AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782021163148
215 pages
Éditeur : Seuil (25/03/2014)
3.9/5   20 notes
Résumé :
Ce livre tout à fait original est un petit essai d'histoire universelle. On pourrait dire aussi qu'il est une philosophie de l'histoire.

Dans un style limpide et accessible, l'auteur traverse les siècles et les continents pour livrer une lecture surprenante, stimulante, de l'ascension et du déclin des empires depuis Rome jusqu'aux empires de Chine en passant par l'Islam, les Mongols et l'Inde des Moghols.

Cette lecture audacieuse, qui... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
finitysend
  26 septembre 2017
Un petit ouvrage intéressant dans une dynamique relevant de la tradition des histoires universelles .
Sa concision pertinente et son style agréable en font une lecture profitable pour ce qui est de la compréhension sociologique des dynamiques globales de l'histoire des empires , des conquêtes impériales , des dynamiques structurelles du maintien sur la durée de ces imperium , et des données qui alimentent la théorisation sur le rôle des envahisseurs qui semblent fatalement et systématiquement s'insérer dans ces édifices politiques complexes et différenciés , qui partagent néanmoins des points communs notables , de même que les « barbares « en partagent souvent aussi .
L'auteur s'appuie sur le travail d'un historien musulman du 14é siècle qui a cerné de près les aspects théoriques de ces questions , des empires et des barbares . Cet auteur a nourris la réflexion de Gabriel Martinez –Gros , et ses réflexions servent de canevas à cette brève histoire de qualité . Cet auteur musulman médiéval est Ibn Khaldum .
L'auteur examine de nombreux exemples dans l'espace eurasiatique (sur une large épaisseur temporelle) et personnellement je regrette que l'exemple de Byzance ne figure pas sérieusement au tableau , car il constituerait à mon sens , un contre-exemple assez édifiant face aux apparentes constantes de l'histoire eurasiatique de la naissance et de la transformation (chute ?) inéluctable des imperium eurasiatiques à travers l'histoire .
Fondamentalement ce texte évoque (postule) des tendances (génétique ?) « pacifistes « des empires , au stade ultime de leur développements avec pour corollaire une sorte d'inaptitude à la défense , résultant de variables sociologiques implacables et constantes .
Cet ouvrage est utile du point de vue sensibilisation à cette problématique centrale en histoire ( eurasiatique) , cependant on aurait tort de considérer ces réflexions comme universellement opérationnelles en histoire ancienne , médiévale et moderne .
En effet , que ce soit Rome , Byzance , les mogols , la chine ou autres empires , du type Trans-eurasiens ( mongols ) . Les contextes ( les barbares , les structures sociales , les édifices politiques des imperium … ) sont extrêmement différents les uns des autres et au final d'une variété insondable .
Cette matière diversifiée ne vient pas nécessairement confirmer les thèses de l'auteur dans les détails et dans l'examen du particulier .
Cependant c'est un des textes de vulgarisation sur ces thématiques qui est absolument incontournable ( en vulgarisation ) . Je ne saurais trop recommander au lecteur de se pencher sur l'histoire des dynamiques eurasiatiques en histoire ancienne et médiévale . Pour ce faire l'histoire universelle la pléiade me semble être parfaite pour collecter de l'information .
Sinon une lecture de l'histoire politique de l'empire byzantin et des comparaisons ciblées avec l'histoire occidentale serrait très édifiantes , même si difficiles du fait de tendances historiographiques problématiques .
Un texte intéressant donc à condition que le lecteur ne s'approprie une pensée simplifiée qui vient du caractère extrêmement synthétique dans l'approche d'un champ historique immense , doté d'une variabilité extrême qui vient dénaturer certaines généralisations qui : si elles sont utiles d'un point de vue théorique , ne fonctionnent pourtant pas dans le détail .
Je conclurais en insistant sur le fait que cet ouvrage n'est pas une monographie sur le monde musulman de même que ce n'est pas une monographie sur Ibn Khaldum , même si ces thématiques sont au coeur de ce petit ouvrage passionnant .
