> Susanne Juul (Traducteur)
> Bernard Saint-Bonnet (Traducteur)

ISBN : 284720153X
Éditeur : Gaïa (2009)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Comment des chasseurs du nord-est du Groenland, sains de corps et d'esprit, rompus à l'art de transformer l'ours blanc en carpette de lit et d'ingurgiter entre potes un infâme distillat maison, pourraient se réacclimater à la moiteur quasi tropicale du Danemark ? Commen... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 02 octobre 2010

    Seraphita
    Une circulaire ministérielle intime à des chasseurs du Nord-Est du Groenland de regagner le Danemark. Chacun va faire preuve de beaucoup d'imagination pour s'accommoder au mieux aux contraintes de la réalité. C'est dans cette période de turbulence que sombre la Vesle Mari.
    Cet ouvrage se présente comme le dixième et ultime opus des Racontars arctiques traduits du danois. J'ai commencé ma lecture des racontars par celui-là. Même si chacun peut se lire séparément, j'aurais apprécié de commencer par le premier afin de mieux comprendre l'intrigue générale qui fédère l'ensemble des histoires. En effet, la présentation de la circulaire s'effectue dans un tome précédent et ce dixième tome nous conte les adieux et le départ des chasseurs. Par ailleurs, de nombreuses références à des racontars antérieurs parsèment le présent opus. Des racontars qu'on peut lire isolément, mais il reste préférable de lire les premiers d'abord afin de se faire une meilleure idée de l'ensemble.
    J'ai trouvé cet ultime opus très dépaysant (les paysages du Groenland sont superbement décrits, le lecteur voyage dans les fjords, l'inlandsis, sur les glaciers arctiques), rafraîchissant, plein d'humour, même si l'auteur sait ménager des moments dramatiques. Les cartes du début sont très éclairantes et permettent de suivre la progression des chasseurs au cœur du Groenland.
    Si une intrigue générale fédère l'opus, chaque histoire possède sa propre unité. Chacune se focalise sur un ou deux personnages, des chasseurs qui vivent ensemble ou voyagent dans le pays. Ainsi, la première histoire, qui allie avec audace moments comiques et instants dramatiques nous présente un chasseur nommé Museau qui va payer cher sa pudibonderie. J'ai beaucoup apprécié cette histoire qui enchaîne les événements et les actions de manière rythmée jusqu'au final impitoyable… Globalement les personnages présentent un caractère bien affirmé : au-delà de leur naïveté et de leur tempérament bourru, ils restent extrêmement attachants. J'ai également été captivée par l'histoire de Valfred, un chasseur prêt à se marier, même avec une femme à la réputation douteuse, afin de ne pas abandonner un certain mode de vie.
    Beaucoup de portraits attachants de chasseurs, une invitation au voyage, des ressorts comiques du plus bel effet, un enchaînement réussi de racontars dont Jorn Riel dit qu'ils sont « des histoires vraies qui pourraient passer pour des mensonges, à moins que ce ne soit l'inverse ».
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par MarcBibliotheca, le 03 février 2010

    MarcBibliotheca
    Le gouvernement danois l'a décidé : toutes les stations qu'elle entretient dans le nord-est groenlandais doivent être fermés et leurs occupants rapatriés dans leur pays natal.
    Mais pour ces quelques habitants, tous des solitaires habitués au grand froid dans cette terre aussi glaciale que déserte, cette nouvelle est synonyme de catastrophe. Leur terre natale, surchauffée et surpeuplée, ils ne la connaissent qu'à peine, oubliée depuis longtemps. Et pour des gens de cette trempe toutes les idées, mêmes les plus farfelues, sont bonnes pour trouver une échappatoire. On pense même à l'indépendance du nord-est groenlandais. Hélas les grandes idées font vite place à de bien plus petites.
    Et tous vont connaître un sort différent. Pour Museau, qui préfère se laver en pleine nature que se montrer tout nu à ses camarades, c'est le gel éternel. Doc et le télégraphiste Mortensen manquent de se perdre à tout jamais en cherchant à franchir l'Islandis à vélo à voile. Lasseville, le jeune chasseur un peu simplet, envoyé par Bjorken dans le désert blanc pour attendre une hypothétique mission française, flirte avec la folie. Et le bateau d'Olsen, la « Vesle Mari », fait irrémédiablement naufrage… sauf que le capitaine avait juste avant souscrit à une assurance avantageuse, pour mieux rebondir.
    Finalement, que l'on se rassure, tous vont réussir à se recaser, mais sûrement pas au Danemark…

    ...
    Suite : CLIQUEZ SUR LE LIEN CI-DESSOUS !!!

