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EAN : 9782330139261
368 pages
Éditeur : Actes Sud (19/08/2020)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Pionnier de la pensée écologique, Adam Thobias est sollicité pour prendre la tête d’une “Commission internationale sur le changement climatique et pour un nouveau contrat naturel”. Pas dupe, il tente de transformer ce hochet géopolitique en arme de reconstruction massive. Au cœur du dispositif, il crée le réseau Télémaque, mouvant et hybride, constitué de scientifiques ou d’intuitifs, de spécialistes ou de voyageurs qu’il envoie en missions discrètes, du Pacifique s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Fandol
  19 septembre 2020
Jubilation, déception, espoir, désenchantement, nouveau départ, le grand vertige, dernier roman de Pierre Ducrozet, est dense, foisonnant d'idées, comme cet auteur l'a déjà démontré dans Eroica et L'invention des corps, les deux romans qui m'ont permis de découvrir un écrivain qui s'affirme au fil du temps.
Sans hésiter, comme dans L'invention des corps, il s'attaque ici à des thèmes très actuels, déterminants pour l'avenir, mais très complexes. Il choisit de se frotter à l'écologie, à l'état de notre planète que nous voyons se dégrader de jour en jour et j'ai beaucoup apprécié ce livre, édité par Actes Sud, découvert dans le cadre des Explorateurs de la Rentrée littéraire 2020 de Lecteurs.com.
Adam Thobias, scientifique de renom mais aussi romancier, a été nommé à la tête de la CICC (Commission internationale sur le changement climatique et pour un nouveau contrat naturel). Même si Trump et Poutine ont refusé d'allouer des crédits pour son action, Adam prend son rôle très à coeur et n'est pas décidé à se contenter de gérer un hochet pour faire croire à l'opinion publique que de grandes décisions vont être prises.
Je le constate à nouveau, Pierre Ducrozet allie encore parfaitement le réel et le fictionnel. Alors, il présente un à un les principaux éléments du réseau Télémaque mis en place par Adam Thobias, secondé par Chloé Tavernier : le Canadien Nathan Régnier, star de la microbiologie et de la vie des plantes, Tomas Grøben, spécialiste en recherches sur Google earth, mais surtout June Demany (22 ans) qui fut élevée par Adam, Mia Casals, anthropologue, et Arthur Bailly, photographe. Parmi ces principaux personnages que j'ai croisés dans ce roman, June revêt une importance primordiale, d'abord par les tourments physiques et moraux qu'elle subit, ensuite par le rôle qu'elle joue jusqu'au terme de l'histoire. Elle est jeune et ce monde qui se prépare, c'est celui dans lequel elle va vivre.
En Amazonie, une fameuse plante – voir la superbe couverture du livre – est capable de concentrer l'énergie solaire à un niveau jamais atteint. Elle apporterait des solutions à tous les problèmes d'énergie que l'homme produit en détruisant l'équilibre naturel planétaire.
Il faut rêver pour innover mais surtout ne pas déranger les pouvoirs établis, les lobbys tout puissants et les intérêts financiers. La partie consacrée au pétrole est captivante et édifiante.
Avec cette histoire à la fois utopique et poétique, Pierre Ducrozet effleure parfois le polar mais aussi la fable tout en sachant pertinemment entrer dans l'intime, livrant des portraits attachants. J'ai bien senti aussi qu'il n'aimait pas trop Paris, un peu Berlin et Lyon où il est né, mais beaucoup Barcelone où il vit ou a vécu.
Le grand vertige, titre bien choisi, c'est celui que nous connaissons tous pour peu que nous acceptions d'ouvrir les yeux et que nous entendions ceux qui nous alertent. le changement climatique est en marche et nous en payons chaque jour le prix, même si, aujourd'hui, une pandémie absorbe l'essentiel de nos préoccupations.
Le livre ayant été écrit avant cette grave crise sanitaire, l'auteur ne pouvait pas y faire allusion mais je pense qu'elle contribue au pessimisme que j'ai éprouvé à la lecture des dernières pages.
Il ne faudrait pas que le grand vertige nous entraîne dans l'abîme. Malgré tout, Pierre Ducrozet réussit à me laisser un peu d'espoir en notre espèce humaine dont il retrace habilement et succinctement toute l'évolution, un peu avant la fin du livre.
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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hcdahlem
  03 septembre 2020
Une équipe de choc pour sauver la planète
Dans le droit fil de ses chroniques pour Libération, Pierre Ducrozet prend le pouls de la planète dans son nouveau roman. le grand vertige retrace le projet fou du «réseau Télémaque», bien décidé à changer le monde.
