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Note moyenne 2.74 /5 (sur 80 notes)

Nationalité : Finlande
Né(e) à : Helsinki , le 26/02/1961
Biographie :

Monika Kristina Fagerholm est un écrivain finlandais de langue suédoise.

Elle a fait ses études en littérature et en psychologie à l'Université d'Helsinki et a obtenu sa licence en sciences sociales en 1987.

Elle publie son premier roman, "Sham", en 1987, mais devient connu avec "Femmes merveilleuses au bord de l'eau" (Underbara kvinnor vid vatten, 1994), traduit en de nombreuses langues.

Elle a reçu plusieurs distinctions en Suède dont le prix August 2005 pour "La Fille américaine" (Den amerikanska flickan, 2004).

Elle vit à Ekenäs.



Source : http://www.100pour100finlande.fr/+-Monika-Fagerholm-auteure-+.html
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
mesrives   09 mars 2016
La fille américaine de Monika Fagerholm
Sandra Nuit & Doris Jour. Doris Nuit & Sandra jour. Deux filles avec des tricots noirs identiques sur lesquels étaient tracés ces mots au niveau du ventre: la Solitude & la Peur, en letrres de peinture verte. des tricots à manches longues en plein été mais, et c'était le plus important, des tricots dont il n'existait que deux exemplaires exactement identiques dans le monde entier. Sandra les avait cousus pour servir à leurs jeux, au début pour d'amuser, mais petit à petit il en émergeait un message, un contenu plus profond. Encore informulé, pour l'instant; plutôt comme une note, une tonalité.

C'était maintenant au tour de Doris de diriger le jeu. Beaucoup de patience, ça commencait à devenir évident.

"Raconte!"
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Noisettine   06 mars 2012
La fille américaine de Monika Fagerholm
On ne tombe pas amoureux parce que la personne vous est sympathique ou antipathique, ni même pour ses mille qualités. On tombe amoureux de quelqu'un qui réveille quelque chose qu'on porte en soi.
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Woland   04 septembre 2014
La fille américaine de Monika Fagerholm
[...] ... Ce fut donc ainsi que commença l'effondrement - d'une façon pas du tout inattendue, bien qu'on pût superficiellement penser le contraire. Sandra, pour sa part, attendait ce moment. C'était peut-être bizarre. Mais tout aussi bizarre de continuer comme si de rien n'était. Comme elle l'avait fait au début. Tout en sachant que ce n'était pas dans l'ordre des choses, pas normal. Mais normal, c'était quoi ? Maintenant que Doris n'était plus là, les mots aussi pâlissaient ; les mondes qu'ils recelaient, toutes les nuances, toutes les associations, les phrases inventées. Normal redevenait normal, dans un sens normal. Cela facilitait bien entendu la communication avec l'entourage, la possibilité d'établir un contact et une compréhension, mais cela retirait en même temps autre chose, d'essentiel, un goût, une saveur.



Et la grande question à laquelle il fallait répondre était tout simplement celle qui avait été continuellement repoussée jusque là : était-il même possible d'exister sans ce goût-là ? En répondant oui, on mentait tout autant que si on répondait non et qu'on agissait en conséquence - en se faisant de nouvelles camarades, par exemple, comme s'il était question de ça, d'avoir une "camarade." Tel était le dilemme de Sandra depuis la mort de Doris. Elle ne voulait pas mourir, mais elle ne voyait pas comment elle allait pouvoir continuer à vivre.



C'était la réalité toute crue. Et quand elle commençait à penser à ça - non, précisément, on ne pouvait pas y penser, pour des raisons tout à fait logiques. Il n'y avait qu'une seule solution, mourir la mort, mais ça, elle ne le voulait pas, alors il n'y avait plus qu'à repousser toute pensée et - hou là, que se passait-il, voilà que Doris se mettait à parler en elle - "continuer son bonhomme de chemin." ... [...]
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Woland   04 septembre 2014
La fille américaine de Monika Fagerholm
[...] ... Personne ne connaissait ma rose dans le monde à part moi. (Tennessee Williams)



Ici commence la musique. C'est si simple. Ca se passe à la fin des années 1960, à Coney Island, près de New-York. On trouve ici des plages, des aires de pique-nique, un petit parc d'attractions, quelques restaurants, des machines à sous amusantes, voilà.



