AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.63 /5 (sur 85 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Clermont-Ferrand
Biographie :

Marie-Laure Hubert Nasser est née en 1963 à Clermont-Ferrand. Après une année d’hypokhâgne, elle suit la formation Celsa Sorbonne Université (Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées). Son désir d’écrire est mis de côté car elle doit travailler. Passionnée par la communication publique, la recherche de sens, le lien avec les autres, la volonté d’être utile, elle mène sa carrière dans les collectivités territoriales et s’investit dans la presse locale. Très engagée pour la défense des droits des femmes, elle se révèle dans un rôle de « passeur » recueillant les témoignages des femmes engagées et organisant des évènements au féminin.

L’écriture est sa passion, un chemin révélé en 2013 par "La Carapace de la tortue", son premier roman qui a connu un large succès en édition folio (Prix Saint Estèphe du Château Pomys 2015, Prix du roman régional du Lions Club International 2015) ; suivi de "Spleen Machine" en 2015 (Prix Lire en Tursan 2015) et de "Semblant sortir du noir" en 2017.

+ Voir plus
Source : Editions Passiflore
Ajouter des informations
étiquettes
Videos et interviews (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de
Marie-Laure Hubert Nasser vous lit un extrait de son livre La carapace de la tortue. Notre monde n'est qu'apparence. Et dans cet univers codé et réservé aux silhouettes jeunes et belles qui hantent les pages des magazines, nombreuses sont les femmes qui ne trouvent pas leur place. C'est le cas de Clotilde, une héroïne pas comme les autres puisqu'elle est pourvue d'une physionomie qualifiée dès sa petite enfance de « grosse, pataude, maladroite et laide ». Au regard de cette étiquette qui lui colle à la peau, Clotilde s'est réfugiée dans un quotidien où elle tente de disparaitre pour ne pas déranger le monde qui tourne sans elle. Tête baissée et corps enseveli sous une peau gonflée de kilos superflus, elle avance dans la vie à pas lents, avec une seule certitude, celle de ne pas avoir de place dans cette société. Son installation à Bordeaux, sa ville natale va l'entrainer dans de nouvelles aventures. Une seconde naissance. La découverte de voisines des plus étonnantes. Drôles, fantaisistes, et en quête d'un bonheur incertain. Puis, l'amour d'un enfant et qui sait, celui d'un homme ? Une nouvelle existence, presque entièrement réglée dans un quartier où l'on observe à la loupe et parfois au vitriol la vie des autres. La recherche d'un travail va la conduire par le plus heureux des hasards à pénétrer un cercle bien fermé, celui de l'art contemporain. C'est donc dans un musée en quête de création et d'esthétisme que Clotilde va s'épanouir. Un hymne à l'amitié, à la culture et à la différence. Une écriture décomplexée et vive qui fait l'éloge de la disgrâce https://www.editions-passiflore.com/litterature/20-la-carapace-de-la-tortue.html
+ Lire la suite

Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
petitsoleil   17 janvier 2014
La carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser
- Il faut que tu m'aides, je n'y arriverai jamais sans toi.

- Mais que je t'aide à quoi ?

- A passer cet entretien.

Ils cherchent quelqu'un pour la boutique d'en face. Au CAPC.



(...)

- Ouais, bon, c'est du passé. Mais dans le cas présent, ben, comment veux-tu que je t'aide, ma belle ? J'y pige rien, moi. Encore, si c'était pour bosser chez H & M, je connais toutes les vendeuses, mais là ... J'en connais pas une de vendeuse. Et d'ailleurs, ils vendent quoi, dans ta cathédrale ?

- Des ouvrages pour approfondir ses connaissances après une visite, des catalogues d'expositions, des livres d'artistes pour faire des cadeaux originaux, tu vois ?



(...) Tout l'immeuble était au courant de cet espoir de rendez-vous. Cette information majeure avait donné lieu à une séance de formation intensive (...) pour approfondir ses connaissances. Toutes les femmes au foyer étaient présentes. Elles préparaient même l'entretien avec leurs maris avant cette séance de "coaching" comme l'avait appelée Claudie, se moquant de cette nouvelle émission télévisée de conseils en tout genre qui venait de voir le jour sur sa grille des programmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
geisha79   30 novembre 2016
La carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser
Elle est si lisse et si pure à l'intérieur que les maux et les reproches ne peuvent s'accrocher sur ses parois. Râpeuse et repoussante à l'extérieur, elle est douce et tendre comme une pierre à savon, dedans. Rien ne reste du passage des malheurs précédents. Cette grotte est apparue lors du dernier cyclone et depuis, tout le village est en paix.
Commenter  J’apprécie          120
editionspassiflore   12 janvier 2014
La carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser
Extrait : Le journal de Clotilde

