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ISBN : 2356413979
Éditeur : Audiolib (2011)

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Note moyenne : 4.42/5 (sur 2658 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure a... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    - Pépite !
    En 1962, la ségrégation raciale perdure dans l'Etat du Mississippi. Noirs et Blancs vivent dans des quartiers distincts, fréquentent des écoles, des bibliothèques, des hôpitaux différents et il convient même d'éviter tout contact physique par crainte "des maladies". Les femmes noires font le ménage et élèvent les enfants des familles blanches les plus huppées. Les relations sont tendues entre domestiques et employeuses : le moindre faux pas et c'est le renvoi, voire la spirale infernale qui peut aller jusqu'aux représailles ultimes du Ku Klux Klan. Les hommes semblent plus détachés mais ce n'est qu'une apparence : ce sont bien eux qui maintiennent la législation et sont derrière les actions du Klan.
    Kathryn Stockett excelle à nous immerger dans le quotidien de ces femmes noires toujours sur la corde raide et de leurs employeuses. Elle rend palpable toute l'ambivalence des sentiments entre elles : respect/mépris, méfiance/confiance, haine, crainte... L'amour maternel de ces Noires pour les petits Blancs dont elles ont la charge force l'admiration. A ce titre, les échanges entre Aibileen et Mae Mobey sont époustouflants de tendresse, d'émotion, de subtilité...
    Alors bien sûr, le tout n'est pas dénué de manichéisme : certaines Blanches sont dotées d'une perfidie et d'une mesquinerie extrêmes - tandis que, comble de l'ironie, elle récoltent des fonds pour les pays pauvres d'Afrique.... Les Noires en revanche sont émouvantes, attachantes, le plus souvent admirables. Mais le manichéisme ne se résume pas à une opposition simpliste Noirs/Blancs : il y a des Noirs qui battent leur épouse, et des Blancs qui risquent beaucoup pour essayer de faire bouger les choses.
    Quoi qu'il en soit, ce récit est somptueux, sans fausses notes. Il se dévore, entre attendrissement, sentiment de révolte, sourire, émotion, jubilation (le fin mot de la "Chose Abominable Epouvantable" perpétrée par Minny vaut son pesant de cacao).
    L'auteur nous offre là une belle histoire - inspirée de son expérience - où règnent la solidarité, le courage, la dignité, et où le pouvoir des livres ne peut que ravir les lecteurs que nous sommes.
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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 02 juin 2012

    sandrine57
    En 1962, à Jackson, Mississippi, il est de bon ton d'avoir, à domicile, une domestique noire, pour faire le ménage, la cuisine et s'occuper des enfants. Toute famille blanche et bourgeoise qui se respecte se doit d'employer une de ces perles rares et aussi de posséder, à l'extérieur de la maison de préférence, les toilettes qui lui sont destinées. Parce que les bonnes noires ont beau savoir cuisiner comme personne, connaitre les secrets de la pâtisserie, faire briller l'argenterie et calmer les enfants turbulents, il n'empêche qu'elles transportent avec elles nombre de microbes et bactéries qu'elles pourraient transmettre à leurs patrons blancs en utilisant leurs toilettes, leurs couverts, leurs verres ou leurs assiettes.
    Les maîtresses de maison de la bonne société n'ont aucune vergogne à utiliser et exploiter ses bonnes formées dès l'enfance à servir les blancs.
    Pourtant, au milieu de tant d'intolérance, de mépris et d'injustices, une petite voix essaie de se faire entendre; c'est celle de Miss Skeeter. Tout juste de retour de l'université, la jeune femme se lasse très vite des tournois de bridge et des parties de tennis. Elle postule donc au journal local et se voit confier la rubrique des arts ménagers. N'y connaissant rien, elle se rapproche d'Abileen, la bonne des Leefolt qui va lui confier tous ses trucs et astuces de bonne ménagère. Mais Miss Skeeter en veut, plus! Son rêve, c'est d'être écrivain et c'est d'une maison d'édition new-yorkaise que va lui venir l'idée d'écrire sur les conditions de vie des bonnes noires à Jackson. Mais ces dernières, méfiantes et apeurées, ne souhaitent pas parler et Miss Skeeter va devoir se montrer persévérante et patiente pour finalement se rallier Abileen, son amie Minny et enfin de nombreuses autres. Ensemble, elles vont secrètement braver les interdits pour écrire un livre-témoignage qui va chambouler la bonne société de Jackson.

