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4.38/5 (sur 91 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1976
Biographie :

Ancien élève de l'ENS Fontenay - Saint-Cloud (1997), Agrégé de philosophie (2000).
Chercheur à l’institut Max-Planck à Berlin, il a récemment publié Les Corps vils – Expérimenter sur les êtres humains aux XVIIIe et XIXe siècles (La Découverte). Spécialiste de Kant, Foucault…, il a écrit sa thèse sous la direction de Dominique Lecourt. Il s’occupe de la maison d’édition Zones, centré sur la contre-culture, l’activisme et les nouvelles formes de contestation.

Source : http://www.lesinrocks.com/
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Une collection d'entretiens et de débats sur l'écologie à travers les livres, par la rédaction de Mediapart et la revue Terrestres. Première émission: "Comment agir dans un monde qu'on effondre? A propos de Devant l'effondrement (Yves Cochet), le champignon de la fin du monde (Anna Tsing), La société ingouvernable (Grégoire Chamayou). ? Abonnez-vous à la chaîne YouTube de Mediapart : https://www.youtube.com/user/mediapart ? Abonnez-vous à Mediapart : https://www.mediapart.fr/abonnement ? Toutes les vidéos de Mediapart : https://www.mediapart.fr/studio/videos

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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
Tous les indicateurs d'un séisme de grande ampleur sont au rouge , parmi lesquels la recrudescence des " maladies mentales " , des crimes violents , des phénomènes de disruption sociale , le recours le plus fréquent à la police pour contrôler les comportements , l'acceptation croissante des comportements hédonistes ( en particuliers sexuels ) , la multiplication des inquiétudes face à l'avenir , la perte de confiance dans les institutions , que ce soit le gouvernement ou l'entreprise , le sentiment que les réponses du passé ne fonctionnent plus .
Bref , c'est la légitimité même du système social du monde industrialisé qui est en train de vaciller , prévenait Willis W Harman en 1975 .
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Si l'on veut saisir le véritable sens de la "crise écologique" contemporaine, il faut la replacer dans cette histoire-là, celle d'un système économique dont l'expansion a eu l'appropriation destructrice de la nature pour condition consubstantielle, et la resituer dans la continuité de la prédation coloniale et de l'accumulation primitive du capital.
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-- Le drone c'est l'arme d'Obama . Comment comprendre cela ?
-- Un drone , ça ne fait pas de prisonnier . C'est l'instrument de la doctrine anti-terroriste officieuse du président : " Tuer plutôt que capturer " . Predator plutôt que Guantanamo . Le ministère français de la défense est aujourd'hui en pourparlers avec les États-Unis pour l'achat de drones Reaper . Si l'entourage du ministre Jean-Yves Le Drian avait annoncé qu'il envisageait d'importer en France les méthodes de torture de la CIA , il aurait sans doute soulevé un tollé . Mais la nouvelle ( de l'achat de drones ) est parue dans un silence assourdissant . L'opinion française est mal informée sur la question des drones .
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Il n'y a d'opposant légitime, aux yeux du pouvoir, que celui qui est inapte à le menacer. Voilà le secret de la "légitimité" vue par les maîtres : ne sont reconnus comme légitimes que ceux qui ont renoncé à leur force.
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C'est ce que l'on pourrait appeler, par référence à l'insecte xylophage du même nom, la politique du capricorne : nul besoin de tailler les poutres à la hache quand, tapies dans le bois, milles petites gueules rongent inexorablement la charpente.
Avec cette méthode, il n'est pas nécessaire de persuader tout le monde d'adhérer au projet global d'une société de marché pour que chacun œuvre à la faire advenir. En réalité, il est même crucial de ne jamais poser aux gens la question de cette échelle : cette société-là, on ne va pas la leur vendre en gros, seulement au détail. La grande question du choix de société, on l'élude en la dissolvant dans les minuscules questions d'une société de choix. (...) Petite, cette micropolitique l'est donc encore aussi au sens de la mesquinerie. Rétrécir l'horizon. Ne plus regarder le monde que par le petit bout de la lorgnette. Le paysage général, on ne le contemplera que plus tard, en prenant peut-être enfin un peu de recul. Un à un, les rapports les plus infimes en auront été altérés et, à perte de vue, l'ensemble sera devenu méconnaissable.
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On trouve en somme quatre grands groupes d'arguments pour défendre l'expérimentation sur les condamnés à mort. Les premiers sont centrés sur leur statut de criminels : moralement inhumains, ils ne peuvent plus réclamer pour eux-mêmes le respect qu'ils ont dénié aux autres. Les deuxièmes mobilisent un principe de maximisation de l'utilité de la peine : étant donné que le condamné va être tué quoi qu'il arrive, autant que sa mort soit utile. Cette idée se trouve renforcée par la logique de mise en balance entre la vie d'un seul et des vies futures de tous - balance qui établit un rapport incommensurable entre la vie d'un sujet et la conservation d'une infinité d'autres. Le troisième groupe d'arguments s'attache à faire valoir la fonction de rachat ou de rédemption : par le sacrifice de sa vie au service de l'humanité, racheter ses crimes envers la société. Une quatrième série d'arguments se fonde sur le statut du condamné : un mort-vivant dépouillé de sa personnalité juridique.
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Hier comme aujourd’hui, à défaut d'éradiquer la pauvreté, il fallait rendre les pauvres invisibles.

