AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 4.06 /5 (sur 2268 notes)

Nationalité : Danemark
Né(e) à : Odense , le 23/07/1931
Biographie :

Jørn Riel est né au Danemark en 1931. Faisant partie de l’expédition de Lauge Koch en 1950, il a vécu 16 ans au Groenland. Du fatras des glaces et des aurores boréales, il rapportera une bonne vingtaine d’ouvrages, soit à peu près la moitié de son œuvre à ce jour.

Le versant arctique des écrits de Jørn Riel (dédié pour une part à Paul-Emile Victor qu’il a côtoyé sur l’île d’Ella, pour l’autre à Nugarssunguaq, la petite-fille groenlandaise de Jørn Riel) est constitué d’abord par la série des racontars arctiques, suite de fictions brèves ayant toujours pour héros – ou anti-héros magnifiques – les derniers trappeurs du nord-est du Groenland, paumés hâbleurs, écrivain de pacotille, tireur myope, philosophe de comptoir devant un imbuvable tord-boyaux.

Il reçoit en 2010 le Grand Prix de l'Académie danoise pour l'ensemble de son œuvre.

Il vit aujourd’hui en Malaisie. "Histoire de décongeler", se plaît-il à dire.
+ Voir plus
Source : www.gaia-editions.com
Ajouter des informations
étiquettes
Videos et interviews (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de
Jorn Riel était présent aux "Rencontres à lire" de Dax en 2015. Cette vidéo présente succinctement son parcours et la maison d'édition Gaïa.
Citations et extraits (223) Voir plus Ajouter une citation
LydiaB   06 mars 2014
La vierge froide et autres racontars de Jorn Riel
Regarde comment ça s'est passé pour le cuisinier chinois. Plus le temps passait, plus ça empirait. Il restait planté là à gratouiller sa mandoline et à faire un boucan de tous les diables qui m'empêchait presque de dormir. Ce qui n'allait pas, c'est qu'il lui manquait ce à quoi tu penses, et je crois même que ça lui avait toujours manqué. Quand on en a tâté, facile de s'en passer ! Et du coup, une bonne lampée de schnaps fait aussi bien l'affaire. Mais un garçon comme ça, ça gamberge et ça va vous imaginer des choses.



Valfred rangea le réchaud. Fouillant le placard de la cuisine, il dénicha une boîte de sardines.

- Ça, c'est extra pour la digestion, fit-il en perçant deux trous dans la boîte.

Les yeux au plafond noir de suie, il aspira l'huile.



- Un jour, ça a mal tourné. Il a pris sa mandoline et l'a fracassée contre la cuisinière. Pling ! Plang ! ça a fait et nous voilà sans musique pour le restant de l'hiver. Mais c'étaient ses oignons et j'avais pas à m'en mêler. Seulement, à partir de là, il s'est mis à glapir comme un renard à la pleine lune, et cet air-là, à moi il me plaisait pas du tout. Diable, que je me suis dit, le v'là maintenant qui me prend le vertigo ! Je l'ai poussé sur une chaise et je lui ai parlé comme à une chienne qui n'arrive pas à mettre bas ses chiots, tu sais, d'un ton à le calmer un peu. "Qu'est-ce que je dois faire ? hurlait-il. Qu'est-ce que je dois faire, Valfred ?" Et comme ça, sans arrêt. Que diable peut-on faire quand la première fille publique est à des milliers de kilomètres ? Je le tapote sur l'épaule et lui dis qu'on va arranger ça. "D'abord tu quittes ton pantalon, que je lui ai dit, et après tu cours face au vent du sud-est, du mieux que t'as appris."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          311
genou   28 août 2017
Un safari arctique et autres racontars de Jorn Riel
- La bobonnes, grogna Bjorken en massant ses épaules douloureuses, là où la baignoire pliante avait pesé tout l'après midi, on devrait pas laisser des calamités pareilles battre la campagne avec un fusil chargé. Qu'est-ce qu'elle raconte encore, Anton ?

- Quelque chose au sujet de bouffer des indigènes.

Herbert rigola.

- Elle a sûrement été chez les cannibales aussi, faut croire. Et là, hé, ben bordel, là au moins elle peut circuler sans risque. Vous imaginez, être cannibale et recevoir la visite de ce genre de châssis, ça vous ferait presque devenir végétarien.

[ ... ]

Lady Herta, elle constituait, elle, en revanche, une déception pour Valfred. La dame était plate comme une planche à laver, habillée comme un bonhomme, froide et muette comme une huître des bancs de la Baie des Rennes. Si Bjorken appelait ce sac d'os une dame, c'était parce que Bjorken ne savait pas comme se présentait une dame. ....

- Beurk, fit-il, et il passa devant Lady Herta ....

[ ... ]

... Vous vous imaginez de voir ce spectre hanté le pays tout l'hiver...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
mesrives   16 décembre 2016
Une vie de racontars, tome 1 de Jorn Riel
Au menu, il y eut du rôti de bœuf musqué et un rhum fait maison, dont la teneur en alcool était si forte que Bjorgdal tenait la main au-dessus de son verre chaque fois qu'il allumait sa pipe.