    Roman à trois voix, La couleur des sentiments porte l'histoire de deux bonnes noires, Aibileen et Minny et d'une jeune fille blanche, Skeeter Phelan.
    Aibileen est une femme ronde et douce qui élève des petits blancs depuis bien des années. Elle essaie de leur inculquer le respect de soi et des autres et elle s'empresse de changer de maison dès qu'elle sent que l'école, les parents, la société ont raison de ses enseignements. Elle veut éviter à tout prix de lire le mépris dans les yeux d'un enfant qu'elle a élevé comme le sien. Sa vie, ses bonheurs, ses drames, ses chagrins, elle les laisse sur le pas de la porte de ses employeurs pour n'être plus qu'une bonne obéissante qui subit en silence toutes les humiliations.
    Minny est bien différente d'Aibileen! Malgré les soucis que cela lui cause, elle a bien du mal à se taire et à rester à sa place. Réputée pour être difficile, elle trouve de plus en plus difficilement un travail, surtout quand ces dames se passent le mot pour ne pas l'employer. C'est finalement chez Miss Célia, rejetée elle aussi par la bonne société, qu'elle trouvera un engagement.
    Miss Skeeter, fille d'une riche famille de planteurs, est différente de ses amies. Elle a choisi de faire des études et de travailler avant même de songer au mariage. Plus libre, plus moderne, plus ouverte d'esprit, elle était très attachée à Constantine, la nounou noire qui l'a élevée pendant 22 ans pour finalement partir sans lui donner la moindre explication. Skeeter cherche la vérité et à travers ce cas personnel, c'est toute la vérité sur la vie des bonnes noires qu'elle va connaitre. Et si lever le voile sur la discrimination et le racisme doit lui coûter un fiancé ou des amies, et bien tant pis! Skeeter veut défendre ce qui est juste.
    Armées de leur seul courage, ces trois là vont nous entraîner dans une histoire tendre et émouvante mais non dénué de suspense. Avec elles, on tremble, on rit, on pleure, on se révolte, on se réjouit. Et surtout, on réfléchit...à l'injustice, à la bêtise humaine. 50 ans nous séparent de cette histoire, les choses ont changé, mais pas tant que ça...
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    • Livres 4.00/5
    Par babounette, le 02 août 2013

    babounette
    Je la ferai courte parce que tout a été dit sur ce passionnant roman qui est le premier roman de Kathryn Stockett. Elle est occupée a en écrire un second, j'espère qu'il sera de la même veine. L'histoire des relations entre bonnes noires et bourgeoises blanches imbues d'elles-même nous décrit magnifiquement les souffrances de toutes ces femmes de couleurs considérées comme des robots n'ayant pas de sentiment, pas de coeur, et aucun droit. Et pourtant, heureusement que les enfants de ces blanches les avaient ces "bonnes" noires pour avoir de l'attention et de l'affection. Elles les aimaient comme s'ils étaient les leurs ces petits. Cette histoire se déroule aux Etats-Unis, mais elle aurait pu se passer entre autres, en Afrique où pendant des lustres, les africains ont subi la domination des blancs.
    Un chouette livre qui me conforte dans mes convictions qu'il n'y a aucune race meilleure ou plus intelligente qu'une autre, nous avons le sang de la même couleur, nous sommes égaux, avons les mêmes joies, les mêmes peines et les mêmes droits.
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    • Livres 5.00/5
    Par Iboo, le 16 octobre 2013

