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4.02/5 (sur 57 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Nice , le 25/05/1968
Biographie :

Laurent Mucchielli est un sociologue français.

Après une formation en droit, en histoire et en sociologie, Laurent Mucchielli est devenu chercheur au CNRS en 1997. Après des premiers travaux sur l’histoire des sciences sociales en France, puis sur les homicides et sur la délinquance juvénile (notamment les viols collectifs), ses recherches se sont portées sur l’analyse de l'évolution de la délinquance, de la violence et des politiques de sécurité de façon plus générale, ainsi que sur l'analyse critique de l’exploitation qui en est faite par les médias et les discours politiques.

À la suite des émeutes de novembre 2005, il a également ouvert un chantier de recherches sur les problèmes spécifiques aux quartiers populaires, avec une petite équipe de jeunes chercheurs de terrain. Laurent Mucchielli enseigne la sociologie de la délinquance à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il intervient aussi dans des écoles de formation professionnelle telles que l'École nationale de la magistrature et les Instituts Régionaux du Travail Social.

Il a dirigé, de 2004 à 2009, le Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) ; ce laboratoire du CNRS fait partie du Groupe européen de recherche sur les normativités (GERN).

Le CNRS lui a décerné en 2006 sa Médaille de Bronze.
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Interview de Pierre Chaillot, auteur de "Covid19 ce que révèlent les chiffres officiels", Préface de Laurent Mucchielli, Directeur de recherche au CNRS Postface de Laurent Toubiana, épidémiologiste et chercheur à l'INSERM « On peut discuter de tout sauf des chiffres » a dit un jour l'ex-ministre de la Santé Olivier Véran. Après trois ans passés à collecter et à analyser la quasi-totalité des chiffres qui concernent la crise du Covid 19, dans les organismes officiels français et internationaux, le statisticien Pierre Chaillot peut affirmer le contraire : on doit discuter de tout et surtout des chiffres. En particulier de ceux que les responsables politiques et médicaux ont choisis délibérément de ne pas citer car ils risquaient de provoquer l'effondrement du récit officiel. Pierre Chaillot expose donc dans ce livre le résultat de ses analyses. Les données qu'il cite sont toutes sourcées, ses calculs sont entièrement ouverts à la consultation sur son site et ses hypothèses ont été discutées et revues par des spécialistes (statistiques, informatique, mathématique, épidémiologie). Ses conclusions sont stupéfiantes. Mortalité, hospitalisations, tests, efficacité vaccinale, effets secondaires, rien ne résiste à la confrontation ordonnée de la totalité des chiffres et, devant les yeux du lecteur effaré, la propagande s'écroule. Pierre Chaillot est statisticien. Il a souhaité reverser tous les droits issus de la vente de ce livre à la Fondation Où Est Mon Cycle, constituée pour venir en aide aux femmes qui ont subi de graves perturbations hormonales à la suite de la vaccination Covid. Pierre Chaillot a créé et anime la chaine @Decoderleco

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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Laurent Mucchielli
Absence d’enquête de terrain, «people-isation», perte de neutralité au profit d’un genre de militantisme, enquêtes à charge, dépendance totale envers la communication des agences gouvernementales et des industries, le journalisme tel que défini il y a 50 ans dans la Déclaration de Munich est en train de disparaître sous nos yeux, éclipsé par un «fact-checking» général aussi superficiel que biaisé.
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Laurent Mucchielli
Les bonnes questions sont : pourquoi le débat contradictoire est-il à ce point interdit en France ? Pourquoi les chercheurs indépendants et désintéressés qui s'interrogent sur la communication des pouvoirs publics, et proposent des contre-analyses, sont-ils traités par les journalistes comme des ennemis plutôt que des alliés ? Comment se fait-il que ces journalistes se soient à ce point et aussi massivement mués en défenseurs (« les nouveaux chiens de garde » titrait déjà Serge Halimi en 2005) de la communication gouvernementale ? Pourquoi tout propos produisant volontairement ou involontairement une dédramatisation de la crise sanitaire est-il jugé par principe insupportable et irrecevable ?