Un ouvrage qui rend néanmoins visible la violence organisée , en tant qu'agent historique et finalement comme concept opératoire en histoire sociale et ce n'est pas là , la moindre des qualités de cette petite monographie .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          530
tolstoievski
  13 août 2019
Gabriel Martinez-Gros prend un parti osé : analyser l'histoire mondiale à travers les lunettes d'un postulat du Moyen Âge formulé par Ibn Khaldûn au XIVème siècle.
Que dit (en substance) Idn Khaldûn ? Pour former un empire, il faut d'abord un gros vivier de population sédentaire. Pour vivre de façon dense et sédentaire, ces populations doivent être automatiquement apaisées et désarmées (sans quoi elles se battraient tout le temps et ce serait contraire à la productivité).
Or, historiquement, la première zone répondant à ce critère fut la Mésopotamie, zone densément peuplée et entourée de zones largement moins productives. Deuxième élément déterminant dans la formation d'un empire selon notre chroniqueur du Moyen Âge, qu'une tribu avoisinante à la fois peu nombreuse, solidaire et guerrière se mette en tête de vouloir chiper le gros gâteau que constitue la zone dense et pacifiée.
Faites agir les deux composés et vous obtenez, une razzia éclair des seconds sur les premiers, victoire sans appel, puisque les productifs sont désarmés et les autres spécialistes de la violence.
Historiquement, on s'attend donc à ce qu'une peuplade périphérique se soit emparée du gros gâteau de la Mésopotamie, or, précisément, les Assyriens, originaires des montagnes de l'actuel Kurdistan, à la frontière turco-iraquienne, ont conquis très rapidement l'immense ventre populeux mésopotamien, constituant, par le fait, le premier empire de l'histoire de l'humanité.
Mais ce n'est pas tout. Ibn Khaldûn dit encore que sitôt que les ex-conquérants s'assimilent aux populations sédentaires qu'ils viennent de soumettre, ils deviennent à leur tour des sédentaires, se doivent de pacifier leurs propres rangs et perdent du même coup cette soif de conquêtes violentes qui les animait préalablement, ce qu'Ibn Khaldûn nomme la « 'asabiya ».
Selon lui, la dynastie qui a fait main basse sur le centre productif dure plus ou moins un siècle et se fait rapidement manger ensuite par une autre tribu périphérique à la 'asabiya virulente.
Si l'on considère le Croissant Fertile, premier grenier à blé de l'humanité, avec notamment ses vallée égyptienne du Nil et Mésopotamie, il sera successivement la proie de Assyriens (qui venaient du Nord), puis des Perses (qui venaient de l'Est), puis des Grecs (qui venaient de l'Ouest), puis des Romains (qui venaient encore plus de l'Ouest) et enfin des Arabes (qui eux venaient du Sud).
En ce qui concerne le Proche-Orient, on s'arrête là pour les empires car vers la fin du Moyen-Âge, il cesse d'être un grand centre de population productive sédentaire. Celui-ci se déplace d'une part vers le Nord-Ouest avec l'empire Ottoman et vers l'Est avec l'empire Moghol, le premier puisant sa subsistance des populations sédentaires d'Europe et le second des vallées fertiles hindoues.
L'auteur documente aussi abondamment la Chine qui se comporte de la même façon en respectant toujours le même schéma : lorsque la dynastie conquérante a assis son autorité sur le gros bassin de population et éradiqué la violence en ses rangs, elle est dans l'obligation de s'adjoindre l'aide de populations guerrières périphériques pour maintenir ses frontières, jusqu'au jour où, ces populations guerrières périphériques décident de combattre en leur nom propre et de renverser l'empire en place.
(À l'exception notable de la toute dernière dynastie impériale chinoise, les Mandchous qui ont clairement séparé les fonctions dominantes et violentes qu'ils se sont réservées et les fonctions productives qu'ils ont assigné au restant de la Chine. Ils ont pris le soin de ne jamais s'assimiler, au point de faire rédiger ce qui concernait uniquement la violence en langue Mandchoue et non en Chinois et en veillant scrupuleusement à éviter les mariages entre Mandchous et Chinois.)
Ce fut le cas, par exemple, de l'empire romain qui rétribuait nombre de populations germaines pour grossir les rangs de son armée, jusqu'au jour où les Germains ont décidé d'aller se servir eux-mêmes.
