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Note moyenne 3.79 /5 (sur 22 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Oran (Algérie) , le 23/01/1950
Biographie :

Gabriel Martinez-Gros est un historien spécialiste de l’histoire politique et culturelle d'al-Andalus.

Il est agrégé d'histoire. Après avoir enseigné à l'université de Rouen, il est professeur d'histoire médiévale du monde musulman à l'Université de Paris-VIII.

Il a traduit le livre de Juan Vernet, "Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne" (Sindbad, 1986). Ancien membre de la Casa de Velazquez, il y publie l'"Idéologie omeyyade", 1992.

Gabriel Martinez-Gros a codirigé l'IISMM (Institut d'études de l'islam et des sociétés du monde musulman) avec Lucette Valensi jusqu'en 2002.


Source : www.bibliomonde.com
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Storia Voce - 9 février 2020 L'invité : Gabriel Martinez-Gros, "L'Empire islamique médiéval" « Tout empire périra ». Cette sentence bien connue de Jean-Baptiste Duroselle, qui n’est autre que le titre d’un de ses livres, traduit cette permanence de l’histoire à travers les siècles. De son côté, Valéry considérait que c’étaient les civilisations qui étaient mortelles. Pourtant, si on se penche sur la question de l’Islam, il ne sera pas difficile de conclure que l’empire islamique médiéval a été évincé par le sultanat turc après cinq siècles d’existences. Donnant ainsi raison à Jean-Baptiste Duroselle. En revanche, la civilisation islamique s'est maintenue. Elle est même plus que jamais présente dans notre actualité mais aussi dans la réalité quotidienne de nombreux Etats et nations. Storiavoce vous propose de partir sur les traces d’un Empire, celui de l’empire islamique… Et de le faire non pas tant dans le cadre d’une approche chronologique mais plutôt conceptuelle : que signifie l’expression d’empire islamique médiéval? Comment cet empire s’est il constitué ? Comment la religion islamique s’est elle inscrite dans cette construction politique et dans les sociétés? Quelle est la place de ce qu’on appellerait l’Etat impérial ? Mais peut être et avant tout comment l’historiographie a-t-elle abordée cette période au cours du XXe siècle ? Autant de questions auxquelles l'historien Gabriel Martinez-Gros répond au cours de cet entretien. Il est interrogé par Christophe Dickès. L'invité: Agrégé d'histoire, Gabriel Martinez-Gros est professeur émérite d'histoire médiévale du monde musulman de l'Université de Paris-X. Il a codirigé avec Lucette Valensi l'Institut d'études de l'islam et des sociétés du monde musulman jusqu'en 2002. Pour l'année 2012-2013, il a donné des cours à l’École du Louvre dans le cadre du cours "Les dynasties berbères et le Maroc impérial (XIe-XIIIe siècles)" dans la spécialité histoire des arts de l'Islam. Grand spécialiste de l'oeuvre de l'historien arabe Ibn Khaldûn, il vient de publier chez Passés / Composés L'empire islamique (VIIe-XIe siècle).

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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-B   08 octobre 2016
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
Que ces forces tribales soient acquises par le mercenariat ou violemment importées par l'invasion, elles renouvellent les réserves de violence solidaire dont l'État a besoin. Dans tous les cas, les chefs de ces tribus conquérantes, ou de ces unités mercenaires, prennent le contrôle du pouvoir. Par définition donc, les populations sédentaires ne sont pas admises à désigner ceux qui les dirigent ; les membres du cercle dirigeant qui exerce la fonction de violence au sommet de l'État sont issus du monde des tribus, et sont donc étrangers aux populations sédentaires qu'ils dominent, qu'ils protègent et qu'ils exploitent comme leur troupeau.



Introduction.
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Nastasia-B   22 août 2016
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
L'empire éprouve et dénonce la violence qui le vise. Mais la violence des tribus des frontières est inséparable du désarmement des sujets, ou plutôt elle en est la conséquence. Elle n'est sensible que par contraste sur la toile de fond de la privation de violence imposée aux majorités. C'est la réduction à la paix des masses productrices qui fait voir et qui encourage la brutalité des guerriers, c'est la non violence qui crée la violence.



