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Inès Jorgensen (Traducteur)
ISBN : 2264034386
Éditeur : 10-18 (02/01/2003)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 173 notes)
Résumé :
Dans le nord-est du Groenland, la tribu de Katingak est sur le point de rejoindre le camp d'été. Pour Ninioq, le temps sera venu de faire ses adieux au monde des vivants. Mais Tornarssuk, le maître de tout, en a décidé autrement. Comme après chaque saison de chasse, il faut aller faire sécher le poisson et la viande sur la petite île de Neqe. Et c'est à elle, la doyenne de la tribu, et à son petit-fils Manik qu'échoit cette mission. Sur cette terre hostile et malgré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  04 juillet 2016
Nous savons tous que demain est un autre jour mais le jour avant le lendemain ?
Dans ce court livre, traduit du danois par Ines Jorgensen, ce magnifique roman de Jørn Riel nous emmène dans un long et captivant voyage, rythmé par les saisons, au sein d'une communauté Inuit.
Dans le Nord Est du Groëland, c'est le printemps, et celui-ci a été généreux par rapport aux calamiteuses années précédentes (disparition du renne, diminution des phoques… famine, froid) et les tribus s'entretuent.
Cette année, le temps est favorable, la chasse, la pêche ont été bonnes : c'est une année de savssat (chasse fantastique).
Les réserves pourraient permettre de recevoir si des visites inattendues se présentaient .
Et cela va être le cas : à Igmusuk, la tribu de Katingak reçoit celle de Kokouk.
Après le temps des rencontres et des retrouvailles, des festivités et des mariages, des alliances, vient celui de penser au camp d'été : ensemble ils choisissent les rives d'un fjord plus au Nord, en face Kerkertak.
Peu à peu ce n'est plus au sein de la communauté que l'histoire s'enracine mais au coeur d'une relation entre deux êtres, celle de Niniok et de son petit-fils Manik.
Après avoir découvert les coutumes de ce peuple nomade, nous rentrons dans leur intimité et leur spiritualité grâce aux liens très fort qui unit Manik à sa grand-mère et grandit : nous découvrons la cosmogonie, les mythes et légendes de la tribu.
Pour des raisons inhérentes à la survie de la communauté, Ninioq et Manik s'installent sur un îlot proche du nouveau camp d'été afin de préparer les viandes pour la saison d'hiver.
Le talent et la force de l'écriture de Jorn Riel pour conter cette histoire, imaginée à partir d'un fait réel (mise à jour d'ossements, crâne d'une femme adulte et squelette d'un enfant sur un îlot du Groënland dans les années 70), réside dans la restitution authentique de la vie quotidienne des Inuits couplée à l'expression de leurs questionnements universels sur la vie et la mort, notamment à travers la parole de l'aïeule Ninioq.
Ninioq une vielle femme au crépuscule de sa vie, tourmentée et inquiète pour les siens :
« Tout avait changé et continuait à changer. Si la mer, le ciel et les montagnes étaient tels qu'ils l'avaient toujours été, si les hommes continuaient à naître et à mourir, elle ressentait pourtant intensément que tout était en décomposition, qu 'elle et sa tribu étaient en train d'abandonner la vie qui avait toujours été celle des hommes. »
Cette arrière saison de Nanioq sera illuminée par la joie d'initier Manik aux apprentissages élémentaires d'un jeune Inuit : chasse aux phoques, navigation sur kayak, rituels et offrandes à accomplir pour chaque vie prélevée…
Dans quelques temps Manik sera prêt et fier de retourner au près de son père Kantingak afin que Nanioq raconte et témoigne de ses exploits et il pourra alors changer de nom et emprunter celui de son vaillant grand-père Attungak.
Bientôt la clairvoyante et visionnaire Nanioq pressent que les limites du monde connu, son monde, se rétrécissent. le petit nuage en forme de lentille aperçu au dessus de l'inlandsis est le signe annonciateur d'un coup de vent violent, le Piteraq, précurseur d'une tempête encore plus violente.
Le jour avant le lendemain sera-il le jour avant l'innommable ?
Le crépuscule d'un monde et l'aube d'un autre.
Un message chargé d'humanité, de sagesse et de philosophie.
Une écriture fluide, une lecture émouvante et bouleversante.