Le modèle d'Ibn Khaldûn butte toutefois sur le cas de l'Europe du nord de la Méditerranée. En effet, même s'il demeure une sorte d'immense empire chrétien sédentaire dont le centre reste Rome, il n'a jamais été réellement conquis par une seule 'asabiya mais plutôt par une myriade et qui, contrairement aux dynasties impériales, ont été très durables (quasiment mille ans en France).
Selon l'auteur, ceci est attribuable au fait que les densités de population sur lesquelles on peu prélever l'impôt demeuraient assez faibles comparativement à ce qu'elles étaient en Égypte et Mésopotamie. Ainsi, le système féodal s'entretenait avec un prélèvement d'impôt ridicule comparé à ce que les empires prélevaient, d'où leur modestes proportions et leur absence de faste et d'où, peut-être, leur rapide déclin sitôt que le faste et l'impôt sont devenus plus oppressants, entre Louis XIV et la révolution (comme par hasard, on retrouve le cycle d'un siècle environ prédit par Ibn Khaldûn).
En somme, un ouvrage que j'ai trouvé réellement intéressant bien qu'étant vierge de référence concernant la Chine, j'aie eu plus de mal à suivre la démonstration concernant l'empire du milieu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Marie987654321
  14 décembre 2019
L'histoire globale, celle qui donne à lire, sous tel ou tel angle, l'ensemble de l'histoire du monde, me passionne. J'aime y découvrir ce qui nous relie au reste du monde au-delà des frontières de l'enseignement scolaire de l'histoire que j'ai connu, y compris au niveau universitaire. J'aime renverser le regard, voir que ce qui nous parait si spécifique existe ailleurs et que les éventuelles particularités de l'histoire de la partie de la planète que nous occupons sont autres que ce que nous pensions.
Le bref essai de Gabriel Martinez-Gros prend pour point de départ l'analyse que faisait en son temps ce grand intellectuel que fut Ibn Khaldun au XIVème siècle. Khaldun caractérise l'âge des empires comme celui de la pacification et la prospérité ; non pas une ère de douceur qui aurait échappé à la malédiction de la violence mais une époque marquée par le désarmement d'une majorité chargée de produire et d'enrichir un Etat contrôlé par une minorité violente et extrêmement brutale. La paix, dans ces conditions, est une tyrannie.
Dans tout le coeur du récit, l'auteur nous illustre la vigueur et la capacité d'explication de l'analyse de Khaldun, à partir des exemple des empires perse, romain, islamique, chinois, indien entre la fin du néolithique jusqu'au l'aube de la révolution industrielle.
Après la fin d'empire perse, le monde connait deux grandes poussées impériales qui s'ignorent : Rome et la Chine dont l'auteur souligne le parallélisme. Toutes deux ont pacifié d'immenses territoires en construisant avec, contre et grâce, selon les moments, aux "barbares" agissant aux frontières, le limes. L'empire sait utiliser la force combattante des "barbares", puis ceux-ci s'emparent de l'Empire et le recréent pour exploiter les masses pacifiées. le schéma se poursuit, avec des variantes à l'époque de l'empire musulman qui réoccupe peu ou prou les territoire des anciens empires perses et s'étend vers l'Europe et vers l'Asie au contact de la Chine.
Un long développement est consacré aux empires chinois depuis les Royaumes combattants jusqu'à la dynastie Mandchoue (non chinois donc barbare) qui domine la Chine au XVII et XVIII ème siècle, en étant culturellement et matériellement totalement séparé de la masse chinoise. le chapitre qui leur est consacré s'intitule "l'équilibre schizophrénique de l'empire".
Tous ces développements ne sont pas toujours aisés à suivre sans un minimum de point de repère sur l'histoire des territoires évoqués. Pour moi, l'empire islamique, ça va encore ; la chine, j'ai deux ou trois notions mais le chapitre sur l'Inde a été totalement mystérieux.
La conclusion reste le chapitre le plus intéressant par la synthèse qu'il propose et par la lecture particulière de l'histoire de l'Europe qu'il apporte en contrepoint et à partir de cette question de l'empire. Un peu d'européocentrisme du coup de ma part, du coup....
En quelques mots :
L'Europe a été longtemps une périphérie, à l'exception partielle de l'empire romain. Une partie de l'Europe du nord était au-delà du limes, une terre barbare. Au Moyen-âge, du point de vue des empires byzantin ou musulman, mais aussi de l'empire chinois, la terre des Francs peut être évoquée comme un empire de la chrétienté dont les rois dont des Charles. Elle est perçue comme une unité au-delà des divisions concrètes qui en sont la réalité. En effet, l'Europe n'a rien d'un empire même si certaines des ces rois s'appellent Empereur et prétendent poursuivre la grandeur de Rome.
Dès le départ, leur puissance n'a en rien le caractère absolu, violent et sans contrepartie de celle des empires orientaux. le droit et certains contrepouvoirs sont toujours là : la puissance spirituelle et temporelle du pape, les cités et villes libres du moyen-age, le pouvoir des féodaux avec lesquels les rois devront toujours compter. C'est assez décalé du l'image que nous avons de nos souverains présentés comme tout-puissants. Non pas que ce point de vue soit nécessairement faux, mais si on compare son pouvoir à celui de l'empereur oriental, le souverain européen est toujours en train de négocier. Il y a une légalité dans les royaumes européens qui est inexistante pour un empereur chinois ou un sultan ottoman. En contrepartie, les dynasties européennes sont beaucoup plus stables que ces empires qui s'épuisent en quelques générations et sont remplacés par d'autres. Selon l'auteur, l'Europe a trouvé une position impériale uniquement au moment de l'expansion coloniale.
En Europe triomphe l'état national. La révolution industrielle, moment clé, bouleverse les conditions d'enrichissement des peuples. C'est elle selon l'auteur qui met fin à l'histoire des empires. L'Etat arme le peuple supprimant la distinction propre aux empires d'Ibn Khaldun entre les producteurs et les guerriers. Avec la Révolution française et à partir du XIX ème, le peuple s'arme pour défendre la nation. Point besoin de recourir aux "barbares", qui disparaissent, car il n'existe plus de "tribus" en dehors de la puissance des états nationaux. Les particularismes sont pourchassés et réduits au silence. le monde est majoritairement sédentaire, scolarisé et urbain. Les puissances d'aujourd'hui (Etats-Unis, Chine) prétendent à l'hégémonie mais par des voies "pacifiques" de la production, de la science, de la culture ou de l'innovation et moins par la guerre ouverte.
Il termine en évoquant le terrorisme islamiste comme une des marges violentes possibles, avec les organisations criminelles sud-américaines, en gardant une nécessaire circonspection sur ce sujet.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          11
rorospigo
  24 juillet 2019
Cet essai instructif nous explique que les empires sont invariablement fondés sur deux forces : l'une sédentaire, produisant les richesses et soumise à l'impôt, l'autre violente, extérieure et garante des frontières. Souvent les dynasties de ces empires ne dépassent pas 3 siècles et souvent la force violente prend la tête de l'empire, engendrant ainsi un roulement des populations dominantes. La conclusion de cet ouvrage est particulièrement intéressante : elle ne relate plus les faits mais explique les mécanismes qui y sont en marche et décortique jusqu'à notre société actuelle à la lumière de cette définition des empires.
Commenter  J’apprécie          10
toto
  09 décembre 2014
Livre remarquablement documenté, mais à réserver à des étudiants.
En effet l'études des empires romains, chinois , romains et arabes est tellement truffé de noms de tribus et de régions, d'annotations de pieds de page occupant une grande part de la page elle même, que l'on s'y perd rapidement et aisément.
Par contre l'introduction (40 pages) et la conclusion (48 pages) permettent de tout bien recaler.
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   14 mars 2016
Les Turcs s'imposent donc dès 820-840 comme la 'asabiya principale de l'empire. Il n'en seront jamais la seule. Leur expulsion des bénéfices de l'État rend certaines tribus arabes à la vie bédouine, et nourrit le bourgeonnement de dynasties locales arabes dans tout le Croissant fertile — Syrie et Irak — entre la fin du IXe et le XIIe siècle.