Face à la montée des revendications et aux craintes de l'opinion sur les questions environnementales, le gouvernement décide d'appuyer la création d'une «Commission internationale sur le changement climatique et pour un nouveau contrat naturel». Sollicité pour en prendre la tête, Adam Thobias, qui lutte depuis des décennies pour davantage d'écologie, accepte de relever le défi, même s'il ne semble pas se faire trop d'illusions sur la concrétisation des idées qu'il soumettra aux politiques. Autour de lui, il va rassembler une équipe d'ingénieurs, de professeurs, de voyageurs, de botanistes, d'architectes, de géologues et écrivains d'où émergent quelques personnages haut-en-couleur qui Pierre Ducrozet va nous présenter successivement.
Nathan Régnier, malgré des ennuis de santé récurrents, accepte de se joindre au groupe parce qu'il «est hanté, dès ces jeunes années passées dans les massifs du Labrador, par un mystère. L'organisation en rhizomes des sols, des plantes, des champignons, de l'air, de l'ensemble du vivant et des morts est proprement sidérante, il y a là un mystère et une clef auxquels il sait déjà qu'il devra consacrer son existence».
Mia Casal rejoint fait aussi partie de l'aventure. Anthropologue «post-punk,
écoféministe néo-sorcière», elle est d'une «beauté presque effrayante, des yeux qui vous rentrent dans le crâne, harmonie sévère et mélange mystérieux de gènes qui lui a été légué par une ascendance complexe, père d'Osaka fils d'une Russe et d'un Japonais, mère Brésilienne fille d'un Allemand et d'une Carioca.»
Arrêtons-nous aussi sur June Demany, sa vie faite de familles recomposées, de petits boulots, de grandes révoltes. Un jour, elle prend un avion pour Buenos-Aires où elle a failli se perdre avant de partir pour Ushuaia. «Elle se découvre une montagne de défis: voyager seule, voyager durable, se perdre, se trouver, se ressaisir, ne pas laisser de traces.» Elle se veut libre et renonce à rejoindre l'équipe.
Jusqu'au jour où elle va croiser la route de Mia. Entre les deux jeunes femmes c'est peu de dire que le courant passe. Après une nuit torride, June va se laisser convaincre de faire partie de l'aventure.
Disons enfin un mot sur Tomas Grøben à qui on a confié la mission d'explorer la planète sans bouger de chez lui. Il passe ses journées devant Google Earth à scruter la planète dans ses moindres détails.
Et puis il y a Arthur Bailly, le photographe. « Il dit qu'il est là pour ça. Il observe tout ce qu'on ne voit pas, toutes les misères et les flux qu'on s'échange pour deux sacs, toutes les têtes qui tombent en arrière, les quartiers des vagues à l'âme et des regards absents, les mains qui se tendent et prennent, il voit ce qui s'y échange, quelques grammes d'infini, la mer noire derrière, tous les petits trafics sans nom et les rêves qu'on garde serrés dans la paume.»
Pierre Ducrozet a construit son roman en détaillant d'abord l'équipe du projet avant de passer aux missions qu'Adam Thobias leur confie, tout en restant vague sur la finalité des tâches confiées aux uns et aux autres. Une série de photos à faire pour Arthur, une plante, l'Echomocobo, dont l'étude est confiée à Nathan, l'étude du trajet d'un nouvel oléoduc qui passe en Birmanie pour Mia, accompagnée de June.
Au fur et à mesure que les choses se précisent, le récit gagne en densité. Au projet écologique un peu vague du début - enfin changer le monde - viennent se greffer les services secrets et les grandes manoeuvres géopolitiques. La dimension globale du projet commence à inquiéter, les fouineurs à devenir gênants. En retraçant la grande histoire de l'or noir, on découvre aussi combien cette matière première a charrié de convoitises, de guerres, de coups bas. le tout débouchant sur "un bordel international, état d'alerte maximum".
De la fable écologique, on bascule dans le roman noir mêlé d'espionnage, le tout agrémenté de machinations politiques pour s'assurer la mainmise sur les matières premières. Un combat de coqs qui «font avancer les choses vers leur inévitable cours, celui de la bêtise et de la destruction».
Et alors qu'Adam dévoile son vrai visage et le réel but de son «Réseau Télémaque», l'équipe découvre qu'elle a été manipulée. L'épilogue de cette géopolitique de l'écologie vous surprendra sans doute. Mais Pierre Ducrozet aura ainsi réussi haut la main son pari: vous faire réfléchir aux enjeux qui vont déterminer l'avenir de la planète et celui des générations futures.

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jostein
  01 septembre 2020
Chez Pierre Ducrozet, le roman se veut multiple et en mouvement à l'image de nos sociétés contemporaines, métissées, mondialisées , fulgurantes.
