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Pierre-Louis Rey (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070380513
Éditeur : Gallimard (1988)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 578 notes)
Résumé :
L'expression "roman fleuve" devrait, sans connotation péjorative, désigner une œuvre qui prend le temps de charrier mille petites particules d'impression pour les infuser dans l'esprit d'un lecteur captivé. En somme, elle devrait avoir été créée pour désigner "La Recherche" proustienne, qui s'ouvre "Du côté de chez Swann" et s'achève une fois "Le Temps retrouvé".

Dans le premier tome de ce superbe travail sur la mémoire et la métaphore, œuvre à part ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Charybde2
Charybde204 septembre 2013
  • Livres 5.00/5
Le deuxième tome de la Recherche, qui amena le succès à Proust, et révèle l'ampleur du projet.
Publié en 1919, et accepté cette fois par Gallimard (à la différence de "Du côté de chez Swann", renvoyé six ans plus tôt au compte d'auteur), couronné la même année du prix Goncourt, le deuxième tome de "À la recherche du temps perdu" est à la fois celui de la consécration pour l'auteur, et celui qui donne à voir au lecteur, le premier, l'ampleur que va prendre l'ensemble de l'édifice, ampleur qui n'était jusque là que suggérée.
Le deuxième tome me semble aussi confirmer, ne serait-ce que par son complexe jeu d'indices et de références, qu'il est largement préférable (si ce n'est essentiel) de lire "La recherche" comme un unique gros roman, plutôt que comme un feuilleton égrené au fil des années et des lectures (trop) échelonnées.
Dans une mécanique complexe de spirales et de faux-semblants narratifs extrêmement maîtrisée, une partie des "bombes à retardement" posées par l'auteur dans le premier tome sont maintenant dévoilées, tandis que de nouvelles, nombreuses, sont enfouies à leur tour, pour servir plus tard.
Tandis que le narrateur, dans les dernières pages du premier tome, connaissait les premiers émois amoureux d'une amitié enfantine qu'il souhaite transformer en tout autre chose, avec Gilberte Swann, c'est maintenant de la conquête de sa mère, Odette, qu'il s'agit, pour des raisons peu claires initialement, dans lesquelles entrent à la fois du dépit, du refus anticipé de la souffrance, une rare forme de sado-masochisme qui ne dirait pas encore son nom, tout en résonnant, déjà, fortement, avec certains symptômes d'obsession et de jalousie semés dans "Un amour de Swann", confirmant le caractère matriciel de cette échappée au sein du premier tome, qui ira s'affirmant au fil des volumes.
Saisissant ce qui pourrait n'être qu'un prétexte (mais on apprendra au fil des volumes, à nouveau, que ce n'est pratiquement jamais le cas dans la "Recherche"), l'analyse de l'évolution de Swann après son mariage, à la fois telle qu'il semble la vivre et telle qu'elle est perçue de l'extérieur, (en particulier par le père du narrateur et par les Verdurin) permet à l'auteur une incursion en profondeur, cette fois, dans la mécanique des barrières sociales évoquée tout au long du premier tome, mais cette fois abordée presque frontalement.
Grâce à la longue description de la genèse et de la vie du salon de Mme Swann, la deuxième tranche, patiente, du mûrissement littéraire du jeune Marcel, autour de l'analyse de ce qui « fit » l'écrivain Bergotte, en son temps, nous est dévoilée : de l'art du détournement de l'objet apparent d'une narration pour servir un but ultérieur bien différent…
Au bout de ces 160 premières pages, l'une des ellipses en forme de coup de théâtre, par lesquelles l'auteur aime clore ou débuter une nouvelle partie, et nous masquer ainsi la structure de son patient échafaudage, et auxquelles nous allons nous habituer au fil des volumes, survient, semblant tourner la "page" Gilberte / Odette, et nous renvoyer maintenant l'écho comparatif de la dernière partie du premier tome : si "Du côté de chez Swann" s'achevait par les images associées a priori au nom de Balbec, il s'agit maintenant d'y aller voir : « J'étais arrivé à une presque complète indifférence à l'égard de Gilberte, quand deux ans plus tard je partis avec ma grand-mère pour Balbec. ».
