> Pierre-Louis Rey (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070380513
Éditeur : Gallimard (1988)


Note moyenne : 4.48/5 (sur 117 notes) Ajouter à mes livres
L'expression roman fleuve devrait, sans connotation péjorative, désigner une œuvre qui prend le temps de charrier mille petites particules d'impression pour les infuser dans l'esprit d'un lecteur captivé. En somme, elle devrait avoir été cr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 05 juin 2011

    chartel
    Je suis surpris que les lecteurs de babelio.com veuillent à tout prix identifier le narrateur d'"À la recherche du temps perdu" avec son auteur Marcel Proust. En aucun cas il ne s'agit d'une autobiographie ! Il y a bien évidemment Proust dans le narrateur, comme il y a dans chaque personnage des grandes Fictions littéraires une part de leur auteur. Il s'agit donc bien ici d'une FICTION et le narrateur ne s'appelle surtout pas Marcel…
    Autre remarque se rapportant encore aux critiques précédentes d'"À l'ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième tome de "La Recherche" : ils le présentent comme plus abordable que le premier, idéal pour entrer dans l'œuvre de Proust, alors qu'elle ne peut être vraiment comprise et appréciée à sa juste valeur que si elle est lue dans son intégralité et selon l'ordre conçu et pensé par son auteur ! Quel lecteur percevrait les transformations des différents personnages apparues entre les deux tomes, qu'il s'agisse du narrateur, de Madame Swann ou encore de sa fille Gilberte ? C'est justement l'une des grandes richesses de "La Recherche" qui est de donner matière au temps à travers l'évolution des personnages et les changements de point de vue. Il est donc fortement déconseillé de lire ce tome sans préalablement avoir lu le premier !
    Pour en venir enfin à mon expérience de lecteur d'"À l'ombre des jeunes filles en fleurs" (rien que le titre c'est magnifique!), j'y ai trouvé quelques passages un peu lassants, notamment ceux consacrés aux circonvolutions du narrateur dans ses amours contrariés avec Gilberte, puis ses longues descriptions de l'autre objet (inconscient ?) des passions amoureuses du jeune adolescent, celles de Madame Swann.
    Mais l'ensemble reste impressionnant, même si parfois Proust se mélange (et nous mélange !) les pinceaux dans la construction de ses phrases, on ne peut rester qu'admiratif, pantois et émerveillé devant tant de beauté et de génie. Vivement le prochain tome…
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 14 juin 2011

    vincentf
    Le narrateur découvre l'amour et les fleurs, les jeux de Gilberte aux Champs-Elysées, la petite bande floue de Balbec qui enfante Albertine. Qu'écrire de plus? Chaque page est un trésor, un bouquet garni. Chaque phrase sonne juste. La naissance du sentiment, les faces changeantes des êtres dans la mémoire et dans le réel, le temps qui passe sans qu'on ne s'en rende compte, tout est décrit avec une finesse, une délicatesse, une grâce si parfaite qu'on est ébahi à chaque seconde. Les jalons sont posés pour la suite. Charlus esquisse son secret. Elstir donne les premières touches au tableau. La galerie de personnages naît. Il faut se plonger du côté de Guermantes.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 24 mars 2009

    annie
    souvenir de lecture...
    Première partie - Autour de Mme Swann
    Dans cette première partie du roman, le narrateur parle de ses relations à Combray, entre autres celles eues avec M. de Norpois ou encore avec son idole littéraire Bergotte.
    Il va également pour la première fois au théâtre où il voit enfin l'actrice qu'il aime tant, la Berma, interprétant Phèdre de Racine.
    On y lit ses déceptions incomprises par les autres vis-à-vis de sa première vision théâtrale. Puis, il arrive à se faire introduire chez les Swann.
    Alors sont décrites ses relations avec Gilberte, Odette de Crécy et Charles Swann.
    Ce dernier le prend en amitié, est très agréable avec lui, tout comme sa femme qui lui demandera de venir la voir personnellement même s'il n'a plus envie de rencontrer Gilberte, qu'il aime toujours, mais dont le sentiment à son égard -tout comme leur relation- va se désagréger peu à peu jusqu'au jour où il partira pour le pays qui l'attire tant : Balbec.

    Seconde partie - Noms de pays : le pays
    Arrivé dans la contrée dont il a tant voulu voir les cathédrales, le narrateur s'installe avec sa grand-mère et Françoise dans un hôtel pour un certain temps.
    Au début, sa vie est très solitaire, ne connaissant personne, il ne parle quasiment à personne hormis sa grand-mère, bien qu'il en ait très envie.
    Mais, de relations en relations, fréquentant Robert de Saint-Loup et le peintre Elstir entre autres (qui est l'artiste ami des Verdurin dont il est question dans Un amour de Swann : M. Biche), il finit par réussir à se lier d'amitié avec les jeunes filles qu'il observait depuis longtemps : Albertine, Andrée, Rosemonde...
    Il tombe amoureux d'Albertine qu'il essaie de rendre jalouse en se rapprochant d'Andrée, mais tous ses efforts seront réduits à néant lors d'une tentative de changement de relation vers la fin de l'ouvrage.
    ***
    Balbec est une station balnéaire imaginaire, inventée par Marcel Proust, où se déroule en grande partie le roman. Ce lieu rappelle la ville de Cabourg, où l'auteur séjourna à de nombreuses reprises, entre 1907 et 1914.


    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par DanielGauthier, le 10 mars 2010

    DanielGauthier
    C'est un petit chef d'oeuvre d'images, de sensations, de réflexions, de méditations, parfaitement abordable pour ceux qui débutent dans Proust. Autre avantage, on peut visiter "Balbec" (Cabourg), le Grand Hôtel, les plages dont parle le divin Marcel...
    Autre qualité : Proust cherche à nous transmettre son amour de la vie (l'art sous toutes ses formes, la nature, la littérature, la fréquentation de nos semblables...) sans les niaiseries d'usage.
    Une dernière chose : le narrateur (Marcel himself) prend de la distance, ironise vis à vis de ses personnages - mais aussi envers lui-même, ce qui est très rare chez les écrivains, même les plus grands.
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    • Livres 5.00/5
    Par Laurane_C, le 12 septembre 2010

    Laurane_C
    La lecture du tome 2 est plus facile, je crois, que celle du premier tome. Ici, l'intrigue s'accélère. Au début du tome, le narrateur et Gilberte sont amis et Marcel (appelons-le ainsi) passe la plupart de son temps chez les Swann. Malheureusement, cette amitié (pour lui de l'amour) ne dure pas car Gilberte n'a pas les mêmes sentiments. Marcel, personnage alors torturé décide de la fuir pour guérir son chagrin. C'est ainsi qu'il part en vacances à Balbec (Cabourg, dans la vraie vie) pour plusieurs mois. Cette destination lui est d'ailleurs recommandée par son médecin car le petit Marcel a la santé fragile... Il part avec sa grand-mère adorée et là le livre subi un petit passage à vide puis l'action revient grâce à la personne du Marquis de Saint-Loup. Marcel découvre la "haute" et fait connaissance avec Monsieur de Charlus, alors identifié comme un tombeur (pourtant il découvrira que Charlus est homosexuel). Bref, la lecture est agréable, encore plus lorsqu'on rencontre le peintre Elstir et le livre connait son apogée avec l'arrivée d'ELLES: les jeunes filles en fleurs...
    Elles sont au nombre de cinq ou six, nous n'en connaissons que quatre : Albertine, Andrée, Gisèle et Rosemonde. Elles sont belles, elles sont jeunes, elles sont mystérieuses. En fait, elles sont cool.
    Je trouve que c'est vraiment la partie la plus intéressante du livre. La fin est très belle, il y a beaucoup de belles phrases.

    Lien : http://leslivresdelaurane.blogspot.com/2010/09/lombre-des-jeunes-fil..
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Citations et extraits

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  • Par vincentf, le 13 janvier 2011

    Naturellement, ce qu'il avait dans son atelier, ce n'était guère que des marines prises ici, à Balbec. Mais j'y pouvais discerner que le charme de chacune consistait en une sorte de métamorphose des choses représentées, analogue à celle qu'en poésie on nomme métaphore et que si Dieu le Père avait créé les choses en les nommant, c'est en leur ôtant leur nom, ou en leur en donnant un autre qu'Elstir les recréait. Les noms qui désignent les choses répondent toujours à une notion de l'intelligence, étrangère à nos impressions véritables, et qui nous force à éliminer d'elles tout ce qui ne se rapporte pas à cette notion.
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  • Par vincentf, le 27 février 2011

    Ce n'est qu''après avoir reconnu non sans tâtonnements les erreurs d'optique du début qu'on pourrait arriver à la connaissance exacte d'un être si cette connaissance était possible. Mais elle ne l'est pas; car tandis que se rectifie la vision que nous avons de lui, lui-même qui n'est pas un objectif inerte change pour son compte, nous pensons le rattraper, il se déplace, et, croyant le voir enfin plus clairement, ce n'est que les images anciennes que nous en avions prises que nous avons réussi à éclaircir, mais qui ne le représentent plus.
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  • Par Piling, le 07 août 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    Ma mère, quand il fut question d'avoir pour la première fois M. de Norpois à dîner, ayant exprimé le regret que le docteur Cottard fût en voyage et qu'elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann, car l'un et l'autre eussent sans doute intéressé l'ancien ambassadeur, mon père répondit qu'un convive éminent, un savant illustre, comme Cottard, ne pouvait jamais faire mal dans un dîner, mais que Swann, avec son ostentation, avec sa manière de crier sur les toits ses moindres relations, était un vulgaire esbroufeur que le marquis de Norpois eût sans doute trouvé, selon son expression, "puant". Or cette réponse de mon père demande quelques mots d'explication, certaines personnes se souvenant peut-être d'un Cottard bien médiocre et d'un Swann poussant jusqu'à la plus extrême délicatesse, en matière mondaine, la modestie et la discrétion.
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  • Par coquecigrue, le 13 avril 2011

    Nos désirs vont s’interférant, et dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé.
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  • Par vincentf, le 06 novembre 2010

    Sa voix elle-même, pareille à certaines voix de contralto en qui on n'a pas assez cultivé le médium et dont le chant semble le duo alterné d'un jeune homme et d'une femme, se posait au moment où il exprimait ces pensées si délicates, sur des notes hautes, prenait une douceur imprévue et semblait contenir des choeurs de fiancées, de soeurs, qui répandaient leur tendresse. Mais la nichée de jeunes filles que M. de Charlus, avec son horreur de tout efféminement, aurait été si navré, d'avoir l'air d'abriter ainsi dans sa voix, ne s'y bornait pas à l'interprétation, à la modulation, des morceaux de sentiment. Souvent, tandis que causait M. de Charlus, on entendait leur rire aigu et frais de pensionnaires ou de coquettes ajuster leur prochain avec des malices de bonnes langues et de fines mouches.
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