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Pierre Reboul (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070429253
Éditeur : Gallimard (2003)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Ce roman (1833) est inspiré, moins par la vie que par la personne de George Sand. L'héroïne est une femme d'action, mais dévorée du démon de l'analyse, et dont le charme opère sur bien des hommes : le poète Sténio (on songe à Musset), l'ancien aventurier converti, Trenmor, l'ermite Magnus. Lélia cherche la paix en devenant l'abbesse d'un couvent. Sténio l'y retrouve et c'est le drame. George Sand distinguait elle-même dans son livre une question psychologique, une q... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
iarsenea
iarsenea19 juin 2016
  • Livres 2.00/5
Acheté à l'époque de mon cégep, c'est-à-dire il y a une dizaine d'années, alors que je m'étais prise d'une passion pour les classiques qui s'est vite calmée quand j'ai constaté que seules quelques-unes de ces oeuvres me plaisaient, ce livre a vite été oublié dans ma bibliothèque.
Non seulement le moment n'était jamais opportun pour lire cette oeuvre, mais en plus son épaisseur, des multiples notes de bas de pages et les caractères minuscules m'intimidaient grandement. Au mois de janvier dernier, j'ai décidé qu'il était grand temps de le lire. J'étais loin de me douter que j'en ressortirais seulement cinq mois plus tard.
En effet, Lélia est une oeuvre extrêmement dense, pas du tout le genre qu'on lit pour se changer les idées le soir avant d'aller se coucher. Sa lecture demande une attention de tous les instants, ne serait-ce que pour décoder toutes ces longues phrases interminables ponctuées de figures de style pas toujours évidentes.
La lecture de ce roman demande aussi une assez bonne connaissance de la religion chrétienne, en particulier catholique, de même que de l'époque dont il est question, car les personnages baignent dans une religion qu'ils mettent en doute tout en se voyant obligés de s'y contraindre.
Finalement, il ne faut pas s'attendre à une histoire avec une intrigue en tant que telle. Il n'y a pas du tout d'action, ce qui peut être ennuyant.
À vrai dire, j'ai eu l'impression de lire une succession de litanies de personnes de la haute société qui ont beaucoup trop le temps de penser et qui en oublient de vivre. le personnage de Lélia, apparemment à l'image de Sand, m'a paru froid, hautain et terriblement pessimiste. le personnage de Sténio m'a paru encore plus pathétique dans son amour désespéré pour une femme incapable d'aimer. Par moments, j'ai pensé aux tragédies de Shakespeare, tellement les paroles des personnages manquent de naturel.
Ne vous méprenez cependant pas, je sais que ce livre est le reflet d'un passé révolu, et que pour son époque, Sand avait une pensée remarquablement divergente des autres femmes de son époque. Je comprends aussi que toutes ces phrases longues et difficiles à décoder sont le reflet d'une mode passée.
Malgré tout, je ne peux pas dire que j'ai apprécié ma lecture. Trop de religion, trop de négativisme, trop de drame, trop de plaintes. Ce n'est pas pour rien que j'y ai mis cinq mois, entrecoupant chacune des parties d'un ou deux livres plus légers. Si je m'étais écoutée, je l'aurais abandonné une bonne centaine de fois.
N'empêche que j'y ai trouvé plusieurs belles citations, que j'ai trouvées réfléchies et habiles. C'est sans doute ce qui m'a permis de résister pendant toute ma lecture.
Il est à noter que mon édition contient une réécriture de Sand faite six ans après la première parution de Lélia. Je n'ai tout simplement pas pu me résoudre à la lire. Je ne peux donc pas donner mon opinion sur cette réécriture qui est apparemment plus optimiste. Tant pis.
J'ai lu quelque part que Lélia n'est pas le bon livre pour commencer à lire Sand. J'ai malgré tout commencé avec celui-ci, et sa lecture m'a effectivement découragée pour un bon bout de temps. Mais puisque je sais que ses autres livres sont différents, je leur donnerai peut-être une seconde chance un de ces jours. Mais pas avant longtemps.
Lien : http://lecturesdisabelle.blo..
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arnaud_m
arnaud_m08 juillet 2013
  • Livres 5.00/5
Ma découverte de George Sand s'est faite avec Lelia, chemin risqué et plutôt éloigné du parcours plus traditionnel de ses contes et autres romans champêtres.
