> François Gaudry (Traducteur)

ISBN : 2864242540
Éditeur : Editions Métailié (1997)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
La vie semble faite d'une accumulation de failles imperceptibles qui transforment souvent les désirs, les amours, les amitiés, les projets politiques, tout ce qui compte dans une vie, en détours inexorables du destin.
Ces histoires racontent des situations marqué... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(5)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par le_Bison, le 05 mai 2012

    le_Bison
    Allez, Compadre ! Viens à la taverne et je te paierai un verre compadre. Mezcal ou Cognac au choix, compadre. Viens, ne me fais pas faux bond, une nouvelle fois et je te raconterai une trentaine de petites histoires, des nouvelles d'Amérique su Sud, compadre, avec des gars comme toi, des compatriotes exilés à Hambourg ou en Suède qui rêvent de revoir la mer, qui se souviennent de ces odeurs de la pampa, des bruits du train qui emmènent des prisonniers bien au-delà de la pampa.
    Allez Compadre, accepte cette invitation et je te parlerai de l'amitié et de l'amour ; de tape dans le dos, de silence et de tous ces rendez-vous manqués qui construisent des êtres solitaires et aigris. Oui compadre, souviens-toi de ce gout infect de café noir, un gout aussi infect que le baiser d'une nana qu'on n'aime plus. Compadre, j'ai un disque de Florent Pagny à la maison…
    Compadre, cher compadre, viens chez moi pour revivre le temps du passé. Je t'offrirai une bière ou un cognac. Je te ferai écouter Thelonious Monk ou John Coltrane. Ensemble on boira religieusement. Ensemble, compadre, on écoutera pieusement cette musique. Compadre, souviens-toi, tu étais mon compadre, mon ami pour l'éternité. Souviens-toi de ces rendez-vous, tous manqués ou presque, de ce bonheur qui s'est enfui. le destin est comme ça, compadre, souvent injuste, mais l'amitié, mon compadre, devrait se chérir tant quand on la décèle encore entre deux êtres.
    Compadre, je te parlerai aussi de cet amour d'enfance. Elle est là dans ma tête, toujours aussi belle. Elle nourrit toujours mes fantasmes. Elle habite cette petite maison jaune sale avec une porte verte. Il me suffirait de cogner dessus, compadre. Mais non, elle ne doit rester qu'un souvenir, compadre. C'est ça les rendez-vous manqués avec l'amour, avec le temps qui passe et trépasse. Des histoires, j'en ai des tas, compadre, qui te feront rire, qui te terrifieront ou que tu trouveras si émouvantes que t'en versera une petite larme. Allez compadre, si tu préfères, je peux aussi te chanter Isabel d'Aznavour… ou me taire, compadre…
    [...]

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=2776
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 05 juillet 2011

    brigittelascombe
    Tel un Jules Verne, conquérant de l'invisible, Luis Sepulveda, auteur chilien aux best sellers traduits dans le monde entier(dont "Le Vieux qui lisait des romans d'amour", prix du roman d'évasion,prix France culture étranger ou "Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler" prix Sorcière) a écrit sur les murs de sa maison la célèbre phrase du capitaine Némo: "Peu m'importent les nouveaux continents, seuls m'importent les hommes".
    Et c'est bien d'hommes dont il s'agit ici, d'hommes et de rendez vous manqués avec l'amitié, avec soi même,avec le temps qui passe,avec l'amour.
    Et ce qui pourrait passer au prime abord pour de légers flash, polaroïds aigus,scènes courtes de parfois deux pages filmées dans la rue du genre "Enregistrements pirates" de Philippe Delerm, tourne souvent au désespéré, car ce pris sur le vif, se taille dans la chair de paumés.
    Que reste t' il de cette maison du début nimbée d'érotisme torride? Celle d'Isabel. "Elle se laissait tirer sans résistance et se collait à mon corps". "Hanches félines". "Contact volcanique du sexe"."Blues de Ray Charles". "La réalité c'était cette maison qui n'était pas là." "T'es un couillon" rient ses amis. Couillon, rêveur, délirant? Les numéros des rues parfois se lézardent de tremblements de terre!
    L'errance se perd ensuite dans un train à travers le regard complice d'un prisonnier et d'un adolescent. Couteau caché.Engagement du fils. Dénonciation future du père. Arrestation(?). Pleurs d'une enfance en rupture de bancs!
    Et ce fakir tué. Parce qu'on est "compadres" pas vrai? Un compadre comparse qui boit trop, trop de ces petits vins sans tapage peut créer des mauvais tours dans un silence de mort!
    Lucidité diabolique. Tout va crescendo, car au bordel de Mamma Antonia, tu te fais engloutir dans ton propre désir sordide d'obscénité. Et tu rampes, et tu pleures et demandes pitié et en redemandes et en as honte!
    Absurde cruauté que subit ce vendeur auquel on a supprimé sa licence!
    Horreurs militaires, déchéance. le salaud qui torture, déshumanise car déshumanisé lui même et dissémine la souffrance sera t il déchu ou promu au faite de la gloire en héros national?
    Vingt sept nouvelles, au fil desquelles, Luis Sepulveda sait nous toucher au coeur dans sa langue si belle, dans ce dépaysement chilien qui lui est propre, et nous transporte dans ce pays en guerre pour nous faire toucher du doigt les simples manques ou les atrocité vécues de son engagement.
    Dur mais beau!
    Seul l'espoir éclaire le ciel de son nom LIBERTE!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par raton-liseur, le 25 février 2012

    raton-liseur
    Omniprésente dictature, douce-amère résistance. Ce recueil de courtes nouvelles au titre nostalgique évoque tous les aspects de la résistance, celle de tous les jours, celle qui est lâche, celle qui se languit dans l'exode, celle qui rêve et celle qui meurt. Les rêves brisés qui continuent, l'espoir tué qui ne se résout pas à mourir.
    Dans une seconde partie, il est plus question d'amour, moins de dictature, et il est étrange de voir le même fatalisme, la même résignation et le même espoir.
    C'est peut-être un des livres les plus tristes que j'ai lus de Sepúlveda, mais il est aussi un des plus plein d'un espoir résigné mais tenace. C'est une leçon simple de sacrifice pour ses idées ou juste pour vivre. Une leçon qui ne lénifie pas, une leçon qui ne donne pas de leçon, chacun en titre ce qu'il veut, et pour moi ce sera peut-être de l'admiration pour cette force qui ne se dit pas et qui pousse chaque homme ordinaire à prendre sans s'en rendre compte, comme une évidence, la décision de courber l'échine ou de résister.
    Les citations en exergue sont aussi très belles et donnent un éclairage supplémentaire aux nouvelles. Elles m'ont donné envie de découvrir d'autres écrivains, ce qui est rare pour moi après une simple lecture de citations. Peut-être pas le livre que je conseillerais pour une première lecture de Sepúlveda, il me semble que l'on profite mieux de ses nouvelles quand on connaît déjà ses thèmes de prédilection, mais très certainement un bon cru, au goût âpre et sucré d'un rhum ajouté de sucre de canne dans un retranchement rebelle de la forêt nicaraguayenne.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par majolyonnaise, le 28 mai 2008

    majolyonnaise
    Avec soi ou avec les autres, avec le temps qui passe, les personnages de Sepulveda les ratent tous. Au fil des nouvelles, on retrouve ce sentiment d'impuissance, de frustration, d'inassouvi que nous avons quasiment tous ressenti au moins une fois (et si, seulement, ...). Et pourtant, loin d'être morose, ce livre se savoure.
    Par la diversité des situations d'abord. du train de passagers qui se retrouve en panne en plein brouillard au tyranneau en attente de jugement, du café au goût d'échec au groupe de prisonniers politiques déportés dans le désert, l'auteur nous entraîne dans une multitude de tableaux, certains ordinaires, d'autres teintés de fantastique, quelques-uns empreints de la peur que suscite l'oppression.
    Par son style ensuite, qui sait nous rendre les personnages si proches. On ne peut s'empêcher de s'identifier à au moins l'un d'entre eux, tout simplement parce qu'on a déjà éprouvé des sentiments similaires, de peur, de frustration, de mélancolie, de surprise, de fatalité.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par alicejo, le 27 avril 2010

    alicejo
    Je découvre Sepulveda avec ce recueil de nouvelles. J'ai beaucoup aimé ces rendez-vous manqués avec la vie, l'amour...
    Seulement 3 étoiles car j'ai un problème avec les nouvelles (surtout quand elles sont très courtes), je reste sur ma faim.
    Je me fixe très prochainement un rendez-vous avec un roman de cet auteur :)
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (15)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par le_Bison, le 03 mai 2012

    Il sait qu’il a une cassette du quartet de Thelonious Monk quelque part et il sait aussi que John Coltrane est au saxophone soprano, et qu’il y a si longtemps qu’il a écouté My favorite things pour la première fois que ce n’est pas la peine de faire appel aux calendrier su souvenir.

