ISBN : 2707320633
Éditeur : Les Editions de Minuit (2009)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 54 notes) Ajouter à mes livres
Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour ha... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 03 avril 2009

    Titine75
    “Famille, je te hais!” pourrait être le credo du narrateur du nouveau roman de Tanguy Viel. le message s'adresse plus précisément à la mère qui cristallise toutes les frustrations et les souffrances de son fils Louis qui écrit là le roman familial.
    L'histoire de cette famille bretonne tourne essentiellement autour de l'argent source de va-et-vient géographique. le père de Louis était vice-président du stade brestois lorsque le club était en première division. 14 millions de francs disparaissent des caisses du club, ce qui vaudra sa perte, le père de Louis est suspecté. Lui et sa famille sont insultés, hués dans la rue. L'exil est nécessaire pour sauver la face. Les parents et le frère de Louiss quittent Brest pour le Languedoc-Roussillon, l'horreur absolue! “C'est vrai que c'est assez moche le Languedoc-Roussillon. Moi-même je n'y ai jamais habité mais je n'aime pas cette région. Ne me parlez pas de sa garrigue, de ses taureaux ni de ses flamands roses, ne me parlez pas des vieilles pierres de Montpellier ni du mistral sous le pont du Gard, je suis trop d'accord avec ma mère et je compatis volontiers avec qui habite le Languedoc-Roussillon, a fortiori qui y habite contre son gré. Or ma mère y a habité contre son gré.” Elle guette la première occasion pour remonter à Brest.
    Louis choisit de rester à Brest avec sa grand-mère, loin de sa mère qui veut contrôler sa vie. Il veut conquérir son indépendance, ne plus étouffer. Malheureusement le destin le rattrape. Sa grand-mère rencontre un homme extrêmement riche. Lorsqu'il meurt, elle hérite de 18 millions de francs. La voilà l'excuse tant attendue par la mère pour revenir à Brest! Il faut protéger la grand-mère des vautours et surtout protéger l'argent. Louis ne peut supporter le retour de sa famille, à tout prix il doit quitter Brest. Sa mère bien entendu ne comprend pas la volonté de son fils à rejoindre Paris :”Jamais ma mère n'a compris ce qui m'avait pris d'aller habiter Paris et particulièrement d'y partir au moment même où eux, mes parents, revenaient habiter en Bretagne, c'est-à-dire selon ses propres termes, au moment où ils refermaient la parenthèse de leur exil à eux dans le Sud de la France, où ils étaient quand même restés quatre ans, quatre ans à vendre des cartes postales à Palavas-les-Flots.” La manière, violente, choise par Louis pour devenir indépendant modifiera profondément l'équilibre familial.
    Tanguy Viel nous présente une famille gangrénée par l'argent qui disparaît et réapparaît. Une famille dominée, étranglée par une mère qui veut tout contrôler, tout savoir sur les membres de sa famille. Elle surveille par exemple les fréquentations de Louis en écartant ceux qui ne sont pas du bon milieu social.
    Tanguy Viel décrit cette famille dysfonctionnelle avec un ton froid, détaché et la violence nous saisit d'autant plus.
    Louis, à Paris, se libère de son histoire familiale par l'écriture. Il écrit son roman familial mais on s'aperçoit qu'il a largement réinventé les évènements. Il raconte ce qu'il aurait aimé vivre et principalement l'échec de sa mère. Tanguy Viel utilise la mise en abîme pour montrer que tout roman est un mélange de vrai, de faux que le lecteur ne peut démêler.
    Brest, dont la reconstruction a été ratée, est le cadre idéal de cette histoire familiale sombre, lourde, aux instincts humains bas comme un ciel breton.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2009/03/25/paris-brest-de-tanguy-..
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    • Livres 4.00/5
    Par claracambry, le 25 mars 2010