    Lien : http://bibliotheca.skynetblogs.be/post/7638068/le-naufrage-de-la-ves..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par urbanbike, le 16 février 2010

    urbanbike
    250 pages de pur bonheur. Parfait pour être en phase avec les températures frisquettes et les chutes de neige (…pas fini semble nous indiquer Météo France). Alors, à défaut de pouvoir vous rendre au boulot (bon, dans mon cas, pas de souci…!), allumez un bon feu…
    Puis savourez ces nouvelles du Groenland — deux cartes fournies dans cette édition pour vous repérer car cela se déplace beaucoup, et pour cause : L'administration centrale décide de rapatrier la petite communauté de chasseurs au Danemark. Bref, de fermer les bases arctiques.
    Or, couper soudainement ces personnages haut en couleurs et totalement indépendants de leur mode de vie, les réacclimater à la vie citadine, c'est pas simple. D'autant que tous ne sont pas armés intellectuellement pour revenir…! Aninsi Lassellile, le compagnon de chasse de Bjørken, fait partie de ces individus indéracinables.
    J'ai découvert Jørn Riel dans les années 2000 et tout est à lire… Sachez que les précédents livres de Riel sont disponibles en 10/18 comme le canon de Lasselille, un curé d'enfer, La vierge froide et autres racontars, La passion secrète de Fjordur, Un safari arctique et bien d'autres récits épiques…! Ce dernier livre est bien entendu à lire APRÈS tous les autres récits de Jørn Riel car vous allez retrouver tous les personnages survivants et suivre leurs nouvelles directions (et je peux vous assurer que vous allez être surpris et amusé)…

    Lien : http://www.urbanbike.com/index.php/site/comments/le-naufrage-de-la-v..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Tamara, le 06 septembre 2010

    Tamara
    Un moyen de se rafraîchir lors de chaleurs caniculaires est de lire des récits qui se déroulent au Groenland.
    Pour ceux qui les connaissent déjà pour avoir lu d'autres racontars*, vous retrouverez dans le naufrage de la Vesle Mari Bjorken, Lasselille, Museau, Doc et Mortensen, le capitaine Olsen, le Lieutenant Hansen et Valfred… Pour les autres, vous découvrirez des personnages hauts en couleur, bruts de décoffrage, buveurs et bagarreurs, parfois un peu sauvages, d'autres fois attendrissants, si l'on fouille un peu derrière les poils drus et gelés de leur barbe !
    J'avoue que j'avais moyennement accroché aux premiers racontars que j'avais découverts à travers La vierge froide, il y a quatre ans. Depuis, j'ai soit pris goût au froid, soit à l'univers particulier de Jorn Riel, danois tombé amoureux fou du Groenland, qui y a vécu plus d'une vingtaine d'années (essaimant un nombre incalculable, y compris par lui-même, de petits-enfants).
    Ces récits entremêlés, qui croisent les personnages au gré des vagues et des vents, des naufrages et des mariages, m'ont davantage plu, il faut dire que je savais à peu près à quoi m'attendre, cette fois ! Alors, prêts à vous rafraîchir les idées, vous aussi ?
    * les racontars sont pour Jorn Riel de courtes histoires, autrement dit des nouvelles nordiques !