Introduction.
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Nastasia-B   12 octobre 2016
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
Les empires […] auraient avoué craindre la menace de leurs propres soldats, confessé la force des armées supposées défendre l'État et à instiller la méfiance ethnique parmi leurs contingents, pour mieux se garantir de l'émergence d'un soulèvement unanime des guerriers. En un mot, l'empire se défie assez de ses propres forces pour se résoudre souvent à les briser, au risque d'y périr lui-même.



Introduction.
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finitysend   14 mars 2016
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
Les empires , comme les épidemies , exigent pour se former que soit dépassé un certain seuil de densité humaine , synonyme de matière fiscale potentiellement abondante .
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Nastasia-B   14 mars 2016
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
Les Turcs s'imposent donc dès 820-840 comme la 'asabiya principale de l'empire. Il n'en seront jamais la seule. Leur expulsion des bénéfices de l'État rend certaines tribus arabes à la vie bédouine, et nourrit le bourgeonnement de dynasties locales arabes dans tout le Croissant fertile — Syrie et Irak — entre la fin du IXe et le XIIe siècle.

À l'extrême occident de l'Islam, le pouvoir andalou des Omeyyades de Cordoue recrute des esclaves soldats européens sur le modèle des Turcs de Bagdad. Dans le centre et l'est du Maghreb, à partir du début du Xe siècle, les tribus berbères les plus actives se rangent derrière le soulèvement shiite des Fatimides, qui enlève l'Ifriqiya/Tunisie en 909, puis l'Égypte et la Syrie en 969-975. À partir de cette date, l'Euphrate fait la frontière politique entre Abbassides de Bagdad et Fatimides établis au Caire, comme il avait séparé pendant mille ans le monde perse du monde hellénistique et romain. Après trois siècles et demi d'exception, la géographie de l'Islam revient à la norme précédente sous l'effet d'écartèlement de 'asabiyat trop nombreuses, que de parviennent pas à stabiliser des ressources fiscales trop limitées.



L'ISLAM CONFISQUE LA FORCE TURQUE.
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Nastasia-B   17 mars 2016
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
Le regard que porte Ibn Khaldûn sur cette pacification est à l'inverse du nôtre. Sans doute la paix est-elle un bien précieux, puisqu'elle permet l'abondance des biens, le repos de la pensée et l'expansion du savoir. Mais elle se paie du désarmement de la rudesse naturelle de l'humanité, de sa dévirilisation par le pouvoir de l'État pacificateur. Car là gît le drame : la pacification est le lot de l'immense majorité matériellement et moralement désarmée, mais qui l'est des mains d'une infime et nécessaire minorité violente en charge de l'État. La douceur imposée aux masses comme aux élites civiles — et civilisées — implique par contraste l'extrême brutalité de ceux qui l'imposent. La paix est une tyrannie.



Introduction.
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Gabriel Martinez-Gros
Nastasia-B   22 septembre 2016
Gabriel Martinez-Gros
Il n'existe pas de violence collective sans que la paix l'ait préparée.



BRÈVE HISTOIRE DES EMPIRES, Émergence et assise des empires.
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tolstoievski   16 octobre 2019
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
La croissance de la ville mobilise ainsi le travail des campagnes qui lui versent l'impôt, mais lui vendent aussi les produits agricoles et les matières premières dont elle a besoin. Malgré l'impôt, les campagnes s'enrichissent et se peuplent en satisfaisant le demande urbaine, ce qui permet de les imposer davantage, donc de faire croître d'autant la ville, d'en augmenter la demande au profit des campagnes, qui s'enrichissent, etc. C'est un véritable cercle vertueux qui s'engage, dont tous, ville et campagne, tirent bénéfice. Il ne réclame qu'une seule condition, impérative : que les populations imposées soient désarmées. L'ensemble du processus repose en effet sur une inégalité fondatrice, entre élites et sujets, entre la ville et le reste, entre ceux qui lèvent l'impôt et ceux qui le paient. L'impôt est une humiliation, que des hommes libres et armés ne toléreraient pas, dit Ibn Khaldûn. L'État est donc un processus de civilisation dans tous les sens du terme : il accroît la richesse, la population et la prospérité, mais dans le même temps il désarme, il réduit à la vie civile : par la force, bien sûr, mais aussi par l'éducation et en inculquant le respect des lois. Ibn Khaldûn n'hésite pas à écrire qu'il est dans la logique de l'État de répandre la lâcheté et de combattre toute forme de solidarité parmi ses sujets.