    claracambry
    La parution de ce livre avait entraîné sur son passage une frénésie, une effervescence assez inhabituelle à Brest. Sur toutes les lèvres, dans tous les lieux, une seule question revenait « alors, vous avez lu Paris-Brest de Tanguy Viel ? ». S'en suivaient des commentaires élogieux. J'avais retenu que l'auteur décrivait sans concession les habitudes de ces familles qui arpentent la rue de Siam , le cours d'Ajot et qu'il jetait le pavé dans la mare familiale. Trop imprégnée de tout ce qui avait pu être dit sur ce livre, je m'attendais à autre chose. Et, mon avis avait été très mitigé.
    Comme c'est un livre qui fait partie de la sélection du Prix des Lecteurs du Télégramme, je l'ai relu.
    Le narrateur, Louis, revient à Brest après être parti à Paris durant trois ans où il a écrit un livre. Entre présent et passé, on apprend l'histoire de sa famille. La grand-mère devenue riche après une rencontre au Cercle Naval, l'appartement avec vue sur la Rade, sa mère qui guette l'argent qu'elle héritera, le père accusé d'avoir détourné de l'argent et obligé de démissionner de son poste de vice-président du club Brestois, son copain Kermeur une mauvaise fréquentation selon sa mère. Des parents exilés à Palavas-les-Flots à a cause du scandale, Louis restera à Brest. Puis, l'occasion pour Louis de partir à Paris et se défaire, d'écrire son histoire après un mauvais coup effectué avec le fils Kermeur.
    Et là, le style très parlé de Tanguy Viel m'a plongée dans une atmosphère où je me sentais bien. Parce que ce qu'il écrit se juxtapose à Brest, les apparences jouées dans ce théâtre où chacun connait on rôle sur mesure. Rien n'a changé, le dédain s'affiche toujours sur des visages hautains, fiers car le père ou le mari est Officier de Marine. Et enfin, il y a l'argent et les quand dira-t-on, et l'on s'imagine croiser à l'angle d'une rue le fils Kermeur.
    Mon bémol sur l'intrigue est compensé par le style, qui cette fois, m'a conquise. Ironie teintée de vitriol pour décrire les mœurs et l'hypocrisie qui compose avec une écriture très vivante comme pour rendre hommage à la beauté naturelle de la côte.


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/03/tanguy-viel-paris-brest.html
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 21 décembre 2010

    litolff
    Une histoire d'argent, d'héritage, de petite bourgeoisie étriquée, d'hypocrisie et de jalousie, d'échecs et de ratés, une histoire de famille cynique et corrosive, de haines sournoises et de hontes ravalées... l'argent pourrit tout, c'est bien connu, rien de nouveau sous la brume de Brest...!
    Mais bon, même avec des personnages caricaturaux qui prêtent à sourire, ça n'en fait pas un livre inoubliable : vite lu et bientôt oublié...
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    • Livres 4.00/5
    Par livr-esse, le 28 avril 2009

    livr-esse
    L'histoire:
    A Brest, une histoire de famille pleine de secrets, de hontes, de faux-semblants nous est racontée par Louis.
    Il évoque en premier sa grand-mère qui est devenu millionaire grâce à un mariage inattendu à l'aube de sa vieillesse.
    Parallèlement, il y a son père, président du Club de foot de Brest, qui lui, doit justifier la disparition de 14 millions d'euros.
    Pour éviter, les regards accusateurs des locaux, son père et sa mère décident de s'exiler dans le Languedoc Roussillon. Une catastrophe pour ces Brestois !!!
    Louis veut écrire Son Roman Familial, celui où il pourra épingler les petits et grands travers de sa propre famille.
    Pour cela, il décide de quitter Brest et va habiter à Paris.
    L'éloignement va lui permettre d'écrire les 175 pages qui doivent l'amener à neutraliser son passé. A l'approche de Noël, il devra prendre le train de Paris pour Brest et faire face à "ses anciens démons".
    Mon avis:
    Je n'ai pas réussi à lâcher ce roman avant la fin(...)