Avec au passage, l'une des plus jolies auto-justifications de la procrastination que j'aie pu lire : « Si j'avais été moins décidé à me mettre définitivement au travail j'aurais peut-être fait un effort pour commencer tout de suite. Mais puisque ma résolution était formelle, et qu'avant vingt-quatre heures, dans les cadres vides de la journée du lendemain où tout se plaçait si bien parce que je n'y étais pas encore, mes bonnes dispositions se réaliseraient aisément, il valait mieux ne pas choisir un soir où j ‘étais mal disposé pour un début auquel les jours suivants, hélas ! ne devaient pas se montrer plus propices. Mais j'étais raisonnable. de la part de qui avait attendu des années il eût été puéril de ne pas supporter un retard de trois jours. »
Séjour déterminant s'il en est, en soi et pour la suite des événements, ce premier contact avec Balbec (et ses 234 pages) permet d'introduire ou de réintroduire plusieurs personnages essentiels de la Recherche, parfois déjà évoqués, mais dont on commence à deviner l'importance (tout en gardant une certaine méfiance vis-à-vis du narrateur, qui à ce stade nous a déjà plusieurs fois démontré son manque de fiabilité, et de l'auteur, dont le machiavélisme devient toujours plus enchanteur au fil des pages) : la marquise de Villeparisis, Saint-Loup, mais aussi Charlus, avec une deuxième apparition marquante, moins fugitive et (peut-être) moins mal interprétée (par le petit Marcel "du texte") que celle de Combray dans le jardin des Swann.
Mais les deux entrées les plus fortes sont ici, me semble-t-il, celle d'Elstir, avec laquelle l'auteur exécute l'un de ses plus beaux tours de passe-passe ("changement de lieu, changement de personne" entre le salon des Verdurin du premier tome et la résidence à Balbec du deuxième tome) - avant de l'utiliser pour fomenter l'une des parties les plus analytiques de toute la Recherche, déjà, en étudiant avec lui dans quelle mesure l'art peut, sans cesse, transmuter le quotidien - et celle d'Albertine, bien entendu, au milieu du "groupe des fillettes", qui ne sont pas encore tout à fait ces fameuses "jeunes filles en fleur", offrant à l'auteur l'occasion de l'un des plus extrêmes "flash-forwards" au sein des 7 tomes : « Mon hésitation entre les diverses jeunes filles de la petite bande, lesquelles gardaient toutes un peu du charme collectif qui m'avait d'abord troublé, s'ajouta-t-elle aussi à ces causes pour me laisser plus tard, même au temps de mon plus grand – de mon second – amour pour Albertine, une sorte de liberté intermittente, et bien brève, de ne l'aimer pas ? Pour avoir erré entre toutes ses amies avant de se porter définitivement sur elle, mon amour garda parfois entre lui et l'image d'Albertine un certain « jeu » qui lui permettait comme un éclairage mal adapté de se poser sur d'autres avant de revenir s'appliquer à elle ; le rapport entre le mal que je ressentais au coeur et le souvenir d'Albertine ne me semblait pas nécessaire, j'aurais peut-être pu le coordonner avec l'image d'une autre personne. »
La puissance du réseau tissé par Proust entre ces dizaines de personnages sur lesquels varie la lumière, l'intensité scrutative ou même le "moment" auquel le narrateur, changeant lui-même d'âge et d'expérience, les décrit, commence à pleinement apparaître à partir de ce deuxième tome, qui encourage plus que jamais à, frénétiquement, poursuivre l'aventure, d'autant plus que les thèmes apparemment encore relativement disjoints du premier tome commencent, doucement, à se rassembler pour fusionner plus tard : mémoire, expérience sensorielle, sentiment amoureux, jouissance esthétique apparaissent de plus en plus comme les composantes réelles d'un art encore en gestation, mais qui se dévoile peu à peu...
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ahasverus
ahasverus10 avril 2016
  • Livres 5.00/5
Le deuxième volet de "La Recherche..." emporte en 1919 le prix Goncourt par six voix contre quatre face aux méritoires Croix de Bois de Roland Dorgelès. Il vaut bien une petite mention, Môssieur Roland Dorgelès : son roman est l'un des classiques de la grande guerre, avec A l'Ouest Rien de Nouveau, de Remarque, et Ceux de 14, de Genevoix. On ne soulignera jamais assez à quel point il faudrait consacrer à la guerre des livres humanistes plutôt que des spots de propagande. Mais avec les meilleures intentions du monde, comment passer devant Marcel Proust, qui s'inscrit, avec L.-F. Céline comme l'un des génies littéraires du XXème siècle français ?
A l'Ombre des Jeunes Filles en Fleurs retrouve nos personnages sur le chemin que nous nous suivions du côté de chez Swann. Odette de Crécy tient un salon très prisé des hommes , Charles Swann est devenu un excellent mari, Cottard un professeur renommé. le narrateur, adolescent, s'ouvre à l'amour avec Gilberte.
Le roman est construit en deux parties : "Autour de Madame Swann", et "Nom de Pays : le Pays".
La première partie se déroule autour de la séduisante Odette. le narrateur se rapproche puis s'éloigne de sa fille, Gilberte.
Dans la seconde partie le narrateur, sa grand-mère et Françoise partent quelques mois séjourner au grand-hôtel de Balbec (Cabourg). Il fait la rencontre de plusieurs personnes déterminantes pour la suite de l'oeuvre, Saint-Loup, Charlus, ou Albertine Simonet. Attiré par toutes les jeunes filles qu'il croise, il ne sait sur laquelle fixer son amour.
L'amour, la jalousie, les rapports entre la réalité et l'imaginaire, la mémoire ou le souvenir, se développent autour d'une épatante galerie de personnages. Même ceux de second plan sont un bonheur. Ainsi le directeur du grand hôtel, très snob, ou le roi et la reine d'un îlot d'Océanie, ou encore la princesse de Luxembourg dont les "regards s'imprégnèrent d'une telle bonté que je vis approcher le moment où elle nous flatterait de la main comme deux bêtes sympathiques qui eussent passé la tête vers elle, à travers un grillage, au jardin d'Acclimatation."
Ceux qui avaient décroché au cours du premier tome se verraient confirmés dans leur choix : les phrases de Proust sont toujours aussi sinueuses, son style toujours aussi précieux (on assure que son élocution était conforme à ses écrits Cf le documentaire Marcel Proust du 11 janvier 1962) ; les autres retrouveront dans ce volume tout ce qu'ils ont aimé dans le précédent, cette précision, cette subtilité, cette orfèvrerie, cette épaisseur des personnages, cette diversité dans le thème.
A l'Ombre des Jeunes Filles en Fleurs ne se lit pas comme un nouveau Steinbeck, un nouveau Kundera, un nouveau Despentes, un nouveau Romain Gary, un autre Victor Hugo. Ce n'est pas un livre de plus. C'est une promenade au Louvre, une déambulation dans ce tout monumental et cohérent qu'est la Recherche du Temps Perdu. Vous pouvez y revenir n'importe quand , vous dénicherez toujours quelque merveille . Il faut avoir l'envie de lui consacrer du temps. C'est là toute sa difficulté, et toute sa force.
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chartel
chartel05 juin 2011
  • Livres 5.00/5
Je suis surpris que les lecteurs de babelio.com veuillent à tout prix identifier le narrateur d'"À la recherche du temps perdu" avec son auteur Marcel Proust. En aucun cas il ne s'agit d'une autobiographie ! Il y a bien évidemment Proust dans le narrateur, comme il y a dans chaque personnage des grandes fictions littéraires une part de leur auteur. Il s'agit donc bien ici d'une FICTION et le narrateur ne s'appelle surtout pas Marcel…
Autre remarque se rapportant encore aux critiques précédentes d'"À l'ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième tome de "La Recherche" : ils le présentent comme plus abordable que le premier, idéal pour entrer dans l'oeuvre de Proust, alors qu'elle ne peut être vraiment comprise et appréciée à sa juste valeur que si elle est lue dans son intégralité et selon l'ordre conçu et pensé par son auteur ! Quel lecteur percevrait les transformations des différents personnages apparues entre les deux tomes, qu'il s'agisse du narrateur, de Madame Swann ou encore de sa fille Gilberte ? C'est justement l'une des grandes richesses de "La Recherche" qui est de donner matière au temps à travers l'évolution des personnages et les changements de point de vue. Il est donc fortement déconseillé de lire ce tome sans préalablement avoir lu le premier !
Pour en venir enfin à mon expérience de lecteur d'"À l'ombre des jeunes filles en fleurs" (rien que le titre c'est magnifique!), j'y ai trouvé quelques passages un peu lassants, notamment ceux consacrés aux circonvolutions du narrateur dans ses amours contrariés avec Gilberte, puis ses longues descriptions de l'autre objet (inconscient ?) des passions amoureuses du jeune adolescent, celles de Madame Swann.
Mais l'ensemble reste impressionnant, même si parfois Proust se mélange (et nous mélange !) les pinceaux dans la construction de ses phrases, on ne peut rester qu'admiratif, pantois et émerveillé devant tant de beauté et de génie. Vivement le prochain tome…
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Maxch
Maxch04 juillet 2016
  • Livres 5.00/5
Grâce à sa faculté d'observation hors normes, Proust arrive toujours aussi bien à reconstruire le réel, chaque situation, chaque scène est décrite avec un soin minutieux à tel point que par moment on a l'impression qu'il parle à travers nos yeux et que c'est nous, lecteurs, le personnage principale de toute cette histoire.
Marcel Proust décrit tout aussi bien le sentiment amoureux; que ça soit le moment où il commence à apparaître, lors de la première rencontre ou du premier rendez-vous, jusqu'au moment où il s'effrite ou que la jalousie s'installe entre les deux êtres.
Dans ce livre il décortique avec une grande sensibilité les questionnements amoureux et les moments de doutes qu'on peut tous rencontrer dans nos histoires personnelles.Et à chaque fois, les sentiments qu'il évoque sont justes.
C'est dans ces longs moments où le narrateur se questionne sur l'amour et les sentiments qu'il éprouve,qu'on découvre peut-être les passages les plus beaux du livre. A eux seuls ils peuvent être une aide précieuse pour les lecteurs souffrant d'un chagrin d'amour ou d'une passion trop excessive.
"A l'ombre des jeunes filles en fleurs" est une très belle lecture qui comme le premier tome s'arrête trop vite…
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vincentf
vincentf14 juin 2011
  • Livres 5.00/5
Le narrateur découvre l'amour et les fleurs, les jeux de Gilberte aux Champs-Elysées, la petite bande floue de Balbec qui enfante Albertine. Qu'écrire de plus? Chaque page est un trésor, un bouquet garni. Chaque phrase sonne juste. La naissance du sentiment, les faces changeantes des êtres dans la mémoire et dans le réel, le temps qui passe sans qu'on ne s'en rende compte, tout est décrit avec une finesse, une délicatesse, une grâce si parfaite qu'on est ébahi à chaque seconde. Les jalons sont posés pour la suite. Charlus esquisse son secret. Elstir donne les premières touches au tableau. La galerie de personnages naît. Il faut se plonger du côté de Guermantes.
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Citations & extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
ElGatoMaloElGatoMalo26 décembre 2013
Bien qu'on dise avec raison qu'il n'y a pas de progrès, pas de découvertes en art, mais seulement dans les sciences, et que chaque artiste recommençant pour son compte, un effort individuel ne peut y être aidé ni entravé par les efforts de tout autre, il faut pourtant reconnaître, que dans la mesure où l'art met en lumière certaines lois, une fois qu'une industrie les a vulgarisées l'art antérieur perd rétrospectivement un peu de son originalité. Depuis les débuts d'Elstir, nous avons connu ce qu'on appelle « d'admirables » photographies de paysages et de villes. Si on cherche à préciser ce que les amateurs désignent dans ce cas par cette épithète, on verra qu'elle s'applique d'ordinaire à quelque image singulière d'une chose connue, image différente de celles que nous avons l'habitude de voir, singulière et pourtant vraie et qui à cause de cela est pour nous doublement saisissante parce qu'elle nous étonne, nous fait sortir de nos habitudes, et tout à la fois nous fait rentrer en nous-même en nous rappelant une impression. Par exemple celle de ces photographies « magnifiques », illustrera une loi de la perspective, nous montrera telle cathédrale que nous avons l'habitude de voir au milieu de la ville, prise au contraire d'un point choisi d'où elle aura l'air trente fois plus haute que les maisons et faisant éperon au bord du fleuve d'où elle est en réalité distante. Or, l'effort d'Elstir de ne pas exposer les choses telles qu'il savait qu'elles étaient mais selon ces illusions optiques dont notre vision première est faite, l'avait précisément amené à mettre en lumière certaines de ces lois de perspective, plus frappante alors, car l'art était le premier à les dévoiler. Un fleuve, à cause du tournant de son cours, un golfe à cause du rapprochement apparent des falaises, avaient l'air de creuser au milieu de la plaine ou des montagnes un lac absolument fermé de toutes parts
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arnaud_marnaud_m15 octobre 2014
Le monde immense des idées n’existait pas pour elle. Mais devant la clarté de son regard, devant les lignes délicates de ce nez, de ces lèvres, devant tous ces témoignages absents de tant d’êtres cultivés chez qui ils eussent signifié la distinction suprême, le noble détachement d’un esprit d’élite, on était troublé comme devant le regard intelligent et bon d’un chien à qui on sait pourtant que sont étrangères toutes les conceptions des hommes, et on pouvait se demander s’il n’y a pas parmi ces autres humbles frères, les paysans, des êtres qui sont comme les hommes supérieurs du monde des simples d’esprit, ou plutôt qui, condamnés par une injustice destinée à vivre parmi les simples d’esprit, privés de lumière, mais pourtant plus naturellement, plus essentiellement apparentés aux natures d’élites que ne le sont las plupart des gens instruits, sont comme des membres dispersés, égarés, privés de raison, de la famille sainte, des parents, restés en enfance, des plus hautes intelligences, et auxquels - comme il apparaît dans la lueur impossible à méconnaître de leurs yeux où pourtant elle ne s’applique à rien - il n’a manqué, pour avoir du talent, que du savoir.
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nadejdanadejda29 septembre 2013
"Les chiens aboient, la caravane passe." après avoir jeté cette citation, M. de Norpois s'arrêta pour nous regarder et juger de l'effet qu'elle avait produit sur nous. Il fut grand, le proverbe nous était inconnu. Il avait remplacé cette année-là chez les hommes de haute valeur cet autre : "Qui sème le vent récolte la tempête", lequel avait besoin de repos, n'étant pas infatigable et vivace comme : "Travailler pour le roi de Prusse." Car la culture de ces gens éminents était une culture alternée, et généralement triennale.
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coquecigruecoquecigrue13 avril 2011
Nos désirs vont s’interférant, et dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé.
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mariafbbmariafbb21 octobre 2015
Un chagrin causé par une personne qu’on aime peut être amer, même
quand il est inséré au milieu de préoccupations, de joies, qui n’ont pas
cet être pour objet et desquelles notre attention ne se détourne que de
temps en temps pour revenir à lui. Mais quand un tel chagrin naît –
comme c’était le cas pour celui-ci – à un moment où le bonheur de voir
cette personne nous remplit tout entiers, la brusque dépression qui se
produit alors dans notre âme jusque-là ensoleillée, soutenue et calme, détermine en nous une tempête furieuse contre laquelle nous ne savons pas
si nous serons capables de lutter jusqu’au bout.

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