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3.83/5 (sur 80 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bayonne , 1972
Biographie :

Né à Bayonne en 1972, Frédéric Aribit a vécu à Itxassou. Il est aujourd'hui docteur ès-lettres et enseigne la littérature à l’EABJM, à Paris.

Il est l'auteur de nombreux articles publiés en revues en France (Loxias, Les Cahiers Bataille, Chiendents, Recours au poème…) ou à l’étranger (Roumanie, Grèce), il a publié en 2012 "André Breton, Georges Bataille - Le vif du sujet" (L’écarlate-L'Harmattan).

Après "Trois langues dans ma bouche" (Belfond, 2015), "Le Mal des ardents" est son deuxième roman.

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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
"Une légende basque raconte qu'afin de soumettre les hommes et les femmes de ce pays à la tentation, le diable essaya pendant plus de mille ans d'apprendre l'euskara. N'y parvenant pas, il dut finalement renoncer à envoyer les Basques en enfer.
Je me demande inversement si Dieu, lui, parle le basque. Malgré l'ahurissant renouveau de cette langue en péril dans les années 60 et qui compte aujourd'hui plus d'un million de locuteurs, dont près de 60 000 en Pays basque français, je n'en suis pas certain."
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Vous avez raison, l’histoire d’une vie ne commence pas à la naissance. Jamais. De sorte que vous raconter à mon tour le long cheminement qui nous ramène à ces premiers cris oubliés dans une maternité de Bayonne ne nous avancerait pas, à quoi bon. Il n’y a pas d’origine, non, rien n’a d’origine que celle qu’on se choisit. Pas même notre rencontre, ici, dans ce bar de Guéthary où nous nous apprêtons à vivre la parenthèse d’une soirée estivale qui s’est ouverte sur un pied malencontreusement écrasé devant le comptoir et qui se refermera bientôt, quand vous rejoindrez vos amis et que votre jupe, votre débardeur blanc avec la bouche rouge des Stones s’évanouiront, tel le mirage soudain dissipé d’une fontaine où boire en plein désert,
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— Cette histoire, j’aimerais que tu l’écrives. Que tu la racontes. Elle est dingue, cette histoire, il faut la raconter. Moi c’est la musique, la photo, le dessin. Les mots, c’est toi. Tu dois la raconter, cette histoire. Tu l’écriras, pour moi, pour tous les mots que tu sauras trouver et que tu feras exister, tous les mots qui nous cherchent depuis des jours, qui tournent déjà autour de nous et qui ne doivent pas rester suspendus et s’évanouir dans les airs, comme quand la musique vibre autour de moi et que j’attrape mon violoncelle. Il faut s’y mettre, c’est tout. Tu feras un livre avec cette histoire, tu écriras mon livre, notre livre, le livre de tous ceux qui ont le feu ! Oui, le plus dur, c’est de s’y mettre.
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Et pour commencer : langue ou dialecte ? Je m'y perdais, tout s'embrouillait, les définitions discordaient mais les chiffres étaient accablants : une langue disparaît environ toutes les deux semaines de la surface de la Terre. Plus rapide que pour les espèces animales, allez hop, aux oubliettes tous les quinze jours. C'était une moyenne sans doute. Un chiffre attrape-couillons. Mais tout de même : 15 jours. A peine moins qu'entre deux matches de foot de l'équipe de la Kanboko Izarra de l'équipe de Cambo. Deux par plaquette de pilules environ. Certains pensaient même que d'ici 2100, la moitié des langues existant actuellement auraient disparu. J'étais sur le cul.
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Peut-être n'aimons-nous jamais que les livres qui parlent de nous. Ceux qui nous permettent de devenir nous-même, tout en nous empêchant de n'être que cela. Manqués, ajournés, réussis, la littérature est toujours une affaire de rendez-vous. D'heure exacte et réciproque, qui vient, ne vient pas.
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Ce que j'aime surtout, c'est regarder le vide. Moi, ça me remplit tout ce vide. Il y a tellement d'histoires qui résonnent encore entre les murs... Si seulement on savait les écouter, entendre tout ce que les gens ont pu vivre là d'amour, de bonheur quotidien, de disputes inutiles ou de drames effroyables, tout ce jour après jour qui tresse une vie et qu'ils finissent par aller trimballer ailleurs vers d'autres projets, d'autres envies, avec d'autres gens... Et de tout ce bonheur évaporé il ne reste que ça, cette coquille vide qu'on repeint, qu'on refait à neuf, avant que d'autres viennent à leur tour y jeter leur fantômes. C'est fascinant , tu ne trouves pas ?
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Erik était dans ma classe. Première et terminale, nous suivions la même section B, ancêtre de l'ES au lycée René-Cassin à Bayonne. C'était, sous sa nonchalance débraillée, un garçon physiquement solide et au caractère bien trempé, volontiers sarcastique, qui vous en imposait aussitôt. [...] Il portait le keffieh d'Arafat et des espadrilles noires bien avant qu'elles ne deviennent l'attribut bobo et bariolé des émules de Frédéric Beigbeder dans les bars de Guéthary.
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Je l'ai reconnue immédiatement. Bras écartés, sa silhouette d'ombre crucifiée par le vent, c'était elle.
La fille du métro.
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"Les imbrications corporelles devinrent soudain plus complexes. Nous innovions sans cesse, inventant des positions que je ne savais pas physiquement possibles l'instant d'avant, et vas-y que jet te mets mon bras là, et vas-y que tu lui mets ta jambe ici, et alors que nos innocentes conversations suivaient leur petit bonhomme de chemin, parcourant de A-ha jusqu'à ZZ Top tout l'alphabet discographique du moment, nos souffles s'accéléraient si bien que de consentements tacites en chaleurs inconnues, l'air se raréfiait autour de nous, en autant de touch-and-go qui s'ajournaient d'eux-mêmes."
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"Et puis il y avait cette histoire de jambe, une seule, qu'on n'avait jamais retrouvée. Déchirée sous la force de l'impact, projetée quelque part dans les airs et atterrissant dans le noir alentour, dans un fourré où elle avait lentement pourri, ou dans la gueule d'un chiens moins regardant dont elle avait fait le régal, comme ce morceau de sa propre côte qu'après un pneumothorax, Roland Barthes avoue avoir longtemps conservé dans un tiroir, relique de lui-même, avant de se résigner à le jeter aux clébards du haut de son balcon. On avait enterré un corps unijambiste."
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