Le grand vertige est à la fois un roman d'aventures, d'amour, d'espionnage, roman historique et écologique. L'auteur va du regard sur le monde aux analyses que peut en faire chaque personnage.
Dans la lignée de L'invention des corps qui illustrait la façon d'habiter le corps, ce nouveau roman explore la manière d'habiter le monde. June, une jeune femme des années 2000, en est le questionnement.
« Elle veut s'arracher à tout ce qui l'a faite. Elle voudrait la guerre et l'accord. Elle ne hait ni sa famille ni ses amis, ils lui sont simplement devenus indifférents. Cette fois-ci elle est prête, personne ne viendra l'arrêter ou essayer de faire d'elle quelqu'un d'autre. Les flammes s'élèvent. Elle ne sait pas par quel bout prendre l'espace qu'on lui a donné. Elle n'a pas l'intention de nous ennuyer longtemps. Elle est simplement l'enfant de son siècle : égocentrique, inconstante, embrouillée. Elle a tout, pourtant. Les siècles passés lui ont offert sur un plateau le savoir, la technique, la maîtrise. Elle a la possibilité de dire qu'elle n'en veut pas parce qu'elle a pu en jouir. Elle veut devenir personne. Capable de tout, faiseuse de rien. »
Elle n'hésite pas une seconde à répondre à l'appel d'Adam Thobias, le père de sa meilleure amie.
Adam Thobias, professeur franco-anglais et écrivain, est sollicité par le Parlement européen pour prendre la direction d'une commission internationale sur le changement climatique. Après une longue hésitation, il accepte à condition de pouvoir mettre en oeuvre son réseau Telemaque, une entité de spécialistes envoyés aux quatre coins du monde pour dresser un état des lieux.
Thomas Régnier, un botaniste vivant au Canada, Mia Casal, anthropologue, Tomas Groben, Arthur Bailly, un photographe, June et des dizaines de scientifiques répondent à l'appel de ce génie ou ce fou qui a publié en 2009 Tremblements.
» La loi du capital aboutit naturellement, comme l'écrivait Marx, à la destruction de la valeur d'origine, à savoir dans ce cas, la Terre et le vivant. »
Le passage du nomadisme à la sédentarité et la découverte du pétrole sont deux facteurs influant gravement sur l'évolution de nos sociétés.
« le sédentaire invente la hiérarchie sociale, la religion à laquelle tous devront se soumettre, il invente le pouvoir politique et économique, il institutionnalise la guerre. Il assoit son règne. .. La légitimité change de camp. Les nomades sont rejetés hors de la cité. Ils portent dès lors la malédiction des pauvres et des damnés. On les appellera tour à tour Gitans, Juifs, Touaregs, tous également sans terre et responsables de tous les crimes. Cette malédiction ne cessera plus jusqu'aux migrants de demain, porteurs eux aussi des maux de la terre dont ils hantent les bas-fonds. »
En rappelant rapidement l'histoire de la découverte du pétrole, l'or noir qui enrichit américains et russes, suscite la conquête des pays du golfe, on touche du doigt l'un des fléaux de notre monde. Une énergie tant attendue, déjà en voie de disparition qui par ses émanations est cause du réchauffement climatique et de la disparition de la nature.
Les politiques n'ont pas ou ne veulent pas de réponse. Adam Thobias et son équipe dont nous suivons les projets en Birmanie, en Chine, en Patagonie et ailleurs pourront-ils trouver une solution à ce défi bio écologique.
N'est-ce pas une utopie?
« Nous savons tout à présent de la destruction des écosystèmes, mais rien n'y fait, notre fonctionnement économique demeure exactement le même, et nous continuerons à produire, consommer et dégrader jusqu'à ce que les mers montent tant qu'elles nous empêchent finalement de le faire. »
Déjà époustouflée par L'invention des corps, je retrouve le même souffle, la même intelligence. Non seulement, chaque phrase nous fait réfléchir sur notre monde mais l'auteur nous embarque dans des aventures vertigineuses, dans les forêts birmanes, en Chine, dans les fonds marins ou sur une île lointaine. C'est bien sûr un grand coup de coeur et j'ai l'impression que c'est ce que me réservera chaque roman de cet auteur.

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erickeller
  18 septembre 2020
« le grand vertige » Pierre Ducrozet
Adam Thobias est un scientifique brillant dont le talent est reconnu mondialement. Au moment où démarre le roman, il est dans une semi retraite. C'est là qu'on vient le chercher pour une mission d'importance : sauver le monde ! Ou, au moins, trouver une solution au réchauffement climatique, il dirigera une commission, au niveau européen, avec un budget conséquent.
