ISBN : 2070637239
Éditeur : Gallimard Jeunesse (2011)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres

Cela fait des mois qu’Anne est sans nouvelles de sa soeur, Gabrielle. Elle a disparu le soir de son mariage et, depuis, pas le moindre signe de vie. Jusqu’au jour où Anne reçoit un énigmatique message de Gabrielle, l’appelant &#x... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lael, le 20 janvier 2011

    lael
    Anne Collodi, 17 ans, sillonne la D8 entre Saint-Etienne et Monbrison. Elle va à Campagne. Etienne Virgil, vieil écrivain en quête d'inspiration, la prend en stop. La jeune fille est vive, désinvolte, curieuse mais étrangement Etienne se sent bien et répond à toutes les questions d'Anne. le courant passe bien, ils discutent. Lorsqu'Anne descend, Etienne la regarde s'éloigner. Quelques jours plus tard, il repassera à l'endroit où il avait déposé la jeune fille mais aucun signe de sa destination. Aucun panneau...Campagne semble n'avoir jamais existé. Anne est passée de "l'autre côté", là-bas, un lointain qui nous est finalement proche. Anne est à la recherche de sa soeur disparue depuis un an. Après son mariage avec un homme étrange, angoissant et mystérieux, Gabrielle n'a plus donné de nouvelles, laissant sa famille inquiète et impuissante. Mais alors qu'elle écoute la radio, Anne décrypte un message de détresse...
    Jean-Claude Mourlevat revisite la SF et nous offre avec Terrienne un roman époustouflant et bouleversant à l'intrigue impeccable. Dès les premières pages, le lecteur est saisi par le talent de conteur de cet auteur qui sait créer de l'originalité dans n'importe quel genre littéraire. Commençons par le contexte où se déroule l'intrigue : Campagne. Une route insensée située sur la D8 entre Saint-Etienne et Monbrison, un lieu-dit qui mène au "très lointain", à un ailleurs improbable. Loin d'être un monde merveilleux, ce "là-bas" se nomme Estrellas : un monde aseptisé, hermétique aux microbes, qui n'accepte nul virus, nul éternuement et pour cause les gens n'y respirent pas. Ce monde parallèle est blanc, glacial, transparent et ses habitants ne vivent pas, ne rient pas, ne pleurent pas, ne soupirent pas. C'est un monde qui fait peur, comme coupé du bonheur. Les femmes ne mettent pas au monde des bébés. Les familles sont fondées grâce à des programmes informatiques. C'est un monde manipulé par la technologie et le pouvoir.
    Et tout ceci semble d'autant plus effrayant que ce monde se trouve à proximité de la Terre. Des hybrides nés d'une Terrienne et d'un Estrellien peuvent passer de l'autre côté et capturer des humaines. C'est le cas de Gabrielle, la soeur d'Anne, qui a épousé un hybride, dont la mission est de l'emmener là-bas et de la livrer comme esclave. Après un an, Anne recherche sa soeur et se retrouve à l'Hôtel Légende. Elle crée des liens avec Madame Stormiwell, des liens qui passe par la respiration, ce mouvement incroyable et provocateur d'émotions contradictoires pour les gens de ce monde inhospitalier et stérile. L'intrigue passe de l'effroi à l'émotion et nous force à imaginer ce que serait la vie sans la respiration qui apparaît dès lors comme la chose la plus essentielle et la plus symbolique qui soit. Terrienne est donc un hymne éclatant à la liberté, à l'amour qui donne la vie, à notre Terre. Car "là-bas" il n'y a pas d'oiseaux qui chantent, il n'y a pas de vent, il n'y a pas de nature réjouissante, rien qui nous fasse sentir vivant et heureux, conscient d'être présent ici et maintenant. Les humains sont considérés comme des animaux, on force les femmes humaines à enfanter et le simple fait de soulever sa poitrine pour prendre de l'air est un blasphème. La respiration, source de bonheur et de bonne santé chez nous est chez eux une infection, un risque de contamination. Jean-Claude Mourlevat a parfaitement maîtrisé ce thème avec sobriété et sensibilité.
    Les hybrides sont formés aux sentiments. Ils apprennent à éprouver des émotions : la peur, l'amitié, la honte... mais comment apprendre à ressentir alors que c'est quelque chose de naturel, d'inné. C'est juste bluffant. Pari réussi par cet auteur qui voulait écrire de la science-fiction. Car en créant un monde très loin de la Terre, très loin de ce qu'on est, Jean-Claude Mourlevat nous offre un roman essentiel qui nous rappelle que chaque instant, chaque bouffée d'air est magique... On ressort de Terrienne, grandit, fort et chanceux...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par jolly-roger, le 15 mai 2012