Quoi qu'il en soit, pour notre part, que cela plaise ou non, nous continuons à penser que, comme le disait très justement il y a quelques semaines notre collègue Didier Fassin dans le Journal du CNRS : « le Covid-19 n’est exceptionnel ni par son infectiosité ni par sa létalité. (...) Le caractère unique de la situation actuelle ne tient donc pas tant à la maladie elle-même qu’à la réponse qui lui a été apportée ». Ce qui, évidemment, en dérange plus d'un. A la décharge des journalistes, terminons ce préambule en disant que le conformisme de pensée, la soumission à cette sorte de pensée unique officielle que nous appelons la doxa du Covid, est très répandu dans la haute administration, y compris dans la fonction publique hospitalière et y compris dans des établissements publics comme l'INSERM, l'INSEE ou encore l'INED. Nombre de collègues nous disent en privé qu'ils comprennent et soutiennent notre démarche, mais ont peur de le dire en public car ils redoutent – à juste titre – d'en subir immédiatement des conséquences désagréables.
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Laurent Mucchielli
Certains de mes collègues le redoutaient, je ne voulais pas y croire. Mediapart qui me censure ! C'est un choc. Sachant que je tente depuis des mois d'avoir une vraie discussion avec ses journalistes, qui ne m'ont jamais répondu. Notre travail sera republié ailleurs. Mais quelle tristesse de voir que même Mediapart considère qu'il n'y a qu'une seule façon de penser autorisée, et qu'à la place du débat, on trouve la censure. Pour un journal qui prône la liberté et l'indépendance, cela me semble grave. Et cela fera aussi date. Car nous allons évidemment continuer à publier notre travail critique, n'en déplaise au pouvoir politique, à sa cour et tous les influenceurs type "nofakemed" et cie qui m'attaquent sans relâche et qui ont donc réussi à faire pression sur Mediapart. Quand viendra - plus tard - le temps de la vérité, que les masques seront tombés, je fais (hélas) le pari que la rédaction de Mediapart regrettera d'avoir préféré cette censure hautaine au dialogue que je lui propose depuis le mois de mars 2020.
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Elles ont au contraire conforté le cœur de la rhétorique gouvernementale consistant à réduire le débat politique à un clivage libéral/populiste et, concrètement, à l’affrontement entre le macronisme et l’extrême droite. Persuadés pour beaucoup de « faire le bien » en défendant le gouvernement face à l’extrême droite, la plupart des journalistes se sont ainsi mués en « chiens de garde » de la propagande politico-­industrielle du moment, et celles et ceux qui n’étaient pas d’accord n’ont manifestement pas pu ou pas voulu s’y opposer. S’écarter de la doxa a en effet un coût élevé. Au sein même des principales entreprises médiatiques, celles et ceux qui n’étaient pas d’accord avec la ligne éditoriale ont probablement subi diverses formes de pression directes et indirectes pour se taire ou se conformer, sous peine d’être ostracisés au sein même de leur profession.
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Laurent Mucchielli
Après le covid, que devient la démocratie ?
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Revenons une dernière fois sur les ressorts profonds du ou des types de viols collectifs qui semblent dominer en quantité, du moins dans les grandes agglomérations, à savoir ceux qui mettent en scène des groupes de jeunes hommes habitant les quartiers populaires. Cette forme de violence sexuelle exercée par de jeunes hommes envers de jeunes femmes ne doit rien à la "culture d'origine" de ces personnes, encore moins à une religion dont ils sont au contraire très éloignés. Le contresens constamment opéré dans le débat public, par des commentateurs de l'islam qui ignorent à peu près tout de la réalité des pratiques religieuses, est ici total. En effet, les chercheurs et les professionnels de terrain constatent depuis plusieurs années que la conversion à un islam réellement pratiqué, loin d'être un facteur de violence, est au contraire un moyen efficace pour sortir des pratiques délinquantes : d'une part, cette conversion suppose l'adoption d'un mode de vie structuré et structurant, d'autre part, elle offre un cadre identitaire et revalorisant s'agissant de jeunes hommes qui cachaient derrière leurs attitudes provocatrices et supérieures des fragilités narcissiques importantes liées à leurs multiples échecs depuis l'enfance.
L'idée d'une culture maghrébine et d'une religion musulmane qui prédisposeraient à la violence envers les femmes constitue donc un grossier préjugé ethnocentrique (consistant comme toujours à considérer l'autre comme un barbare) et un argument de lutte politique malhonnête (consistant à prétendre que les hommes d'origine maghrébine ou africaine violentent particulièrement leurs femmes, pensant ainsi promouvoir l'émancipation de ces dernières). Loin de ces idées reçues, nous avons vu que la pratique des viols collectifs dans les quartiers pauvres des grandes agglomérations doit se comprendre à travers l'analyse des groupes de pairs ou des bandes de jeunes et de leurs systèmes de normes propres : c'est parce que le virilisme compensant la marginalisation sociale des jeunes hommes ainsi que les mécanismes de formation des bandes jouent beaucoup plus dans ces quartiers que les viols collectifs y sont plus nombreux. La preuve en est que, à des époques et dans des populations différentes, des mécanismes similaires ont produit des comportements similaires.
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Traitement de type
J'ai constaté une impressionante quantité de commentaires anonymes et reçu également une vingtaine de messages éléctroniques de collègues (CNRS et universités) présentant D.Raoult tantôt comme un charlatan, tantôt comme une personne non crédible du fait de tel ou tel aspect de sa personalité. Chez certains journalistes, certains intellectuels et certains médecins, c'est une véritable haine que suscite la personne de Raoult. Or ceci est doublement condanable. Premièrement, juger de la crédibilité d'un chercheur en fonction de sa personalité apparente est une attitude particulièrement sotte, surtout quand certains des traits de personnalité en question sont d'une triste banalité. (...) En réalité, que la personnalité de D. Raoult soit ou non sympathique aux uns et aux autres n'avait aucune espèce d'interêt et ce genre de discussion relève du café du commerce.
Deuxièmement, je tairai par charité le nom des collègues qui ont accusé Raoult de "charlatanisme" tellement la chose est indécente. En 2 clics sur son ordinateur, chacun peut lire le CV de Raoult et comprendre qu'il a affaire à l'un des microbiologistes, virologues et infectiologues les plus connus en France mais aussi à l'échelle internationale. Que cela plaise ou non, ceci est un fait.
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Laurent Mucchielli
Les émeutes de novembre 2005 témoignent ainsi de la situation de désespérance d'une partie de la jeunesse confrontée à une double crise d'insertion dans la société et la vie adulte.
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Le 8 juin 2021, l’assemblée générale des Nations Unies adoptait une résolution par laquelle elle exprimait sa profonde préoccupation face à la stigmatisation, à la discrimination et aux lois et pratiques restrictives et discriminatoires qui visent les personnes contaminées ou exposées au risque d’infection et face aux lois qui restreignent la circulation des personnes ou leur accès aux services.
Cette résolution encourageait à œuvrer à l’élimination totale de la stigmatisation et de la discrimination des personnes contaminées ou exposées au risque d’infection, et à veiller à ce que tous les services soient conçus et fournis sans stigmatiser ni discriminer ces personnes, dans le plein respect des droits à leur vie privée, à la confidentialité de leurs données de santé et à leur consentement éclairé.
Cette résolution ne concernait évidemment pas le désormais célèbre SARS-CoV-2 (responsable de la maladie Covid-19), mais le non moins très connu (et depuis bien plus longtemps) virus dit de l’immunodéficience humaine (VIH, responsable du SIDA).
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La première défaillance (la socialisation familiale) est la moins facile à repérer et à analyse car elle est moins visible. Le problème principal n'est sans doute pas l'absence physique d'un parent (en l'occurrence le père), la famille en situation monoparentale. C'est là une explication courante que toutes les recherches relativisent fortement. L'essentiel ne tient pas à la forme de la famille mais au contenu réel des relations familiales, à l'existence ou non d'un conflit entre les parents (déterminant "l'ambiance générale" de la famille), à la capacité des parents à représenter des supports d'identification pour leurs enfants. Cela tient aussi à leur "capital social", entendu ici comme leurs capacités de mobilisation dans le voisinage et vis-à-vis des institutions locales. Or les situations de précarité (économique, relationnelle, sociale au sens large) des parents, qui accroissent les conflits internes des familles, sont concentrées évidemment dans les quartiers pauvres ou résident massivement les familles d'origine maghrébine et africaine.
La seconde défaillance (celle de la socialisation scolaire) est beaucoup plus aisément repérable car elle est sanctionnée par des mécanismes d'exclusion institutionnalisés. Or, nous l'avons vu, l'échec et la marginalisation scolaires sont le principal point commun des biographies des auteurs de viols collectifs. Le problème est connu de longue date. La question qui se pose dès lors est également bien connue de tous les éducateurs et plus largement des professionnels qui travaillent auprès de ce public. Comment un adolescent en situation d'échec ou de marginalisation scolaire, a fortiori s'il ne trouve pas en famille les ressources économiques et psychologiques nécessaires pour faire face à cet échec ou à cette marginalisation, peut-il s'affirmer sur le plan personnel et social, et se projeter dans l'avenir en tant qu'adulte, c'est-)-dire ayant un véritable travail (conférant statut et revenu), habitant son propre logement et fondant à son tour une famille ? La réponse est souvent : c'est impossible. Le résultat est une terrible anxiété, de très profonds sentiments de dévalorisation, de colère et d'injustice. Pour survivre psychologiquement, cette situation nécessite une réponse.
Le monde de la bande en constitue une. L'adolescent peut y trouver une place, y exister, s'y affirmer, y être valorisé, à tel point qu'il peut avoir le sentiment de dominer les autres et de prendre en quelque sorte une revanche sociale.
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