Il accepte et n'a qu'une exigence : s'entourer, pour sa mission, de personnes qu'il connait et apprécie. Durant le roman nous suivrons June, qui a un lien bien particulier avec Adam, Nathan et Mia à travers le monde en Afrique, Asie et Europe.
L'auteur a réussi un roman passionnant, où l'on voyage beaucoup et qui parle de la place de l'homme dans la nature et de l'impact de l'un sur l'autre. Sans alourdir son propos, il nous raconte l'histoire humaine depuis le début, explique les problématiques actuelles, esquisse des solutions.
Nous avions déjà découvert l'auteur, Pierre Ducrozet, avec son roman « L'invention des corps », avec « le grand vertige » son grand talent se confirme.
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yolapierre
  30 août 2020

Adam Thobias ressemble à s'y méprendre à un oiseau avec ses longues pattes cagneuses, ses yeux perçants et sa tignasse ébouriffée. Mais il est avant tout un professeur d'Université avisé et un pionnier de l'écologie. A ce titre, il est pressenti pour diriger une commission d'une cinquantaine de spécialistes : photographes, archéologues, géographes, aventuriers…, chargée de parcourir la planète pour tenter de vérifier, dénoncer ou empêcher les catastrophes économiques, politiques, écologiques qui la menacent. Cette commission au nom prédestiné « Télémaque » va précipiter ses participants dans une expédition folle, tentaculaire, fantastique, dangereuse, mystérieuse, éreintante. Ainsi, au fil des pages, on croise Nathan qui sait mieux que personne ausculter les fougères et comprendre la photosynthèse, Mia l'anthropologue post-punk, June la fille trépidante et insaisissable, qui parcourt le monde avec son crâne rasé et multiplie les voyages intenses, Arthur le camé qui adore les errances nocturnes. le lecteur passe la frontière chinoise, pousse les portes de l'aéroport de Shanghai, circule entre les bambous, les hévéas, les oléoducs, se délecte des parfums de mûre et de girofle du Languedoc, va, vient, repart, s'envole, se désespère, hésite, agonise …
Comme son titre l'indique, ce roman-puzzle semble jouer à Colin Maillard avec le lecteur : il lui propose tour à tour des aventures, des embuscades, de la poésie, de l'ivresse, de la révolte, des attentats, de la prison, des confusions, de l'écologie, de la politique, de l'utopie, de l'histoire, des pistes, de la technologie, des réseaux. Il le promène parmi des êtres marginaux, illuminés, maladroits, intrépides, crasseux, brillants, indécis. Tout ça pour le perturber, le rendre attentif, l'interroger sans toutefois lui offrir de solutions !
Ce roman qui est aussi une fable écologique contemporaine, une enquête scientifique, un manuel d'histoire, un roman d'aventure, une réflexion humaniste est foisonnant autant que déconcertant ! Servi par une plume alerte, incandescente, railleuse, poétique, il ressemble à un trousseau de clés et laisse le lecteur libre de trouver celle qui ouvrira la porte qui lui convient.
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critiques presse (1)
LeFigaro   17 septembre 2020
Le Grand Vertige est un roman d’action dont le rythme chaloupé et haletant magnifie les corps en mouvement [...], un roman de combat dont les personnages sont habités par une intranquillité tragique [...]. C’est aussi un cri d’alerte qui semble venir du fond des âges.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   03 septembre 2020
INCIPIT
1er mouvement
Adam Thobias a indiqué à Carlos Outamendi le fauteuil rouge à franges. Dans les deux tasses il a versé du thé qu’ils ont bu en silence. On entend des gouttes d’eau qui tombent dans le puits, quelques tuiles qui craquent. L’eurodéputé est arrivé ce matin à Brighton dans la retraite d’Adam Thobias pour essayer de l’en sortir. Un peu plus de thé ? Avec plaisir. On parle de la lumière, bien pâle à cette époque de l’année, et des canards qui aiment poser leurs becs sur le réservoir d’eau. Outamendi, après une première attaque, trop discrète, revient à la charge sur le côté, vous savez, c’est une opportunité historique, il y aura des moyens importants, une grande marge de manœuvre. Adam Thobias, les deux mains reposant sur les accoudoirs en velours, le corps long et las perdu entre les étagères en bois brut de la bibliothèque, regarde l’eurodéputé d’un air étrange dans lequel flotte de la circonspection, mais aussi, peut-être, de l’indifférence. Celui que je préfère, c’est le petit, là-bas, dit Thobias en pointant du doigt la bande de canards. Il ne sait pas, il ne sait rien, il cancane quand même. Il glisse son bec dans le puits pour tenter de boire. Bientôt, il comprendra. Outamendi boit une nouvelle gorgée de cet earl grey haute cuvée. Il a la vessie qui va exploser mais il faut qu’il tienne. Pendant un moment, le maître des lieux a semblé vaciller. Mais il s’est ressaisi et étudie à présent la baie vitrée qui s’ouvre sur un jardin triste et humide ponctué de statues mousseuses et de bégonias presque partis déjà. Une demi-heure plus tard, alors qu’ils évoquent les derniers remous au Parlement européen, Thobias dit oui, au détour d’une phrase, de sa voix grave et lointaine, sans rien ajouter mais Outamendi comprend. Est-ce l’aspect nouveau du projet qui l’a convaincu, ou bien l’enveloppe allouée – il n’en dira rien.
