ISBN : 2226229752
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 3.19/5 (sur 172 notes) Ajouter à mes livres
« Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur. »

En 2010, Amélie Nothomb est intriguée par Joe Whip et Norman Terence, deux magiciens américains, croisés dans une fête, que tout semble séparer.
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par OhOceane, le 20 septembre 2011

    OhOceane
    Soyons clair, elle n'est pas ma tasse de thé.
    Mais… Pourtant…
    Parlons d'abord de ce que je peux bien lui reprocher. Pas grand chose en fait, si ce n'est de légèrement bâcler ses romans. C'est mon avis (et je le partage…) mais j'ai tout un gout de trop peu quand je referme ses livres. Elle a le talent nécessaire pour allumer comme des braises, puis ça s'éteint brusquement. Comme si elle ne voulait pas aller au-delà d'un certains nombre de pages. La plupart du temps, c'est vraiment l'effet que ça me fait : Amélie stoppe parce qu'il faut stopper. Alors qu'elle ouvre par ailleurs de telles possibilités d'écriture, des caractères à explorer, des failles chez ses personnages qu'elle ne creuse pas assez…
    Ce nouveau roman, Tuer le père, est aussi court que frustrant. Frustrant parce que j'ai aimé le lire, j'ai aimé les personnages et la démarche décrite.
    Joe habite avec sa mère, une femme qui tient plus aux nombreux hommes qui passent dans son lit, qu'à son fils. Elle ne le comprend pas, ne se sent pas de liens avec lui. Joe est passionné de magie, et c'est bien la seule chose qui le tient debout. L'absence d'un père, l'indifférence de sa mère, l'incompréhension générale, il finira pas s'en débarrasser et accepter de quitter le domicile maternel sur demande de sa mère. En effet celle ci a un énième homme dans sa vie, lequel ne supporte pas Joe. Elle propose donc à son fils de quitter la maison en échange d'une petite somme mensuelle.
    Du haut de ses 15 ans, Joe va habiter à l'hôtel, et se servir de ses dons de magiciens pour gagner sa vie, de-ci delà. Un soir, il rencontre un homme, qui lui dit que des talents tels que les siens trouveront à s'épanouir avec le bon professeur, et lui parle de celui qui est le meilleur magicien de la ville et du monde.
    C'est comme ça que Joe atterrit chez Norman et Christina. Une sorte de lien va se créer, une famille même. Norman et Christina vont s'occuper de Joe, comme d'un fils. Norman lui apprendra ses tours, fera de lui le meilleur manipulateur de cartes possible. Jusqu'à la première trahison de Joe. Qui sera pardonné, car un père pardonne à son fils, lui dit Norman.
    Jusqu'à la deuxième trahison de Joe, qui sera aussi pardonné, car Norman aime Joe comme le fils qu'il s'est choisi.
    Et c'est là le nœud gordien de l'affaire. Qui est le père de Joe ? Norman ? Ou celui pour qui Joe le trahi depuis le début, comme il le lui expliquera ?
    Est-ce que Joe en infligeant à Norman de telles trahisons, en le tuant littéralement à travers ses actes, le reconnait comme père malgré ses dénégations ?
    Joe tue Norman à travers ses actes, aussi précisément qu'un enfant cherche à tuer son père. C'est ce que Norman pense, et c'est ce qui l'aide à pardonner et à continuer d'aimer Joe, malgré Joe lui-même. Pendant que l'enfant lui, explique que ses actes ne sont que la fidélité qu'il marque au vrai père qui l'a choisi. Et toute la confrontation est là, entre un père qui veut trouver la faille chez ce fils, et un fils qui choisi de reconnaître un autre homme pour père. Un homme qu'il n'aura vu que 2 fois dans toute sa vie, le temps de trahir Norman.
    Les 150 pages du romans sont denses, prenantes, et la petite heure que j'ai passé à le lire m'a laissé quand même sur ma faim. J'aurais aimé que Nothomb creuse un peu plus du côté de la confrontation Norman-Joe après la révélation de la trahison originelle.
    En somme, j'aurais envie de le conseiller, parce que je l'ai lu d'une traite et que j'ai adoré le sujet, mais je trouve le traitement incomplet…
    A lire quand même.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 19 août 2011

