Ce polar acheté plus ou moins dans la précipitation, de peur qu'il ne soit plus disponible, est finalement resté assez longtemps sur mes étagères avant que je ne me décide à l'ouvrir. Je l'ai dévoré en deux jours, et si quelques aspects m'ont pqrticulièrement plu, l'intrigue quant à elle m'a franchement laissée sur ma faim.
J'ai tout particulièrement aimé le cadre dans lequel se déroule cette histoire : le Marché Saint Pierre est l'un de mes coins préférés de Paris. J'adore me rendre dans ce quartier, Temple du tissus. Non seulement parce qu'on y trouve à peu près toutes les matières possibles et imaginables toute l'année, mais surtout pour son ambiance, délicieusement désuette, avec les comptoirs en bois et les vendeurs à la gouaille inimitable. Et l'auteure a su sans aucun doute rendre cette ambiance; tout comme la sociologue de son roman, elle a longuement étudié le quartier !
J'ai également été fascinée par la visite clandestine des carrières. J'ai déjà visité ces carrières, dont une partie est aménagée en catacombes, de façon officielle (un des meilleurs trucs à faire à Paris, selon moi !), mais je n'ai malheureusement jamais eu l'occasion d'en faire une visite, disons, libre; d'en explorer les autres tronçons. Alors pouvoir faire cette visite, ne serait-ce que durant quelques paragraphes, fut un véritable enchantement.
En revanche je n'ai pas particulièrement accroché au style, parfois lourd et emprunté. Les points sont bizarrement placés et coupent les phrases un peu n'importe comment. Si ce type de phrasé passe à l'oral ; à l'écrit, c'est vraiment bizarre, et cela a même entravé ma compréhension, le temps que je m'habitue. Mais bon, malgré tout les pages se tournent bien, une fois que l'on s'est habitué à la chose, et je n'ai pas trouvé de longueurs.
Une autre maladresse réside dans la façon dont l'identité du coupable nous est cachée tout au long du roman. Les personnages en viennent pour le désigner, à employer des paraphrases assez improbables totalement dénuées de naturel.
Enfin, je n'ai pas vraiment apprécié cette façon de désigner les personnages tour à tour par leur prénom et leur nom de famille. Sans doute, est-ce là un moyen d'éviter les répétitions, mais une fois de plus, cela m'a semblé bizarre et peu naturel.
Pour en terminer avec les personnages, je n'ai ni compris ni apprécié le fait qu'ils soient tous névrosés à un degré plus ou moins élevé. Ils ont vraiment tous des problèmes d'ordre psychologique, ce qui les rend plutôt antipathique, et une fois encore, manque énormément de réalisme à mon goût.
Enfin, la révélation finale m'a semblée abracadabrante, l'auteur se débarrassant vaguement des incohérences en trois mots d'explications jetés au milieu d'une phrase. J'ai été très frustrée par ce dénouement qui ne colle pas vraiment à tout ce qui est dit plus tôt, même si l'identité du tueur n'est pas vraiment surprenante. C'est juste la justification…qui n'est pas justifiée, enfin, à mon goût.
Bref, un polar qui se lit bien et que je suis loin d'avoir détesté malgré toutes les critiques émises, mais qui ne me laissera toutefois pas un souvenir impérissable !
Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/01/18/walker-lalie-aux-ma..