C'est d'abord l'histoire de cette jeune fille qui m'a intriguée. Morte très jeune, elle avait quand même eu le temps d'écrire un journal pendant 2 ans, journal qui a su séduire
Joseph Kessel (tout de même!) mais aussi (plus récemment) les éditions des Syrtes. En outre, j'ai une grande fan de littérature russe dans la famille. Et surtout c'était un mini-challenge pour moi de lire un essai/document car je n'en lis jamais.
Je n'ai pas été déçue. Je suis immédiatement entrée dans ce journal. L'érudition et la finesse de Nelly m'ont scotchée. A 14 ans, elle pourrait en remontrer à bien des philosophes. Et à bien des pédagogues! Elle est toujours très claire. N'est jamais pédante. On comprend sans peine ce qu'elle veut dire, même si c'est parfois très poussé. Comme avec
Kundera, on a l'impression de gagner en QI et d'être très intelligent, ce qui, pour moi, est vraiment le signe d'une grande pédagogie.
Les thèmes abordés sont vraiment intéressants : l'opposition entre la grande Histoire et l'histoire personnel, la révolution russe, le théâtre russe. Grâce à Nelly, tout cela devient passionnant. On a envie d'en apprendre plus et de réfléchir à tout cela.
J'ai aussi adoré suivre l'évolution de Nelly. Ses idées changent. Elle découvre le monde et les gens. Elle grandit, tout simplement, et c'est magnifique! On s'attache vraiment à elle. On aurait aimé la suivre plus longtemps. C'est bouleversant de voir tous les rêves qu'elle avait et qu'elle n'a pas pu réaliser. Plusieurs fois elle parle de l'abîme de manière réellement prophétique.
Grâce à Nelly, j'ai envie de lire d'autres documents. Je me suis régalée et je n'oublierai pas de si tôt cette jeune fille.
Un grand merci aux éditions des Syrtes et bien sûr à Babelio!