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ISBN : 2266121022
Éditeur : Distribooks (2003)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 602 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Premiers Jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par NicolasAllard, le 06 juin 2014

    NicolasAllard
    Publié à titre posthume, "Le Silmarillion" n'est pas l'oeuvre de Tolkien la plus connue du grand public. Si "Le Seigneur DES Anneaux" et "Bilbo le Hobbit" profitent d'un meilleur éclairage grâce notamment à leurs adaptations cinématographiques, "Le Silmarillion" mérite réellement l'attention du lecteur. On peut déjà mettre en avant le fait que ce vaste récit constitue la matière première sur laquelle s'appuie Tolkien dans ses textes les plus célèbres. "Le Silmarillion" permet en effet de mieux comprendre toute l'étendue et la complexité de l'univers créé par Tolkien. Ce premier point n'est en rien négligeable : ceux qui ont apprécié "Bilbo" ou "Le Seigneur DES Anneaux" auront sans doute plaisir à connaître le passé de la Terre du Milieu.
    Considérer "Le Silmarillion" comme un guide explicatif serait toutefois terriblement réducteur et injuste. Cette oeuvre a sa propre autonomie : on peut d'ailleurs la lire sans avoir connaissance des autres textes de Tolkien.
    "Le Silmarillion" frappe d'abord par la place qu'il accorde à la notion de cosmogonie. Tolkien ne se contente pas de créer un univers spécifique : il en détaille la genèse avec soin. L'incipit donne ainsi à voir une véritable naissance du monde. Cette entrée en matière a une double dimension poétique et philosophique. La musique remplit peu à peu l'immensité vide de l'espace, et nous permet de prendre conscience de l'omniprésence du néant. Tolkien s'intéressait beaucoup à la question de la mort. Pour lui, le lien entre toutes les histoires s'établissait autour de cette notion centrale. L'incipit du "Silmarillion" met bien cette idée en valeur.
    On peut donc apprécier cette construction progressive et subtile d'un univers. On serait presque tenter de parler de construction de l'univers, tant la cosmogonie de Tolkien fait songer à des récits religieux comme la Genèse. Tolkien était croyant, et la référence à Iluvatar (le dieu unique) n'est pas sans rappeler les grandes religions monothéistes. Les références sont toutefois multiples : la création des Ainur, sortes de dieux inférieurs à Iluvatar, oriente le texte vers les mythologies antiques. Tolkien développe ainsi un véritable panthéon. Tout en créant son propre univers, il établit des liens subtils avec des textes que nous connaissons tous.
    L'ensemble du récit est de grande qualité. "Le Silmarillion" présente une réelle diversité : aux passages épiques font suite des passages poétiques, voire philosophiques. L'ouvrage est ainsi dans la veine des grandes épopées antiques, à la différence près qu'il se déroule sur une période extrêmement longue. Tolkien a réussi le tour de force de nous montrer l'évolution d'un monde : si les elfes sont un peuple central tout au long du "Silmarillion", on comprend bien que les hommes vont peu à peu les remplacer sur la Terre du Milieu (c'est d'ailleurs un des thèmes du "Seigneur des anneaux").
    Des critiques ont reproché au livre son absence d'humour. Ce reproche est selon moi relativement injuste. Il est vrai que "Le Silmarillion" n'est pas un livre où l'on rit beaucoup. Les personnages peuvent être heureux par moments, mais la tragédie est souvent présente. Cette absence d'humour va de pair avec ce type de récit : l'épopée, du fait de sa gravité, ne peut accueillir en son sein des passages drôles ou légers.
    L'absence d'humour n'empêche pas, pour autant, de s'attacher aux personnages. La dimension tragique de certaines destinées contribue précisément à créer une forme d'empathie. le principe racinien des personnages tragiques (ni tout à fait bons, ni tout à fait mauvais) est ici clairement présent. C'est une des idées majeures de Tolkien : un individu est toujours quelqu'un de complexe. Les exemples de trahison - très présents dans l'ensemble de son oeuvre - viennent en témoigner : l'ennemi n'est pas toujours celui qu'on croit...
    Je conseillerais "Le Silmarillion" à un grand nombre de lecteurs. Les inconditionnels de Tolkien auront sans doute plaisir à lire et relire cette oeuvre. Je pense également à tous ceux qui ont découvert récemment "Le Seigneur DES Anneaux" ou "Le Hobbit", et qui voudraient avoir une connaissance encore meilleure de l'univers décrit par Tolkien. Ce texte plaira sans conteste aux amateurs d'heroic fantasy, de science-fiction, mais aussi aux lecteurs ayant une culture plus classique. "Le Silmarillion" a en effet partie liée avec des textes majeurs de l'histoire de l'humanité, qu'ils soient de nature mythologique ou religieuse. Tous les lecteurs d'épopées antiques sont susceptibles d'apprécier le récit de Tolkien.
