ISBN : 2877067572
Éditeur : Editions de Fallois (2011)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
La grande helléniste Jacqueline de Romilly, disparue en décembre 2010 à l'âge de 97 ans, raconte la vie de sa mère adorée et révèle aussi beaucoup d'elle-même dans "Jeanne", livre confié en 1977 à son éditeur et ami Bernard de Fallois avec instruction de le publier apr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 22 mai 2012

    Marple
    Je pense qu'on ressent et qu'on apprécie différemment ce livre en fonction de la relation qu'on a avec sa mère... Je vis avec la mienne une relation belle et forte, faite de complicité, de confiance et de tendresse, ainsi que de pas mal de disputes et parfois de sensations d'étouffement ! Pas étonnant dans ce contexte que cette histoire d'amour entre Jacqueline de Romilly, brillante femme de lettres, et sa non moins brillante maman Jeanne me parle si fort et me touche autant.
    Intelligentes, pudiques et indéfectiblement soudées, elles cheminent côte à côte et s'aiment profondément, passionnément et sans condition. Leur amour mutuel semble être la clé de voûte de leur vie à toutes deux, et une richesse incomparable. le tragique de la situation, toutefois, c'est que cette relation exclusive leur ferme les portes d'autres amours et de plein de possibles : Jeanne renonce à sa vie propre pour suivre sa fille qui se marie et ne parviendra jamais par la suite à reconstruire cet édifice d'amitiés, de travail littéraire et de vie sociale. de même, le divorce de Jacqueline de Romilly et son retour à une vie de vieille fille avec sa maman semble inéluctable...
    Dans ces histoires d'amour maman-enfant (ici ou encore dans La promesse de l'aube), je suis toujours partagée. D'un côté, c'est une chance immense de partir dans la vie gonflé de cet amour inconditionnel (et je parle d'expérience). de l'autre, ça reste quand même un fil à la patte, on ne peut pas être complètement libre de ses choix quand une maman nous aime comme ça...
    En tout cas, vous l'aurez compris, je me reconnais beaucoup dans cette histoire,, y compris dans les qualités de Jeanne comparées à celles de ma mère, et j'ai donc beaucoup apprécié cette lecture ! Pour celles et ceux qui ont une relation plus simple et équilibrée avec leur mère, je pense qu'ils verront avant tout dans le livre une belle et puissante histoire d'amour maternel, et peut-être le rappel des choix difficiles et générateurs de culpabilité que la vie nous impose parfois. de quoi vibrer et réfléchir pour tout le monde, en fait !
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lolokili, le 16 avril 2012

    Lolokili
    Tout comme « Rien ne s’oppose à la nuit », « Jeanne » trace le portrait d'une mère à travers les yeux de sa fille. le rapprochement s'arrête là. Jacqueline de Romilly était d'une autre génération que Delphine de Vigan, son écriture délicieusement surannée en atteste. Sa pudeur également, puisqu'elle a souhaité que ce témoignage, rédigé en 1977, ne soit publié qu'après sa propre mort.
    D'expériences personnelles en événements historiques, du début du XXème siècle à la fin des années 70, Jeanne se dessine comme un personnage de roman. A la fois tendre et passionnée, fragile et déterminée, fine, intuitive, cette femme attachante et d'une grande élégance aura axé la majeure partie de son existence autour de sa fille unique avec laquelle elle entretiendra toujours une complicité d'exception. Jacqueline de Romilly rend ainsi à Jeanne cet hommage émouvant et nostalgique et nous offre, au passage, un bien doux moment de lecture.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 07 juin 2011

    brigittelascombe
    Récemment, Christine Orban, Sophie Fontanel et bien d'autres nous parlaient de leur mère, parfois absente ou étouffante, Jacqueline de Romilly, dans ce roman autobiographique délibérément paru (par pudeur) postmortem ( l'auteur venant de décéder à l'âge de 97 ans) campe, elle, un portrait élogieux de "Jeanne" , sa mère adorée, celle qui a aimé sa fille unique d'un amour inconditionnel.
    Pour décrire "Jeanne au bracelet", surnom donné par ce bracelet d'argent arboré sur une photo par celle qui, d'origine modeste, aimait se déguiser, les adjectifs ne manquent pas:rieuse,enjouée,honnête,droite,dévouée,exigeante,sentimentale,travailleuse,talentueuse,élégante,à la mode,aimante, mais aussi parfois solitaire, mélancolique, vulnérable comme effrayée par le bonheur.
    Jacqueline de Romilly, nous livre ici ses souvenirs d'enfance(parfois embellis mais toujours fidèles) mais aussi sa vie et celle de sa mère, une vie longtemps commune, fusionnelle après la mort de son père au front de la guerre de 14,une vie voulue par l'une et concédée par l'autre qui sera toujours "ma petite fille". Une complicité de chaque instant , comme lorsqu'elles regardent de leur fenêtre l'unique acacia ployer sous les fleurs,se métamorphoser au fil des saisons avec son ciel, son ciel et son soleil, un soleil où elles pénètrent ensemble.
    Après avoir connu des succés littéraires (publications chez Grasset),Jeanne Malvoisin, qui dans sa jeunesse ouvrait des yeux ravis sur les promesses du monde,vivra dans l'ombre de sa fille, brillante hélléniste qui deviendra l'académicienne connue et reconnue, poussée au maximum de ses possibilités(ne lui a t elle pas offert les 7 volumes en grec-latin de Thucydide pour réviser son grec durant les vacances) et l'accompagnera dans ses multiples déplacements ou conférence après la séparation d'avec son époux. On lui connait une seule liaison en 1930 avec un musicien charmant surnommé "le brigand" que la guerre interrompra.
    Une fille qui a poussé l'identification jusqu'à épouser un juif comme son père ( aimé par Jeanne catholique d'un amour passionné et choisi par provocation) ce qui lui vaudra durant l'occupation d'être interdite d'enseigner le grec.
    Donc un excellent livre, un regard tendre,un hommage pudique empreint toutefois de culpabilité (qu'il est donc dur d'être tout pour un être cher, c'est parfois quelque peu étouffant et passible d'ingratitude) et tout un pan d'histoire puisqu'il s'étend sur le siècle entier.
    Un livre à rapprocher de celui d'Albert Cohen (Le Livre de ma mère) où la mère n'a vécu que pour son fils et où le fils pleure sa mère disparue tout en se reprochant son ingratitude.
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    • Livres 3.00/5
    Par eowin, le 28 mai 2012

