ISBN : 2070365115
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Comme c'est puissant et inflexible, une famille ! C'est tranquille comme un corps, comme un organe qui bouge à peine, qui respire rêveusement jusqu'au moment des périls, mais c'est plein de secrets, de ripostes latentes, d'une fureur et d'une rapidité biologiques, comme... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 16 septembre 2009

    monito
    Ce roman de Paul NIZAN se décompose en trois parties. le dépit peut en être un des fils conducteurs.
    De jeunes étudiants de la rue d'Ulm, issus de la bourgeoisie, voire de la grande bourgeoisie hésitent… Ils rejettent ce monde, veulent se révolter, sont attirés par le communisme, nous sommes fin des années vingt. Ils imaginent la « conscience de leur importance » et le rôle qui pourrait être le leur dans cette entreprise révolutionnaire.
    Comment faire ? Adhérer au Parti…trop simple, trop compliqué, pas encore, trop discret…
    Conspirer, mener une action d'envergure. Ecrire, penser, philosopher sur le monde…
    Bien assis dans le confort bourgeois qu'ils dénoncent, ils vont fomenter…mais ne savent trop quoi. Dépit d'une jeunesse bourgeoise intellectuelle à la recherche d'un Idéal, comme toutes les jeunesses, ils l'imaginent dans la révolution, comme encore beaucoup de jeunesses. Mais ne se décrète pas révolutionnaire qui veut ! le principe de réalité, la vie quotidienne, et même les sentiments amoureux apparaissent et rendent caduc ce projet, oublié par le héros trop pris par un amour contre les convenances.
    Rosen succombe aux charmes de sa belle-sœur. Il s'emballe. De belles pages sur l'amour toujours un peu teinté de mépris pour la femme aimée. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Cette jeunesse qui veut tout ne veut rien, qui sait tout ne sait rien. Elle pêche par excès et par manque. Elle subit de plein fouet le sentiment de l'échec, du dépit, bien morbide celui là puisqu'il conduit notre héros à sa perte.
    Enfin, personne n'est à l'abri et la troisième partie est sans doute la plus forte. Celle du dépit d'un homme jeune que ses origines, son sentiment d'échec général, conduisent à la trahison, à la délation, à la collaboration et au final à l'exclusion d'un monde qui ne veut pas de lui, du monde aussi qui n'en voudra plus.
    La langue de NIZAN est belle et précise. Quelques phrases font mouche, « on ne sauve l'amour qu'en l'accueillant les yeux fermés », des ambiances estudiantines et parisiennes qui transportent, une scène mémorable de la conduite de Jaurès au Panthéon…
    Il y a dans NIZAN cette force du désespoir, cette rancœur qui peut être parfois motrice, mais dans La conspiration pas assez pour faire de l'ombre à Aden Arabie.
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 23 mars 2012

    Corboland78
    Paul-Yves Nizan est né le 7 février 1905 à Tours et tué le 23 mai 1940 à Audruicq (Pas-de-Calais) lors de l'offensive allemande contre Dunkerque. Romancier, essayiste, journaliste, traducteur et philosophe, la publication en 1931 de son premier ouvrage Aden arabie (qui débute par les phrases devenues célèbres : « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. ») lui permet de se faire un nom dans le milieu littéraire et intellectuel. C'est en 1938 que paraît La conspiration qui sera couronnée du prix Interallié.
    Roman en trois parties distinctes, qui esquisse le portrait d'une génération de jeunes gens. Cinq étudiants en philosophie dans le Paris des années 1920/1930 fondent une revue révolutionnaire sous l'impulsion de Bernard Rosenthal, leur leader, un jeune homme issu de la bourgeoisie. Exalté, ou du moins animé de cette fougue naïve propre à la jeunesse, Bernard entraîne ses amis, Laforgue, Jurien, Pluvinage et Boyé, dans ce qu'il considère être un acte héroïque, une conspiration visant à voler un plan militaire pour le compte du Parti Communiste. L'idée lancée, la réalisation en sera beaucoup moins grandiose et finira par capoter lamentablement.
    La seconde partie expose l'éducation sentimentale de Bernard Rosenthal. Exalté comme je l'ai dit, en réaction contre son milieu, une riche famille bourgeoise des beaux quartiers, il s'est lancé dans la révolution pour le côté cour, pour le côté cœur là aussi, ses sentiments pour sa belle-sœur le poussent à la contraindre à quitter son mari pour venir vivre avec lui, d'amour et d'eau fraîche mais libre. Bien entendu, entre le rêve et la réalité il y a un fossé que Bernard, aveuglé par son romantisme révolutionnaire ne peut voir, contrairement à sa belle qui finit par lui écrire « Votre terrible orgueil vous perd, vous qui ne valez pas plus que tous les autres, qui n'êtes qu'un peu différent. » Seul contre tous, Bernard se suicidera.
    Enfin, la dernière partie est une confession de Pluvinage, qui explique son parcours et sa trahison. Ses origines modestes, ses complexes vis-à-vis de ses amis plus fortunés, son engagement au Parti Communisme, dans un geste de reconnaissance sociale, et ce qui l'a amené à dénoncer à la police, un dirigeant du Parti.
    Nizan écrit un roman intemporel, chronique d'une génération. Ou comment passer de la jeunesse à l'âge adulte, sans renier ses idéaux d'adolescence. Quadrature du cercle, renouvelée sans cesse quand les beaux sentiments s'affrontent aux dures lois de la réalité. Certains tentent le passage en force comme Bernard Rosenthal et y laissent la vie, d'autres plus nombreux passent en louvoyant au prix de compromis plus ou moins honorables, il en est majoritairement ( ?) qui abandonnent avec le temps, jeunesse et idéaux, comme le serpent sa vieille peau au bord du chemin.
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    • Livres 3.00/5
    Par JPB, le 28 juin 2011

    JPB
    La conspiration raconte finalement l'ennui de cette jeunesse d'avant la guerre, plutôt aisée, intelligente, brillante (Normale sup, rue d'Ulm) et en quête de sens. L'avenir tout tracé lié à l'appartenance à un certain milieu, à une famille comme on n'en fait plus, ou si peu, l'incline à une forme de rebellion qui trouve sa rélaisation dans des formes d'engagement illégaux qui ne conduisent à rien, sauf parfois au suicide. Beau texte, sans illusion.
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    • Livres 3.00/5
    Par edm2905, le 19 décembre 2011

    edm2905
    Paul Nizan, enfant de la première guerre mondiale, nous dépeint la jeunesse des années 1920-1930 comme une jeunesse de révolte qui crée un magazine engagé, "La guerre civile", souhaite à tout prix faire une nouvelle Révolution et conspire contre la politique actuelle en donnant des informations au parti communiste.
    Le sujet est intéressant et Nizan arrive finalement à nous décrire les 20 ans de tout individu, qu'importe sa génération ou sa condition sociale.
    Cependant nous tournons les pages de ce roman avec difficulté car il n'y a pas d'intrigue qui nous pousse à vouloir connaître la fin, ce qui est regrettable.
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Citations et extraits

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  • Par GabySensei, le 12 juillet 2011

    Pour que les jeunes gens se tiennent tranquilles, les hommes de quarante ans leur racontent que la jeunesse est le temps des surprises, des découvertes et des grandes rencontres, et toutes leurs histoires sur ce qu'ils feraient s'ils avaient de nouveau vingt ans, leurs jeunes espoirs, leurs jeunes dents, leurs jeunes cheveux, avec leur fameuse expérience de pères, de citoyens et de vaincus.

    La jeunesse sait mieux qu'elle n'est que le temps de l'ennui, du désordre; pas un soir à vingt ans où l'on ne s'endorme avec cette colère ambiguë qui naît du vertige des occasions manquées. Comme la conscience qu'on a de son existence est encore douteuse et qu'on fait fond sur des aventures capables de vous prouver qu'on vit, les fins de soirées ne sont pas gaies; on n'est même pas assez fatigué pour connaître le bonheur de s'abîmer dans le sommeil: ce genre de bonheur vient plus tard.
    Personne ne pense avec plus de constance à la mort que les jeunes gens, bien qu'ils aient la pudeur de n'en parler que rarement: chaque jour vide leur paraît perdu, la vie ratée. Il vaut mieux ne pas s'aventurer à leur dire que cette impatience est sans raison, qu'ils ont l'âge heureux et qu'ils se préparent à la vie. Ils vous répondent que c'est gai, cette existence de larve en nourrice en attendant d'être de brillants insectes de cinquante ans. Tout pour les ailes futures: nous prenez-vous pour des hyménoptères? Quelle est cette morale d'insecte?

    A trente ans, c'est déjà fini, on s'arrange; comme on a commencé à s'habituer à la mort et qu'on fait plus rarement qu'à vingt ans le compte des années de reste, avec tout ce travail qu'on a, les rendez-vous, les politesses, les femmes, les familles, l'argent qu'on gagne, il arrive qu'on croit tout à fait à soi-même. La jeunesse a fait son temps, on va rendre de petites visites à cette morte, on la trouve touchante, heureuse, auréolée du pathétique halo des illusions perdues: tout cela est moins dur que de la voir mourir en vain, comme on fait à vingt ans.

    (P25)
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  • Par Corboland78, le 09 novembre 2011

    Pour que les jeunes gens se tiennent tranquilles, les hommes de quarante ans leur racontent que la jeunesse est le temps des surprises, des découvertes et des grandes rencontres, et toutes leurs histoires sur ce qu’ils feraient s’ils avaient leurs jeunes dents, leurs jeunes cheveux, avec leur fameuse expérience de pères, de citoyens et de vaincus. La jeunesse sait mieux qu’elle n’est que le temps de l’ennui, du désordre ; pas un soir à vingt ans où l’on ne s’endorme avec cette colère ambiguë qui naît du vertige des occasions manquées. Comme la conscience qu’on a de son existence est encore douteuse et qu’on fait fond sur des aventures capables de vous prouver qu’on vit, les fins de soirées ne sont pas gaies ; on n’est même pas assez fatigué pour connaître le bonheur de s’abîmer dans le sommeil : ce genre de bonheur vient plus tard.
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  • Par edm2905, le 19 décembre 2011

    "Ce qui m'ennuie, ce n'est pas seulement de devoir mourir, mais l'idée qu'il n'y aura un jour absolument plus d'hommes. Faut-il donc n'avancer si loin dans l'histoire que pour mieux sauter dans l'anéantissement?"

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  • Par aleatoire, le 07 mai 2011

    Il n'a jamais rencontré une femme qui lui ait dit rêveusement après l'amour :
    - Comme cela doit aussi te faire mal !
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  • Par aleatoire, le 07 mai 2011

    Il n'y a aucun sens dont on puisse changer, il y a un seul sens nécessaire, sens unique, et non-sens.
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Paul Nizan : Le cheval de Troie
Assis à une table du café parisien "Le Rostand", Olivier BARROT s'entretient avec Pascal ORY qui réédite et signe la préface du livre "Le cheval de Troie" de Paul NIZAN...








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