Par Simone Weil

Note moyenne : 4.6/5 (sur 5 notes)
Pocket 1993
ISBN : 2266045962  
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Ceux qui aiment la fulgurance des citations qui contiennent tout un monde, ceux dont une seule phrase ou un court passage, retenu pour sa beauté ou sa clairvoyance, peut occuper l'esprit longtemps, bref tous ceux qui pratiquent plus volontiers la méditation que la spéculation, vont à coup sûr adorer La Pesanteur et la Grâce. Recueil des pensées les plus intimes d'un philosophe au parcours singulier qui renonça à sa condition bourgeoise pour travailler à l'usine et qui, d'origine juive, finit par se rapprocher du christianisme, cet ouvrage constitue une véritable initiation à l'oeuvre de Simone Weil. Sous une trentaine de rubriques se retrouvent les thèmes principaux de sa réflexion : effacement, acceptation du vide, mystique du travail... Mue par le constant désir d'abolir en elle le moi, Simone Weil paraît reformuler sans cesse tout au long de ces pages une seule et cruciale question, celle du salut : comment peut-on échapper à ce qui en nous ressemble à de la pesanteur ? --Paul Klein

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Critiques et avis sur La Pesanteur et la Grâce


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    • Livres 4.00/5
    Par Piling, 2009-12-03 19:13:52

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    La création est un acte d'amour et elle est perpétuelle. À chaque instant notre existence est amour de Dieu pour nous. Son amour pour nous est amour pour soi à travers nous. Ainsi, lui qui nous donne l'être, il aime en nous le consentement à ne pas être.



    Notre existence n'est que de son attente, de notre consentement à ne pas exister.



    Perpétuellement il mendie auprès de nous cette existence qu'il nous donne. Il nous la donne pour nous la mendier.

    La Pesanteur et la grâce, Simone Weil.



    Ce n'est du tout une idée nouvelle, évidemment, que Dieu, dans sa perfection, ne peut aimer que lui-même. C'est Avicenne qui l'a émise le premier, s'inspirant sans doute de l'affirmation d'Aristote selon laquelle Dieu pense et ne peut penser qu'un objet aussi élevé que lui. De même qui Dieu peut trouver plus aimable que lui-même ? Avicenne ajoute qu'épris de sa propre essence, Dieu aime les créatures à mesure qu'elles se purifient de tout ce qui n'est pas lui et donc se rapprochent de son essence. Il ne nous est donc pas indifférent mais S'aime en nous :

    (…)

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    • Livres 4.00/5
    Par Piling, 2009-12-02 18:57:16

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    L'avare, par désir de son trésor, s'en prive. Si l'on peut mettre tout son bien dans une chose cachée dans la terre, pourquoi pas en Dieu ?



    Mais quand Dieu est devenu aussi plein de signification que le trésor pour l'avare, se répéter fortement qu'il n'existe pas. Éprouver qu'on l'aime, même s'il n'existe pas.

    Simone Weil, La Pesanteur et la grâce.





    Une façon de bondir par-delà la foi, de se délester des problèmes de la foi en saisissant soudain que ce sont de "faux problèmes" (au sens où l'entendait Bergson) : choisir l'amour en lieu et place de foi, comme manifestation d'indifférence à la foi, moyen de s'en passer.

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    • Livres 4.00/5
    Par Piling, 2009-12-02 18:56:28

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    " L'imagination travaille continuellement à boucher toutes les fissures par où passerait la grâce.



    L'imagination combleuse de vides est essentiellement menteuse. Elle exclut la troisième dimension, car ce sont seulement les objets réels qui sont dans les trois dimensions. Elle exclut les rapports multiples.



    Essayer de définir les choses qui, tout en se produisant effectivement, restent en un sens imaginaire. Guerre. Crimes. Vengeances. Malheur extrême.

    Les crimes en Espagne se commettaient effectivement et pourtant ressemblaient à de simples vantardises."



    Dans "imagination" il faut sans doute comprendre ce que les bouddhistes ou les taoïstes ou tous les adeptes des spiritualités visant à tuer l'ego appellent le "mental", et aussi l'Illusion. Mais, grande différence avec eux, a priori, sa défense du "je", et donc de l'ego, sauf que c'est à lire ici au sens d'âme, de ce qu'il y a de plus précieux en nous, cette flamme qui est émetteur-récepteur et qui est souvent enfumée par l'illusion, ou "l'imagination".

    (…)

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Citations et extraits de La Pesanteur et la Grâce


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  • Par Piling, 2009-12-07 09:58:49

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    Entre deux hommes qui n'ont pas l'expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près.
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  • Par Piling, 2009-12-08 09:15:26

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    L'objet de la recherche ne doit pas être le surnaturel, mais le monde. Le surnaturel est la lumière ; si on en fait un objet, on l'abaisse.
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  • Par Piling, 2009-12-08 09:15:09

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    Il n'y a rien de plus proche de la véritable humilité que l'intelligence. Il est impossible d'être fier de son intelligence au moment où on l'exerce réellement. Et quand on l'exerce on n'y est pas attaché. Car on sait que, deviendrait-on idiot l'instant suivant, et pour le reste de sa vie, la vérité continue à être.
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  • Par Piling, 2009-12-07 09:58:27

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    Cas de contradictoires vrais. Dieu existe, Dieu n'existe pas. Où est le problème ? Je suis tout à fait sûre qu'il y a un Dieu, en ce sens que je suis tout à fait sûre que mon amour n'est pas illusoire. Je suis tout à fait sûre qu'il n'y a pas de Dieu, en ce sens que je suis tout à fait sûre que rien de réel ne ressemble à ce que je peux concevoir quand je prononce ce nom. Mais cela que je ne puis concevoir n'est pas une illusion.
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  • Par Piling, 2009-12-05 19:45:13

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    La grande douleur de l'homme, qui commence dès l'enfance et se poursuit jusqu'à la mort, c'est que regarder et manger sont deux opérations diférentes. La béatitude éternelle est un état où regarder c'est manger.
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