    jolly-roger
    L'héroïne, Anne, cherche sa sœur dès les premières lignes. Elle est seule dans sa quête et semble dépassée par les événements. Elle a une piste, mais on sent qu'elle n'est pas de taille. Pourtant il n'est pas question pour elle d'abandonner. Essayer encore et encore.
    Anne est différente des filles de son âge, est-ce la perte de sa sœur qui en est la cause ? pas sûr. C'est peut-être parce qu'elle a toujours été ainsi qu'elle refuse de se résigner et que sa sœur peut garder espoir. « Sa sœur, sa chère sœur… »
    C'est un roman fantastique. Ce n'est pas dans notre monde qu'Anne étend ses recherches. de ce monde je ne vous dirai rien. L'idée que s'en fait l'auteur est intéressante. C'est le cœur de l'histoire.
    Quelques beaux personnages secondaires sont là pour l'aider. Ils sont tous prêts à prendre de grands risques pour elle. parce que Anne est une belle personne, que sa cause est juste et perdue. mais ils acceptent surtout pour eux-mêmes. Ils ont tous une fêlure. Aider les autres pour se sauver soi-même.
    Le secret qui entoure cette disparition m'a fait peur. Je m'inquiétais de savoir jusqu'où l'auteur allait aller dans les détails. Heureusement pour moi nous sommes tout de même dans de la littérature jeunesse. imaginer me suffit amplement.
    J'ai tout de suite retrouvé au fil des pages l'atmosphère si particulière des précédents romans de Mourlevat (Le combat d'hiver et Le Chagrin du Roi mort…) le temps est suspendu, les personnages se croisent. Il y a un je ne sais quoi dans l'atmosphère d'enveloppant, silencieux.
    J'ai un peu peur que cette qualité ne devienne un défaut redondant livres après livres.
    J'attends quand même le prochain avec impatience. Un tous les deux ans c'est bien.
    Par ailleurs, Terrienne est à rapprocher de son autre roman L'Enfant Océan. Mais j'en ai déjà trop dit.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Raeghar, le 12 avril 2012

