Que se passe-t-il dans cette " Chambre à part " qu'est le cabinet du psychanalyste ? Comment évoquer ce qui s'y tisse et s'y dit, dans le secret et l'intime ? Avec tact et pudeur, Catherine Ternynck s'est livrée à l'exercice. " Dans une ch... > voir plus
Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle traduction de l'essai pamphlétaire de Virginia Woolf mais plutôt d'un fort attrayant recueil d'impressions de la psychanalyste Catherine Ternynck qui signe ici un livre entre récit et recueil de courtes nouvelles.
En fait, en présentant ses « souvenirs » sous différents thèmes, elle nous propose quelques instants volés, inspirés certes de son vécu, mais transformés, transcendés en un objet littéraire duquel toute aridité est exclue. Plutôt que de nous décortiquer l'un ou l'autre des cas cliniques, elle nous offre plutôt des bribes de vécu, des parcelles d'émotions et les rend dans un style très attrayant. On devient témoin de cet échange privilégié qu'elle entretient avec ses patients, de son écoute, de la tendresse qu'elle ressent face à certaines douleurs. On devient son chat, l'arbre qui, dans le jardin, sert de témoin ou l'inspire selon les instants. Elle nous offre notamment de très beaux passages sur la parole et nous réconcilie avec le simple geste d'écoute.
J'ai grandi, voyez-vous, avec cette idée-là, ma mère pouvait à tout instant rendre l'âme. Il m'imcombait cette mission secrète, inconnue de tous, d'arrêter l'hémorragie. J'étais le garrot de son être toujours en fuite. Les autres enfants semblaient insouciants. Je m'en étonnais... Je sais aujourd'hui que c'est toujours ainsi. Lorsque l'enfance est heureuse, le bonheur s'impose comme un lieu commun. Lorsqu'elle ne l'est pas, le malheur devient un désastre personnel.
Qu'est-ce qu'une rencontre? C'est un transfert de présence. Un transfert secret, éminemment singulier, qui incessament réinvente l'autre en soi. Après s'être quittés, ceux qui se sont vraiment rencontrés se sentent plus présents à eux-mêmes, plus vivants, plus aimants.
On ne passe pas une vie indemne. Tout homme, un jour ou l'autre, se trouve contraint à perdre. C'est plutôt une chance, car ce à quoi il renonce lui sera rendu, d'une autre façon, à un autre niveau, transformé, transcendé.
tout ce qu'un enfant met à disposition de sa mère blessée, il s'en prive irrémédiablement et s'en trouvera plus tard apauvri. La faille naît toujours de s'être logée dans la faille d'un autre. Ainsi s'incarne-t-elle en secret d'une génération à une autre. Le mal est ancestral.