    Lien : http://www.livr-esse.com
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    • Livres 3.00/5
    Par lapublivore, le 31 décembre 2010

    lapublivore
    une écriture tranchante, vive. très rapide à lire.
    L'histoire est assez affreuse, mais finalement réaliste (notamment en ce qui concerne la description des personnages "vieille France de province", et leurs préjugés)
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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 18 décembre 2010

    Or ce n'était pas du tout brumeux sur la côte ce matin-là quand la mer s'est présentée à nous, quand la route avait semblé un instant se jeter dans l'eau bleue, parce que la brume entre-temps s'était levée comme souvent si vite dans cette région.
    La brume à cet instant, ce n'était plus que les Gitanes sans filtre que mon père allumait l'une sur l'autre au milieu de quelques phrases absentes, très absentes même, puisque je crois qu'on ne s'est pas parlé du trajet, comme rendus plus silencieux encore par la mer endormie (...).
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  • Par gwenlaot, le 07 novembre 2009

    Ce jour-là, je m'en souviens, la tête plongée dans l'assiette en porcelaine je me suis seulement dit: ne lève pas les yeux sur elle, si tu lèves les yeux une seule fois c'est foutu, si tu la regardes maintenant, toi aussi tu seras un satellite pour toute ta vie. Et replié au fond du gouffre en moi, j'ai juste entendu, comme une fusée qui traversait la pièce, j'ai entendu la voix de ma grand-mère à côté de moi qui ajoutait: tu parles de nous en bien, j'espère.
    Ensuite il y a eu du silence encore et des paroles normales. Il y a eu mon frère qui ne savait pas où se mettre puis des conversations déviées et du silence toujours. Il y a eu la pluie à Brest et les prix des loyers. Il y a eu les cuillères cognées contre la porcelaine. Mais sur la table au-dessus de nous, outre la mer dehors et les vieux meubles qui pliaient sous nos regards, il y avait cette expression devenue presque sale, comme un nuage de pluie qui se serait maintenu: des choses sur nous. Et dans le tourbillon noir des tasses en porcelaine, on aurait dit que chacun, à la surface mouvante de son café, que chacun désormais lisait des choses sur lui.
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  • Par ChezLo, le 18 décembre 2010

    C'est même en tant qu'ami qu'il a évoqué le Languedoc-Roussillon comme la région idéale pour l'exil et comme l'une des plus belles régions de France. Mais quelqu'un qui vous dit que le Languedoc-Roussillon est une des régions les plus belles de France, moi je n'appelle pas ça un ami.
    Ma mère non plus ne l'appelle plus depuis longtemps son ami, comme longtemps elle le fit, comme longtemps elle employa l'expression "monsieur le procureur de la République", dès que l'occasion se présentait, dès qu'elle provoquait l'occasion pour le dire.
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  • Par tchaika, le 28 septembre 2009

    D'un côté je voulais faire un roman familial à la française, de l'autre je voulais faire un roman à l'anglaise, et cela d'autant plus que tout se passe en Bretagne, et pire qu'en Bretagne, dans le finistère nord, c'est à dire dans la partie la plus hostile, la plus sauvage et la plus rocheuse de Bretagne,alors c'était d'autant plus normal de donner à tout cela un côté, disons, irlandais, un côté cornouailles, avec des oiseaux noirs et des pierres fatiguées.
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  • Par claracambry, le 25 mars 2010

    On dirait que dans la Marine, on les recrute selon le format de leur squelette, ou bien un certain type d’exercices physiques, ou bien un certain régime alimentaire, a fini par sculpter leur corps de cette même taille longiligne et curieusement aviaire, oui c’est ça, ils ressemblent, c’est exactement ça, à des oies, à des dindons ou à des canes, et les enfants par dizaines, car on fait beaucoup d’enfants dans la Marine, font autant de petits canetons.
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