p121
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Prenons un procédé parmi d'autres : pour privatiser avec succès, toujours « offrir quelque chose en échange de la perte », c'est à dire « acheter les groupes d'intérêt existants ». En 1983, le gouvernement Thatcher entreprend de privatiser British Airways. 20 000 postes sont sur la sellette, soit près d'un salarié sur trois. Si vous décidez de licencier à cette échelle, vous allez devoir affronter de vives oppositions. Que faire ? « On leur a offert des conditions généreuses en contrepartie de départs volontaires » (un chèque correspondant à deux ans de salaire). Il est donc possible, commente Pirie, d'amener les gens « à renoncer à un gain continu à long terme […] en échange d'un gain unique […] qui met fin au système ». Pour torpiller un intérêt durable, faire miroiter un avantage immédiat. (…).
Cette même méthode peut également se révéler très utile pour partir à l'assaut des régimes de retraites. Rien ne sert, là encore, d'exciter les oppositions en s'attaquant trop ouvertement aux droits sociaux des travailleurs encore actifs. Pour faire passer votre réforme, prenez surtout bien soin de préciser, recommande Pirie, que « les changements proposés ne s'appliqueront pas aux prestations promises et n'affecteront personne atteignant l'âge de la retraite avant la fin du siècle ». « Ces propositions, résume-t-il, consistent en quelque sorte à acheter les générations présentes afin de mettre progressivement en place un nouveau système. » Vendez-nous les générations futures et vous serez épargnés. Le message est le même que précédemment : étant donné que vous ne serez pas touchés personnellement, en quoi cela vous concernerait-il donc politiquement ? Pourquoi vous battre pour d'autres que vous-mêmes, fussent-ils vos petits-enfants ? Ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez. Qu'importe après tout, puisque vous-mêmes – promis, juré – passerez entre les gouttes. Et après vous le déluge.
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"A quoi ressemble un lundi d'été à l'usine ?" demande-t-on en 1973 à un ouvrier de l'automobile. "Je ne sais pas, je n'y suis jamais allé un lundi." "Comment se fait-il que vous ne veniez travailler que quatre jours par semaine?", interroge-t-on un autre. Réponse: "parce que si je ne venais travailler que trois jours, je ne gagnerais pas assez pour vivre". Mais que voulez-vous au juste?" s'enquiert-on auprès d'un troisième. Ce que je veux: "avoir une chance de me servir de mon cerveau", un travail où "l'éducation que j'ai reçue au lycée compte pour quelque chose". L'usine? "T'es comme en cellule répond encore un autre, -sauf qu'en taule, t'as davantage de temps libre."
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L’histoire des chasses à l’homme se fera donc par celles des techniques de traque et de capture mais aussi par celle des procédés d’exclusion, des lignes de démarcation tracée au sein de la communauté humaine afin d’y définir les hommes chassables
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