    liratouva2
    Tuer le père en 151 pages peut se lire sans précipitation en moins de deux heures, d'une traite et avec entrain. Aucun temps mort. Les pages se tournent toutes seules. Dès les premières lignes j'étais intéressée, prise dans les filets de cette sorcière d'Amélie dont la principale qualité est d'être une excellente conteuse qui ne m'a plus lâchée jusqu'à la fin de son histoire où tout s'est gâché, comme d'habitude, avec mon habituelle indignation :
    "Quoi? C'est tout? C'est ainsi que ça finit? Il n'y a pas de suite? Mais c'est n'importe quoi! Elle nous laisse en plan une fois de plus! C'est pas juste! Elle a pas l' droit … et ainsi de suite jusqu'à ce qu'enfin mon émotion s'apaise, celle de l'enfant qui réclame toujours plus à son parent lecteur du soir : et après, et après? Encore une! N'éteins pas!"
    N'éteins pas Amélie! Pourquoi ces fins toujours bâclées ou pour le moins décevantes? Ici, franchement, l'histoire méritait mieux que cette pirouette finale! Tout ça pour en arriver là? Bon, peut-être que ce dernier chapitre plaira aux autres lecteurs après tout!
    (...)
    Un moment fort du roman a lieu le 28 août 1998, lors du Burning man, à Black Rock, dans le désert où se rassemble chaque année une foule énorme façon Woodstock. Joe a dix-huit ans, tout lui est désormais permis et il va en profiter. En dire plus serait spoiler
    L'un est admirable d'honnêteté, genre mormon, l'autre n'est qu'un tricheur. Condamnés à rester ensemble, qui détruira l'autre?
    De quoi s'agit-il au juste? Tuer le père ou tuer le fils? Quel est le plus têtu des deux? le plus joueur? le plus fou?
    A l'année prochaine Amélie!

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/08/amelie-nothomb-tuer-le-pere.h..
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par emeralda, le 27 août 2011

    emeralda

    La magie est le point de départ de ce roman. Amélie Nothomb ne manque pas d'imagination et chaque année, en août, j'attends la sortie de son nouvel opus.
    J'aime la magie de son écriture. En quelques phrases, je reconnais son style. C'est à mon sens très facile à lire, mais il y a une véritable recherche dans cette écriture. Elle retranscrit toujours des situations presque banales, cependant, il y a cette touche d'excentricité propre à Amélie Nothomb qui fait que rien n'est jamais aussi simple qu'il y parait.
    Cette dernière apparait souvent dans ses romans. Reste juste qu'il ne faudrait surtout pas tout prendre au pied de la lettre et faire la distinction entre Amélie, le personnage de fiction et Amélie, la romancière (la vraie en somme). Jeu troublant où se mêle la vérité, la fiction et qui m'enchante. Je suis surprise et je ne m'ennuie jamais durant mes lectures. J'apprécie vraiment ses facéties littéraires.
    Les relations humaines vont rapidement prendre le dessus et donner tout son sens au titre de cet opus 2011. On est assez loin de la magie, on serait davantage dans le registre de la psychologie : figure paternelle de substitution, relation maternelle qui tourne court, recherche d'identité sexuelle et de partenaire… Des éléments assez primaires, basiques, mais avec des possibilités multiples.
    Joe, Christina et Norman formeraient presque un trio banal : deux hommes d'âges différents (l'un pourrait être le père de l'autre), une femme belle et attirante. Des liens forts les unissent, comme ceux d'une véritable famille alors qu'ils ne sont ensemble que depuis peu de temps en réalité. La qualité n'attend pas forcément le nombre d'année qu'il faudrait et se fiche bien des liens du sang. C'est aussi le cas pour le talent, celui de Joe.
    On pense voir venir de loin le dénouement de cette intrigue, mais ce serait faire injure à l'écriture d'Amélie Nothomb. Rien ne se déroule tout à fait de manière linéaire et rien n'est moins prévisible que le raisonnement de cet auteur. N'est-ce pas pour cela que je me plonge avec délectation chaque année dans son dernier "bébé" de papier ?
    Je ne regrette toujours qu'une chose (parfois plus, mais celle-ci reste une constante) : la brièveté de ce plaisir. 150 pages, c'est court et je me suis donc efforcée (ce ne fut pas facile) de ne pas engloutir d'une traite ce titre afin de prolonger ma découverte et mieux savourer cette gourmandise littéraire.
    Je comprends parfaitement que certains lecteurs ne soient pas de mon avis. L'univers d'Amélie Nothomb laisse rarement de marbre. On aime ou on déteste. Ses livres étant très proches du personnage qu'incarne l'écrivain Belge, ils peuvent irriter ou au contraire séduire. J'ai moi-même mis du temps pour l'apprécier, des années serait plus précis comme unité de mesure temporelle. Je me suis sentie longtemps refoulée par cette oeuvre que je ne comprenais pas. Et puis un jour, après une énième tentative (je suis du genre têtu), le déclic s'est fait. J'étais contaminée par la folie "nothombienne".
    De folie, il en sera aussi question dans "Tuer le père", mais aussi d'amour qui conduit à celle-ci. On reste dans les extrêmes, rien n'est tiède, tout est intense.
    Vous l'avez compris, j'ai adoré ce livre et je terminerai avec quelques mots sur la couverture : un portrait en négatif d'Amélie Nothomb, du rouge (la couleur de la passion ?) et des passages de "Biographie de la faim" (un autre ouvrage de l'écrivain) en filigrane. Les psys auraient bien du boulot avec tout ceci, mais moi, pauvre lectrice, ce que j'y vois surtout, c'est un auteur qui joue avec les mots, leurs sens, y mêle de la couleur vive et riche en symbole ainsi que son image (narcissique ?).
    Avec tous les titres qui vont sortir durant cette rentrée littéraire (plus de 650), il est bon de garder son identité même et surtout quand on est aussi attendu que l'est Amélie Nothomb.