    Iboo
    Je ne suis pas une intellectuelle. J'ai, depuis toujours, la passion des livres parce que j'aime découvrir de nouvelles histoires sur des vies, des lieux, des époques... Sur cette Humanité dont je sais si peu de choses et que je quitterai un jour en n'en sachant guère plus.
    "La couleur des sentiments" a comblé mes attentes.
    Je n'ai pas lu une histoire... je l'ai vécue. J'ai vibré à toutes les pages.
    J'étais assise dans la cuisine d'Aibileen, rugissais avec Minny, doutais avec Skeeter et haïssais Miss Hilly.
    J'y étais. J'y étais vraiment. Et ces femmes m'ont touchée, éclairée et beaucoup appris.
    Superbe roman !
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    • Livres 5.00/5
    Par darkmoon, le 10 mars 2014

    darkmoon
    Sur fond des heures noires de l'histoire de la ségrégation américaine, La couleur des sentiments est un petit bijou de conscience et de remise en question. Souvent drôle, toujours insoutenable, ce roman est un cri contre l'absurdité et la bêtise humaine.
    Je ne pensais pas apprécier autant La couleur des sentiments, et je ne peux que rester interloquée par un rendu si magnifique. Il y a ce quelque chose qui peut vous faire basculer ou vous bouleverser tant l'histoire est intense et captivante. Il y a tous ces clichés de la société américaine dans une époque pas si lointaine qui nous font sourire aujourd'hui à leur simple évocation, et qui pourtant étaient un fléau en ce temps-là. Un jugement bien lointain sur ce que nous avons pu laisser passer et qui aujourd'hui se reproduit encore et encore sous diverses formes, sans pour autant que les individus ne s'en émeuvent plus que ça. C'est fort dommage, mais ce roman est un reflet presque contemporain, au point près que la cause présentée ici soit les différences entre les noirs et les blancs. Cette différence sociale inégale pointée du doigt et mise en exergue par des situations critiques ne pouvant que pousser au soulèvement intérieur de chaque individu. Un combat quotidien pour ces femmes rejetées par certaines classes alors même que d'autres tentent de prendre le pas sur le combat à plus grande échelle se déroulant au même instant. Cette lutte d'une femme blanche souhaitant publier sur les conditions de ces bonnes noires prêtes à se « sacrifier » pour pouvoir témoigner de leur quotidien. Il y a ce quelque chose dans ce roman qui interpelle, tient en haleine… Une leçon de vie sur le courage de certaines personnes et sur les bonnes blagues qu'ils nous restent à expérimenter dans notre vie. N'êtes-vous pas tentés par une petite tarte ?
    On en conviendra, La couleur des sentiments offre au lecteur la possibilité de passer par toutes les phases possibles de ses sentiments : haine, amour, tristesse, joie, paralysie, franche rigolade, etc. Presque aucun n'est oublié pour que l'on puisse apprécier à sa juste valeur ce combat qui n'a jamais été tout blanc ou tout noir.
    Sans faire la part belle au sentimentalisme, La couleur des sentiments est un amoncellement magique de personnages tous plus impliqués les uns que les autres, dans leur méchanceté, leurs douleurs, leur gentillesse aussi... C'est à la fois émouvant, poignant, dur, triste, parfois drôle et souvent révoltant. Un roman fleuve pour une cause indispensable et un souvenir de mémoire.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Chloé Brendlé pour le Magazine Littéraire

    À Jackson, petite ville étriquée du sud des États-Unis, rien n'arrive. Surtout pas l'Histoire. Près d'un siècle après la guerre de Sécession, l'apartheid, ses lois scélérates et ses règles tacites y sévissent to... > lire la suite

    Critique de qualité ? (39 l'ont appréciée)

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Citations et extraits

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  • Par jeunejane, le 29 mars 2015

    Règle numéro deux : cette personne blanche doit jamais te trouver assise sur ses toilettes; ça m'est égal si t'as tellement envie que ça te sort par les tresses. Si elle en n'a pas pour les bonnes, tu trouves un moment où elle est pas là.

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  • Par mamansand72, le 22 mars 2015

    - Que lui as-tu fait maman ?
    Elle se passe la langue sur les lèvres, me fixe longuement derrière ses doubles foyers. « Tu ne comprendrais pas, Eugénia. Tant que tu n’auras pas eu toi-même de bonne.
    - Tu l’as virée ? Pourquoi ?
    - C’est sans importance. C’est du passé pour moi et je ne veux plus y penser, pas une minute de plus.
    - Maman, elle m’a élevée ! Dis-moi tout de suite ce qui s’est passé. J’ai honte de ma voix qui s’étrangle, du ton enfantin que prennent mes questions.
    Maman hausse les sourcils, retire ses lunettes. « Une histoire de nègres, c’est tout. Et c’est tout ce que je dirai. »
    […] Je tremble. Je suis hors de moi. Je grimpe les marches 4 à 4 et m’assois devant ma machine à écrire, stupéfaite que ma mère ait pu chasser quelqu’un qui lui avait rendu le plus grand service de son existence en élevant ses enfants, en m’apprenant le bonté et l’estime de soi. […] Constantine travaillait dans notre famille depuis vingt-neuf ans.
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  • Par mamansand72, le 22 mars 2015

    Au bout d’un moment, mes pensées m’emmènent où je voulais pas aller. Je sais très bien ce qui se passerait si les patronnes blanches découvraient qu’on écrit sur elles, et qu’on dit la vérité sur ce qu’elles sont vraiment. Les femmes, c’est pas comme les hommes. Une femme vous battra pas à coups de bâton. Miss Hilly prendra jamais un pistolet pour me tirer dessus. Miss Leefolt viendra pas mettre le feu à ma maison. Non, elles veulent se garder les mains propres, les Blanches. Alors elles ont une trousse de petits outils brillants et coupants comme des ongles de sorcières, bien propres et bien rangés, comme sur la tablette du dentiste. Et quand elles s’en servent, elles prennent tout leur temps. La patronne blanche commence par vous mettre à la porte. Vous êtes bien embêtée, mais vous vous dites que vous trouverez toujours une nouvelle place quand les choses se seront calmées, quand la dame finira par oublier. […] Mais une semaine après le renvoi, vous trouvez une petite enveloppe jaune sous la porte. Il y a un papier dedans qui dit « Avis d’expulsion ». A Jackson, tous les propriétaires sont des Blancs et ils ont tous une femme blanche qui a des amies. Après ça, les choses s’accélèrent….
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  • Par mamansand72, le 22 mars 2015

    Aujourd’hui, quand je lui demande ce qu’elle a appris, Mae Mobley répond juste : « Rien
    - Tu l’aimes, ta maîtresse ?
    - Elle est jolie.
    - Bien. Toi aussi tu es jolie, Mae Mobley.
    - Pourquoi t’es noire Aïbeleen ?
    J’ai déjà entendu quelques fois cette question dans la bouche de mes autres petits Blancs. Je me contentais de rire, mais aujourd’hui je veux régler ça avec elle. » Parce que Dieu m’a faite noire, je dis. Et il y a pas d’autre raison au monde.
    - Miss Taylor dit toujours que les enfants noirs peuvent pas venir à mon école parce qu’ils sont pas assez intelligents.
    Je fais le tour du comptoir pour m’approcher. Je lui relève le menton et je lui caresse ses drôles de cheveux coupés tout de travers. « Tu me trouves bête ?
    - Non. » Elle chuchote comme pour me montrer qu’elle y croit très fort. Elle a l’air de regretter ce qu’elle a dit. « Qu’est-ce que ça t’apprend sur Miss Taylor, alors ? »
    Elle cligne des yeux pour montrer qu’elle écoute bien. « Ça veut dire que Miss Taylor a pas toujours raison », je dis. Elle me prend par le cou. « Toi, t’as plus raison que Miss Taylor, Aïbi. »
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  • Par mamansand72, le 22 mars 2015

    Cinq mois après l’enterrement (C’est Aïbeleen qui parle, son fils est mort), je me suis levée. J’ai mis mon uniforme blanc et ma petite croix en or autour du cou et je suis entrée au service de Miss Leefolt parce qu’elle venait d’accoucher de sa petite fille. Mais j’ai pas tardé à comprendre que quelque chose avait changé. On m’avait planté dedans une graine d’amertume. Et j’acceptais plus les choses comme avant.
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