    Pour conclure, j'aimerais faire une ouverture sur la possibilité d'une adaptation du "Silmarillion". Je ne tiens bien sûr pas compte ici des droits de l'ouvrage, qui pourraient compliquer l'idée d'une telle entreprise. D'après moi, "Le Silmarillion" mériterait d'être adapté en film. Tolkien a écrit un nombre de récits très spectaculaires dans cette oeuvre : ils seraient du plus bel effet au cinéma. Néanmoins, se pose un problème majeur : comment adapter, sous le format actuel, un récit se déroulant sur une période extrêmement longue ? Pourrait-on, dans le même ordre d'idée, raconter en un film l'histoire de notre planète de manière cohérente ? Tentative possible, mais qui obligerait à effectuer de nombreuses ellipses... Or, il n'est pas question de dénaturer l'oeuvre originale. Je crois donc que "Le Silmarillion" se prêterait davantage à une adaptation en série télévisée. La division de ce texte en plusieurs livres suppose d'emblée la création de plusieurs saisons. le projet est ambitieux : une telle série serait sans doute la plus chère de l'histoire. Mais à l'heure où "Game of Thrones" connaît un succès retentissant, ce type de tentative mériterait d'être lancé. L'adaptation en série n'appauvrirait pas le texte de Tolkien : il lui permettrait d'être découvert par un nouveau public, et de connaître ainsi un essor mérité...
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    • Livres 5.00/5
    Par Marine_123, le 10 janvier 2014

    Marine_123
    Résumé :
    L'œuvre se compose de cinq parties :
    1) Ainulindalë
    Il s'agit d'une sorte de genèse, où Ilúvatar, le premier Dieu, crée les Valar par la pensée. Cette première partie nous décrit la naissance de la Terre, née de la musique des Valar. Ici sont introduit les personnages de Melkor, dieu le plus puissant et le plus doué des Valar, qui tente de se rebeller en changeant la musique, ainsi que d'autres Dieux, eux bienveillants. A l'issue de cette musique, les Valar qui le souhaitent ont la possibilité de descendre sur Terre afin de la rendre habitable pour la future venue des Elfes (Eldar) et des humains. de nombreux Valar font ce choix, dont Melkor, mais avec la volonté de la dominer, entrant ainsi en opposition face à ses congénères.
    2) Valaquenta : Histoire des Valar et des Maiar d'après les récits des Eldar
    Cette deuxième partie explore les personnalités et relations des principaux Valar qui sont descendus sur Terre, ils y sont décrits comme des divinités de la nature, à l'instar des dieux romains. Il introduit également les Maiar, divinités inférieures serviteurs des Valar.
    3) Quenta Silmarillion : L'histoire des Silmarils
    La troisième partie de cet œuvre en est aussi la plus longue. Elle raconte la création du royaume des Valar, Valinor, et des Arbres de lumière, ainsi que la lutte entre eux et Melkor dont l'issue est l'emprisonnement de ce dernier pendant un certain temps. On y voit apparaître les Eldar (Elfes) que les Valar invitent à Valinor pour y vivre avec eux. On assiste alors à une division en différentes branches des Eldar, les trois grandes maisons sont celles qui rejoignent Valinor : les Vanyar, les Noldor et les Teleri, cette dernière elle-même divisée en deux après que le roi Thingol ait décidé de ne pas aller à Valinor afin de rester vivre avec une Maiar, Melian, son peuple devenant alors celui des Sindar et il crée le royaume de Doriath, tandis que ceux toujours désireux de se rendre au royaume de Valar sont dirigés par le frère du précédent roi, Olwë.
    L'un des Noldor, Fëanor, le fils du roi Finwë, crée les Silmarils, des joyaux de lumière à partir des Arbres de Valinor. Mais Melkor, alors libéré, complote pour monter Fëanor contre les Valar et ses frères et pour détruire les Arbres. Une fois ces méfaits accomplis, les Silmarils sont volés par Melkor, que l'on surnommera alors Morgoth, et les Noldor menés par Fëanor sont bannis de Valinor et rejoignent la Terre du Milieu. Parallèlement les Valar créent le soleil et la lune pour palier à l'absence des Arbres. Les Noldor et les Sindar s'allient dans une guerre interminable contre Morgoth au cours de laquelle Fëanor est tué. Ces fils et ses frères construisent différents royaumes à travers la Terre du Milieu : les premiers en Beleriand, les seconds et leurs enfants en Hithlum et dans la citée cachée de Gondolfin.