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/08/tuer-le-pere-damelie-..
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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 22 août 2011

    argali
    Le roman de cette année est légèrement différent des précédents. Moins travaillé stylistiquement, il met surtout l'accent sur la relation triangulaire que vont nouer Joe, Norman et Christina. Cette « famille » où chacun a adopté les autres semble trouver son équilibre dans l'admiration que les trois protagonistes se portent mutuellement. Admiration qui quelques fois tourne à l'obsession.
    Liés par une volonté farouche de vivre une relation vraie ou pure, ils vont sans cesse repousser les limites et vaciller dangereusement entre le bien et le mal. Est-ce vraiment un hasard si Whip signifie fouet en anglais ? Joe n'est-il pas le dresseur, celui qui mène son monde à la baguette, l'air de rien ?

    L'histoire se déroule dans les années 90, dans le Nevada. L'idée en est venue à Amélie Nothomb après qu'elle ait assisté en 2010 au festival Burning Man (festival artistique alternatif) dont il est question ici. Fascinant milieu hippie où tout semble permis mais où tout est également sous contrôle. Comme ce triangle familial finalement.
    Envoûtant autant que dérangeant, ce roman met en scène la perfidie et la décadence avec un aplomb et un naturel dont l'auteure nous a habitués.
    Noir et manipulateur à souhait, le récit nous mène vers une fin que l'on n'attendait pas et révèle une fois de plus le machiavélisme dont peut faire preuve Amélie Nothomb. Un de ses meilleurs romans.
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    • Livres 4.00/5
    Par Bibliolibra, le 27 avril 2012

    Bibliolibra
    Une heure de Tuer le père pour me redonner foi en Amélie Nothomb, quel pied!
    Tordu, expéditif, bien imaginé...
    Simple, prenant, singulier...
    De nouveaux thèmes, de nouveaux paysages, de nouveaux horizons.
    Des caractères nouveaux pour des personnages nouveaux.
    Une exploitation de la véritable personnalité de l'humain. L'oeil d'Amélie sur une nouvelle faille. Son interprétation, sa mise en scène en 150 pages. le combat entre un magicien et un joueur. L'espoir idiot d'un homme qui croit encore au miracle de l'humanisme et des sentiments pour un autre perdu depuis son plus jeune âge dans les méandres obscures de l'humanité.
    Une simplicité d'écriture pour un thème laborieux: du vrai, du 100%, du pur Amélie Nothomb.
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Critiques presse (5)