    Lien : http://www.tamaculture.com/index.php/2010/07/14/le-naufrage-de-la-ve..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lilyetseslivres, le 19 juin 2010

    lilyetseslivres
    Quand il s'est avéré que les chasseurs du Nord Est du Groenland devaient déguerpir fissa sous l'injonction d'une circulaire officielle, - plus de chasses ni de pêches, mais une réserve hautement protégée - nos hommes un peu pris au dépourvu dans un premier temps, et très proches du désespoir pour certains, décident, chacun à leur manière, de « résister » ou de désobéir…
    D'histoires en histoires, de « racontars en racontars » comme aime à les appeler Jorn Riel lui-même, le naufrage de la Vesle Mari nous conte la destinée de certains de ces hommes qui n'ayant rien à perdre hormis la liberté, les plaines enneigées ou glacées, chiens, traineaux et bavardages autour d'un verre d'alcool, préfèrent imaginer des plans abracadabrants plutôt que de se rendre.
    La suite ci-dessous :

    Lien : http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/2010/06/le-naufrage-de-la-ves..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (9)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par urbanbike, le 16 février 2010

    Le goût était singulier, mais s'adoucit un peu quand Doc, magnanime, saupoudra les portions de cannelle.

    « J'en ai mangé des choses dans ma vie de marin, dit Mortensen, mais jamais rien qui s'approchait de ça. » Il mâcha longuement et assidûment un morceau de phoque. « Cette chose porte un nom ? »

    « Soupe au lait et à la viande, répondit Doc. De la soupe épaissie avec des feuilles d'angélique hachées, de l'oseille et un peu de levure sèche, pour la vitamine B. »

    Mortensen posa l'assiette sur le traîneau et rota discrètement. Il se laissa aller contre le montant du traîneau et porta sa pipe à la bouche, puis il plissa les yeux et regarda au loin. Doc rinça assiettes et casserole avec de la neige et rangea le nécessaire à tambouille dans une des sacoches latérales du vélo. Son regard glissa langoureusement sur les instruments de musique, solidement attachés au cadre, mais il résista à la tentation. Ce soir-là se devait d'être silencieux, dédié à la réflexion. Avec un léger soupir, il étala une peau de renne sur le sol et s'assit en tailleur près de Mortensen.

    « Quand j'étais gosse, dit Mortensen doucement, j'étais fou de bonbons. J'avais jamais ma dose de ces cochonneries, je piquais des ronds dans le porte-monnaie de mon père ou dans la commode, pour satisfaire ce besoin. J'étais évidemment le gros de la classe, mais personne ne se moquait vraiment, vu que je pouvais tabasser même les plus grands. J'étais insatiable, Doc, j'avalais tout ce que je pouvais trouver de sucré. » Il tendit la main devant lui. « Mais ça, Doc, c'est une sucrerie pour l'âme. On s'en lasse jamais, on peut y goûter encore et encore. »

    Doc regarda alors ce que Mortensen contemplait : cette longue sucrerie de neige bleu acier qui descendait le long de la montagne, les crevasses noires et leurs petits ponts de neige. En dessous, le magnifique paysage montagneux avec ses parois brunes tachetées de neige, et ses pieds enfoncés dans le fjord vert bronze, presque noir. Tout en bas, au loin, Doc apercevait le toit de la toute petite station de Cap Rumpel, et son antenne radio scalpée, qui ne semblait pas plus grande qu'une déjection de renard dressée et gelée.

    « C'est si beau, murmura-t-il, qu'on pourrait presque en faire un petit poème. »
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par MarcBibliotheca, le 03 février 2010

    Le goût était singulier, mais s'adoucit un peu quand Doc, magnanime, saupoudra les portions de cannelle.



    « J'en ai mangé des choses dans ma vie de marin, dit Mortensen, mais jamais rien qui s'approchait de ça. » Il mâcha longuement et assidûment un morceau de phoque. « Cette chose porte un nom ? »



    « Soupe au lait et à la viande, répondit Doc. De la soupe épaissie avec des feuilles d'angélique hachées, de l'oseille et un peu de levure sèche, pour la vitamine B. »

    Mortensen posa l'assiette sur le traîneau et rota discrètement. Il se laissa aller contre le montant du traîneau et porta sa pipe à la bouche, puis il plissa les yeux et regarda au loin. Doc rinça assiettes et casserole avec de la neige et rangea le nécessaire à tambouille dans une des sacoches latérales du vélo. Son regard glissa langoureusement sur les instruments de musique, solidement attachés au cadre, mais il résista à la tentation. Ce soir-là se devait d'être silencieux, dédié à la réflexion. Avec un léger soupir, il étala une peau de renne sur le sol et s'assit en tailleur près de Mortensen.