    C'est à partir de là que les humaines prennent de l'importance. L'histoire introduit Trois grandes maisons parmi les humains, Bëor, Haleth et Hador. le descendant de la maison de Bëor, Beren parviens à reprendre l'une des Silmarils à Morgoth avec l'aide de Luthien, fille de Thingol et Melian, Eldar qu'il finit par épouser. Ce joyau finira d'ailleurs par provoquer la chute de Doriath, en suscitant la convoitise puis la trahison d'un roi nain. Les deux descendants des maisons de Haleth et Hador, Turin et Tuor, joue ensuite un rôle très important pour le devenir des différents royaumes Elfiques de la terre du Milieu. En effet dans le récit particulièrement dramatique « Turin Turambar », cet humain dont Morgoth a maudit la famille provoque involontairement la chute de Nargothrond, citée caché dans des cavernes, de même que la mort de la plupart de ses amis ainsi que de sa sœur avec laquelle il se sera marié sans que l'un ou l'autre soit au courant de leur lien de parenté. Tuor, cousin de Turin, en revanche parvient à sauver de nombreux Eldar lors de la chute de Gondolfin provoqué par le neveu du roi, Maeglin, jaloux de l'amour que porte sa cousine Idril au jeune humain.
    C'est lorsqu'il semble que plus rien de ne peut arrêter Morgoth, qu'Eärendil, fils de Tuor et Idril, avec l'aide de sa femme Elwing, petite fille de Beren et Luthien, parvient à regagner Valinor, avec le Silmarils que Beren avait récupéré. Il parvient ainsi à inciter les Valar à venir en aide aux peuples de la Terre du Milieu et à entrer une nouvelle fois en guerre contre Morgoth. A l'issue de cette bataille Morgoth est vaincu et exilé vers le vide extérieur d'où il lui est impossible de revenir. Les Noldor sont alors autorisés à revenir à Valinor, mais les deux derniers fils de Faënor encore en vie ayant fait le serment de reprendre les Silmarils quel qu'en soit le prix, réussissent à en dérober deux. Cependant ils se retrouvent brûlés à leur contact car leurs actions passées les ont rendu indignes de ces joyaux. Par conséquent L'un se jette dans une crevasse avec le premier Silmarils et le second le jette dans l'océan et part mener une vie d'errance.
    Les fils d'Eärendil et d'Elwing, Elrond et Elros, étant à moitié humain et à moitié Eldar, sont amenés à choisir à quelle espèce ils préfèrent appartenir. Elrond choisit la voie des Elfes et fonde le royaume de Fondcombe, tandis qu'Elros choisit l'humanité et crée le royaume de Númenor.
    4) Akallabeth : La chute de Númenor
    Bien que Morgoth ait été vaincu, son disciple Maiar, Sauron, décide à son tour de régner sur la Terre du Milieu et se retrouve confronté au royaume de Númenor. Si cette nation est au départ prospère et sage, elle devient, au fil des générations, de plus en plus envieuse de l'immortalité et des richesses des Valar. Ainsi sous l'impulsion de Sauron, le roi de Númenor décide de débarquer à Valinor bien que cela soit interdit aux humains et d'arracher l'immortalité aux Valar. En punition pour y avoir posé le pied, Ilúvatar engloutit Númenor dans l'océan et change la forme du monde jusqu'alors plat en rond, rendant ainsi Valinor totalement inaccessible sauf pour les Elfes. Malgré cela quelques opposants au roi parviennent à s'échapper menés par Elendil et ses Fils Isildur et Anárion à bord de neuf navires. On apprend qu'Isildur une fois revenu sur la terre ferme battit le royaume du Gondor.
    5) Les anneaux du pouvoir et le troisième Age : Où les récits viennent à leur fin
    Cette dernière partie particulièrement courte relate les événements ayant trait au Seigneur des anneaux. Il y est décrit comment les anneaux des pouvoir furent forgés par les Elfes sous l'influence de Sauron. Puis il y est expliqué l'origine des mages, tel que Gandalf et Sarouman, qui se révèlent en réalité être des Maiar envoyés par les Valar, sous la forme de vieillards, afin de pousser et d'aider les peuples de la Terre du Milieu à se battre contre Sauron. Ensuite cette partie résume très rapidement Le Seigneur des anneaux, donc comment l'Anneau unique fut récupéré par Bilbo puis détruit par Fredon.
