C'est le deuxième roman de l'auteur que je lis, après
Drama City, et c'est étonnant ce sentiment de se retrouver tout de suite en terrain connu ! Pourtant les personnages ne sont pas les mêmes, mais l'auteur a l'art de les présenter dans leurs faits et gestes quotidiens qui nous les fait connaître tout de suite. De plus, il excelle à décrire les quartiers et rues de Washington, pas celui des grands monuments, mais celui des quartiers plus pauvres et plus animés, et les dialogues très réalistes donnent beaucoup de vérité à ces romans. Pour le décor, imaginez plutôt des squats misérables et des petites boutiques vouées à la démolition, des rues mal éclairées parcourues par des voitures trop luxueuses… J'ai vu des photos des quartiers de Naples où a été tourné le film Gomorra, et cela m'a évoqué ces quartiers décrits par Geroge Pelecanos.
Derek Strange, enquêteur privé d'une cinquantaine d'années, y fait des recherches sur une « bavure » qui a coûté la vie d'un policier noir et qui le mènent dans le milieu de la drogue. Rien ne nous est caché de cet enfer en marge de la ville. Les personnages des trafiquants sont bien campés, avec toutes leurs faiblesses, et les malheureux consommateurs prêts à tout pour obtenir leur dose aussi… J'aime aussi le style de l'auteur qui avance de la même manière dans les scènes de transition que dans les scènes d'action, avec pour conséquence qu'on ne sent pas forcément venir les passages les plus violents C'est comme dans un film où on éviterait de souligner les passages dramatiques par une musique lourdingue mais où les musiques d'ambiance seraient celles écoutées par les personnages : il n'y a pas de lourdeur dans le récit, c'est très finement écrit, et bien traduit aussi !
J'ai trouvé la traduction du titre meilleure encore que l'original, ce n'est pas si fréquent, car ce titre joue sur le mot blanc, comme la poudre, comme l'innocence, celle du policier, blanc justement, qui a tué un policier noir en civil… Aurait-il réagi de la même manière s'il avait eu affaire à un blanc ? L'enquêteur se pose la question tout au long du livre, et l'auteur des faits aussi… le thème du racisme, même non assumé, même profondément enfoui, est omniprésent dans ce livre. Un très bon roman (noir), vraiment !
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