Et c’est un long oiseau ébouriffé, aux cheveux encore abondants malgré ses soixante-cinq ans, qui débarque trois semaines plus tard, la tête légèrement inclinée, les yeux bleus perçants, dans la grande bâtisse à moitié flinguée de la rue du Vallon, dans le centre de Bruxelles. Trois étages, des bruits de pas émis par une cinquantaine de jambes, des Mac tout juste sortis de leurs étuis, des classeurs, des cartes, des documents étalés partout. On est pleins d’idées, de projets, d’ardeur, comme au début d’une histoire d’amour.
Le nouveau bateau, dont Adam Thobias prend les commandes, porte le sigle de CICC, Commission internationale sur le changement climatique et pour un nouveau contrat naturel – CICCNCN, c’était à peu près imprononçable, on a décidé à l’unanimité de raccourcir. Une centaine de gouvernements (à l’exception notable, quoique attendue, des États-Unis de Donald Trump et de la Russie de Vladimir Poutine), d’instances internationales (principalement l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale) lui ont accordé des crédits : 120 milliards en tout pour aborder le défi bio-écologique depuis un autre versant que les politiques publiques, jusqu’à présent parfaitement inefficaces.
Quelque chose est en train de se passer. Il aura fallu une suite de catastrophes, incendies, épidémies, disparition d’écosystèmes et fonte des glaces pour qu’un spectaculaire revirement s’opère. Chloé Tavernier a bien senti le vent tourner. Militante de longue date, elle s’était jusqu’alors heurtée à un mur d’indifférence et de mépris, ah ouais t’aimes les arbres et les vaches, génial, mais en 2016 quelque chose s’est débloqué et alors tout est allé très vite sous la pression d’une nouvelle vague, vive et déjà exaspérée, portant l’agneau sacrifié par leurs parents. À moins que ce ne soit tout simplement la folle température qui brûla les peaux, cet été-là, et réveilla les cerveaux endormis. Cela déboucha, autre surprise, sur la création de cette organisation entièrement consacrée à la réinvention d’un pacte naturel. Lorsqu’on proposa à Chloé Tavernier de faire partie de l’équipe, elle esquissa dans son salon de la rue des Rigoles à Paris le pas de zouk des grands jours.
— Et qui va prendre la tête de la commission ?
Elle espérait, comme tous, que l’homme ayant mené le combat pendant quarante ans rejoigne l’aven¬ture, mais il s’était semble-t-il éloigné des affaires, fatigué de ne rien voir venir.
— Si je viens, en revanche, avait finalement soufflé Adam Thobias à Carlos Outamendi en lui serrant la main devant le seuil pavoisé de sa maison, ce ne sera pas pour le plaisir de la balade.
Et il n’avait pas menti ; attrapant sa baguette, il donna aussitôt le tempo, suivi par ses vingt-quatre collaborateurs venus du monde entier.
En réalité, Adam Thobias a accepté à une condition. La création d’une entité à part, à l’intérieur de la commission, constituée de “spécialistes chargés de missions”.
— Qui serait comme le bras armé du reste, avait-il expliqué autour de la table de réunion. On envoie des gens enquêter partout dans le monde. Il faut ça si on veut réussir. On peut bien s’enfermer à Bruxelles pour imaginer le futur, si on n’a pas le présent ça ne servira à rien.
Les têtes autour de lui, tout à leur joie d’avoir at¬¬trapé le gros poisson dans leur escarcelle, opinèrent longuement.
— Ils seront environ une cinquantaine, a continué Adam. On les choisit ensemble, il nous faut les meilleurs. Des scientifiques, des géographes, des anthropologues, des voyageurs. Pour qu’ils nous apportent quelque chose, ils doivent être un peu hors normes, si on prend les spécialistes typiques ils vont nous ressortir les mêmes âneries que d’habitude. Ils seront chargés de recenser tout ce qui se tente, de nous dresser un état des lieux mondial mais aussi d’imaginer ce qui pourrait se faire, et ce dans tous les domaines qui nous intéressent, énergie, évolution des territoires, biodiversité, mobilité.