    Avis personnel :
    Le Silmarillion est une œuvre atypique de la mythologie « Tolkienienne ». En effet si ce roman de Fantasy retrace l'histoire de la terre du milieu de sa création jusqu'aux évènements précédant ceux de Bilbo le hobbit et du Seigneur des anneaux, il s'agit avant tout d'une œuvre posthume publiée quatre ans après la mort de l'auteur. le projet de Tolkien était plus vaste et est resté inachevé, ce qui nous est présenté ici est un recueil de légendes formant un tout cohérent, s'apparentant à une fresque chronologique, contrairement aux contes perdus et aux 12 volumes de l'Histoire de la terre du milieu, qui se contentent de regrouper les textes laissés par J.R.R Tolkien. Il ne s'agit pourtant pas simplement de nommer et résumer les différents événements qui se déroulèrent en ce monde imaginaire à la manière d'un livre d'histoire. Ces événements sont relatés au travers des destins des différents protagonistes, chacun des personnages influencent l'histoire de ce monde autant qu'ils la subissent, il est d'ailleurs souvent nécessaire au cours de la lecture de se référer aux diverses annexes, notamment aux arbres généalogiques et à la carte de la Terre du Milieu situés à la fin du livre. Le Silmarillion permet d'éclairer le mystère des origines de certains personnages du Seigneur des anneaux, comme Gandalf et Sauron, et de connaitre la généalogie de la plupart des principaux protagonistes elfes et humains. Cet ouvrage s'inscrit donc dans la continuité du Seigneur des anneaux en y apportant un regard nouveau.
    Mais si cet ouvrage est effectivement très intéressant pour qui s'intéresse à l'histoire de la Terre du Milieu, il possède également des qualités qui lui sont propres et justifient à elles seules la lecture de cette œuvre. Tout d'abord la grande cohérence entre les récits qui s'entrecroisent pour former un tout et qui font qu'aucun d'eux ne semble superflu par rapport aux autres donnent envie au lecteur d'effectuer une lecture intégrale et non de seulement y rechercher les événements faisant référence au Seigneur des anneaux. Sa grande complexité scénaristique et des liens entre les personnages nécessitent une grande attention lors de la lecture, il serait d'ailleurs recommandé d'avoir au minimum un niveau lycéen pour pouvoir l'appréhender. La narration se présente sous forme de contes relatant les exploits et les malheurs des différents protagonistes, ce qui renforce l'atmosphère héroïque médiévale de l'œuvre. Les personnages ont tous une personnalité complexe et un rôle à jouer qui lui est propre. C'est le cas par exemple de Faënor, qui est à la fois un génie créatif et un héros lors de la guerre contre Morgoth mais aussi un homme envieux et arrogant qui précipite la chute de son peuple et de sa famille. de nombreux thèmes sont abordés dans cette œuvre, de nombreux personnages sont victimes de leur propre arrogance ou de leur trop grande soif de richesse ou de pouvoir, Turin provoque la chute de Nargothrond en incitant son peuple à sortir au grand jour pour combattre l'ennemi, ce qui révèlent leur position et permet à Morgoth d'envoyer des troupes les exterminer. de même Thingol, un roi pourtant jusqu'alors très sage, se laisse séduire par la beauté et la puissance des Silmarils et se fait tuer par les nains qu'ils avaient engagés afin de s'en faire un collier. Les récits incitent à rester humble et à ne pas se laisser aveugler par ses désirs. On peut également y trouvé de nombreuses références culturelles, qu'elles soient bibliques ou mythologiques, en effet l'attitude de Melkor, le plus doué de tous les Valar qui tente de soulever une rébellion contre son Père par jalousie envers les Elfes et les humains et tente de monter fait beaucoup pensé à Lucifer, de même le royaume englouti de Númenor n'est pas sans rappeler Atlantis.
    Le fait véritablement dérangeant dans cette œuvre est la place prépondérante de l'hérédité dans le destin des personnages, en effet les personnages ayant une « mauvaise » filiation semblent être perpétuellement condamnés à trahir leurs amis ou leur peuple. C'est le cas de Maeglin, fils d'un elfe noir, dont le peuple n'a jamais vu la lumière de Valinor, qui trahit d'abord son père puis son oncle et provoque la chute de Gondolfin. Il est également expliqué qu'en dehors des trois grandes familles humaines, les elfes n'ont pas confiance dans les autres peuples puisque leurs ancêtres les ont trahis. Bien qu'il soit difficile de savoir quelle était l'intention de l'auteur à ce sujet, il semble cependant judicieux de veiller à ce qu'un public jeune ne fasse pas ce genre d'interprétation pour l'appliquer à la vie réelle.
    En ce qui concerne l'édition, il est assez surprenant de voir en couverture une scène tirée du Seigneur des anneaux, alors que l'action se déroule pour la plus grande partie bien avant, et que le personnage qui y figure, Gandalf n'apparait que brièvement à la fin. Bien que ce choix éditorial fasse effectivement le lien avec Le Seigneur des anneaux, cela semble enlever au Silmarillion son statut de roman méritant à lui seul d'être lu, et implique que seul son lien avec la trilogie de Tolkien justifie sa lecture. Bien qu'il s'agisse d'une édition poche, il est regrettable que celle-ci soit dépourvue d'illustrations tant les descriptions des lieux et des objets les justifieraient.
    Ainsi Le Silmarillion est une œuvre complexe qui bien que liée au Seigneur des anneaux parvient à s'en démarquer et à séduire le lecteur grâce à ses propres qualités. Ce livre peut donc être lu autant pour le plaisir que pour en apprendre plus sur l'univers de la Terre du Milieu.
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    • Livres 5.00/5
    Par Folfaerie, le 31 août 2010

    Folfaerie
    Oeuvre posthume recomposée et publiée par Christopher Tolkien, Le Silmarillion regroupe les récits et légendes de la création d'Arda et donc de la Terre du Milieu. Ce sont des fragments, parfois sans liens ou cohérence car Tolkien les retravailla tout au long de sa vie mais qui gardent toujours un fil conducteur.
    On passe ainsi de Ainulindalë, lorsqu'Eru crée Arda à travers la Musique des Ainurs à l'Histoire des Valar et des Maiar d'après les récits des Eldars, avant d'en arriver au Quenta Silmarillion, la fameuse histoire des Silmarils. On retrouve ici certaines connaissances comme Cirdan ou Galadriel, et on peut enfin lire les magnifiques récits consacrés à Beren et Luthien ou encore Turin.
    Dans une quatrième partie, Tolkien retrace l'histoire de Numenor, sa gloire et sa chute.
    Le Silmarillion se clôt avec les Anneaux du pouvoir et le troisième âge où le lecteur encore habité par Le Seigneur des anneaux retrouvera avec délices de vieux amis...
    Le Silmarillion s'apparente grandement aux grands sagas nordiques, par le sujet et la construction. La fatalité des Dieux, le destin tout tracé de certains personnages, les quêtes... A lire absolument le récit sur Beren et Luthien (qui préfigure l'histoire liant Aragorn à Arwen) où nous croisons le grand chien Huan et le loup Carcharoth.
    Il est intéressant d'en savoir beaucoup plus sur les Elfes. De ma lecture du Seigneur des Anneaux, j'avais gardé une image des Elfes bien précise et flatteuse. Surtout en comparaison des hésitations et des faiblesses des Hommes. Mais avec Le Silmarillion, on découvre que parmi ce noble peuple, certains ont succombé au côté obscur de la Force, surtout par orgueil, et qu'il résulta bien des malheurs, et notamment des luttes fratricides.
    Le personnage central qui est cause des événements tragiques de cette vaste épopée est bien évidemment Morgoth, autrefois Melkor le Valar. N'oublions pas que Sauron n'était rien d'autre que son vassal... Il trame, complote, sème le doute et la jalousie, ivre de vengeance et avide de pouvoir. le Premier Age est ponctué de guerres et de trahisons. On croise le dragon Smaug, les Balrogs et bien évidemment les Orcs. C'est relativement sombre et sanglant.
    Certains récits ne sont que des descriptions, toujours riches et intéressantes, d'autres sont composés de faits héroïques, d'actes désespérés, la plupart sont poignants, à l'image du cruel destin des fils de Fëanor, liés par ce terrible serment.
    Le Silmarillion est, à mon humble avis, une oeuvre capitale pour mieux comprendre les événements du Seigneur des Anneaux. La lecture n'en est pas si difficle, à condition de s'habituer aux nombreux double-noms de certains personnages (selon la langue) et de s'aider des arbres généalogiques et des cartes pour mieux s'y retrouver, car il est vrai que les récits abondent en personnages importants, tant du côté des Elfes que des Humains.
    Une vaste fresque, épique, riche et dense qui me ravit toujours. Enfin, comment ne pas être confondue et ébahie devant l'ampleur de l'oeuvre de Tolkien ? Il a su créer un monde neuf et original, à la fois beau et triste, où la nature tient une grande place... Une oeuvre qui n'a pas d'équivalent à ce jour, qu'on se le dise !

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-le-silmarillion..
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    • Livres 4.00/5
    Par Magicetincelle, le 13 novembre 2011

    Magicetincelle
    Depuis le temps que je "rêvais" de le lire, c'est à présent chose faite et je suis assez fière d'être arrivée au bout. Car oui, c'est quand même un gros morceau, ce Silmarillion. Je ne suis pas déçue du tout et je suis même enchantée d'avoir découvert toutes les aventures pré-Seigneur des anneaux. Savoir comment tout ça a commencé, découvrir les héros du Premier-Âge (le SdA se déroule au 3ème pour ceux qui se le demanderaient) a été une belle aventure. Si vous avez toujours voulu connaitre l'histoire de Numénor, de la première guerre de l'anneau, de la Chute de Godolin ou de la belle Tunivel qui est chanté plusieurs fois dans Le Seigneur DES Anneaux, ce livre est pour vous.
    Pour les fans de Tolkien, c'est LE livre de référence, la Bible de la Terre du Milieu. Pour les autres, passez votre chemin...
    Le livre est très complet et assez complexe à suivre : comme à son habitude Tolkien introduit beaucoup de personnages et de lieux qui ont divers noms suivants ceux qui en parlent. du coup il faut rester accroché sans quoi on risque de s'emmêler les pinceaux.
    Le livre est divisé en différente histoires/contes partant de la Création du Monde et de la Terre du Milieu (Arda) à la chute de Morgoth (le "grand méchant" qui meurt à la fin du premier âge) avec 2 contes supplémentaires : la Chute de Numénor (fin du 2ème âge. Pour ceux qui se demande ce qu'est Numénor ce sont les hommes dont descend Aragorn et qui ont une durée de vie très longue) et l'Histoire de l'Anneau (dont Le Seigneur DES Anneaux relate la dernière partie). Les histoires peuvent être prises séparément même si lire les contes précédents est fortement conseillé pour bien comprendre. Certains contes sont assez descriptifs et permettent de planter le décors alors que d'autres sont de vraies aventures. Dans tous les cas, bien que l'on reconnaisse la plume de Tolkien, on voit cependant que ce ne sont des des "résumés" d'histoires qui pourraient être très longues et complexes : les actions s'enchaînent et les descriptions des décors et des personnalités sont minimales. C'est d'ailleurs ce qui m'a un peu pesé : tout est bref et on n'a presque pas le temps de s'attacher à un personnage.
    Mais malgré ça j'ai grandement apprécié d'avoir cet aperçu des légendes de Tolkien. Deux m'ont particulièrement plu : La Légende de Luthien Tunivel et celle de Turin Turambar.
    L'histoire de Turin est d'ailleurs détaillée dans Les Enfants du Hurin, que je lirai peut-être. Ca me permettra d'avoir une version moins "éclair" de cette très belle légende. S'il ne fallait en lire qu'une c'est celle-là que je vous conseillerais.
    4 étoiles donc car c'est très bon livres pour les fans de Tolkien, très complet avec des contes et des héros surprenants. Mais il perd une étoile à cause la "brièveté" de ces contes.
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    • Livres 4.00/5
    Par fleurdusoleil, le 02 septembre 2011

    fleurdusoleil
    Comme beaucoup de monde, je connais la trilogie du Seigneur des anneaux, œuvre grandiose de J.R.R. Tolkien, relancée grâce à son adaptation cinématographique à grand succès.
    Alors quand Plumeline a proposé une lecture commune de le Sirmarillion, j'ai eu envie d'en connaitre un peu plus sur l'univers de l'auteur. Il est tout de même l'image emblématique de la fantasy et je trouvais réducteur de ma part de le remiser à une seule référence.