    Raeghar
    Je ne connaissais pas cet auteur et je dois bien avouer que le titre du livre ne me donnait pas vraiment envie de le lire. Pourtant un brin de curiosité; celle qui anime l'âme des vrais lecteurs; m'a poussé à ouvrir ce roman et à en débuter la lecture.
    L'auteur fait preuve d'originalité en présentant d'emblée les deux personnages qui semblent principaux dans cette histoire. Une histoire présentée avec un style léger; la manière d'écrire de l'auteur n'est jamais lourde, son vocabulaire est simple et « moderne » par moment. On remarque aussi que les dialogues sont très bien travaillés.
    Dés les premières pages, on ressent la présence de l'étrange, du mystère. Mais où tout cela va-t-il nous mener ?
    Ce qui est intéressant dans ces deux personnages et dans la relation qui les unit, c'est justement l'écart d'âge qu'il y a entre eux deux; Etienne est âgé de 71 ans et Anne de 17; notamment à une époque comme la notre où il semble qu'une abysse se creuse entre les « anciens » et les « jeunes ». Et pourtant ceux qui ont vu la vie ont tellement de choses à nous apprendre…
    Après avoir centré son récit sur les deux personnages, Mourlevat nous fait enfin découvrir ce monde, ce qui se cache derrière ce panneau « Campagne ». Ce qui m'a frappé avec ce livre, c'est la manière que l'auteur adopte pour raconter l'histoire de ses personnages; il utilise à de nombreuses reprises l'analepse (nom donné pour parler de flashback dans un livre), ce qui peut dérouter plus d'un lecteur et pourtant au fur et à mesure que l'on avance dans ces 400 pages, on se rend compte que l'on reconstitue un puzzle; celui qui nous permet d'apprendre à connaitre les personnages.
    Le reproche que je ferais à l'auteur, c'est la manque de péripéties au départ; il « tarde » à lancer l'action et on peut rapidement s'ennuyer… Et lorsque l'on croit que enfin la machine est lancée, tout devient trop calme.
    Ce calme presque énervant qui fait aussi partis de ce monde; rien ne se passe et c'est là que l'on est surpris par une mort subite. L'auteur ne pouvait pas imaginé meilleur façon de nous surprendre. Cette mort parait au premiers abords « sur-réaliste », on se dit « non, ce n'est pas possible » et pourtant si, il est mort point. On a vraiment l'impression que l'auteur n'est plus là, que les personnages sont livrés à eux-mêmes et doivent ne compter que sur eux.
    L'entrée d'un troisième personnage et d'un quatrième fait du bien à l'histoire. D'ailleurs le thème de l'amour s'invite dans le roman, après l'amour fraternel bien sûr. En parlant de cet amour précis, on peut évoquer la quête qui anime la courageuse Anne dans ce monde où les gens ne respirent pas. Cette quête au départ parait bien enfantine puis on comprend que les risques arrivent.
    L'auteur ne se focalise pas sur un point de vue mais n'hésite pas à changer de personnages.
    Le silence a son importance dans ce livre; un silence qui peut devenir à la longue pesant…
    Mais voilà qu'arrive un rebondissement qui jette de son fauteuil le lecteur ! On est cette fois-ci dans l'histoire. Que va-t-il leur arriver ? Vont-ils mourir ? Même l'espoir semble être avalé par un paysage décris avec brio. On a le souffle coupé ! Nos doigts tournent frénétiquement les pages… La fin ne semble présagé rien de bon; comme si la mort était la seule issue.
    Je regrette que les dernières pages soient aussi longues, ça gâche un peu l'effet de surprise qui prend le lecteur.
    Je finirais cette critique en remerciant Jean-Claude Mourlevat de nous avoir, moi bien sûr mais aussi tout les futurs lecteurs de ce livre, sensibilisé à la Terre, à tout ce qui nous entoure. Ce monde où tout est bien rangé comme il faut, n'est-ce pas ce monde qui est dégoûtant ? Quoiqu'il en soit je préfère mourir d'avoir trop vécu que de mourir d'ennui…
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lilu60, le 05 novembre 2011

    lilu60
    Anne et Gabrielle Collodi sont soeurs. Gabrielle rencontre Jens, un homme étrange aux yeux d'Anne, et en tombe amoureuse. Quelques mois plus tard ils se marient, et le lendemain du mariage.... ils disparaissent! Personne n'a de nouvelles d'eux jusqu'à ce jour où Anne reçoit un appel au secours de sa soeur. Elle part à sa recherche et trouve un passage entre notre monde et un monde parallèle, un monde où les gens ne respirent pas, ne tombent pas malades, ne rient pas, ne pleurent pas ....Dans l'hôtel où elle s'arrête, elle fait une heureuse rencontre en la personne de Mme Stormiwell , qui l'aidera à ne pas se faire remarquer en lui apprenant quelques règles de ce monde. Elle lui apprend que sa soeur a été capturée par Jens, pour être la captive d'un riche homme de ce monde. Elle va l'aider, au péril de sa vie, à suivre les traces de sa soeur.
    Comment va t'elle pouvoir la retrouver? Quelles rencontres va t'elle faire? pour le savoir, il faudra le lire ^^
    Une agréable découverte! J'ai pris ce livre à la bibliothèque, c'était un des seuls roman jeunesse récent donc je me suis laissée tenter. J'ai vite été prise par l'histoire. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de roman d'anticipation, et ça m'a fait du bien de changer du coté surnaturel de la bit -lit. J'ai aimé cette idée de passage entre 2 mondes/dimensions( rien de nouveau c'est sur, l'idée a déjà été développée), et surtout le côté "mythe des terriens" crée dans cette autre monde. En effet, dans cette dimension, les terriens sont une fable, un mythe, que tout le monde connait mais personne ne croit vraiment, sauf ceux qui savent qu'ils existent vraiment: comme les hybrides, enfants nés de l'union d'un terrien et d'un non-terrien, capables de respirer comme les terriens ou de se mettre en apnée.
    Il y a également une belle rencontre en début de livre, entre Anne ,et un vieil écrivain. Ils entretiennent une relation de confiance, où chacun peut se livrer sans gêne à l'autre, alors qu'ils se connaissent à peine. J'ai apprécié cette relation.
    Et bien sur, il y a une jolie histoire d'amour, entre Anne et un hybride Bran. Leur liens grandissent au fil du roman, sans prendre le pas sur le reste de l'histoire. Pas de grandes déclarations d'amours, de grands moments entre eux 2, mais cela m'a semblé suffisant dans le cadre de cette histoire.
    En conclusion, un premier emprunt à la bibliothèque concluant ^^, une lecture agréable, mais encore une fois, je n'ai pas eu de coup de coeur... bientot j'espère!!!