C’est idiot. Je me demande par où commencer. Je me suis toujours promis qu’un jour je saurais à qui écrire. Que je trouverais l’envie de me confier. Voilà bientôt trente ans que je lis, dévorant la vie des autres, sans avoir jamais couché un mot sur le papier. J’ai du mal à tenir un stylo. C’est pour cela que je me suis offert un plumier. Avec une encre violette. Comme lorsque j’étais petite. Pour faire de belles lignes. Ce cahier a une carapace en cuir. Je l’ai voulu juste pour moi. C’est mon premier cadeau avec mon argent. Il me ressemble. Je l’ai trouvé dur et tendre à la fois. Comme moi. Rugueux et sans forme à l’extérieur. Un bloc. Un roc. Des feuillets doux et collés à l’intérieur. On souffle doucement sur les pages et elles s’entrouvrent. Comme des portes cachées. Moi, Clotilde, vingt-sept ans, dont vingt-six pétrifiée dans une roche, j’ai pour la première fois de mon existence envie de vivre. C’est sans doute parce que je peux enfin me demander ce que je ferai demain. Cela ne m’était jamais arrivé. J’ai toujours cru que je ne finirais pas la journée. À moins que ce soit elle qui ne se termine jamais. Le temps est un élément auquel je pense souvent. Comme un ennemi qui me poursuit. Comme si un sablier infini coulait en moi. Pour m’alourdir. Rendre mes membres gourds. Mes mouvements douloureux. Mon présent pesant.

Je suis venue sur terre laide. Pas de ces laideurs qui deviennent des atouts, car l’on acquiert grâce à elles une forte personnalité. Pas de ces grosseurs que l’on désigne girondes ou généreuses, créant le désir irrépressible d’y apposer les mains. Pas de ces disgrâces si frappantes que l’on peut les détourner. Réparer. Cacher. Opérer. Non, un corps et un visage inscrits dans une masse de chair alors même que le travail de façonnage n’a pas été achevé. Je ne sais pas d’ailleurs s’il reste une partie de mon être épargnée par cette infortune. Je me suis regardée dans un miroir pour la dernière fois à l’âge de six ans. J’observais cette autre avec curiosité. Sans vraiment d’appréhension ou de colère. Je pensais que j’étais comme le reste du monde. Et puis j’avais une jolie robe ce jour-là, avec des volants roses que je faisais virevolter autour de mes jambes. J’étais plutôt heureuse malgré tous ces accidents quotidiens qui venaient se coller à ma peau. Je me sentais leste bien que plongée dans un bloc de béton. Je n’ai pas de cou. Mes épaules sont tellement épaisses que l’on ne peut vraiment pas deviner si j’ai un corps de femme. Ma taille est large. Mes membres sans forme. Mes pieds, je ne les vois plus depuis des années. Mes mains ressemblent à des battoirs. Mon visage ? Je ne sais pas vraiment. Il est flou pour moi depuis si longtemps. À l’école, dans les couloirs, on m’appelait la grosse. La dodue. Le bidon. Le boudin. Le laideron. La couenne. Le lardon. Le quintal. Le tonneau. La tonne. Quand on est grosse, on vous croit bête aussi. Comme une double punition du ciel. Comme les deux bosses du chameau. Alors, j’avais droit aussi à la perchée, la pommée, la pauvre débile, la tordue, la neuneu, la naze. Là, c’était l’association physique et morale de ce qui leur semblait ma réalité. Il y avait aussi la bâtarde, insulte suprême vomie pour clore le chapelet d’injures dont j’étais recouverte. Je n’avais qu’une envie, disparaître. Me fondre dans l’espace. Rentrer sous terre. J’ai enfoncé un chapeau en feutre noir sur ma tête pour que l’on ne voie plus que le menton, à étage d’ailleurs, je crois bien. C’est comme ça quand on est gros.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
editionspassiflore   03 juin 2016
Spleen Machine de Marie-Laure Hubert Nasser
Marie m'avait rejointe. Je lui livrais mon angoisse et l'ennui permanent qui escaladaient mes tripes. J'avais tout pour plaire et mon incapacité à accéder au bonheur faisait couler dans mes veines une mélancolie qui me plongeait dans les limbes. Elle avait sorti ses écouteurs et nous partagions les paroles amères d'une chanteuse new-yorkaise. Comme pour accompagner ce long et incompréhensible voyage. Grisaille, noirceur, abattement. La spleen machine égrenait sa mélodie.
Commenter  J’apprécie          60
petitsoleil   17 janvier 2014
La carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser
A part le mot "start-up" et le nombre de zéros sur son compte en banque, Sarah n'en savait guère plus sur l'univers professionnel de son mari.