À l'extrême occident de l'Islam, le pouvoir andalou des Omeyyades de Cordoue recrute des esclaves soldats européens sur le modèle des Turcs de Bagdad. Dans le centre et l'est du Maghreb, à partir du début du Xe siècle, les tribus berbères les plus actives se rangent derrière le soulèvement shiite des Fatimides, qui enlève l'Ifriqiya/Tunisie en 909, puis l'Égypte et la Syrie en 969-975. À partir de cette date, l'Euphrate fait la frontière politique entre Abbassides de Bagdad et Fatimides établis au Caire, comme il avait séparé pendant mille ans le monde perse du monde hellénistique et romain. Après trois siècles et demi d'exception, la géographie de l'Islam revient à la norme précédente sous l'effet d'écartèlement de 'asabiyat trop nombreuses, que de parviennent pas à stabiliser des ressources fiscales trop limitées.

L'ISLAM CONFISQUE LA FORCE TURQUE.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
Nastasia-BNastasia-B   08 octobre 2016
Que ces forces tribales soient acquises par le mercenariat ou violemment importées par l'invasion, elles renouvellent les réserves de violence solidaire dont l'État a besoin. Dans tous les cas, les chefs de ces tribus conquérantes, ou de ces unités mercenaires, prennent le contrôle du pouvoir. Par définition donc, les populations sédentaires ne sont pas admises à désigner ceux qui les dirigent ; les membres du cercle dirigeant qui exerce la fonction de violence au sommet de l'État sont issus du monde des tribus, et sont donc étrangers aux populations sédentaires qu'ils dominent, qu'ils protègent et qu'ils exploitent comme leur troupeau.

Introduction.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          441
Nastasia-BNastasia-B   17 mars 2016
Le regard que porte Ibn Khaldûn sur cette pacification est à l'inverse du nôtre. Sans doute la paix est-elle un bien précieux, puisqu'elle permet l'abondance des biens, le repos de la pensée et l'expansion du savoir. Mais elle se paie du désarmement de la rudesse naturelle de l'humanité, de sa dévirilisation par le pouvoir de l'État pacificateur. Car là gît le drame : la pacification est le lot de l'immense majorité matériellement et moralement désarmée, mais qui l'est des mains d'une infime et nécessaire minorité violente en charge de l'État. La douceur imposée aux masses comme aux élites civiles — et civilisées — implique par contraste l'extrême brutalité de ceux qui l'imposent. La paix est une tyrannie.

Introduction.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Nastasia-BNastasia-B   22 août 2016
L'empire éprouve et dénonce la violence qui le vise. Mais la violence des tribus des frontières est inséparable du désarmement des sujets, ou plutôt elle en est la conséquence. Elle n'est sensible que par contraste sur la toile de fond de la privation de violence imposée aux majorités. C'est la réduction à la paix des masses productrices qui fait voir et qui encourage la brutalité des guerriers, c'est la non violence qui crée la violence.

Introduction.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          404
Nastasia-BNastasia-B   12 octobre 2016
Les empires […] auraient avoué craindre la menace de leurs propres soldats, confessé la force des armées supposées défendre l'État et à instiller la méfiance ethnique parmi leurs contingents, pour mieux se garantir de l'émergence d'un soulèvement unanime des guerriers. En un mot, l'empire se défie assez de ses propres forces pour se résoudre souvent à les briser, au risque d'y périr lui-même.

Introduction.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          353

Videos de Gabriel Martinez-Gros (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gabriel Martinez-Gros
NAR - 23 mars 2021 #82 - Gabriel Martinez-Gros pour son livre "De l'autre côté des croisades"
En Orient, au XIIe et XIIIe siècle, l’Empire islamique en lutte contre lui-même affronte deux puissances impérialistes qui le prennent en tenaille : les Mongols à l’Est, les Francs à l’Ouest. Spécialiste de l’islam médiéval, Gabriel Martinez-Gros discerne sous la violence des affrontements guerriers le travail de la raison dans l’histoire du monde oriental, qu’éclaire la dialectique du Bédouin et du Sédentaire mise en évidence par Ibn Khaldoun. Après son histoire de L’Empire islamique du VIIe au XIe siècle, le nouveau livre que nous présente Gabriel Martinez-Gros, De l’autre côté des croisades, jette un éclairage nouveau et passionnant sur l’histoire du monde médiéval, sur les enjeux territoriaux et maritimes des puissances qui s’affrontent et sur les véritables ambitions des chevaliers puis des rois venus d’Europe occidentale.
+ Lire la suite
autres livres classés : histoireVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2426 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre