendrons dans vingt minutes pour vérifier qu’elles sont bien cuites, et si c’est le cas, vous les emporterez à la cantine pour…

    La fin de son épreuve arrivait et il puisa dans ce qui lui restait de courage pour prononcer cette dernière horreur :

    — pour les manger.
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Jean-Claude Mourlevat - Silhouette .
À l'occasion du Salon du Livre de Paris 2013, Jean-Claude Mourlevat présente son ouvrage "Silhouette", publié aux éditions Gallimard Jeunesse. http://www.mollat.com/livres/jean-claude-mourlevat-Silhouette-9782070651436.html Notes de Musique : Kalasnjikov - Underground








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