Surprise, j'ai été harponnée par ce petit bouquin qui a tout d'un grand.
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Blandine54
  02 mai 2018
Lors d'un séjour dans le nord-est du Groenland, Jorn Riel, écrivain danois, trouva un crâne d'une vieille femme, les restes d'un squelette et d'un crâne d'enfant. Tout près, il découvrit également dans une grotte une figurine en corne de boeuf musqué et un poinçon de couture.
Cette découverte l'a interrogée et l'a amenée à imaginer ce qui a pu arriver à ces deux êtres et à rédiger cette fabuleuse histoire.
Ouvrir un livre de Jorn Riel, c'est plonger au cœur de la culture inuit, de leurs traditions et de leur vie quotidienne.
Dans le jour avant le lendemain, on suit l'histoire de vieille Ninioq qui est partie initier son petit-fils Manik au séchage du poisson et de la viande afin que leur tribu puisse avoir des réserves pour l'hiver. Ce duo attachant avec les réflexions du petit Manik et les réponses de la grand-mère Ninioq nous apporte des éléments sur la culture, les croyances, les légendes et, les rites Inuits. Ce moment sera initiatique pour le jeune Manik qui rêve de devenir un grand chasseur.
Toutefois, quelques temps plus tard, personne de la tribu ne vient les chercher. Ils décident de revenir par leurs moyens au campement mais la découverte sera terrible.
La fin est tragique mais empreinte de sagesse, de poésie et d'espoir, à l'image de l'écriture de ce talentueux conteur qu'est Jorn Riel.
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dancingbrave
  16 mars 2016
C'est un terrible roman, un moment très intense d'émotions et de révoltes.
La base ethnologique sérieuse du document est édifiante, on y apprend comment vivaient il y a encore peu de temps les populations Inuits du Groenland. Jorn Riel a le talent de faire passer à travers ses mots les croyances, les ressentis, les joies et les peines de ce peuple soumis aux pires conditions de vie ; traqués comme des animaux par les prédateurs et le froid, survivants dans ce monde hostile dans lequel la moindre erreur tue. Un monde où la précarité est si grande que lorsqu'un membre devient inutile à la communauté, il n'a plus d'autre choix que de s'assoir sur la glace et attendre que la mort froide l'emporte en un lieu enfin paisible.
J'ai été très sensible à l'approche que l'auteur fait de l'animiste abordé par l'évocation du plan d'égalité sur lequel se placent les Inuits avec les animaux, prenant autant soin de leur âme que de la leur ; par le respect que chacun montre aux éléments les entourant.
J'ai encore été interpelé par l'approche que Jorn Riel fait du chamanique au travers de la description de l'envol d'un sage, par un trou aménagé dans le toit de la maison, parti pour demander des explications à l'esprit d'un homme.
Un envol si simple, si évident que jamais il ne nous vient l'idée d'en douter.
La langue de Jorn Riel et simple, claire et forte, à l'image du peuple dont elle se fait le chantre
Bien sûr la fin de l'histoire de Ninioq et Manik m'a bouleversé, m'a choqué. Mais replacée dans le contexte n'est-elle pas la plus belle preuve d'amour possible de cette vieille femme pour son petit-fils ? Je n'en dirai pas plus.
Bref tout est dans ce beau petit roman : sérieux ethnologique servi par une narration vivante et non pesante mais aussi dureté à l'image de celle vécue par ces habitants du grand Nord, du grand froid. Un roman court mais au souvenir qui me troublera surement longtemps.
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ManouB
  06 mars 2016
Dans le nord-est du Groenland, la tribu de Katingak est sur le point de rejoindre le camp d'été. Ninioq, la plus âgée des femmes de la tribu sait que le temps est venu pour elle de faire ses adieux au monde des vivants en allant s'allonger sur la glace comme le veut la tradition de son peuple.
Elle profite alors des joies que la vie lui apporte : l'arrivée d'une tribu ami, la famille, les préparatifs de départ pour le camp d'été et les récits de la tribu...
Cela ne l'empêche pas de méditer sur l'abondance des années passées et ses années de jeunesse. Maintenant le renne a disparu et sur ses traces beaucoup de tribus ont suivi. Même les animaux de mer "se tiennent loin des côtes"...ce qui a occasionné des années difficiles.
Mais ce printemps là, malgré la glace qui s'est longtemps éternisée sur les côtes, la saison a bien commencé...
A la fin de l'été, comme après chaque saison de chasse et de pêche, il faut aller faire sécher le poisson et la viande sur la petite île de Neqe. C'est à elle que revient cette tâche difficile…Elle y voit l'occasion de se retirer un moment et de profiter de sa solitude pour réfléchir à sa vie et sa fin qui approche. Mais Manik son petit-fils insiste pour l'accompagner…
Les jours s'écoulent tranquillement. Ninioq éprouve de la joie à s'occuper de son petit-fils préféré et à répondre à ses questions. Elle oublie l'angoisse terrible qui l'assaille sans raison. Jour après jour, elle lui apprend les gestes de la vie, tout ce qu'un chasseur doit savoir, comme par exemple, harponner un pèlerin des mers, ou se redresser lorsque sa pirogue chavire, et protéger ses réserves de viande des bêtes sauvages. le soir elle lui raconte les récits des anciens qu'elle écoutait elle-même lors des veillées, comme les mémorables chasses à l'ours par exemple, et ainsi elle va peu à peu lui transmettre les traditions et les légendes de sa tribu.
Mais au fur et à mesure de l'avancée de la saison, elle comprend que les siens ne viendront pas les chercher comme promis avant la cueillette des myrtilles.
L'attente se charge d'angoisse…
Son peuple les a-t-il abandonnés ?
Sont-ils désormais seuls au monde ?
Est-il arrivé un malheur ? Il faut qu'elle sache…

C'est un roman absolument magnifique qui hantera longtemps le lecteur.
Nous avons tant de choses à apprendre de ces peuples qui ont su vivre en respectant leur environnement et en remerciant les animaux d'assurer leur survie. Ce n'est pas un roman triste mais plein de sagesse et de poésie ...

Lien : http://bulledemanou.over-blo..
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spleen
  13 janvier 2013
Ce doit être l'annonce de l'arrivée du froid qui oriente actuellement mes lectures vers des contrées polaires!
Encore une histoire au Groenland, un beau récit, simple, bien écrit et émouvant sur une tribu d'esquimaux qui a aujourd'hui disparue.
C'est Ninioq la grand-mère qui raconte sa vie, les coutumes de son peuple, les invocations des esprits des animaux lorsqu'on les tue , la disparition des rennes ...
Transmission du savoir ancestral à son petit fils Manik avec fébrilité parce qu'elle est arrivée au bout de sa vie .
Je n'en dirai pas plus de l'intrigue car sa découverte doit rester intacte pour en conserver la candeur et pour moi une fin à laquelle je ne m'attendais pas .
Une bonne lecture au coin du feu qu'on apprécie encore plus !
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 décembre 2008
Lecture jeune, n°128 - Le Jour avant le Lendemain est un des chefs-d’oeuvres de Jørn Riel. À travers le récit de la vie d’une grand-mère, Niquiod, et de son petit fils Manik, Riel met en scène un campement inuit qui essaye de survivre au milieu d’une nature hostile et de la modernité du XIXe, qui risque de remettre en question leurs traditions. Niquiod sait qu’il est temps pour elle de rejoindre le royaume des morts. Elle sait aussi que la belle époque où le peuple inuit vivait de la chasse, en harmonie avec son environnement, est achevée. Les « temps modernes » et les chercheurs étrangers vont bientôt débarquer sur leur territoire. Néanmoins, Niquiod ne veut pas abandonner son petit-fils alors que les « envahisseurs » ont tué tous les gens de sa famille et de la communauté. La grand-mère et l’enfant essaient de résister : Niquiod apprend à Manik les techniques pour chasser et se réchauffer, le bon usage des ustensiles, comment stocker la viande et lui transmet également les contes traditionnels du peuple inuit. Mais la nature est impitoyable et le dénouement tragique de ce roman devient le symbole d’une culture et d’un peuple contraint à disparaître.

Ce récit d’aventure émouvant fera découvrir au lecteur certains aspects méconnus du peuple inuit où la transmission se perpétue oralement, de génération en génération. Grâce à cette nouvelle version illustrée par Olivier Desvaux, le roman extraordinaire de Jørn Riel prend une nouvelle dimension.

Ilaria Conni
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   04 juillet 2016
Plus tard, lorsqu'ils furent assis dans la tente devant la marmite bouillonnante, Ninioq expliqua au garçon quelques- unes des règles qu'un chasseur doit respecter afin de ne pas se mettre à dos les âmes des animaux. Ainsi, dit-elle, il était toujours important de verser un peu d'eau sur le museau du phoque après l'avoir pris. Car comme il le savait sûrement, les phoques ont toujours soif, une soif qui persiste après la mort. De même, il fallait veiller au retour à poser son harpon près de la lampe car, après la capture, l'âme de l'animal demeurait pendant un temps dans la pointe du harpon et chacun sait que la chaleur est très apprécié des phoques.
S'il s'agissait d'un ours, il ne devait pas travailler pendant trois jours après une chasse victorieuse et, dans la mesure où cela lui était possible, il fallait qu'il suspende de nouvelles semelles en peau pour l'âme de l'ours, l'ours ayant toujours a marcher beaucoup.
En ce qui concernait les poissons, il fallait qu'il se souvienne de rejeter leurs viscères à la mer aussitôt après la pêche. Ainsi l'âme des poissons avait-elle la possibilité de redevenir poisson alors que, s'il les laissait à terre ou que le courant les y poussait, l'âme mourrait comme le corps. Il était particulièrement important d'honorer l'épaulard, le protecteur de tous les chasseurs, même si en hiver celui-ci se métamorphosait en loup pour vagabonder à terre.
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mesrivesmesrives   01 juillet 2016
Après avoir dormi, on se rassembla devant la tente de Kokouk pour faire fête à toutes ces merveilles. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas eu de nourriture aussi riche et diversifiée. Il y avait presque de tout dans les grosses marmites en pierre. Oiseaux, animaux marins, eiders cuits entiers et délicieuses jeunes mouettes. Il y avait des côtes de phoque marbré, du foie frais et riche en sang, des intestins, des coeurs et bien d'autres choses savoureuses. Mais surtout, il y avait ces merveilleux petits capelans bouillis.
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nath45nath45   02 septembre 2016
L'inquiétude continuait à tourmenter Ninioq. Peut être était-ce une requête de l'âge, pensait-elle, un souhait de voir une longue vie se conclure avec un sens, ou une explication. Auquel cas l'inquiétude était sans doute stupide. Car la vie ne donne aucune explication et n'a pas d'autre sens que la continuation de l'espèce. Mais justement, c'était peut-être ce dernier point qui étzit à l'origine de son inquiétude. (Page 39)
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issablagaissablaga   22 novembre 2015
Ces montagnes étaient si hautes, avait-il racontė, que pour en voir le sommet il fallait s’allonger sur le dos à même la glace. Elle étaient si immenses, si abruptes, avait-il dit qu’aucun homme ne pouvait concevoir leur grandeur et que l’on se sentait infiniment petit, presque rien, quand on se tenait à leurs pieds.
Et elles étaient belles, si belles que, la première fois qu’il les avait vues, il avait ressenti une irrésistible envie de pleurer. Il avait ressenti la même étrange envie de pleurer que lorsqu’il avait vu le visage de son premier né...
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BidibBidib   11 septembre 2014
Et entre ciel et terre se trouvait ce monde supérieur où les Têtes Tristes se rendent après la mort. Le ciel était un endroit froid et sinistre où les âmes des morts s'appelaient arssartut, les joueurs de ballon, parce que leur seul divertissement était de jouer au ballon avec une tête de phoque, ce qui donnait naissance aux aurores boréales. Quand Ninioq pensait au monde supérieur, cela la rendait mélancolique, parfois même anxieuse. Elle craignait une existence en tant que corps céleste et souhaitait ardemment que, quand le temps viendrait, elle rejoindrait le monde souterrain. Là vivaient les arsussut, les défunts heureux. Ils y vivaient dans l'abondance, il y faisait bon et chaud, et il y avait là un grand nombre de personnes aimables
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Vidéo de Jorn Riel
Jorn Riel était présent aux "Rencontres à lire" de Dax en 2015. Cette vidéo présente succinctement son parcours et la maison d'édition Gaïa.
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