De tous les actes inachevés, de tous les gestes que nous n'avons pas menés jusqu'au bout, de tout cet à-peu-près dont nous tissons nos jours et nos nuits, de toutes les rencontres avortées avec soi-même et les autres, naît un jour la crise.
Une femme vit cette "n... > voir plus
La coupe était pleine, j'ai vu dans ce livre la lie déposée dans le fond du verre.
J'ai fait corps avec le personnage du début à la fin.
Je me disais comment l'auteur peut elle traduire mon ressenti?
elle me connait? Bien sûr ce n'était pas mon vécu; mais un parcours
que j'avais identifié par des expressions communes; tu enfouis, engloutis,
et des entrailles le tout resurgit; une première pour moi, cette affiliation, et le pouvoir des
mots sur nos maux. Je ne suis pas sortie indemne.
Description de l'Eveil.
Renaissance d'une femme qui traverse la"nuit des âmes".
Un récit précis et charnel. Une écriture qui a su trouver les mots pour nous transmettre le ressenti d'une souffrance, d'un renoncement, d'une extase. Une belle parole.
"Les choses ici ne sont pas seulement belles; elle son aimées. Leur rayonnement est bénéfique."
Puis après un silence, elle a ajouté: "Moi aussi, j`aime les choses avec lesquelles je vis; ma main et mon regard les enveloppent et les frôlent. Et, quand il m`arrive de rentrer chez moi, épuisée, après le travail, les choses me rendent l`énergie que je leur ai donnée; au bout d`un court moment les forces me sont restituées.
En cours d`existence nous devenons réalistes, concrets, effectifs, c`est-à-dire que nous perdons contact avec la complexité et la diversité de la réalité qui est par essence, sacrée. Pourquoi croyez-vous que certains vieillards finissent par ne se souvenir que de leur enfance? Elle seule a le poids, l`épaisseur du réel; l`âge adulte retourne à son irréalité, à la brume des valeurs abstraites, arbitraires et datées auxquelles il a tout sacrifié."
...Le premier tir d`artillerie ne crépite pas aux frontières d`un pays, mais dans une conscience d`homme. Et chaque paix, sur terre, commence par se poser dans une main ouverte.
...C`est toi l`unique instigatrice du complot de ta vie, l`unique meneuse. Et tu n`as rencontré dans les autres dans l`autre--ta vie durant, que des images prétracées, déformées tant par tes rêves que par tes peurs. Jamais encore ton regard n`a été vierge. Tu n`as VU PERSONNE. Tu ne connais personne -- non, Adrien nous ne nous connaissons pas,
Je ne voudrais pas mourir sans avoir sur toi levé les yeux. Des yeux neufs.
Avant/Après. Rien n`est changé en apparence.
L`arbre, l`oiseau, le vent.
Rien n`est changé en réalité.
L`arbre, l`oiseau, le vent.
Et pourtant désormais tout est différent.
Ce qui était, au début, devant les yeux, les yeux maintenant le SONT aussi;
l`arbre, l`oiseau, le vent.
L`écrivain Christiane Singer est décédée le 4 avril dernier. Elle apprend le 1er septembre 2006 qu`il lui reste six mois à vivre et décide d`écrire le journal de son agonie. "Derniers fragments d`un long voyage" a paru le jour même de sa disparition. Jérôme Garcin a choisi de nous lire le moment de l`annonce par le jeune médecin viennois du verdict.