    Le Silmarillion est le commencement, la naissance de Eä, la Terre qui connaitra la grande Guerre de l'Anneau. Mais bien avant cela, elle fut avant tout le théâtre d'une guerre longue et sanglante entre tous ses habitants, les Elfes, les Humains, les Valars, les Orcs et les Nains. Les différences attribuaient à chacun lors de leur création vont générer immanquablement des dissensions entre eux. Et plus que tout, l'orgueil, l'envie et la jalousie vont attiser un feu violent qui va tout dévaster. Un être malfaisant va profiter de la faiblesse de chacun pour insuffler la haine et le mépris. Ce sera le chaos, la Terre deviendra un gigantesque champs de bataille, une ruine emplie de désespoir.
    Quel noir dessein conduit à tout ceci ? le pouvoir ! le pouvoir !
    J.R.R. Tolkien a inventé un autre monde. Une terre habitée par des êtres liés à la nature, à la pierre ou à la mer. Une Terre où différents peuples pourraient vivre en harmonie. Mais je dis bien "pourraient", car ce ne sera malheureusement pas le cas.
    Il y a des Dieux ( un peu ressemblant avec la mythologie grecque ou romaine ), des elfes et des nains ( référence possible avec les celtes ) et des hommes ( là on ressent plus une communion avec la Bible ). Et tout un univers complet et complexe où évoluent tout ce petit monde.
    Le roman se présente sous forme de récit, comme un conte et l'on est tout de suite happé dans cette étrange ambiance qu'a créée Tolkien autour de ses personnages. On n'est plus sur la Terre mais on surfe sur Eä à l'aide des mots. Il est quand même très difficile de bien situer les différentes grandes villes ou sites où se dérouleront les combats car il y a beaucoup de noms à mémoriser ( de plus ce sont des mots de la langue elfique !!, un peu tarabiscotés ! ). de même pour les personnages, entre les différentes tribus elfiques, les nombreux peuples humains et les longues lignées naines, on finit par en perdre son latin.
    Il serait intéressant de commencer son apprentissage du monde de Tolkien avec ce roman car il apporte des informations qui seront très utiles pour entamer la trilogie du Seigneur des anneaux. D'ailleurs l'épilogue relate en bref cette guerre, comment Sauron va mettre le chaos pour retrouver l'anneau unique. Et puisque l'histoire tragique des Elfes et des Hommes commence par la disparition des Silmarils, autant suivre la chronologie. Bien entendu, il est possible de les lire dans le désordre, ça ne gênera en rien la compréhension générale des différents récits.
    En bref, j'ai fait une très belle découverte grâce à cette lecture commune et n'ayant lu que le premier tome du Seigneur des anneaux, je pourrais l' apprécier encore plus par la suite...

    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/09/le-silmarillion-jrr-tolk..
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 23 décembre 2013

    Dernier d'entre tous, voici Melkor, le Tout-Puissant. Mais il a perdu le droit à ce nom, et les Noldor, ceux d'entre les Elfes qui souffrirent le plus de sa malveillance, ne le prononcent jamais : ils l'appellent Morgoth, le Noir Ennemi du Monde. Ilùvatar le dota de grands pouvoirs et le mit au même rang que Manwë, partageant les pouvoirs et les connaissances de tous les Valar, mais il les utilisa à des fins mauvaises et tourna sa force vers la violence et la tyrannie. Car il convoitait Arda et tout ce qu'elle renferme, il voulait le royaume Manwë et les domaines de tous les autres Valar.
    Déchu de sa splendeur, son arrogance tourna au mépris pour tout ce qui n'était pas lui, esprit impitoyable et stérile. Son intelligence se tourna en ruse pour détourner à ses fins propres tout ce qui pouvait lui servir, et le mensonge lui devint naturel. Au début il aspirait à la Lumière, mais le dépit de n'être pas seul à la posséder le précipita dans une colère brûlante jusqu'à plonger dans une fournaise au fond des Ténèbres. Les Ténèbres furent le principal instrument de ses entreprises maléfiques, et elles remplirent de terreur tous les êtres vivants sur Arda.
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  • Par Piling, le 07 août 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    Il y eut Eru, le Premier, qu'en Arda on appelle Ilùvatar ; il créa d'abord les Ainur, les Bénis, qu'il engendra de sa pensée, et ceux-là furent avec lui avant que nulle chose ne fût créée. Et il leur parla, leur proposa des thèmes musicaux, ils chantèrent devant lui et il en fut heureux. Un long temps s'écoula où ils chantèrent chacun seul, ou à quelques-uns, pendant que les autres écoutaient, car chacun ne comprenait que cette part de l'esprit d'Ilùvatar d'où lui-même était issu, et le sentiment de leur ressemblance mit longtemps à venir. Pourtant une meilleure compréhension leur vint à mesure qu'ils écoutaient et les fit croître en accord et en harmonie.
