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ISBN : 2213637776
Éditeur : Fayard (2008)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Antoine, dit Loulou, artisan serrurier, spécialiste des clefs et mécanismes anciens, s'est rangé des voitures de Vitry entre lesquelles il a coulé une jeunesse difficile en devenant restaurateur pour les musées. Rangé, vraiment ? Presque. Pour se payer le tour de façonnage ultramoderne dont il rêve et dont, maintenant, il a urgemment besoin, Loulou accepte une petite " mission ". Seulement, on ne lui paye pas le montant promis. En plus, comme il la ramène, on lui dé... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
bibliomanu
bibliomanu11 décembre 2008
  • Livres 4.00/5
Et voilà, pour peu que vous leur lâchiez la bride, les héros de polars se sentent pousser des ailes. Et vas-y que je vais me battre contre moulins et autres machines à broyer du commun des mortels, et que je n'hésite pas à me mettre dans des situations pour le moins inextricables.
Tenez, Antoine, par exemple, Loulou pour les intimes, le dernier personnage en date de Jean-Bernard Pouy – à moins qu'un autre ne voit le jour ces temps-ci, on ne sait jamais avec le monsieur : j'ai ouï dire qu'il allait s'adonner à l'écriture en feuilletons, à l'ancienne... - donc Loulou, pour revenir à lui, je n'aurais vraiment pas donné cher de sa peau, et d'ailleurs, dès le début, il était pas loin de rester sur le carreau, alors que rien ne laissait présager un tel scénario. Loulou, ça fait un bail qu'il s'était rangé, qu'il ne trempait plus dans la magouille. Son métier de serrurier, il l'exécutait en toute légalité. Mais là, l'occase était trop belle. Un petit contrat qui lui permettrait de se doter d'une nouvelle machine bien huilée. de l'investissement sur le long terme. Une serrure à déjouer dans un manoir et pas moins de 10 000 euros dans la poche au bout du compte. Mais voilà, c'était trop facile justement et les russes qui l'avaient embauché reviennent sur leur contrat et laissent Loulou à moitié mort sur le quai d'une gare.
C'est alors que commencent les vrais déboires pour Loulou. Car au lieu de se terrer et de se contenter de sa survie, celui-ci, un brin naïf, chanceux et quelque peu vieillissant va jouer de sa détermination – réjouissante détermination ! - et de sa chance – ça peut toujours servir quand les balles sifflent - pour récupérer son dû.
Y'a pas à dire, Jean-Bernard Pouy n'a pas son pareil pour capter l'attention de son lecteur. Il a la gouaille, le mordant, le mors aux dents, et cette déconcertante facilité, toujours, à jouer avec les mots, à les enrober pour le meilleur et pour le pire. Et derrière tout ça, avec tout ça, aussi, on sent le plaisir que prend le monsieur à l'écriture, le soin tout particulier qu'il prend à façonner son personnage principal, à le mettre en situation, à raconter son histoire.
De même, dans ce roman noir miroir, ce qui m'a le plus charmé, quelque part, c'est cette description d'un quotidien, l'attachement évident aux gens ordinaires, au sens mélioratif du terme, à une frange de la population qui se retrouve au bord des comptoirs, dans les bistrots ou les manifs pour échanger, vivre, vibrer à l'unisson, et cette volonté, presque sensible, de toujours coller à son époque, quoi qu'il advienne, quels que soient ses défauts, ses pauvres mordus du fric adeptes de l'empapaoutage à tous les étages.
Du Pouy en grande forme, comme on l'aime.
Lien : http://bibliomanu.blogspot.com
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Seraphita
Seraphita29 juillet 2015
  • Livres 4.00/5
Comment changer radicalement le cours de sa vie en peu de temps ? Il suffit de demander conseil à Antoine, dit Loulou, escroc planqué, serrurier restaurateur pour les musées. On lui faisait miroiter un casse facile à la rémunération plutôt coquette. Alors, Antoine a dit oui, a gentiment aidé ces messieurs peu amènes et, en remerciement des services rendus, s'est retrouvé quasi-suicidé sur un quai de gare, sans un sou en poche. Mais Loulou a la peau dure, la rancoeur tenace et une persévérance d'enfer. Il s'est donné une mission : récupérer son dû, quelles que soient les embûches et les armoires à glace russes devant lui… Oui, la vie d'Antoine va décidément prendre un sacré virage…
« La récup' » est un excellent roman noir du truculent Jean-Bernard Pouy qui témoigne de son imagination féconde et d'une faconde sans pareil. L'écriture est savoureuse d'un bout à l'autre, malgré (ou à cause de) sa tendance à la caricature facile, l'égratignage en règle, pêle-mêle, des protagonistes, des trous paumés en Bretagne (pléonasme ?), du milieu politique français, du temps qu'il fait et qui passe, et j'en passe… On s'attache à Loulou, sympathique et bien naïf escroc, à ses espoirs, ses désillusions, pérégrinations et errances, déboires et rencontres surprenantes… On rit jaune au milieu du noir des doutes et déceptions, et puis… on se prend à espérer d'une fin pas trop cabossée / cabossante… Alors, alors, Loulou, ta vie prendra-t-elle ce virage tant désiré ? A voir…
Un bon petit roman noir à lire sans tarder !
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cathe
cathe17 août 2015
  • Livres 3.00/5
Antoine, serrurier "rangé des voitures" depuis quelque temps, accepte une dernière fois de fracturer une serrure pour s'acheter le tour de façonnage qui lui permettra de travailler honnêtement. Mais si l'opération se passe bien, en revanche non seulement ses commanditaires ne le paient pas, mais en plus ils le laissent pour mort sur le quai d'une gare ! Passé la première déprime, il fait tout ce qu'il peut pour les retrouver, mais ce qu'il découvre est beaucoup trop gros pour lui. A partir du château cambriolé, il remonte la piste de la Mafia russe et des collusions avec le pouvoir politique. Réussira-t-il seul à se faire payer ou au moins à sauver sa peau ?
Comme d'habitude Pouy est un excellent raconteur d'histoires et il nous embarque dans ce récit avec tout l'humour dont il sait faire preuve. L'intrigue égratigne au passage la politique et l'économie, en ce moment ça ne peut pas faire de mal ! Et avec ce héros sympathique, on ne peut pas lâcher le livre avant la fin et comme on a le sourire au lèvres presque tout le temps (j'adore l'humour de Pouy...), on passe un bon moment !
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encoredunoir
encoredunoir19 septembre 2011
  • Livres 4.00/5
« le film est passé sur moi comme la Vierge sur Bernadette Soubirous ». le film, c'est Point Blank, de John Boorman, avec Lee Marvin. le « moi », c'est Antoine, aussi appelé Loulou, malfrat rangé des voitures, serrurier de son état. Mais la nécessité de s'acheter un nouveau tour de façonnage qui coûte les yeux de la tête le pousse à rempiler pour un dernier coup. Des Russes lui proposent dix mille euros pour ses services. Un coup simple et sans grand risque dans un manoir désert. Sauf qu'au lieu de le payer, ses commanditaires l'abandonnent pour mort sur un quai de gare après lui avoir injecté un cocktail détonnant d'héroïne, de cocaïne et de Canard WC (sans doute pour la couleur).
Et donc, comme Lee Marvin dans Point Blank, comme Parker dans Comme une fleur, Loulou va mettre un point d'honneur à se faire payer ses dix milles euros. Sauf qu'il ne sait pas dans quoi il met les pieds et qu'il a quand même encore un peu de boulot devant lui avant de devenir Lee Marvin.
Pas de surprise ici : Jean-Bernard Pouy fait du Jean-Bernard Pouy, et c'est tant mieux, parce que c'est du très bon Jean-Bernard Pouy. Une narration à la première personne par un personnage principal au caractère aussi fantasque que bien trempé, une affaire d'État de derrière les fagots, une langue fleurie et imagée, tout est là.
Et le plaisir du lecteur est là lui aussi, qui suit avec passion les tribulations de ce serrurier monomaniaque tout au long d'une histoire plus sérieuse qu'elle en a l'air. Un roman qui mérite qu'on s'y arrête.
Allez, pour terminer :
« Ça m'a énervé.
le reste du monde avait oublié un truc, un petit détail.
J'étais Lee Marvin.
Buté, rageur, idiot, monomaniaque. Et suicidaire.
J'étais Lee Marvin et ça allait chier ».
Tout un programme.

Lien : http://encoredunoir.over-blo..
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fabricepichon
fabricepichon26 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Lorsqu'on s'attaque à un "monument" de la littérature noire, on se pose beaucoup de questions. C'était mon état d'eprit avant que de me lancer dans le bouquin de Jean Bernard POUY. C'est vrai, tout le monde parle de l'homme, de son humour, de sa plume, comme on parle d'un type extraordinaire..D'abord j'ai rencontré l'homme au cours d'un salon à Besançon, découvert sa gentillesse et son humour...mais cela ne fait pas le talent. Alors je me suis lancé dans " La récup". C'est con mais tout ce qu'on dit sur lui est vrai.....Cette écriture et ce style, ce héros qui prend LEE MARVIN comme modèle pour affronter sa peur et avancer....J'ai adoré et je n'ai qu'un seul regret...Ne pas l'avoir lu plus tôt.
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SeraphitaSeraphita29 juillet 2015
Il s’en était passé des choses, à Chamarande, le jour où on avait failli me faire passer de vie à trépas. Notamment un article, chef-d’œuvre littéraire méconnu, tendance gâtinaise, qui m’a bien fait rigoler : une certaine Germaine Banneau s’était évanouie pendant la messe, on avait dû l’emmener d’urgence à l’hôpital de Dourdan. Elle était tombée de son prie-dieu avec, dans les mains, un gros morceau de viande saignante, un gîte « à la noix », précisait-on dans la dépêche, sans autres détails ni précisions. Cela n’avait pas trop étonné les fidèles, Germaine étant connue pour ses talents culinaires et son habitude de faire les courses au marché communal avant d’aller à l’église. La gendarmerie locale avait cependant ouvert une enquête, car, une demi-heure après cet événement, la petite maison de Germaine avait été détruite par un incendie. Signe du destin ? Hasard ? Cambrioleurs indélicats et cyniques ? Fer à repasser resté allumé ? Ou encore court-circuit dans une installation datant de l’invention de l’électricité ? Les pompiers avaient vite trouvé l’origine du sinistre : une cocotte-minute qui, en explosant, avait mis le feu par contamination aux rideaux et aux papiers peints.
Là, les esprits déductifs des gendarmes avaient fait merveille. Le capitaine Brechet avait eu l’illumination que, justement, Germaine recherchait depuis longtemps dans la petite église à chaque messe, à ces offices que pour rien au monde elle n’aurait manqués. Il avait supposé que la pauvre dame, un peu tourneboulée, avait confondu ses ingrédients principaux et plongé son gros missel relié cuir rouge dans la cocotte-minute, emportant donc le morceau de gîte à la messe. Au moment d’ouvrir son missel pour suivre les paroles de « In nomine Salvatoris Dei », elle avait peut-être vu, dans ses paumes, le cœur saignant de Notre Seigneur, ou bien, plus prosaïquement, elle s’était rendu compte de son erreur et avait supposé les dégâts que ça pouvait occasionner dans sa petite maison. Sous l’émotion, elle avait eu une attaque. (p. 60-62.)
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Rodin_MarcelRodin_Marcel18 mars 2015
"Le café Le Dœuff.
Comment décrire un rade typique de Bretagne comme si c'était Xanadu, Camelot ou le Taj Mahal ? Ardu.
L'aménagement interne de ce genre d'établissement change trop souvent - même si un bistrot léonard diffère sensiblement d'un tripot de Cornouailles ou du Trégor. Un de ces cafés bretons qui ont l'air de dormir depuis l'arrivée de César dans la péninsule. Parce que si l'intérieur évolue, à l'automne, malheureusement, l'extérieur reste le même : c'est la cata. Tempête près des côtes, vent hurlant, embruns gifleurs, pluie aglagla, gouttières transformées en pleureuses, mer démontée, sol glissant. Dix kilomètres plus loin, ça varie déjà : vent beuglant, arbres qui tombent, pluie surgelée, grandes eaux de Versailles et sol boueux. Près de la mer ou dans les collines de l'arrière-pays, une chose est sûre : c'est vert. Sur l'Armor, des bulots ; dans l'Argoat, des limaces.
La nuit va bientôt tomber, on approche allègrement les 18 heures, je marine au café le Dœuff, à Ploufissien, à dix bornes de Roscoff et vingt-cinq mètres d'un océan en furie, dans une petite baie entourée de récifs aussi noirs que l'Ankou, anse tellement pittoresque que même les anciens nau-frageurs l'auraient trouvée difficilement rentable. De l'antique petite conserverie - aujourd'hui on ne bouffe plus de sardines à l'huile -, il ne reste que des hangars humides, et la spécialité locale, le maquereau au cidre, ne trouve plus preneur. Le petit bureau de Poste vient de fermer. Ne résistent qu'une boulangerie, un tabac-point de vente de Ouest-France, une pharmacie et quelques débits de boisson immémoriaux. Pour la denrée nourricière, faut une bagnole et voguer vers le premier Leclerc à l'horizon.
Dans le petit port, quelques radins de la ville ont ancré leurs twingos aquatiques - c'est nettement moins cher qu'à Bénodet. L'été, on les voit revenir en casquette et en cabique, ils prennent l'apéro sur leurs yachts ringards mais ne se risquent jamais en pleine mer, on ne sait jamais, la météo est si changeante.
Et il y a aussi quelques bateaux de pêche, signe que l'été on peut encore, sur le quai, à heures fixes, avoir du poisson frais. Ici, les spécialités, ce sont les pétoncles. Et quelquefois le bar.
À propos de bar, dans le nôtre, si l'on regarde bien tout autour du comptoir ciré au coude et dans la petite salle enfumée, il y a la population typique de ces abris humanistes qui ont remplacé depuis longtemps, pour la prière et la confession, les églises et les chapelles, pourtant nombreuses en ce beau pays."
(pages 32-33, début du troisième chapitre)
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encoredunoirencoredunoir19 septembre 2011
Ça m’a énervé.
Le reste du monde avait oublié un truc, un petit détail.
J’étais Lee Marvin.
Buté, rageur, idiot, monomaniaque. Et suicidaire.
J’étais Lee Marvin et ça allait chier
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MissAlfieMissAlfie14 octobre 2010
Ceux qui n'aiment pas la pluie ne méritent pas de prononcer des verbes comme arroser, mouiller, liquider. Même les Russes savent ça. Jusqu'à preuve du contraire, la pluie n'entre pas sous la peau. Tout se sèche, à force. Avec un bon feu et une grande serviette.
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MissAlfieMissAlfie14 octobre 2010
Si les Russes passaient par chez lui, ils n'auraient plus, en revenant de Suisse, qu'à faire un détour par la capitale de la moutarde. Celle qui devait leur monter au nez.
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