Si c'était à refaire, je recommencerai à l'identique et sans hésitation !
'Lelia' est puissant, profond, intense, cynique, noir, sublime, magique, délicat ; tout ça à la fois - un chef d'oeuvre.
J'ai connu deux chocs dans ma courte vie de lecteur qui me font dire "il y a un avant et un après telle oeuvre" : le premier avec Anna Karénine, le second avec Lelia.
Dès les premières lignes, je me suis senti en phase, en connexion avec George Sand, ou devrai-je dire Lelia. A la fois mentor, amie, amante et guide, Lelia m'a emporté à bras ouverts ; j'étais comme hypnotisé par sa sagesse, sa connaissance, ses visions et autres lucidités.
Lelia est noire. Lelia est 'fanée' par la vie et les Hommes mais qu'importe. je suis tombé éperdument amoureux.
Ce livre est sublime.
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Carosand
Carosand03 décembre 2010
  • Livres 5.00/5
C'est le livre le plus difficile que j'ai lu de George Sand mais il est très profond et révèle beaucoup de nos pensées spirituelles. C'est triste mais c'est beau. Un grand livre.
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Laury-Anne
Laury-Anne08 janvier 2015
  • Livres 1.00/5
J'aime bien, de temps en temps, lire un texte classique. Dumas, Balzac ou Sand font d'ailleurs partie de mes favoris. C'était donc avec un grand plaisir que je retrouvais la dame de Nohant pour, je l'espérais, un titre aussi séduisant que La mare au diable, La petite Fadette ou encore le magnifique Consuelo.
Pour résumer, Lélia est une très belle jeune femme autour de laquelle gravissent des hommes qu'elle rend fou : Sténio, le poète, Magnus, l'ermite, et Trenmor, un ancien bagnard. Tout ceci dans un écrin de religion exacerbée, où Dieu est omniprésent. Et c'est vraiment ce qui m'a pesé : ce carcan chrétien, cette morale philosophique à des années-lumières de mes considérations actuelles. Ces réflexions ont vraiment pollué l'histoire, et le livre m'est tombé des mains plusieurs fois.
Néanmoins, je dois reconnaître quelques touches de l'auteur qui m'ont fait me rappeler pourquoi j'aime George Sand : cet amour fou que peuvent éprouver les hommes entourant Lélia, la profondeur de leur désespoir, la beauté de leur poésie.
Lien : http://therewillbebooks.word..
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Citations & extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
iarseneaiarsenea18 juin 2016
Lorsque après avoir examiné avec enivrement la magnificence des couleurs et des formes qui concourent à la formation de l'univers, j'eus constaté ce que chaque classe d'êtres a d'incomplet, d'impuissant et de misérable ; quand j'eus reconnu que la beauté était compensée chez les uns par la faiblesse, que chez les autres la stupidité détruisait les avantages de la force, que nul n'était organisé pour la sécurité ou pour la jouissance complète, que tous n'avaient qu'une mission de malheur à accomplir sur la terre et qu'une nécessité fatale présidait à cet effroyable concours de souffrances, l'effroi me saisit ; j'éprouvai un instant le besoin de nier Dieu afin de n'être pas forcée de le haïr.
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iarseneaiarsenea18 juin 2016
Mais la pensée, je l'ai souvent éprouvé, est une puissance dangereuse à celui qui s'en sert, une arme qui blesse la main qui la soulève, un phare éclatant, mais trompeur, qui nous égare d'abîme en abîme.
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iarseneaiarsenea19 juin 2016
La pitié est un sentiment voisin du mépris et la main qui soutient un ami chancelant s'engourdit bientôt.
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iarseneaiarsenea19 juin 2016
La souffrance qu'on a subie, dit Trenmor d'un ton sévère et triste, devrait rendre compatissant et bon. C'est le fait des âmes faibles de se corrompre dans l'adversité; les âmes fortes s'y épurent.
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iarseneaiarsenea18 juin 2016
Vous riez de mes espérances. Vous prenez en pitié ma confiance ambitieuse qui veut rallumer les cendres. Mais, ma pauvre Lélia, tant que le vent n'a pas balayé les cendres, ce n'est pas folie d'y chercher quelque tison enfoui qui n'attend que l'air pour se ranimer.
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