    eowin
    Jacqueline de Romilly nous conte l'histoire de la petite Jeanne ou Jeanne au bracelet d'argent, sa mère tant aimée.
    Jeune veuve, elle assume seule l'éducation de sa toute petite fille, et de belle manière. Elle parvient à se faire une place parmi les écrivains de l'entre-deux-guerres. (Je l'ignorais)
    Elle est la bonne fée qui placera sa fille sur la bonne voie à chaque fois qu'elle aura à faire un choix.
    Ce livre est aussi un témoignage sur la vie de cette époque, pour une jeune femme seule.
    Très intéressant.
    Petit bémol: trop de retenue et de convenances nous éloignent un peu des personnages.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Cath36, le 11 novembre 2011

    Cath36
    Beau portrait de femme que celui de Jeanne Malvoisin, mère de notre grande humaniste et femme de lettres Jacqueline de Romilly.
    Femme libre, femme entière, femme intelligente et généreuse, femme passionnée, de toutes ses qualités c'est son courage que je retiendrai le plus : le courage d'une jeune veuve qui se débrouille pour élever sa fille tout en essayant de vivre de ses dons pour l'écriture, et le courage d'une femme qui ne s'occupe que très peu du regard des autres tout en se consacrant entièrement à sa fille.
    Ce livre, écrit avec la rigueur de pensée et de style habituelle à Jacqueline de Romilly, m'a parfois quelque peu agacé par sa critique de la jeunesse actuelle, en opposition au paradis perdu de la sienne. Chaque époque a ses défauts et ses qualités et il n'y a jamais eu d'âge d'or. Pas même chez les grecs ou chez les romains.
    Cela dit, Jeanne fut une féministe avant l'heure, par nécessité, mais sans les excès du féminisme : elle sut rester humaine et libre, dans la joie et dans la gaieté, en dépit de circonstances pas toujours faciles.
    Ce livre est un bel hommage à sa modernité avant l'heure.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Bibliobs , le 06 août 2011
    Un livre confession bouleversant, pétri de gratitude, qui suscite l'envie de lire Jeanne Malvoisin. Un hommage touchant à celle qui se sacrifia pour lui consacrer tout son amour. Un BRILLANTISSIME hymne à la gloire d'une mère.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par Lolokili, le 01 avril 2012

    Il promettait aussi, gentiment et en vers, de n'être plus jamais "méchant".
    Pouvait-il l'être ? Certainement pas. Ses photographies montrent bien les yeux clairs et confiants de l'intellectuel de bonne foi, les lèvres charnues de l'homme heureux de vivre, et les vêtements fripés du distrait qui s'en moque. L'inattention seule pouvait lui servir de méchanceté.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par Lolokili, le 01 avril 2012

    Jeanne était agnostique et frondeuse ; mais j'ai découvert après coup qu'elle n'avait jamais cru à l'anéantissement de ceux qu'elle avait aimés. Elle croyait que nos exigences morales ont un sens ; elle croyait aussi que quelque chose subsiste après la mort, quelque chose à base d'amour.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par Lolokili, le 01 avril 2012

    Les réussites de Jeanne, par leur diversité même, suggèrent non plus les facettes d'un diamant, mais un inutile chatoiement destiné à donner le change, à occuper la vie, à remporter sur le temps et la solitude mille petites victoires, pleines d'allant et de panache, mais sans cesse à recommencer.
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Lolokili, le 01 avril 2012

    Là encore, en effet, il faut penser à la différence des époques. Il ne s'agissait pas alors de rester assis à écouter un transistor, ou même une chaîne de haute-fidélité : quand on aimait la musique, on la jouait. Et ce sérieux qui nous touche dans la jeunesse d'alors, au point de sembler en offrir une image un peu convenue et embellie, lui était, en fait, imposé par les circonstances.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 07 juin 2011

    Il n'est pas donné à tout le monde d'accepter sans inquiétude cette réalité si surprenante que constitue le bonheur.
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- Comment se fait une dramatique ? - peu de gens savent le travail et l'imagination qu'il faut dépenser pour réaliser des images apparemment très simples - la caméra a ici suivi Michel MITRANI et son équipe à Romilly pendant le tournage de "Tous ceux qui tombent" de Samuel BECKETT - l'histoire en est très simple : une dame va chercher à la gare son mari qui est aveugle - en cours de...








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