ISBN : 213058151X
Éditeur : Presses Universitaires de France
(2010)
Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
La main gauche de David Lynch. Twin Peaks et la fin de la télévision0Ajouter à mes livres
Considéré par Cyril de Graeve (qui l'a mis en couverture de Chronicart) comme une des « pop-stars méconnues » de notre temps, par Philippe Nassif (qui l'a encensé dans les pages de Technikart) comme « notre Greil Marcus »... > voir plus
Il n’y a pas, il n’y a même jamais eu « rien à comprendre » aux films de David Lynch, et encore moins à Twin Peaks. Ce que ses fictions nous présentent ne sont absolument pas, comme il le laisse volontiers entendre, des sensations et des visions dont il ne sait pas lui-même ce qu’elles veulent dire. Ce ne sont pas non plus de purs phénomènes esthétiques ou des jeux de surface sur le kitsch des codes cinématographiques. Quelle qu’ait été la part du rêve éveillé ou de la vision dirigée dans l’élaboration de ces différentes images mouvantes, il ne s’agit pas non plus des productions de son inconscient. Bien au contraire, à l’instar de Dante pour la Divine Comédie, il s’agit de la constitution d’une poétique , et la poétique est toujours une communication par signes.
Car il ne s’agit pas de voir. Il ne s’agit jamais seulement de voir. Il s’agit de modifier la réalité en rehaussant la qualité de notre regard. A la fin du combat que représente une telle création, l’artiste est enfermé dans le monde qu’il a rendu possible et il ne peut pas sortir. Mais son œuvre est là, devant nos yeux, entre nos mains, et c’est à nous d’en libérer le potentiel de transfiguration épiphanique toujours présent.
expliquant la démarche de Dante dans la Divine Comédie : Il y explique également – et c’est toute la nouveauté et la grandeur de son opération poétique – que, non seulement les textes sacrés, mais également les textes profanes doivent être compris selon des couches de significations superposées, et donc qu’une multiplicité d’interprétations est également légitime dans le cadre d’une œuvre d’art réalisée par un individu.
C’est toujours le problème du personnage principal dans les fictions : tous les personnages secondaires sont les faire-valoir de son récit et tendent à donner une image de l’Univers, miroir de la personnalité du lecteur ou du spectateur, comme un récit hiérarchiquement organisé, avec individus principaux, secondaires et figurants. Et les médias, en sélectionnant au sein de l’humanité personnages principaux et personnages secondaires, en mettant toute la société au diapason des vies de certains «élus » (ceux qui ont « réussi », les stars et les politiques, les VIP) reconduisent cette logique dans le domaine de la vie elle-même.
Lire un texte sacré, c’est déjà l’interpréter. Et l’interpréter, c’est passer d’une signification à une autre, par étapes successives, et atteindre un point où comprendre le texte et devenir Dieu ne sont plus qu’une seule et même chose.
"Lost" la série analysée par Pacôme Thiellement au Forum des images.
"Pour le spectateur de télévision, se plonger dans Lost équivaut à se perdre dans une forêt de symboles qui résonnent directement avec ce qui fait son identité secrète d’homme éternellement étranger à ce monde. Étude d’un épisode mal aimé, Stranger in a Strange Land, et de ce qu’il nous dit sur les relations entre solitude et communauté, connaissance et pouvoir, Orient et Occident." Pacôme Thiellement.