« C'est un authentique rhum norvégien, nous expliqua-il, avec essence de rhum, jus de chique, essence d'angélique, et une grosse cuiller à café de poivre noir moulu. »
Commenter  J’apprécie          300
mesrives   15 décembre 2016
Une vie de racontars, tome 1 de Jorn Riel
« Nanungniaq ! » cria-t-il en riant.

Cela voulait dire « chasseur d'ours », et son rire semblait suggérer qu'il y avait quelque chose de comique dans ce titre. Je fis halte à une cinquantaine de mètres du monstre. Rien n'aurait pu m'amener plus près. La créature me regardait fixement et mes jambes se mirent à trembler quand je croisai son regard. Ses yeux étaient injectés de sang par la rage, et j'étais proche de l'évanouissement quand il ouvrit la gueule pour pousser un rugissement de bienvenue si terrifiant que même les plus vieux chiens chasseurs d'ours tendirent l'oreille.
Commenter  J’apprécie          250
mesrives   17 décembre 2016
Une vie de racontars, tome 1 de Jorn Riel
L'envie de voyager me vint tôt. Elle est née de la personne remarquable que fut mon père, et de ses masques africains. Pendant la guerre, quand les frontières de mon Danemark natal étaient fermées, il restait assis derrière sa table de chêne et taillait résolument son désir de voyage dans le bois Un pied de chaise devenait une mince fille du Nil aux longues jambes, une branche de frêne se muait en figure anthropomorphe aux contours anguleux implorant la pluie. Quand il jeta son dévolu sur le chambranle de la porte de la chambre à coucher, celui-ci se transforma en portail du palace du roi ashanti Saïï Tutu Quamas au Ghana.
Commenter  J’apprécie          240
mesrives   04 juillet 2016
Le jour avant le lendemain de Jorn Riel
Plus tard, lorsqu'ils furent assis dans la tente devant la marmite bouillonnante, Ninioq expliqua au garçon quelques- unes des règles qu'un chasseur doit respecter afin de ne pas se mettre à dos les âmes des animaux. Ainsi, dit-elle, il était toujours important de verser un peu d'eau sur le museau du phoque après l'avoir pris. Car comme il le savait sûrement, les phoques ont toujours soif, une soif qui persiste après la mort. De même, il fallait veiller au retour à poser son harpon près de la lampe car, après la capture, l'âme de l'animal demeurait pendant un temps dans la pointe du harpon et chacun sait que la chaleur est très apprécié des phoques.

S'il s'agissait d'un ours, il ne devait pas travailler pendant trois jours après une chasse victorieuse et, dans la mesure où cela lui était possible, il fallait qu'il suspende de nouvelles semelles en peau pour l'âme de l'ours, l'ours ayant toujours a marcher beaucoup.

En ce qui concernait les poissons, il fallait qu'il se souvienne de rejeter leurs viscères à la mer aussitôt après la pêche. Ainsi l'âme des poissons avait-elle la possibilité de redevenir poisson alors que, s'il les laissait à terre ou que le courant les y poussait, l'âme mourrait comme le corps. Il était particulièrement important d'honorer l'épaulard, le protecteur de tous les chasseurs, même si en hiver celui-ci se métamorphosait en loup pour vagabonder à terre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
LydiaB   01 mars 2014
La vierge froide et autres racontars de Jorn Riel
Prive un coq de soleil, il tombe en quenouille comme un homme privé de travail.
Commenter  J’apprécie          230
cicou45   02 septembre 2014
Un gros bobard et autres racontars de Jorn Riel
"Je propose, mon garçon, que tu cloues cette plaque au-dessus de ta couchette pour toujours te remémorer que dans ce bas monde il ne faut jamais s'attendre à la reconnaissance des gens."
Commenter  J’apprécie          220
nadiouchka   22 décembre 2017
Sore : le chant pour celui qui désire vivre de Jorn Riel
Pourquoi il ramait vers le nord, cela ne lui était pas clair. Car sa route devait le mener vers le sud et des pays inconnus. Son destin était de faire le tour de la terre, comme il le lui avait été demandé à travers Kajaka. C’était ce qui avait été décidé pour sa vie.

P.279
Commenter  J’apprécie          200
le_Bison   13 novembre 2012
Un gros bobard et autres racontars de Jorn Riel
Ce fut un long hiver sans confort pour le gigolo. Lui qui avait usé de femmes comme nous autres d’air frais, il était sur le point de s’étrangler avec ses souffrances intérieures. Nuit après nuit, et ensuite jour et nuit après jour et nuit, il restait dans sa couchette à regarder la soupente et à ressentir la solitude l’envahir lentement. […] Et comme son besoin était plus grand que ceux du commun des mortels, vous comprenez son désespoir quand, le matin, il se réveillait dans une cabane froide, la cuisinière éteinte, la barrique d’eau gelée à cœur, des glaçons dans la moustache et avec ses bijoux de famille tellement petits qu’il lui fallait chercher plusieurs fois avant d’aller pisser.
Commenter  J’apprécie          190
Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



.. ..