Il y a beaucoup de monde. Elle ne se distingue pas de la foule. Elle est jeune, quinze, seize ans, robe légère, cheveux blonds pas très nets, ça fait plusieurs jours qu'elle ne les a pas lavés. Elle arrive de San Francisco et, avant, d'un autre endroit. Elle a toutes ses affaires dans un sac, qu'elle porte sur le bras. Un sac à bandoulière, bleu, dessus il est écrit Pan Am.



Elle se balade mollement, parle à quelques personnes, répond quand on s'adresse à elle, ressemble un peu à une hippie, ce qu'elle n'est pas. Elle n'est rien, en fait. Elle voyage. Vit au jour le jour. Rencontre du monde.



Do you need a place to crash ?



Il y a toujours quelqu'un pour poser cette question.



Et c'est possible de vivre ainsi, encore à cette époque.



Elle a dans la main quelques dollars que quelqu'un vient de lui donner. Elle a demandé cet argent, elle a faim, elle veut manger. En fait elle a juste faim, rien d'autre. Sinon elle est heureuse, c'est une belle journée, ici, en dehors de la ville. Le ciel est haut, le monde est vaste.



Quelques gamins s'amusent près de la cabine à enregistrer des disques. Il y en a encore un peu partout à cette époque, en particulier dans ce genre d'endroit : "Enregistre ta propre chanson et offre-la à quelqu'un. Ta femme, ton mari, un ami. Ou garde-la pour toi."



Comme un petit gadget-souvenir amusant. ... [...]
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Woland   12 septembre 2014
La scène à paillettes de Monika Fagerholm
[...] ... Ces paroles-là, non pour une effet "solennel" mais parce que c'étaient ces paroles-là qu'on pouvait ressentir dans son corps, qui étaient d'une certaine manière déjà là, déposées en vous, et quand on les entendait, ces paroles, ça se ranimait : quelque chose de grand, un scintillement qui est le temps, pas dans le sens habituel mais comme une archéologie en vous, et pareil chez les autres, chez les êtres humains en général. Un instant ressentir aussi cela : cette participation. Que, d'une certaine façon, nous sommes tous les mêmes, que nous portons en nous le même paysage - et le même temps. Qu'il existe, a existé, un autre temps. Du temps qui n'est pas secondes minutes jours années décennies, ni ma vie, ni l'histoire de ma famille - mais du temps comme dans "les générations suivent le destin des générations." Un temps plus vaste, un paysage, le temps de tous.



Marcher en Dieu dans le temps, dans un paysage que nous partageons : nous faisons partie les uns des autres et parfois nous pouvons en avoir l'intuition fugitive. Une femme découpant des vêtements au-dessus d'un seau, longues bandelettes, soie velours guenille chiffon -



Dans cette langue-là, il y avait de la place. Pour tout. Je ne suis pas sans espace.



Et alors, dans ce temps-là, un instant, un fragment, voir sa propre vie. Un fragment dans un paysage avec des fragments d'autres paysages en soi, les paysages des autres. Par-delà toutes les limites. Par-delà les étroites frontières familiales, bien sûr : papa maman enfant, un héritage par-delà ces héritages-là, mais comprenant aussi ceux-là. Et avec quelle évidence il y avait aussi de la place dans ce paysage-là pour LA JOURNEE DU DESIR. Une vieillerie qui n'est pas toi mais qui est née en toi. La Putain Joyeuse, la Fille de Bornéo, whatever ; ce sont, n'étaient, que des appellations. Tout comme la Raclure, ainsi que ça s'était appelé un temps après l'enfance, l'enfance où il y avait eu un sens intuitif inné pour ce qui était soi et pourtant tellement plus grand que soi. Mais la Raclure alors, ainsi nommée par Tom Maalamaa, son altesse royale adossée à Gustav Mahler. La princesse du presbytère qui était l'héritière des mots, mais les mots soudain étaient là pour lui, il en avait fait sa propriété, et cette petite amie pathétique qui levait les yeux au ciel en silence à ses côtés. Parlant, acquiesçant, comme sur commande. En même temps, bien sûr, c'était plus facile : être d'accord, ça ne demandait pas de résistance. Etre dans son paysage à lui, qui se fortifiait plus il parlait, acquérait un cadre, le cadre de ses mots à lui, jusqu'à devenir le seul cadre possible.



Si bien que si on se trouvait être sa soeur Maj-Gun, on devenait pour sa part, tout entière, un excès. ... [...]
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Woland   12 septembre 2014
La scène à paillettes de Monika Fagerholm
[...] ... Les jumelles. Rita, Solveig, de la maison des cousins. Voilà pourquoi la baronne se rendait au marais de Bule ! Elle allait les retrouver. Les jumelles, toujours fourrées au marais, tôt le matin quand les honnêtes gens dormaient encore. Pour "s'entraîner." Devenir "championnes de natation." Et puis quoi encore ? Quel ramdam autour de ce "potentiel" qu'elles s'estimaient avoir. Dont elles se vantaient à tour de bras en faisant semblant de parler entre elles, mais à haute et intelligible voix pour que tout le monde l'entende. Et blabla, et que je te détaille tous les "sacrifices" requis, toutes les "exigences", "s'entraîner, s'entraîner, s'entraîner ..."



Oui, oui. Bien possible qu'on ait eu ce genre de pensées dans le Coin, à l'époque déjà, avant que tout n'arrive. Genre : pour qui se prenaient-elles, ces deux-là ? Ho ! En vrai, elles n'avaient vraiment rien d'extraordinaire. Pas de quoi s'exciter. Cette "maison des cousins" par exemple, d'où elles sortaient - c'était quoi, exactement, comme endroit ?



Dans ce nouveau contexte, voilà qu'on se rappelle tout ce qu'on croit savoir à leur sujet, pas grand chose, mais tout de même bien étrange. L'horrible vieux, celui qu'on appelait le "père des cousins", qui avait gagné le terrain au jeu, les parents morts - quel genre de "danseurs", au fait, ces deux-là ? Des forains, des artistes de cirque ? Et puis soudain un souvenir, tel l'éclair : musique de danse s'échappant par une fenêtre ouverte, rideaux fermés. Notes de rumba. Un rythme entêtant, hypnotique, par les jours d'été chauds et sans vent, autour de la villa de la Première Pointe. Le danseur et sa femme, qui s'entraînaient dans le grand salon en vue d'un concours de danse.



Ce rythme-là, et les enfants silencieux. Les trois maudits. Et, plus tard, après l'accident, les trois enfants en rang d'oignons, grands et costauds tous les trois, ils avaient toujours fait plus que leur âge, adossés au soubassement de pierre de la villa.



Note de rumba, entêtantes, comme si on pouvait encore entendre la musique autour d'eux.



Un tel héritage, un tel mauvais sang dans les gènes.



On frissonne quand on y pense. Ces enfants-là. ... [...]

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christinebeausson   23 juillet 2017
La fille américaine de Monika Fagerholm
Découvrir qui elle était. Nous faire une image d'elle. Apprendre à la connaître. Marcher dans ses mocassins, comme disent les indiens. On ne connaît pas quelqu'un tant qu'on n'a pas marché quelques jours dans ses mocassins.
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nathalie_MarketMarcel   28 mars 2018
La fille américaine de Monika Fagerholm
« Le facteur X » – la voix de Doris n’était plus qu’un murmure – « est tombé amoureux d’elle. Tellement qu’il s’est mis la tête à l’envers. » Puis elle répéta ce qu’elle avait déjà dit au bord du marais mais là, dans la grande, avec toutes les affaires, ça prenait des accents encore plus lugubres. « On sait ce que ça donne. Amour, jeunesse & mort violente. » Et Sandra opina de nouveau, rêveusement, pendant que des frissons lui parcouraient l’échine, des frissons qui conservaient pourtant une trace, une étincelle de ce fameux plaisir abominable.
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christinebeausson   26 juillet 2017
La fille américaine de Monika Fagerholm
... à certains enfants qui sont seuls ou qui ont juste besoin d'excitation, d'attention, d'une goutte d'extraordinaire, même autosuggérée, vient une Fifi Brindacier aux tresses rouges, une Mary Poppins avec parapluie et fiancé assorti en canotier et costume à rayures. À nous, Solveig et moi, est venue.... une Miss Andrews.

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Claw   06 janvier 2013
La scène à paillettes de Monika Fagerholm
Ceci, au début, est plus court. Soudain, les allées, la Roseraie 2, l'obscurité où elle roule, dans la voiture, après les grilles du portail qui se sont refermées derrière elle, elle se reconnaît.

Cela tient peut-être aux arbres, les mêmes arbres alignés au bord de l'allée comme s'ils avaient toujours été là. Et aux maisons, hautes, plusieurs étages, même s'il y a de la lumière à presque toutes les fenêtres, ce qui n'avait pas été le cas de son temps. Elle s'en souvient. Tabula Rasa. N'être rien, et neuve. Cette possibilité-là. Tournoyer dans les allées, un jour d'automne, du soleil alors.

Mon amour, ma vie, tournoyer, rien et neuve.
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