Chloé Tavernier, assise à la droite d’Adam Thobias, essaie depuis plusieurs jours de déceler ce qui se cache derrière cette voix traînante, laquelle passe tour à tour sur elle comme un baume ou du papier de verre. Elle entend de la détermination, de la folie, de l’humour sec, de la sagesse, de l’arrogance peut-être ; elle entend à peu près tout et son contraire.
— Nous communiquerons avec les membres de cette équipe sur un réseau fermé. Le groupe Télémaque, j’ai pensé qu’on pourrait l’appeler comme ça. C’est un peu les mêmes aventures qui les atten¬dent. Qui veut s’en occuper avec moi ?
Plusieurs personnes lèvent la main.
— Vous deux, là, et vous aussi.
Sous la table, Chloé serre le poing de joie.
— Vous en pensez quoi, vous ? demande au même moment, à Paris, le ministre français de l’Environnement à sa directrice de cabinet.
— De la nouvelle commission ? Oh c’est bien, c’est très très bien, dit-elle. Et surtout, ça nous fout un peu la paix.
— Ah bon ? dit le ministre en touillant son café.
— L’opinion publique est à cran, ça commence à devenir compliqué, continue la directrice de cabinet, qui se sent plutôt en forme aujourd’hui. Les gens n’ont que les mots climat et réchauffement à la bouche. Si cette commission pouvait les calmer, ce serait parfait.
— Et pendant ce temps ?
— On laisse venir, dit-elle. Et on fait passer la réforme des retraites.
— C’est brillant, dit le ministre en se brûlant la langue.
Adam Thobias déplace sa carcasse dans l’immense open space ceinturé de moquette bleue et de plaques en métal. Il a trouvé un appartement tout en boiseries XIXe juste à côté, dans la rue Clos-du-Parnasse. Il y a posé ses deux valises, pas grand-chose, des fringues, quelques livres. Sa femme Caroline devrait le rejoindre bientôt.
Non seulement tout le monde ici connaît le parcours et l’œuvre d’Adam Thobias, mais il est, pour plusieurs, à l’origine de leur vocation. Né à Paris en 1952 d’un couple franco-anglais, il étudie la géographie à la Sorbonne avant de devenir professeur à Oxford. Au milieu des années 1970, ses articles sur le réchauffement climatique, terme encore inconnu à l’époque, lui valent l’intérêt de ses pairs et la circonspection des étudiants, étonnés de voir l’honorable professeur se fourvoyer dans l’impure actualité.
On perd sa trace pendant quelques années, il se plonge visiblement dans l’étude – puis on le retrouve au bout du monde, en Alaska, en Sibérie, au Zimbabwe, d’où il envoie régulièrement des romans d’aventures mâtinés de science bon marché que l’on s’arrache en Europe et aux États-Unis. Il devient Adam Thobias le romancier à chapeau, qui ne cesse par ailleurs d’alerter la communauté internationale des changements visibles partout dans la biodiversité.
Il s’installe, au début des années 1990, aux États-Unis, et participe à la grande opération Medea lancée par le vice-président Al Gore. Le projet est à la fois simple et impossible : mettre à disposition de la communauté scientifique quarante-quatre années de photographies du globe terrestre réalisées par les aérospatiales américaine et russe sous le contrôle des services secrets. Pendant ces quatre décennies de guerre froide, des satellites ont photographié sans trêve l’ensemble du territoire, et en particulier les secteurs d’activité adverse, depuis le pôle Nord, où les sous-marins russes ne cessent d’entrer et de sortir, jusqu’aux recoins du Pacifique sud ou du delta du Mozambique. Ces millions de photographies du ciel seraient une ressource phénoménale pour les géologues, les biologistes et les physiciens dans leurs recherches autour du changement climatique. Al Gore et son équipe parviennent à leurs fins : la CIA et le KGB acceptent de collaborer ; la guerre froide est définitivement enterrée.
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hcdahlemhcdahlem   03 septembre 2020
Mia a trente-trois ans, des cheveux blond vif décolorés, coiffés en crête, un visage d’une beauté presque effrayante, des yeux qui vous rentrent dans le crâne, harmonie sévère et mélange mystérieux de gènes (on lui aura tout dit, toi t’es une Jap, on voit bien ton sang arabe, c’est la Latine qui bout en toi, y a que les Scandinaves pour être aussi dures), qui lui a été légué par une ascendance complexe, père d’Osaka fils d’une Russe et d’un Japonais, mère Brésilienne fille d’un Allemand et d’une Carioca. Elle déplace son corps effilé comme elle ferait autre chose. Elle a des taches brunes aux pommettes et elle danse comme personne la techno et la mazurka.
