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Note moyenne 3.94 /5 (sur 34 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1955
Biographie :

Anthropologue, sociologue et médecin, spécialiste des politiques de santé publiques, en particulier en Afrique, Didier Fassin est professeur à l'Université de Paris-XIII et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Il dirige le Centre de recherche sur les enjeux contemporains en santé publique (lnserm-UP 13-EHESS).

Source : Bibliomonde
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Leçon inaugurale de Didier Fassin prononcée le 16 janvier 2020. Didier Fassin est invité sur la chaire annuelle Santé publique. Découvrez ses enseignements : https://www.college-de-france.fr/site/didier-fassin/_course.htm
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Didier Fassin
steka   25 mai 2020
Didier Fassin
«Avec le coronavirus, notre vision du monde s’est rétrécie comme jamais»

La plupart des gouvernements du monde ont choisi de mettre en œuvre des mesures draconiennes sans précédent pour éviter la progression de l’infection. Quel sens donner à ce choix ?



Il faut noter que les mesures ont été d’autant plus draconiennes que les pouvoirs publics n’étaient pas préparés et que leurs réponses ont été tardives. On a alors fait rattraper aux citoyens le temps perdu par leurs gouvernants, et on a remplacé la prévention défaillante par une forme de police sanitaire avec un confinement rigoureusement contrôlé. C’est dans ces pays que l’interruption de l’activité économique et sociale a, en général, été la plus brutale et la plus radicale. Mais même là où l’épidémie a été mieux gérée, il y a eu une cessation de cette activité.



Le phénomène est sans précédent. Il se paie d’un double sacrifice. Il y a d’abord une suspension partielle, et variable selon les contextes, de l’État de droit, qui va bien plus loin que les restrictions à la circulation, puisqu’elle touche l’équilibre entre les pouvoirs, la possibilité de manifester ou même de protester, le simple droit à mourir dans la dignité. Il y a ensuite une crise économique et sociale, qui se traduit par une récession, une montée du chômage, une austérité à venir et un très probable accroissement des inégalités qui vont laisser des traces d’autant plus profondes que les économies étaient fragiles et que l’État social était réduit.
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Didier Fassin
thedoc   12 février 2018
Didier Fassin
De l'assimilation entre immigration et délinquance, nous sommes passés dans les années 2000 à l'assimilation entre immigration et terrorisme.
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Nat_85   14 mai 2018
Punir : Une passion contemporaine de Didier Fassin
Contrairement à ce qu'on avait donc pu penser, le spectacle du châtiment et de sa cruauté, qui rassemblait autrefois le peuple sur les places où avaient lieu les supplices et les exécutions, n'a pas disparu : il s'est transporté sur les écrans. Assurément, il s'est adapté aux exigences des sensibilités contemporaines : il s'est adouci ; il ne met plus en jeu le corps, mais la dignité ; il ne montre plus une agonie physique, mais une mort sociale.
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daniel_dz   25 mars 2019
Punir : Une passion contemporaine de Didier Fassin
Pour les policiers, la jouissance de l'intimidation, de l'humiliation, de la violence verbale et physique est patente, comme elle l'est dans de nombreux cas que j'ai pu observer où, à la relation de pouvoir, s'ajoutent l'inégalité sociale et la distance ethnoraciale.
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Apoapo   14 février 2019
Punir : Une passion contemporaine de Didier Fassin
« Peut-être faut-il l'interpréter [l'apparente contradiction entre la responsabilité individuelle et la dimension sociale du crime et du châtiment] comme un déni de réalité, au sens où les psychanalystes utilisent cette formule, à savoir une forclusion de ce qui serait insupportable à admettre. Si, en effet, il s'avérait qu'on punit de plus en plus indépendamment de l'évolution de la criminalité, qu'on pénalise les infractions moins en fonction de leur gravité qu'en fonction de ceux qui les commettent, qu'on sélectionne ainsi pour les sanctionner et souvent les enfermer les catégories les plus fragiles sur le plan socio-économique et les plus marginalisées pour des raisons ethno-raciales, et qu'enfin tout ce processus rend la société à moyen terme moins sûre et à long terme plus divisée, alors on devine combien cette révélation serait intolérable aux démocraties contemporaines. Par contraste, on comprend que considérer que chaque personne condamnée est responsable de son acte, qu'elle mérite son châtiment, fût-il particulièrement dur, et que l'institution pénale protège ainsi la sécurité des citoyens paraisse plus acceptable. La seconde version est assurément plus gratifiante que la première sur un plan moral. » (p. 147)
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foxinthesnow   29 mars 2020
La Vie. Mode d'emploi critique de Didier Fassin
L’auteure de la "Condition de l’homme moderne" distingue en effet le travail, qui est le moteur biologique du principe de subsistance, de l’oeuvre et de l’action, qui correspondent à l’appartenance au monde et aux relations entre les êtres humains, respectivement, et donc en dernier ressort au politique. Or, regrette Arendt, la modernité se caractérise par la place croissante du biologique et le déclin progressif du politique. (p. 115)
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daniel_dz   25 mars 2019
Punir : Une passion contemporaine de Didier Fassin
En vingt ans, aux États-Unis, la proportion de libérations sous conditions financières en attente du procès et le montant déterminé pour les cautions n'ont cessé d'augmenter. La sélection économique est ainsi devenue, indépendamment de la gravité des faits reprochés, un ressort essentiel de discrimination au regard du maintien en détention provisoire.
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Apoapo   10 février 2019
Punir : Une passion contemporaine de Didier Fassin
Incipit:

"La France traverse la période la plus répressive de son histoire récente en temps de paix."
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Sodapop_Curtis   26 septembre 2017
La force de l'ordre : Une anthropologie de la police des quartiers de Didier Fassin
Le sociologue Richard Ericson a observé minutieusement le travail de la police dans une ville moyenne de l'Ontario au cours de plusieurs centaines de patrouilles. Il confirme lui aussi le faible temps consacré à l'ensemble des interactions avec des personnes, qu'il s'agisse de réponse à des appels ou de contrôles d'identité, soit en moyenne 76 minutes sur 8 heures, et conclut : "Au -delà de la vision étroite qui assimile le travail de la police à la lutte contre le crime, il faut considérer la présence des policiers comme une fin en soi, qu'on les voie simplement circulant dans les rues ou qu'ils interviennent proactivement ou réactivement dans la vie des autres. Ils sont la loi, il représentent l'ordre, ils incarnent la loi et l'ordre." Cependant, l'enquête canadienne montre que la loi est subsidiaire par rapport à l'ordre : d'une part, la loi vient généralement donner une former acceptable à des décisions prises au regard d'une certaine vision de l'ordre dans le monde social ; d'autre part, la loi s'applique inégalement selon les individus de façon à respecter un certain ordre de la société. Ainsi, plutôt que le maintien de l'ordre public, est-ce finalement la "reproduction de l'ordre social" qu'assure la présence des patrouilles policières, autrement dit une manière de rappeler à chacun sa place, et notamment sa place face à l'État et à ceux chargés de mettre en oeuvre sa politique répressive.
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Sodapop_Curtis   26 septembre 2017
La force de l'ordre : Une anthropologie de la police des quartiers de Didier Fassin
Le contrôle d'identité est un pur rapport de force qui fonctionne comme un rappel à l'ordre - non pas à l'ordre public, qui n'est pas menacé, mais l'ordre social. Cet ordre social est celui d'une inégalité (entre le policier et le jeune) et d'une injustice (au regard du droit et simplement de la dignité) qu'il faut apprendre dans son corps. La répétition des mêmes expériences dans une routine mortifiante est une véritable éducation physique au cours de laquelle on intériorise sa place sociale. L'habitude de l'humiliation doit produire l'habitude de l'humilité. Apprendre l'inégalité et apprendre l'injustice n'est d'ailleurs pas tout à fait la même chose. On inculque, dans le premier cas, un rapport de domination (la découverte du pouvoir de la police), et dans le second, un rapport du sujétion (l'acceptation de sa propre impuissance). L'inégalité est objective, l'injustice subjective. Les contrôles d'identité, non seulement par leur fréquence mais aussi par leurs modalités, établissent une distinction entre des citoyens et des sujets. Les citoyens sont rarement contrôlés mais pensent pouvoir se plaindre s'ils pensent l'être abusivement. Les sujets sont souvent contrôlés mais savent qu'il n'ont le droit que de se taire. On comprend dès lors comment cette pratique, que beaucoup croient anodine, définit le rapport de certaines catégories de population à l'État et, plus largement, au politique.
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