    « Quand j'étais gosse, dit Mortensen doucement, j'étais fou de bonbons. J'avais jamais ma dose de ces cochonneries, je piquais des ronds dans le porte-monnaie de mon père ou dans la commode, pour satisfaire ce besoin. J'étais évidemment le gros de la classe, mais personne ne se moquait vraiment, vu que je pouvais tabasser même les plus grands. J'étais insatiable, Doc, j'avalais tout ce que je pouvais trouver de sucré. » Il tendit la main devant lui. « Mais ça, Doc, c'est une sucrerie pour l'âme. On s'en lasse jamais, on peut y goûter encore et encore. »



    Doc regarda alors ce que Mortensen contemplait : cette longue sucrerie de neige bleu acier qui descendait le long de la montagne, les crevasses noires et leurs petits ponts de neige. En dessous, le magnifique paysage montagneux avec ses parois brunes tachetées de neige, et ses pieds enfoncés dans le fjord vert bronze, presque noir. Tout en bas, au loin, Doc apercevait le toit de la toute petite station de Cap Rumpel, et son antenne radio scalpée, qui ne semblait pas plus grande qu'une déjection de renard dressée et gelée.



    « C'est si beau, murmura-t-il, qu'on pourrait presque en faire un petit poème. »
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par MarcBibliotheca, le 03 février 2010

    A la saison que l’on appelle « juste avant l’automne », il y a des jours dans le sud du Groenland où on a l’impression que tout se fige. Comme si la nature retenait son souffle. Les fjords se font silencieux, l’eau est étale, immobile, comme une large route argentée. Les glaciers suspendent leur grondement, et la montagne se reflète dans les fjords, dédoublant ses fantastiques couleurs d’automne […]

    A ce moment-là, le simple fait de bouger serait un sacrilège. Les êtres humains dans les hameaux s’assoient sur les flancs des montagnes donnant sur la mer ou, ici, sur la colline de la boutique. Ils décapsulent tranquillement une bière et la boivent en silence. Les moutons s’allongent sur les adrets brunis et fixent la mer de leurs yeux jaunes. Les chiens se couchent au milieu d’eux, tête en l’air, les oreilles dressées. C’est comme si tout le petit monde sud-groenlandais était en attente de quelque chose, ce que les anciens appelaient qarrtsiluni « en attendant que quelque chose se brise ».
    Cette beauté, ce calme, devant forcément, tôt ou tard, éclater comme une bulle qui remonte des profondeurs aquatiques. Ce silence est différent, ce n’est pas le silence de l’œil du cyclone. C’est la vie même qui, un temps, retient son souffle pour nous donner l’occasion d’absorber toute la beauté dont notre Terre rayonne, l’accumuler de manière à nous donner la force de continuer à vivre.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par lilyetseslivres, le 19 juin 2010

    Il y a certaines choses qui vont nous manquer.(…) Cette précieuse vie quotidienne en Arctique. L’air pur, le calme. C’est comme si en jouant à 1, 2, 3, soleil, on été restés figés dans une expression de béatitude, si tu vois ce que je veux dire." Doc comprenait. « Mais le vent a tourné maintenant," dit-il.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par MarcBibliotheca, le 03 février 2010

    Le Fjord des glaces se trouve dans l’inextricable entrelacs de fjords et de baies qui se frayent un chemin depuis la mer jusque profondément à l’intérieur du pays. Les montagnes vers le nord sont hautes et sombres, les plaines vers le sud ouvertes et alanguies au soleil et à la lumière, et dans l’est les collines ont la rondeur rêvée pour que le soleil puisse s’y ébattre une heure ou deux avant de s’éteindre pour la nuit.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (17)

> voir plus

Quiz