    Et il fut un jour où Ilùvatar fit rassembler tous les Ainur pour leur soumettre un thème magnifique qui leur dévoilait des choses plus grandes et plus merveilleuses qu'il ne leur avait encore révélé.
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  • Par Folfaerie, le 31 août 2010

    Tu dis vrai, répondit Morgoth. Je suis l’Ancien Roi : Melkor, le premier et le plus puissant des Valar, qui fut avant que le monde ne fut,, et qui fit le monde. L’ombre de mon dessin se projette sur Arda, et tout ce qui s’y trouve se soumet lentement et sûrement à mon vouloir. Mais sur tous ceux qui te sont chers, ma pensée pèsera comme un sombre brouillard fatidique, et elle les plongera dans les ténèbres et la désespérance. Partout où ils iront le mal règnera. Dès qu’ils parleront, leurs paroles seront de mauvais conseil. Tout ce qu’ils feront se retournera contre eux. Ils mourront sans espoir, maudissant et la vie et la mort
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  • Par Aline1102, le 21 juillet 2011

    Vous pleurerez des larmes sans nombre et les Valar fortifieront Valinor pour vous enfermer au-dehors, afin que même l’écho de vos plaintes ne franchissent plus les montagnes. La colère des Valar s’étend à l’Est à l’Ouest sur la maison de Fëanor, et elle touchera tous ceux qui les suivront. Leur serment les entraînera, les trahira et ensuite leur fera perdre jusqu’aux trésors qu’ils avaient jurés de poursuivre. Tout ce qui commence finira bien mal et la fin viendra des trahisons entre frères et de la peur d’être trahi. Ils seront à jamais les dépossédés.
    Vous avez répandu injustement le sang de vos frères, vous avez souillé la terre d’Aman. Pour le sang, vous verserez le sang et au-delà d’Aman vous marcherez sous l’ombre de la Mort. Car si Eru ne vous à pas destiné à mourir de maladie en ce monde, vous pourrez être tués et la mort s’abattra sur vous : par les armes, la souffrance et le malheur, et vos esprits errant devront alors se présenter devant Mandos. Et là, vous attendrez longtemps, vous regretterez vos corps perdus en implorant la miséricorde. Croyez-vous trouver la pitié, croyez-vous que ceux que vous avez tués intercèderont pour vous ? Et pour ceux qui n’atteindront pas le trône de Mandos et resteront sur les Terres du Milieu, le monde deviendra un fardeau qui les affaiblira, ils ne seront plus que les ombres d’un regret quand viendra la race plus jeune. Ainsi, les Valar ont parlé.
    (Malédiction de Mandos aux Noldor, lorsqu'ils quittent Valinor)
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  • Par Piling, le 17 décembre 2010

    Then Ilúvatar arose, and the Ainur perceived that he smiled; and he lifted up his left hand, and a new theme began amid the storm, like and yet unlike to the forner theme, and it gathered power and had new beauty. But the discord of Melkor rose in uproar and contented with it, and again there was a war of sound more violent than before, until many of the Ainur were dismayed and sang no longer, and Melkor had the mastery. Then again Ilúvatar arose, and the Ainur perceived that his countenance was stern ; and he lifted up his right hand, and behold! a third theme grew amid the confusion, and it was unlike the others. For it seemed at first soft and sweet, a mere ripling of gentle sounds in delicate melodies; but it could not be quenched, and it took to itself power and profundity. And it seemed at last that there were two musics progressing at one time before the seat of Ilúvatar, and there were utterly at variance. The one was deep and wide and beautiful, blut slowe and blended with an immeasurable sorrow, from which its beauty chiefly came. The other had now achieved a unity of its own; but it was loud, and vain, and endlessly repeated; and it had little harmony, but rather a clamorous unison as of many trumpets braying upon a few notes. And it essayed to drowm the other music by the violence of its voice, but it seemed that its most triumphant notes were taken by the other and vowen into its own solemn pattern.
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"Le Hobbit": 3 raisons de se désoler de ce second volet .
"Le Hobbit, la désolation de Smaug", c'est le deuxième volet de l'adaptation de l'oeuvre de J.R.R Tolkien par le réalisateur Peter Jackson. Pour notre critique Romain Blondeau, cet épisode ressemble assez à une fin de cycle. Trois raisons pour lesquelles il est temps d'en finir avec cette série.








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