  • Cyberpresse , le 10 octobre 2011
    […] ce court récit qui joue, assez mollement, la carte de la parabole ou du conte initiatique, et qui se termine par une pirouette mal préparée. Bref, si ce livre se lit d'une traite, c'est en bonne partie parce qu'il ne fait que 150 pages.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • Telerama , le 05 octobre 2011
    C'est fort d'écrire un livre où apparaît cent quarante fois la locution verbale présentative « c'est ». […] C'est que ça serait bien si Amélie Nothomb recommençait à faire ce qu'on sait qu'elle sait faire : de la qualité. C'est peu dire et c'est aussi simple que ça.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LePoint , le 26 septembre 2011
    Cette tragique et folle histoire, Amélie la raconte avec son habituelle alacrité. Si noires que soient ses visions, si vives ses critiques de notre société de faussaires, elle sait danser avec elles. Il y a, bien sûr, un peu de magie là-dedans.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Bibliobs , le 26 août 2011
    C'est son 20e roman. Il se lit en trois quarts d'heure. Sans plaisir ni déplaisir. On l'oublie aussi vite. Pas de quoi s'énerver.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 25 août 2011
    […] un petit livre cruel et dur, non dénué de cet humour purement nothombien qui s'exerce dans les dialogues tout autant que dans l'emploi de la grammaire française
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par janemar, le 18 mai 2012

    En l'occurence l'anglais l'emporte sur le français : fire dancer, c'est tellement mieux que danseur de feu.... Qu'est ce que la grammaire vient faire entre deux divinités ? c'est l'anglais qui a raison, il faut jeter les deux mots l'un contre l'autre - et qu'ils se débrouillent - et aussitôt ils crépitent ensemble.
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  • Par Bibliolibra, le 27 avril 2012

    " - De toute façon, dit Joe, la magie, c'est de la triche.
    - Je ne suis pas d'accord. Il y a une différence fondamentale: la magie déforme la réalité dans l'intérêt de l'autre, afin de provoquer en lui un doute libérateur; la triche déforme la réalité au détriment de l'autre, dans le but de lui voler son argent."
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  • Par kathy, le 09 mars 2012

    Qui voyait Norman et Christina ensemble était frappé par leur point commun : ils avaient une même façon de se taire. On observait leur manière hiératique de siéger silencieux l'un à côté de l'autre, tels un roi et une reine de l'époque mycénienne, n'échangeant rien que leur beauté et leur majesté. La fascination qui émanait de la juxtaposition de ces deux êtres superbes les identifiait à des totems.
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  • Par petitours, le 21 juillet 2011 Première phrase du livre

    Le 6 octobre 2010, L'Illégal fêtait ses dix ans. J'avais profité de la foire d'empoigne pour infiltrer cet anniversaire auquel je n'étais pas invitée.
    Des magiciens du monde entier étaient venus au club cette nuit-là. Paris n'était plus une capitale de la magie, mais la puissance de sa nostalgie agissait toujours. Les habitués échangeaient des souvenirs.
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  • Par PetiteNoisette, le 18 septembre 2011

    Le suprême objet de la danse est la monstration du corps. Nous vivons avec ce malentendu que chacun possède un corps. Dans l'immense majorité des cas, nous n'occupons pas ce corps, ou alors si mal que c'est une pitié, un gâchis [...] Personne n'habite autant la totalité de son corps que les grands danseurs.
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Vidéo de Amélie Nothomb


Amélie NOTHOMB, une journée exceptionnelle à Lille - 16/11/2011
Au programme : 10h : Rendez-vous Gare Lille Flandres pour accueillir Amélie et découvrir sa géante. Puis, déambulez en fanfare pour rejoindre la grand' place (arrêt chocolats chez Léonidas et arrêt gaufres chez Meert) pour terminer par une ronde géante. 11h30 : Grand'Place, possibilité de « porter » la géante d'Amélie. Vivez une expérience inoubliable. 15h : Séance de dédicace géante dans l'Atrium du Furet du Nord. 18h : Rencontre publique au « TriPostal Lille3000» prés de l'exposition « Collector », autour de son roman « Tuer le père » publié chez Albin Michel.








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