" Je pourrais faire un ouvrage qui ne plairait qu'à moi et qui serait reconnu beau en 2000 " (31 décembre 1804) : le voici, cet ouvrage, plus lent que les romans à s'installer dans l'amitié des lecteurs, que désarçonnent une libe... > voir plus
Je sens qu'elle occupe toute mon âme. Je n'ai plus de sensibilité pour sentir autre chose. Tout ce que je fais est fait machinalement ; ma pensée est toujours fixée sur elle, je l'ai toujours devant les yeux, et, mon expérience m'empêchant d'en faire confidence à personne, mon seul soulagement est d'écrire. Je suis languissant pour tout le reste.
Les maisons blanches, pleines de poussière, éblouissantes comme en Italie, quelques ressemblances avec le genre grandiose d’Italie. Dans les villes du nord (Nevers, Châlon, Lyon, Grenoble), la saleté sur les murs des maisons est humide et noirâtre. Nemours, Fontainebleau, Paris ont l’air plus blanc et plus propre à cause de leur pierre. Avignon, Aix, Marseille, au contraire, sont sèches, blanches, pleines de poussière.
J’entreprends d’écrire l’histoire de ma vie jour par jour. Je ne sais si j’aurai la force de remplir ce projet, déjà commencé à Paris. Voilà une faute de français ; il y en aura beaucoup, parce que je prends pour principe de ne pas me gêner et de n’effacer jamais. Si j’en ai le courage, je reprendrai au 2 ventôse, jour de mon départ de Milan, pour aller rejoindre le lieutenant-général Michaud à Vérone.
Il y a un mois que je prends chaque jour une demi-tasse de café, je n'en ai point pris aujourd'hui et suis infiniment plus gai, plus au niveau des hommes. Il semble que le café donne le génie et la tristesse. Cet effet, qui est frappant aujourd'hui chez moi, je l'ai déjà éprouvé plusieurs fois.