Elle trouvait ces anglicismes terriblement ennuyeux.

Elevée pour devenir une bonne épouse, elle estimait avoir rempli sa mission.

Elie lui avait fait une cour assidue. Elle s'était laissé séduire par cette aisance qu'il affichait en toute situation. Elle avait conçu deux beaux enfants, mâle et femelle. Cuisinait à merveille et gérait avec élégance un intérieur assez surfait, mais qui arborait tous les signes de la réussite.



Sarah avait atterri dans cet immeuble cossu pur XVIIIe en attendant la réfection d'un loft extravagant. Elle avait acquis à prix d'or d'anciens chais qu'elle rénovait, convaincue d'avoir conclu l'affaire du siècle.
Commenter  J’apprécie          50
petitsoleil   17 janvier 2014
La carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser
La petite, c'est vrai qu'elle avait son air idiot et sa vue basse, mais elle les écrasait tellement par son intelligence, bien avant l'âge de raison, que cela leur avait causé des angoisses terribles. (...) Ils en étaient restés babas. Ils avaient eu peur. Pensaient à une sorte d'esprit malin. (...) Finalement, il était plus simple de croire qu'elle était un peu perchée et qu'elle ne savait pas ce qu'elle racontait. Qu'elle répétait bêtement des bouts de phrases qu'elle avait entendues dans les conversations des grands.



Elle avait vu tout cela se tricoter, la vieille tante.

Comme un vilain napperon de dentelle, ouvrage complexe monté au crochet dont on espère ne jamais hériter.

Elle avait longtemps discuté avec la petite quand elle se rendait dans la maison de famille. Elle aimait ses remarques aiguisées. Son esprit vagabond et poétique. Ses questions dérangeantes. Elles lisaient les mêmes livres et elles échangeaient ensuite avec passion.
Commenter  J’apprécie          30
petitsoleil   17 janvier 2014
La carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser
Cette femme active ne s'était jamais résolue à voir grandir son dernier.

Et plus elle culpabilisait, plus elle rentrait tard.

Car ainsi semblaient faites les mères qui, plus elles maternaient leurs enfants, moins elles s'en détachaient. Le travail jouait alors ce rôle de séparateur. De coupeur d'amour. Elles naviguaient au croisement de deux culpabilités : travailler ou enfanter.



Elisabeth s'imaginait libérée en repoussant toute émotion dans la journée.

Ce qui lui avait permis d'accéder au directoire. Cette femme belle et sensible, à la peau blonde et fine, surnommée par ses collègues "cyborg", était au bord des larmes chaque soir en étreignant son bébé.
Commenter  J’apprécie          30
RAMBAUD   23 mars 2015
La carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser
On parle à juste titre d'obésité morbide, non qu'on soit des morts ambulants, non, mais parce que cela insupporte. Les gros dégoûtent. Agacent les autres.
Commenter  J’apprécie          40
petitsoleil   17 janvier 2014
La carapace de la tortue de Marie-Laure Hubert Nasser
Depuis cette histoire d'entrepôt, la vie de Sarah était très agitée.

Elle avait mis toute son énergie à accélérer ce chantier, espérant quitter cet immeuble qu'elle ne trouvait pas vraiment digne de son statut social, même au cœur de la "branchitude" artistique, comme elle aimait à le répéter.



Ce quartier réunissait autour du musée d'art contemporain de nombreux galeristes. Un public parisien averti s'y rendait régulièrement.

Les écoles de design et des beaux-arts avaient suivi cette installation près du Jardin public et il régnait dans la rue Ferrère une ambiance juvénile et potache, un brin échevelée.

Sarah s'était attachée à cette jeunesse bobo équipée de vélos, iPad et cartons à dessins, qui semblait réinventer le monde et parfois même le porter.

Elle adorait exhiber son adresse dans les dîners mondains.

Commenter  J’apprécie          20
scooby   29 septembre 2017
Semblant sortir du noir de Marie-Laure Hubert Nasser
Elle désire tellement être à la hauteur. C'est son moteur ce besoin de perfection. Elle aime qu'il soit fier. Il est si fort. Elle voudrait qu'on l'aime. Et l'aider aussi.Etre son arme fatale. Son supplémentd'âme pour aller à la victoire.
Commenter  J’apprécie          30

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Listes avec des livres de cet auteur
Lecteurs de Marie-Laure Hubert Nasser (99)Voir plus


Quiz Voir plus

le cycle des robots 1

comment s'appelle l'ami de Gloria

George
Robbie
Grégory
Speedy

25 questions
22 lecteurs ont répondu
Thème : Le Cycle des Robots, Tome 1 : Les robots de Isaac AsimovCréer un quiz sur cet auteur

.. ..