ISBN : 2917718099
Éditeur : Griffe d'Encre (2009)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Au diapason des mots et des misères, l’existence dissone, le silence a un écho, la folie tient la baguette, le désir grelotte, les morts pourrissent au grand air, les araignées se mêlent de téléphonie, les enfants sont au supplice, la nostalgie est une atrocité, et... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par GiZeus, le 31 octobre 2010

    GiZeus
    D'après Catherine Dufour, qui signe la postface du recueil, la noirceur habituelle de l'auteur est ici condensée, exacerbée, comme si la contraction des pages en avait retranché toute la gaieté : les enfants ne véhiculent pas la joie de vivre, ils attendent dans l'angoisse la mort qui viendra les délivrer d'aïeuls leur reprochant d'être nés ; il n'y a pas de forêts luxuriantes - à une exception près -, mais de vieilles bâtisses croulantes aux murs lépreux. La nuit tombée, Prague n'est plus qu'une banquise fendillée de façades éparses, hantée par l'écho des Skoptzy et leurs gardiens inquiétants. Les jeunes lecteurs ne sont pas oubliés, l'auteur leur concocte trois nouvelles – disposées à la fin – qui sauront les effrayer. Si Shirley's Doll et La Leçon de piano (dans le style de Balthus) n'ont pas tellement retenu mon attention, c'est sans conteste L'Enfer des enfants pas sages qui les torturera, tout comme il l'a fait avec moi.
    Néanmoins le sieur Noirez sait, entre deux nouvelles funestes, nous remonter le moral avec un humour décapant. La Grande nécrose en est un bon exemple avec son histoire de zombie loufoque où se mêle un peu de policier qui ne l'est pas moins, mais c'est notamment avec L'Apocalypse selon Huxley, où l'on suit quelques potes complètement déglingués prompts à la défonce, embarqués dans un trip foireux aux states, que l'auteur se montre sous un excellent jour. Il semble d'ailleurs que cette nouvelle ait remporté le prix de la meilleure nouvelle au GPI 2010. Feverish Train se montre également un digne représentant de l'humour noirezien, avec son train de tous les dangers et ses voyageurs atypiques.

    Lien : http://foudre-olympienne.over-blog.com/article-le-diapason-des-mots-..
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    • Livres 5.00/5
    Par Bartimeus, le 15 décembre 2010

    Bartimeus
    Le diapason des mots et des misères est un recueil de sons, d'images, de sentiments, souvent contradictoires. C'est un recueil qui donne la nausée, mais c'est une nausée dont on ne peut pas se passer, qu'on aime avoir. C'est de l'horrible raconté avec beauté, le beau mélangé au laid, un mélange de sons contraires qui fusionnent pour former une musique parfaitement rythmée : le diapason des mots et des misères.
    [Lire la suite sur Over-booked]

    Lien : http://www.over-booked.net/le-diapason-des-mots-et-des-miseres-de-je..
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    • Livres 4.00/5
    Par Phooka, le 04 novembre 2011

    Phooka
    Des récits sombres et une écriture lumineuse donnent au final des nouvelles étonnement belles. On ne peut pas y être insensible et je suis sûre que tout le monde appréciera ces textes, mais il faut seulement le lire par une belle journée ensoleillée avec les oiseaux qui chantent tout autour ...

    Lien : http://bookenstock.blogspot.com/2011/11/le-diapason-des-mots-et-des-..
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Citations et extraits

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  • Par GiZeus, le 31 octobre 2010

    On voudrait en avoir, on voudrait croire qu’on en a, de distincts, de précis, mais il faut, lorsque le jour chavire, se rendre à l’évidence : les souvenirs de notre petite enfance nous échappent pour toujours. C’est une chose plus délétère, plus indicible, et si je devais la nommer, cette chose vague, cette demi-conscience, je l’appellerai souvenance : fragrance de souvenirs, rêve de souvenir, souvenir de souvenirs, une mémoire de salpêtre, encore que, du salpêtre, où je vis, je n’en vois jamais, car où je vis, c’est un monde sec. J’essaye toutefois, dans la pénombre d’un soir de printemps, aux senteurs de terre humide et de mimosa, de capturer des bribes de cette mémoire, de compléter cette esquisse tracée avec une baguette torve, en m’astreignant à ne pas mentir plus que nécessaire.

    La souvenance, c’est tout ce qui me reste de mes premières années qui font, lorsque je me retourne en moi-même, comme une flaque de chaleur mouillant le bitume d’une route rectiligne.

    Finalement, je crains de devoir mentir un peu.
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  • Par Bartimeus, le 13 décembre 2010

    Et puis y'a pas mort d'homme, malgré les apparences... Bon... elle est mignonne, cette Fanny... C'est vrai, j'ai constaté... Alors, entre deux battues, entre deux dictées de notes, bon... Un petit nichons, un petit cul, la main s'égare. On peut être prof de solfège, mais pas moins homme, c'est vrai... Je comprends... Je vais te dire, la fille de Tignard, celle qui redouble sa quatrième parce que la moitié de ses profs sont morts, ce qui fait que les cours, c'est plutôt pour les asticots. Bon... Gisselaine, elle s'appelle Gisselaine, deux trois fois, ma pauvre main a frôlé le fruit interdit... De l'attouchement subliminal pour ainsi dire... Toi, faut avouer, t'as abusé pour de vrai. On a la déposition ! Petit père, c'est pas dans l'egarement d'une chaude nuit d'été... C'est toutes les semaines depuis six mois. Bon... Elle dit qu'elle était consentante, mais tu sais bien que ça, c'est du vent. Va falloir t'expliquer, sérieusement, et t'appliquer, bien en rythme, staccato... En attendant, l'histoire avec Gisselaine, ça reste entre nous, hein ?
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  • Par Bartimeus, le 08 décembre 2010

    Du plat de sa main gauche, il soulève sa verge, et ses doigts poussent ses bourses vers l'avant. Ses testicules ont pris une couleur de figue mûre. Déjà, ils ne lui appartiennent plus. Les fruits du diable ! Il place le tranchant du rasoir sous le garrot de cuir.
    […]
    " Tranche ! "
    Un geste. Rien de plus. Ni emphase ni labeur. La lame glisse contre le garrot.
    Et ça tombe dans la paille. Presque pas de sang. La douleur, elle, ce n'est pas une douleur, plutôt un vertige, quelque chose qui saisit le corps tout entier, l'emporte.
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  • Par Bartimeus, le 10 décembre 2010

    Chaque cabine est un drame potentiel. Lorsque j'ouvre au hasard une porte, je peux tomber sur un macchabée qui a la gorge si largement ouverte que je pourrais y mettre au frais une canette, ou bien sur cinq gars qui s'acharnent à coups de marteau sur un autre, attaché, et qui me regarde avec des yeux de biche aux abois, ou bien encore sur un échange entre amateur fortuné et loubard archéologue, sur une partouze subtropicale et bestiale, sur un sniff mandala à même le plancher - un sniff mandala, c'est une longue ligne de cocaïne ou de ce que vous voulez, mais enroulée en spirale ; la défonce se pare alors d'une vadrouille mystique de premier choix -, sur un échange de plombs à dix centimètres de distance, sur un mauvais payeur suspendu par les pieds hors du train à se bouffer en pleurant des nuées de moustiques, sur l'imaginable délinquance et l'inimaginable même.
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  • Par Bartimeus, le 09 décembre 2010

    D'ailleurs, Serge Agglo parle à toutes sortes de choses. Il connait le langage des tinettes, des pissotières, des mégots, des cendriers, des goulots, et des braguettes, donc. Il a des rudiments de parcmètre, de bouche d'égout, de sèche-main qui donne soif quand on lui cause. Je l'ai même vu se débrouiller en pigeon crevé et en panneau de limitation de vitesse grêlé de chevrotines.
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