INTRODUCTION : Une théorie économique.
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enkidu_   10 novembre 2017
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
Devenu roi, le chef de la tribu se conforme à l’usage de l’État, dont il est désormais le garant, en désarmant ses sujets, en commençant par sa propre tribu, principal obstacle à la levée de l’impôt et à l’affirmation de sa monarchie. Les solidarités de la tribu sont en outre rongées par le mode de vie sédentaire. L’État en effet prend en charge la défense militaire, la police et la justice, l’assistance, tout ce à quoi servaient les solidarités tribales dans la situation bédouine, ce qui rend ces solidarités inutiles. Le fonctionnement de la société sédentaire et la volonté politique du souverain convergent donc pour abolir la ‘asabiya, la force solidaire de la tribu.

(…)

Cette durée d’existence moyenne des dynasties, ou du moins des ‘asabiyat qui en constituent les assises, vaut la peine qu’on s’y arrête. On vérifiera dans le cours de la petite histoire du monde qui va suivre que le calcul d’Ibn Khaldûn est assez souvent vérifié. Mais plus remarquable encore est la démarche qui aboutit à ce résultat. Cent vingt années, nous dit Ibn Khaldûn, correspondent à trois générations de quarante ans. La durée d’une génération nous est en effet, ajoute-t-il, livrée par la Bible. Lorsqu’Il lui plut de délivrer les Hébreux d’Égypte et de leur donner la terre d’Israël pour qu’ils y établissent leur royaume, Dieu les fit errer pendant quarante ans dans le désert, afin qu’aucun de ceux qui avaient connu l’esclavage – pas même Moïse – ne survive à l’heure des combats de la conquête de la Terre promise. Des esclaves, conclut-il, auraient été non seulement incapables de l’emporter mais auraient alourdi le bras des plus jeunes guerriers des frayeurs héritées de la condition servile. Il fallait une génération neuve, rendue aux difficultés et aux solidarités de la vie bédouine par l’errance dans le Sinaï, pour fonder Israël.



Mais quand Dieu ne guide pas le cours des dynasties, elles évoluent à l’inverse, de la condition tribale à la vie urbaine, de la violence conquérante au désarmement productif et au raffinement de la civilisation. Si trois générations et cent vingt années sont nécessaires, c’est que la génération des conquérants, bien sûr, mais surtout leur exemple et leur mémoire doivent avoir disparu. La deuxième génération, dit Ibn Khaldûn, se conforme aux pratiques des fondateurs, par pure piété filiale et par crainte de rien changer à l’ordonnancement des pères, qu’elle ne comprend pourtant plus. La troisième génération comprend moins encore, et n’hésite plus à bouleverser un ordre qu’elle n’entend plus, et qui lui paraît désordre. Les dynasties ne souffrent donc pas seulement, dans leurs dernières décennies, d’incapacité miliaire, mais d’occultation de ce qui les constitue et les maintient en vie. Elles meurent le plus souvent sans comprendre, satisfaites de leur faiblesse et incrédules de leurs échec. Le déni de la réalité apaise leurs derniers instants. (pp. 21-22)
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tolstoievski   13 août 2019
Brève Histoire des Empires : comment ils surgissent, comment ils s'effondrent de Gabriel Martinez-Gros
Les empires, comme les épidémies, exigent pour se former que soit dépassé un certain seuil de densité humaine, synonyme de matière fiscale potentiellement abondante.



Chapitre I : Émergence et assise des empires (400 avant J.-C. — 200 après J.-C.)
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