Les gens dans la rue se retournent au passage de cet étonnant visage androgyne, sorte de masque aux yeux tirés et aux larges joues.
Elle fume ce soir un montecristo sur un toit du quartier de Gràcia, à Barcelone. Ses potes Alex et Carlota l’ont invitée pour un festin qui s’achève en volutes dans le ciel. Elle attrape son verre de rouge, sa main tangue. p. 38
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Charybde2Charybde2   06 septembre 2020
Adam Thobias a indiqué à Carlos Outamendi le fauteuil rouge à franges. Dans les deux tasses il a versé du thé qu’ils ont bu en silence. On entend des gouttes d’eau qui tombent dans le puits, quelques tuiles qui craquent. L’eurodéputé est arrivé ce matin à Brighton dans la retraite d’Adam Thobias pour essayer de l’en sortir. Un peu plus de thé ? Avec plaisir. On parle de la lumière, bien pâle à cette époque de l’année, et des canards qui aiment poser leurs becs sur le réservoir d’eau? Outamendi, après une première attaque, trop discrète, revient à la charge sur le côté, vous savez, c’est une opportunité historique, il y aura des moyens importants, une grande marge de manœuvre. Adam Thobias, les deux mains reposant sur les accoudoirs en velours, le corps long et las perdu entre les étagères en bois brut de la bibliothèque, regarde l’eurodéputé d’un air étrange dans lequel flotte de la circonspection, mais aussi, peut-être, de l’indifférence. Celui que je préfère, c’est le petit, là-bas, dit Thobias en pointant du doigt la bande de canards. Il ne sait pas, il ne sait rien, il cancane quand même. Il glisse son bec dans le puits pour tenter de boire. Bientôt, il comprendra. Outamendi boit une nouvelle gorgée de cet earl grey haute cuvée. Il a la vessie qui va exploser mais il faut qu’il tienne. Pendant un moment, le maître des lieux a semblé vaciller. Mais il s’est ressaisi et étudie à présent la baie vitrée qui s’ouvre sur un jardin triste et humide ponctué de statues mousseuses et de bégonias presque partis déjà. Une demi-heure plus tard, alors qu’ils évoquent les derniers remous au Parlement européen, Thobias dit oui, au détour d’une phrase, de sa voix grave et lointaine, sans rien ajouter mais Outamendi comprend. Est-ce l’aspect nouveau du projet qui l’a convaincu, ou bien l’enveloppe allouée – il n’en dira rien.
Et c’est un long oiseau ébouriffé, aux cheveux encore abondants malgré ses soixante-cinq ans, qui débarque trois semaines plus tard, la tête légèrement inclinée, les yeux bleus perçants, dans la grande bâtisse à moitié flinguée de la rue du Vallon, dans le centre de Bruxelles. Trois étages, des bruits de pas émis par une cinquantaine de jambes, des Mac tout juste sortis de leurs étuis, des classeurs, des cartes, des documents étalés partout. On est pleins d’idées, de projets, d’ardeur, comme au début d’une histoire d’amour.
Le nouveau bateau, dont Adam Thobias prend les commandes, porte le sigle de CICC, Commission internationale sur le changement climatique et pour un nouveau contrat naturel – CICCNCN, c’était à peu près imprononçable, on a décidé à l’unanimité de raccourcir. Une centaine de gouvernements (à l’exception notable, quoique attendue, des États-Unis de Donald Trump et de la Russie de Vladimir Poutine), d’instances internationales (principalement l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale) lui ont accordé des crédits : 120 milliards en tout pour aborder le défi bio-écologique depuis un autre versant que les politiques publiques, jusqu’à présent parfaitement inefficaces.
Quelque chose est en train de se passer. Il aura fallu une suite de catastrophes, incendies, épidémies, disparition d’écosystèmes et fonte des glaces pour qu’un spectaculaire revirement s’opère. Chloé Tavernier a bien senti le vent tourner. Militante de longue date, elle s’était jusqu’alors heurtée à un mur d’indifférence et de mépris, ah ouais t’aimes les arbres et les vaches, génial, mais en 2016 quelque chose s’est débloqué et alors tout est allé très vite sous la pression d’une nouvelle vague, vive et déjà exaspérée, portant l’agneau sacrifié par leurs parents. A moins que ce ne soit tout simplement la folle température qui brûla les peaux, cet été-là, et réveilla les cerveaux endormis. Cela déboucha, autre surprise, sur la création de cette organisation entièrement consacrée à la réinvention d’un pacte naturel. Lorsqu’on proposa à Chloé Tavernier de faire partie de l’équipe, elle esquissa dans son salon de la rue des Rigoles à Paris le pas de zouk des grands jours.