    Lien : http://www.les-lubies-de-ludi.com/article-terrienne-de-jean-claude-m..
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    • Livres 4.00/5
    Par jferrymontaigu, le 04 août 2011

    jferrymontaigu
    Un bon roman d'anticipation. Très bien écrit. On suit avec plaisir les aventures d'Anne Collodi qui part à la recherche de sa sœur dans un monde aseptisé, où respirer, rire, être original est plus que mal vu...
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Citations et extraits

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  • Par Jumax, le 25 novembre 2011

    "Il me semble que cet homme a la capacité de me comprendre. Peut être fait-il partie de " ceux pour qui le monde n'est pas assez". C'est une phrase que j'aime et que j'écrivais sur tous mes cahiers, au collège déjà. En anglais pour faire mieux : Those for whom the world is not enough. Aujourd'hui, je me contenterais bien du monde ordinaire. Il me serait enough. Il me suffirait."
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  • Par Jumax, le 29 novembre 2011

    "On ne dit plus petit ami depuis longtemps, répondit-elle, mais non je n'ai pas de copain en ce moment. J'en avais un, mais on a rompu au début de l'été.
    - Pourquoi?
    - Parce qu'il disait toujours "c'est clair" et "pas de souci". Et par ce que je m'ennuyais avec lui.
    - Trois bonnes raisons , approuva Virgil."
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  • Par Jumax, le 25 novembre 2011

    " - Mais vous de quoi mourrez-vous?
    [...]
    - Quand nous arrivons à la cinquantaine, un beau jour nous nous asseyons par terre, n'importe où, là où nous nous trouvons.[...] c'est l'ennui qui nous submerge.
    - L'ennui?
    - Oui. Nous mourons d'ennui."

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  • Par Ewiline, le 13 mars 2011

    - Tiens, si tu trouves la fin...
    Sur l'écran était écrit : Bachelier, sois sans faute demain à 16 heures au terminus nord ligne 2, et n'en parle à personne, sinon.
    - Sinon quoi ? demanda-t-elle.
    - Justement. Je ne sais pas de quoi le menacer. Il est détestable mais il n'est pas idiot. Il sait que je ne peux rien faire contre lui dans la situation où je me trouve. Et il ne prendra pas le risque de venir s'il n'y est pas forcé.
    Elle réfléchit quelques secondes, compléta le texte et lui rendit l'appareil.
    - Ca va comme ça ?
    sinon je révèle tout à propos de ce que tu sais... , lut-il. Il fronça les sourcils.
    - A propos de ce que tu sais? C'est-à-dire?
    - Je n'en sais rien, et toi non plus. Mais lui le sait, tu peux me croire.
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  • Par miamjr, le 03 mars 2012

    Vient la nuit.
    Quand je n'en peux plus, je me couche par terre. Je n'ai mal nul part. C'est juste une prodigieuse fatigue.
    Je ne pense rien. Seulement que je suis couchée par terre, dans le sale. Et que c'est fini sans doute. Je n'ai plus la force d'être triste.
    Passe une vie. Ou une mort, je ne sais pas.
    Je sombre.
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Vidéo de Jean-Claude Mourlevat

Au menu de cette dernière partie, la mise en bouche avec la présentation de quelques romans de janvier 2011 et la cerise sur le gâteau avec un extrait du chagrin du Roi mort de Jean-Claude Mourlevat.








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