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> Michel Le Guern (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070316254
Éditeur : Gallimard (2004)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.67/5 (sur 391 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"L'homme est un roseau pensant": cette célèbre pensée ne constitue qu'un des quelque huit cents fragments que comptent les Pensées, qui composent l'un des textes fondateurs de la pensée moderne. Destinées à l'origine à convaincre les libertins de la nécessité de croire ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 22 février 2014

    Gwen21
    Pascal fut d'abord pour moi un sujet de fascination quand j'appris qu'à 19 ans, au milieu du XVIIème siècle, il avait inventé la "pascaline", l'ancêtre de la calculatrice. Cette prouesse tant intellectuelle que mécanique mérite bien notre considération. Puis, très rapidement après cette découverte - car n'étant pas matheuse pour un sou mon intérêt s'est davantage porté sur ses "Pensées" -, il devint un sujet d'admiration.
    J'ai fait partie d'une des nombreuses promotions de bacheliers à avoir dû disséquer Pascal et Montesquieu, ce qui, en ce qui me concerne, constitua ma première approche, un de la philosophie, deux de la politique.
    Revenons-en aux "Pensées" les bien-nommées car, ce qui chez d'autres se serait appelé "Théories" ou "Doctrines", s'est révélé pour moi d'un abord très accessible et d'une compréhension aisée. Parce qu'elles sont centrées sur l'homme et la foi chrétienne et tendent notamment à démontrer que l'homme a fondamentalement besoin de la grâce divine pour accéder au "souverain bien " (le bonheur), elles ont résonné en moi comme le juste écho de mes propres convictions. Cependant, je conçois tout à fait que pour un lectorat athée, cette somme de réflexions philosophiques puisse être interprétée très différemment.
    De cette oeuvre posthume très riche, j'ai particulièrement été impressionnée par la justesse de l'analyse du "présent introuvable" qui dénonce dans la nature de l'homme la propension de l'individu à se raccrocher systématiquement au passé et au futur sans pouvoir jouir du présent. L'homme, accaparé par hier et perpétuellement angoissé par demain, ne parvient pas à être heureux aujourd'hui. Ce constat me semble hélas encore parfaitement vérifiable aujourd'hui ; les penseurs ont eu beau prévenir l'homme contre cette disposition d'esprit, il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 07 décembre 2007

    chartel
    Cela faisait pas mal de temps que ce célèbre livre hantait mon esprit, et c'est parce que le Magazine Littéraire a sorti un numéro consacré à Pascal que j'ai enfin fait le pas et me suis lancé dans la lecture de ce recueil fragmenté (l'édition Sellier qui suit l'ordre de la seconde copie). J'ai tout d'abord été irrité par le fanatisme de cet homme. Il m'est apparu complètement aveuglé par sa foi et sa dévotion religieuse. Il en ressortait un sentiment amer d'œuvre pompeuse et moralisatrice. Et puis, même si ce sentiment ne s'est pas effacé totalement, surtout lorsque l'auteur s'acharne à disséquer les livres saints et à citer des passages appuyant ses thèses ou contredisant ses détracteurs, j'ai découvert un homme profondément désespéré. Désespéré par le sentiment du vide existentiel et par le profond aveuglement de l'Humanité. Blaise Pascal nous éblouit par son sens de la rhétorique, par ses aphorismes subtils, évidents et tranchants. La forme même de l'œuvre, parcellaire, peut se lire tout d'un trait, pour observer la construction d'une pensée et d'une argumentation, et de manière ponctuelle, comme lorsque l'on souhaite entendre le son poétique des mots. Blaise Pascal est un vrai poète. Il a peut être influencé certains auteurs célèbres (Nietzsche, Char), qui ont employé cette forme courte et lacunaire, mais terriblement foudroyante. Lire Pascal aujourd'hui permet également de mettre en évidence les travers de notre société : boulimie consommatrice qu'il mettait en exergue lorsqu'il évoquait les subterfuges du divertissement et autodestruction programmée par un système social brandissant comme étendard la valeur de la concurrence et du paraître qu'il fustigeât à travers sa dénonciation des ravages du péché d'orgueil.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cularo, le 27 avril 2013

    Cularo
    Saisissant à mon sens le chef d'oeuvre du 17em siècle!
    Ce livre a été mon premier coup de foudre littéraire alors que j'étais au lycée;
    Le génie de Pascal,son art de la persuasion et la beauté de sa plume font qu'au
    lendemain de cette lecture j'ai failli me réveiller chrétienne.Mais surtout ses pensées
    sur la condition humaine,la mort,le pari,le divertissement,la justice m'ont profondément
    métamorphosées;j'avais perdu une partie de mon innocence mais avec le ravissement
    d'un coeur heureux séduit par une rencontre inoubliable.
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    • Livres 5.00/5
    Par fx131, le 07 juillet 2014

    fx131
    Pascal était l'homme du paradoxe . Alors que son oeuvre est principalement orientée vers la religion , il offre ici un plaidoyer vibrant en faveur de l'indépendance de l'esprit . Il faut s'y reprendre à plusieurs reprises pour réellement comprendre le propos de cette pierre angulaire de la pensée philosophique . Sa plume est d'une force telle , que l'on est saisi par la qualité de ces réflexions , par la profondeur de celles - çi . Et si au final Pascal avait livré avec ce livre l'une des plus grandes preuves littéraires de l'existence de l'humain et de sa pensée ? Un livre d'homme libre et une oeuvre fondamentale .
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    • Livres 3.00/5
    Par zohar, le 21 avril 2011

    zohar
    L'HOMME est, tout d'abord, un être déchu. Il est, ensuite, soumis aveuglément à ses désirs. Et enfin, il est incapable de se situer entre l'infiniment grand et l'infiniment petit. C'est dans ce constat que réside tout le fondement de la pensée pascalienne.
    Selon Pascal, ce qui est essentiel lui échappe, l'homme n'est apte à saisir que ce qui est connaissance secondaire (les sciences) ! Dès lors, les efforts des moralistes et philosophes apparaissent donc terriblement dérisoires : la raison ne peut, en aucune façon, fonder une morale ou une métaphysique.
    Seul le cœur constitue l'être profond de l'homme, dit-il, dans les pensées.
    Il est le siège des connaissances intimes immédiates et non démontrables : ces connaissances règlent la conduite de la vie et révèlent à l'être humain sa destinée !
    Par extension, au lieu de développer sa nature, dans l'amour de Dieu, l'homme se replie malheureusement sur lui-même, dans sa propre adoration.
    Il ne peut ainsi éviter le constat de ses insuffisances auxquelles il essaye en vain d'échapper par le DIVERTISSEMENT (c'est ce qui empêche l'homme de penser au néant et, à sa mort certaine).
    Par conséquent, pour assumer ses contradictions, il ne peut que se retourner vers DIEU, seul capable d'expliquer l'énigme qu'il représente (l'homme possède sa grandeur mais aussi sa misère.
    C'est entre ces deux extrémités qu'il trouvera son point d'équilibre et par voie de conséquence celui qui mènera, également, à Dieu).
    Ecrits dans un style poétique teinté d'un léger voile lyrique, les pensées (et ses Pensées) cheminent au gré d'unités qui se rythment et qui s'organisent en versets
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Citations et extraits

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  • Par adilosa, le 15 septembre 2013

    "Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l’ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz vous ; car en agissant comme nous faisons obligeamment pour tout lemonde, on n’a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, parce qu’il est injuste, et qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu’ils se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il le veut asservir ; car chaque moi est l’ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice ; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice : vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi ; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu’aux injustes."
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  • Par Lorraine47, le 07 mars 2015

    Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et de notre propre être: nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître. Nous travaillons incessamment à embellir et conserver notre être imaginaire et négligeons le véritable. Et si nous avons ou la tranquillité, ou la générosité, ou la fidélité, nous nous empressons de le faire savoir, afin d'attacher ces vertus-là à notre autre être, et les détacherions plutôt de nous pour les joindre à l'autre; nous serions de bon coeur poltrons pour acquérir la réputation d'être vaillants.
    Misère de l'Homme sans Dieu 147 - 806
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  • Par Lorraine47, le 02 mars 2015

    Car enfin, qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti.
    72 -199 Misère de l'Homme sans Dieu
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  • Par Lorraine47, le 08 mars 2015

    Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l'avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours; ou nous rappelons le passé pour l'arrêter comme trop prompt : si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas les nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient; et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont plus rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste.
    Misère de l'Homme sans Dieu 172 - 47
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  • Par adilosa, le 29 août 2013

    "ce même homme qui passe les jours et les nuits dans la rage et dans le désespoir pour la perte d’une charge, ou pour quelque offense imaginaire à son honneur, est celui là même qui sait qu’il va tout perdre par la mort, et qui demeure néanmoins sans inquiétude, sans trouble, et sans émotion. Cette étrange insensibilité pour les choses les plus terribles dans un cœur si sensible aux plus légères ; c’est un enchantement incompréhensible, et un assoupissement surnaturel."
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