– Et qui va prendre la tête de la commission ?
Elle espérait, comme tous, que l’homme ayant mené le combat pendant quarante ans rejoigne l’aventure, mais il s’était semble-t-il éloigné des affaires, fatigué de ne rien voir venir.
– Si je viens, en revanche, avait finalement soufflé Adam Thobias à Carlos Outamendi en lui serrant la main devant le seuil pavoisé de sa maison, ce ne sera pas pour le plaisir de la balade.
Et il n’avait pas menti ; attrapant sa baguette, il donna aussitôt le tempo, suivi par ses vingt-quatre collaborateurs venus du monde entier.
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VincentGloecklerVincentGloeckler   15 août 2020
June voit distinctement, dans cette rue de Puerto Natales piquetée d'ampoules grésillantes, la rage et la beauté qu'il y a à être au monde. Rien de ce que les hommes pourront en dire n'atteindra jamais la folie d'être là, aujourd'hui, sur cette rue en terre scandée par des tavernes du bout du monde, rien n'atteindra jamais la folie de l'incarnation éphémère et de la disparition subséquente. Les images essaieront, les mots des hommes, leurs gestes, leurs vaines tentatives d'embrasser ce qui ne le sera pas, tout tend vers cela mais rien n'y fait, l'absurdité se tient serrée comme un poing. " Il n'y a plus que la Patagonie, la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse". Un jour elle avait lu ce vers dans un café de Lyon, elle attendait un type rencontré quelques mois plus tôt, il y avait la gueule cabossée de Blaise Cendrars sur ce blanc recueil de poésie, en arrière-plan la lagune verte de Villefranche-sur-Mer, le mégot aux lèvres, la main amie, quatre-vingt-dix ans plus tôt il partait, June voulait ça aussi, le café sentait le mauvais tabac et l'attente, avenue de Saxe dehors, le type ne viendrait pas, elle s'en foutait pas mal d'ailleurs, elle sortit, "maintenant j'ai fait courir tous les trains tout le long de ma vie / Madrid-Stockholm / Et j'ai perdu tous mes paris / Il n'y a plus que la Patagonie, la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse, la Patagonie, et un voyage dans les mers du Sud", ou quelque chose comme ça, mais le quartier de la Guillotière à Lyon est bien loin aujourd'hui, elle est dans le livre à présent - sa rage lentement s'essouffle sur les chemins, elle l'essore soir et matin, elle ne veut pas s'en séparer, simplement taper un peu dessus, pour voir - volets jaunes, lacs fluorescents, elle invente sa géographie, elle y mettra ce qu'elle veut, dans tous les sens, du vrai, du faux, des vallées peu importe. Octavio lui parle, elle ne l'entend plus, elle est en Patagonie, elle est "dans" la carte, les livres l'ont aidée mais ils ne lui sont plus utiles, elle n'abandonne pas l'histoire mais elle sent ses jambes s'enfoncer dans le sol, elle ne glisse plus, ça lui va. (PP.48-49)
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YokayYokay   15 août 2020
La loi du capital aboutit naturellement, comme l'écrivait Marx, à la destruction de la valeur d'origine, à savoir dans ce cas, la Terre et le vivant. "Nous sommes en proie à un grand vertige : le sol sous nos pieds s'évase, le ciel au-dessus se trouble. Plus rien ne tient, tout bouge. Dès lors, à quoi nous retenir ? Ni nos valeurs ni notre passé ne nous sont plus utiles. Face à ce tremblement de toute chose, nous devons tout revoir - et faire table rase."
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Vidéo de Pierre Ducrozet
L'écrivain Pierre Ducrozet publie le Grand Vertige, enquête inextinguible sur le vivant, cartographie d'un monde au bord de l'effondrement. Sur les traces mêmes de ses personnages, Pierre Ducrozet a parcouru l'Asie entre 2019 et 2020. Il en tire une série de chroniques pour Libération, à paraître en octobre prochain sous le titre Partir léger.
Cette rencontre est l'occasion d'explorer en sa compagnie l'écriture de la modernité qui l'anime, de l'inépuisable mouvement du vivant au rythme des corps avec celui qui rêve d'autres voies pour habiter le monde.
La Grande table d'Olivia Gesbert - émission du 1er septembre 2020 A retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-culture/pierre-ducrozet-enquete-au-coeur-du-vivant
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