    Il se met à chercher à quatre pattes, à ôter la poussière des cassettes, à lire paresseusement les inscriptions en couleur, en notant la fuite des années sur les mots à moitié effacés, et il finit par trouver.

    My favorite things et Thelonious Monk mort récemment à l’autre bout du monde, peut-être dans une odeur de cigarettes semblable à celle qui envahit cette pièce où le soir s’est arrêté et pèse de tout son poids. Au saxophone soprano le tempo sensuel de John Coltrane.

    Il débouche une bouteille de vin et se prépare à rendre un hommage posthume à ce mort dont le cri monte des pages du journal. Il introduit la cassette dans l’appareil pour attendre les premières notes, […]
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par le_Bison, le 23 avril 2012

    Personne ne peut dire que vous ayez un meilleur ami que celui qui vous parle maintenant en ravalant ses larmes, et bien que ceux qui nous ont connus soient peu nombreux, je crois que tous ont perçu cette immense affection qui transparaissait, doucement, comme s’exprime parfois la véritable affection des hommes, celle qui n’a pas besoin de grands mots et se contente de remplir le verre sans renverser le vin.
    Affection d’homme, simplement. Affection d’un paquet de cigarettes lancé sur la table sans autre explication qu’une envie de fumer qui se devine. Affection d’un silence et d’une tape dans le dos après avoir écouté pendant des heures la litanie des malheurs qui vous ont toujours harcelé. Affection que presque tous ont remarquée, presque tous, sauf vous, bien entendu.
    Rappelez-vous, compadre. Parce qu’on est compadres, non ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par majolyonnaise, le 28 mai 2008

    Le pire châtiment n'est pas de se rendre sans lutter. Le pire châtiment c'est de se rendre sans avoir eu la possibilité de lutter. C'est comme de jeter l'éponge par forfait de l'adversaire et même si l'arbitre lève le bras du boxeur vainqueur au milieu des bâillements, la sensation de déroute dure jusqu'à devenir résignation.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par le_Bison, le 26 avril 2012

    On nous envoie au nord, compadre. J’ai entendu un bidasse qui le disait quand ils nous ont amenés aux chiottes. Tu es déjà allé dans le nord ? Dur le climat là-bas, compadre. Le jour, le caregallo souffle si fort qu’il te fait éclater la peau du visage, les gens ont tous l’air d’avoir la cirrhose. La nuit, c’est un froid qui te transperce jusqu’à l’os, et le matin, toujours la camanchaca, une rosée glacée que seuls les gens de la pampa supportent.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par le_Bison, le 04 mai 2012

    Il regarde la rue et elle lui paraît plus solitaire et immobile que jamais. Il se prépare à sortir, mais cette fois sans prendre ses clés parce qu’il sait qu’il ne franchira jamais plus ce seuil qui pue l’urine, qu’il n’habitera plus cet appartement d’homme solitaire et qu’il n’écoutera plus jamais My favorite things interprété par le quartet de Thelonious Monk, avec John Coltrane au saxophone soprano.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (11)

Videos de Luis Sepúlveda

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Luis Sepúlveda


Anne-Marie Métailié, Dernières nouvelles du sud
www.passion-bouquins.com Blog littéraire alternatif Anne-Marie Métailié, directrice des Editions Métailié publie le nouveau livre de Luis Sepulveda et de Daniel Mordzinski Dernières nouvelles du sud. A cette occasion elle accorde une interview exclusive pour Passion Bouquins et nous confie ses secrets de fabrication. Cette rencontre a été filmée à la Librairie Bisey, place de la Réunion à Mulhouse.











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (53)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz